La Femme du Mois : Emilia Pardo-Bazan

Cette nouvelle catégorie pour présenter de manière brève et concise des femmes écrivains qui ont marqué l’histoire littéraire.

Vignette La Femme du moisElle naît en 1852, dans une vieille famille galicienne. Naturaliste comme ses amis français – Zola, Huysmans, Maupassant -, ses romans font scandale, notamment la Femme tribun, première œuvre romanesque espagnole consacrée à la classe ouvrière.

Pourtant son talent est tel que le roi Alphonse XIII lui confère le titre de comtesse en hommage à son œuvre. A sa mort, en 1921, l’Espagne lui fit des funérailles nationales.

Prolifique, elle a écrit quarante et un romans, sept drames, deux livres de cuisine, plus de cinq cent quatre-vingts contes et des centaines d’essais.

L’éditrice Viviane Hamy a publié « Le château d’Ulloa »

Dix-sept ans de Colombe Schneck

Dix-sept ans de Colombe Schneck – 07 janvier 2015 – Grasset – 47 pages

Vignette femmes de lettresCe court récit pour rappeler que le droit à l’avortement, partout menacé, est essentiel à la liberté des femmes. A dix-sept ans, Colombe Schneck devient enceinte d’un beau garçon dont elle n’est pas amoureuse. Pas question de sacrifier son avenir, ses études. Fille de médecins de gauche, compréhensifs et à l’écoute, elle décide de subir une IVG. A l’heure des discours de certains politiques qui voudraient restreindre l’application de la loi, sous prétexte d’une banalisation de l’avortement, l’auteure rappelle qu’il ne s’agit pas d’un moyen de contraception, que c’est un événement qui reste un choix à assumer, qui laisse des traces, dont on ne peut parler facilement, parce qu’il renvoie à une certaine culpabilité. L’avortement de confort n’existe pas, c’est une fiction commode. Et c’est bien là le problème, 40 ans après la loi Veil, cette difficulté à affronter le regard des autres. Annie Ernaux, dans « L’événement » (paru en 2000 , personne n’en fit écho) raconte la solitude dans laquelle l’a plongé un avortement en 1963 , cinq ans avant la légalisation de la pilule et onze ans avant celle de l’IVG, à une époque où l’avortement était illégal et risqué. Si la jeune fille de 17 ans est enceinte, c’est par négligence, une pilule oubliée, l’insouciance de celle qui croit que cela ne peut pas lui arriver.
Le corps des femmes peut enfanter, et c’est une différence irréductible avec celui des hommes. C’est la brutalité du biologique, sa violence, son aliénation parfois mais aussi son pouvoir de création. Après le combat de Simone Veil, 44 ans après «Le manifeste des 343» paru dans le no 334 du magazine Le Nouvel Observateur dans lequel des Françaises reconnaissent « Je me suis fait avorter » s’exposant à des poursuites pénales, l’auteure raconte une nouvelle fois la rébellion, et l’illusion due peut-être à la liberté que donne la contraception, que les garçons et les filles sont à égalité. « Je suis aussi libre que mon frère, ma mère est aussi libre que mon père. », et que les femmes sont délivrées du biologique.
Un livre court et sensible.

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sélection 2015

Lauréate 2015 Prix Simone Veil

tania de montaigne noire

Très belle sélection 2015 et très bon livre que celui de Tania de Montaigne… Heureux prix ! Décerné le 26 mai 2015.

La nostalgie du crépuscule – Alessia Valli

La nostalgie du crépuscule, Alessia Valli, Michalon Eds, 224 pages paru le 02 janvier 2015

Vignette femmes de lettresCassandre est en premier année de droit. Elle est solitaire et rêve de celui qui viendra bouleverser sa vie. Elle l’a écrit, décidé, il sera un homme d’âge mûr. Pour de multiples raisons, parce qu’une peau ridée est la preuve de « la finitude d’un être, de son humanité », « pour éprouver du désir : l’éclat propre à l’éphémère qui fait la beauté des ciels de crépuscule ». Elle est à l’aube de sa vie d’adulte, et peut-être ne sait-elle pas que les raisons ne suffisent pas à aimer, qu’il y faut autre chose, enfoui dans nos cœurs. Elle a vingt ans. Elle veut tout.
Patrizio Di Ponte, philosophe à succès, poète et photographe à ses heures, est peut-être l’homme de ses rêves. Il veut jouir de l’instant présent et vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Il est au crépuscule de son existence. Il a soixante-dix ans.
Ils vont se rencontrer. Tout les sépare et personne ne donnerait cher de leur relation.
Et c’est tout l’intérêt du récit. A creuser l’écart, l’auteure ne précipite-t-elle pas ses personnages dans un gouffre ?

J’avais ouvert ce livre avec beaucoup de réticence. Encore une histoire entre un vieil homme et une jeune fille, me disais-je. Les vieux barbons n’en ont-ils pas assez de courtiser des post-adolescentes, et les filles ne peuvent-elles pas soigner leur carence paternelle autrement qu’en choisissant des hommes qui ont le double, voire ici le triple de leur âge ? Ce genre de relation a une longue tradition et je l’avoue, on aimerait bien passer à autre chose.
Et bien non, l’auteure évite tous les clichés du genre, et réussit à nous ferrer d’une plume sensible et intelligente. L’écart d’âge sert de révélateur. Il orchestre à lui seul une histoire d’amour impossible, exaspère les sentiments, plonge les personnages dans de terribles atermoiements, et crée un suspense d’enfer.

Que décideront-ils, comment parviendront-ils à faire exister cet amour face aux préjugés, ne sont-ils pas condamnés d’avance ? Le récit est mené tambour battant, et jusqu’aux toutes dernières pages, on attend, on espère.
Magistral.

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Les sœurs savantes. Marie Curie et Bronia Dluska, deux destins qui ont fait l’histoire de Natacha Henry

Natacha Henry

Les sœurs savantes. Marie Curie et Bronia Dluska, deux destins qui ont fait l’histoire de Natacha Henry, Vuibert 2015

vignette Les femmes et la PenséeComment se construit-on, où puise-t-on force et détermination ? Sur quoi s’appuie-t-on pour avancer, créer, inventer ?
Cette nouvelle biographie de Marie Curie a ceci d’original qu’elle explore l’histoire familiale de Maria Salomea Skłodowska (1867-1934), et montre comment ses relations avec sa sœur aînée Bronia, la solidarité profonde qui existait entre elles, lui ont permis de devenir la femme que l’on connaît aujourd’hui, prix Nobel de physique et de chimie, en 1903 et 1911, pour ses recherches conjointes avec Pierre Curie sur les radiations puis pour ses travaux sur le polonium et le radium.
Née dans l’actuelle Pologne, sous domination russe, il était interdit aux femmes d’entrer à l’Université. Or, éduquées par un père libéral, qui désirait que ses filles soient instruites et qui croyaient à leur intelligence, Maria et Bronia se rebellèrent, assistèrent à des cours clandestins d’instruction supérieure tout en rêvant de venir étudier à Paris. Mais leur famille est pauvre, et elles ne disposent d’aucune autre ressource qui leur permettrait de venir étudier à la Sorbonne. C’est alors qu’elles imaginent un contrat : Bronia viendra étudier à Paris et Maria sera gouvernante d’enfants et lui versera la moitié de ses subsides. Une fois ses diplômes obtenus, Bronia hébergera sa sœur à Paris pour lui permettre, à son tour, de faire des études de physique.
L’engagement sera tenu, et ces deux pionnières, l’une en médecine, l’autre en physique-chimie, deviendront parmi les premières femmes à illustrer de leur nom la science de leur temps.
Elles firent partie de celles qui luttèrent pour l’éducation des femmes dans une Europe encore très patriarcale , où l’entrée dans un amphithéâtre à la Sorbonne d’une jeune étudiante déchaînait cris et sifflements. Mais cette seconde moitié du XIXe siècle voit naître et se développer un féminisme organisé et militant qui parviendra à forcer les barrages les plus importants. Des grands noms émergent de ces luttes, dont la féministe Marguerite Durand (une bibliothèque existe à Paris à son nom où l’on peut consulter les écrits des femmes).
De 1867 à 1934, les deux sœurs partagèrent leurs ambitions professionnelles, leurs bonheurs, mais aussi les deuils et les tragédies familiales. Convaincues toutes deux que le progrès scientifique transformerait en profondeur la société et permettrait aux individus de se réaliser, elles ne négligèrent pas une certaine forme d’engagement social, dans la lutte contre l’analphabétisme, et en favorisant l’accès aux soins pour les plus pauvres. Les femmes étrangères sont encore plus exposées car pauvres, femmes et en exil. Les deux sœurs durent mener un combat de tous les instants qui contribua à forger leur conscience politique : les femmes sont encore plus vulnérables dans des sociétés qui ne leur reconnaissent pas les mêmes droits que les hommes et les maintiennent dans un statut de mineures. Julie-Victoire Daubié fut la première femme en France à obtenir son baccalauréat en 1861 et la première Licencié ès Lettres en 1872. Ces progrès récents ouvrent la voie à Maria et Bronia.
Elles vécurent aussi les bouleversements d’un Europe en crise, prise dans les tourments de la guerre, agitée par des idées nouvelles, le socialisme et les luttes politiques et côtoyèrent les esprits les plus brillants de leur temps.
Comment devient-on ce que l’on est ? Si la ténacité et le travail sont des vertus indispensables, les conditions d’existence, le milieu social et l’éducation sont déterminants.
Si ces femmes purent enfin participer pleinement à la société de leur temps, c’est que des mouvements de fond, les luttes sociales, le féminisme, le leur permirent. Et surtout cette figure de père qui leur donna en miroir la croyance en leurs capacités.
Cette excellente biographie en est la preuve et mérite amplement d’être lue. Elle est bien écrite et nous fait entrer de plain-pied dans ces destins exceptionnels.

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Madame de Staël, la femme qui faisait trembler Napoléon de Laurence de Cambronne,

Madame de Staël, la femme qui faisait trembler Napoléon de Laurence de Cambronne, Allary éditions 05 mars 2015, 244 pages

La vie et l’œuvre de Madame de Staël sont tout à fait passionnantes.

vignette femme qui écritGâtée par la fortune, et une intelligence exceptionnelle, Anne-Louise Germaine Necker, baronne de Staël-Holstein, connue sous le nom de Madame de Staël (1766- 1817) était une femme extrêmement célèbre en son temps : l’Europe entière connaissait son nom et son exil par Napoléon fit d’ellet une infatigable voyageuse. Elle connaissait les milieux intellectuels en vogue à son époque que ce soit en France, en Allemagne et en Angleterre. Elle fut même reçue à la cour de Russie. Chacun de ses livres était un événement, et ses convictions politiques, libérales, étaient le cauchemar des despotes, et notamment de Napoléon Bonaparte qui la condamna à l’exil.

Elle eut la chance, rare, pour une femme de l’époque, d’étudier. Elle apprit des matières telles que la physique, les mathématiques, la théologie, la politique et la littérature.

Parmi ses connaissances, les noms de ceux qui ont fait l’histoire ou laissé une œuvre à la postérité : Voltaire, Diderot, Jefferson et Lord Byron, mais aussi Juliette Récamier, Talleyrand, Lafayette ou Chateaubriand et Goethe.

Son mariage avec le comte de Staël (elle l’épouse le 31 janvier 1786) ne fut pas heureux. Son mari lui interdit de publier ses essais et ne la comprit guère. Ils vécurent la plupart du temps séparés. Ses amours sont tumultueuses, elle tombe facilement amoureuse mais fait peur à ses amants. Sa liaison la plus longue fut sans conteste celle qu’elle entretint avec Benjamin Constant et qui souffrit de nombreuses éclipses. Elle finira sa vie aux côtés d’un homme de vingt ans au moins son cadet, Rocca.

Elle publie en 1788, « Lettres sur les ouvrages et le caractère de Jean-Jacques Rousseau. » Elle a 23 ans, et rêve d’une société nouvelle. Les États Généraux fournissent le prétexte à une intense activité politique, en sous-main, à travers ses amis. Elle est l’égérie des Constitutionnels et lutte contre les extrêmes : elle rêve d’une monarchie constitutionnelle avec deux chambres avant de devenir une républicaine convaincue et une fervente militante des libertés individuelles. Quelque temps plus tard, elle publiera « Réflexions sur la paix, adressées à M. Pitt et aux français. » puis « De l’influence des passions sur le bonheur des individus et des nations » qui n’aura guère de succès.

En 1798, elle rédige « Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la Révolution et des principes qui doivent fonder la République » dans lequel elle expose ses idées : élections libres, abrogation des droits héréditaires, affirmation du droit de propriété, devoir de la nation envers les pauvres, possibilité au pouvoir exécutif de dissoudre l’Assemblée. Sur le conseil de Benjamin Constant, elle ne le publiera pas. Trop républicain, trop risqué. Elle publie alors une étude littéraire « De la littérature considérée dans ses rapports avec les Institutions sociales. » où elle avance masquée. Elle y développe la thèse de la perfectibilité de l’espèce humaine. En 1802, paraît son premier roman, « Delphine » qui provoque le scandale. Condition des femmes, plaidoyer en faveur du divorce, apologie du protestantisme, on peut le considérer comme le premier livre féministe. Puis après la mort de son père, elle écrit un de ses ouvrages les plus célèbres « De l’Allemagne » puis un second roman, « Corinne ou l’Italie » qui est un grand succès car les « femmes incomprises et malheureuses s’identifient au personnage ». Elle rédigera ensuite, un essai sur le suicide (elle fera elle même une tentative de suicide) et « Dix ans d’Exil », un livre de souvenirs.

Intellectuelle en avance sur son temps, femme brillante, amoureuse passionnée, Germaine de Staêl eut de quoi irriter et séduire.

Si elle écrivit de nombreux essais, elle fut la première à écrire une œuvre dans la veine du romantisme et à décrire les sentiments, les émotions et à pratiquer l’introspection. Avec Goethe, elle ouvrit la voie du romantisme.

Son indépendance d’esprit fut favorisée par son indépendance financière, son père, Jacques Necker, ministre des finances de Louis XVI, lui légua une immense fortune qui fit d’elle une des femmes les plus riches de son temps.

Elle ne négligea pas pour autant ses devoirs de mère, et prit soin de garder ses enfants près d’elle avec lesquels elle eut des relations très fusionnelles. Elle eut cinq enfants de quatre pères différents. Femme libre, indépendante, elle offrit un nouveau modèle de femme.

Elle fut féministe, milita pour le droit au divorce, engagée, combattive. Et son œuvre doit être inscrite dans la mémoire collective. On peut regretter qu’elle ne soit pas davantage étudiée au lycée.

Laurence de Cambronne choisit vingt-quatre journées de sa vie, les plus spectaculaires « Quand elle se retrouve face à Louis XVI, à Robespierre et à Bonaparte. Quand elle accouche, quand elle pleure de ne pas être aimée. Quand elle fuit Napoléon qui la condamne à l’exil. »

Ce n’est pas une biographie de plus, mais une évocation brillante et passionnée, donc passionnante, de cette femme qui marqua son siècle A lire absolument.

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Geneviève Brisac « Week-end de chasse à la mère »

brisac - Week-end de chasse à la mère

Geneviève Brisac est attentive à ce qui se trame dans le monde de l’infime, du quotidien, aux révolutions qui se jouent sans qu’une seule goutte de sang soit versée, mais dont les victimes sont innombrables. Combien de femmes auront été sacrifiées sur l’autel de la « bonne mère », de cet ensemble d’opinions et de préjugés qui commandent aux femmes ayant enfanté? Nouk, souffrant d’anorexie dans Petite, est ici la mère divorcée d’Eugénio, enfant gâté, tendre et tyrannique. Est-elle une bonne mère ? Son entourage ne tarit pas de recommandations et de conseils, qui sont le signe d’une subtile condamnation. S’organise alors une traque insidieuse, à coup de petites phrases et de sous-entendus. C’est « Un week-end de chasse à la mère ». On les connaît pourtant les mères, avec leur sens du sacrifice et de l’abnégation, celles d’avant soixante-huit. Les psychologues et les psychanalystes ont assez dénoncé ces mères castratrices, dévorantes et intrusives . Toute une génération ne s’est-elle pas soulevée contre le poids des mères ? « En chœur, nous maudissions nos mères, raconte Nouk en parlant d’elle et de son amie Martha, […]. Les mères, cette engeance ! disions nous. La littérature n’est-elle pas pleine de leur crimes et de leur bonne conscience, de leurs plaintes et de leurs ravages. Désertons ! était notre mot d’ordre. Plus jamais ça et plus jamais nous ! »
Les mères de l’après-féminisme sont-elles mieux loties ? Doutant de leurs capacités maternelles, ayant toujours peur de mal faire, aidées en cela par un inconscient collectif qui a intégré et digéré la responsabilité des mères dans les pathologies de leurs enfants – comme si les pères, eux, par nature distants, n’étaient là que pour atténuer les ravages d’une trop grande fusion maternelle- être mère n’est pas une sinécure.
« Il n’y a que les mères mortes, me surprends-je à penser parfois, celles-là ne font pas de mal, elles sont les plus douces et les plus parfaites. »
Mais lorsque les mères ne sont pas criminelles, elles sont les otages consentants, les victimes toutes désignées de ces petits « pachas égoïstes » qui les « séquestre mentalement » pour les abandonner lorsqu’ils n’ont plus besoin d’elles.
Il s’agirait de leur faire entrer dans le crâne « que nous ne sommes pas des mères au foyer et qu’ils nous doivent respect et assistance. »
Nouk travaille dans une bibliothèque pédagogique où l’on trouve toute sorte d’ouvrages pour aider les mères, scientifiquement, cette fois, rationnellement, à être de bonnes mères. Puisque les anciennes étaient de mauvaises mères par un trop plein d’animalité, et un manque cruel de réflexion, empêtrées dans une tradition qui ne se discutait pas,  les nouvelles seront éduquées et consciencieuses. Elles auront la distance de la raison.
Geneviève Brisac connaît parfaitement l’univers woolfien, et le poids des pierres que l’on glisse dans ses poches, la terrible pesanteur du désespoir. Comment Nouk s’en sortira-t-elle ? Parviendra-t-elle enfin à être la mère qu’il faut à son fils ? Il faut lire ce livre pour le savoir, véritable observatoire de la maternité, à la fois mélancolique et drôle.

Disparition de Ruth Rendell

 

Photo wikipédia

J’ai appris complètement par hasard, la disparition de Ruth Rendell, le samedi 2 mai 2015, à l’âge de 85 ans. Auteure de plus de 60 polars et romans psychologiques, elle était considérée comme l’héritière d’Agatha Christie.

Ses romans noirs étaient prétexte à l’exploration des maux de la société britannique et à l’analyse des raisons psychologiques et sociales qui peuvent mener au crime par le biais de la narration.

Son dernier roman, « Une vie si convenable », est sorti en français fin janvier.

une vie si convenable

 

Collection « Nos héroïnes » chez Grasset

Cette nouvelle collection est dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Cette collection vise à répondre à la question : « Qu’est-ce qu’une héroïne ? »
Elle s’attache à réunir des vies de femmes dont la vie a été éclairée et bouleversée ou a pris sens à travers une cause, un combat.

La mélancolie ouvrière de Michelle Perrot
Michelle Perrot raconte l’histoire de Lucie Baud, ouvrière qui en 1905 mène la révolte dans les usines textiles de Vizille et Voiron. Elle a laissé un texte autobiographique, publié dans une revue syndicaliste et l’on sait qu’elle a fait une tentative de suicide. Michelle Perrot tente de combler les silences de son histoire.

« L’idée d’une tombe sans nom » de Sandrine Treiner « Ne venez pas. Nous nous sommes trompés ». Manya Schwartzman, jeune révolutionnaire, quitte sa terre natale, la Bessarabie, pour construire le socialisme en Union soviétique et disparaît en 1937 dans les grandes purges staliniennes après ce dernier message aux siens.
Parce que l’idée d’une tombe sans nom lui déplaît, Sandrine Treiner mène l’enquête pour arracher son héroïne à l’anonymat des fosses communes.

Le troisième et dernier titre est Noire La vie méconnue de Claudette Colvin de Tania de Montaigne.

     tania de montaigne noire

Vous voulez devenir noire vous aussi ? C’est ce que vous propose Tania de Montaigne – Noire La vie méconnue de Claudette Colwin

tania de montaigne noire

Tania de Montaigne – Noire – La vie méconnue de Claudette Colvin collection Nos héroïnes Grasset – Editions Grasset & Fasquelle 2015

Vignette les grandes héroïnesCe livre est passionnant, à la fois documentaire et fiction, il possède une forme profondément originale qui tient à l’écriture de Tania de Montaigne et à la construction de son récit. Livre qui vous fait vivre de l’intérieur l’histoire de Claudette Colvin, vous devenez noire comme elle dans l’Alabama des années cinquante et vous éprouvez ce que cela veut dire dans une société où le pouvoir appartient aux blancs : la haine de soi, la peur, l’humiliation subie chaque jour, l’arbitraire et l’injustice. Expérience qui se diffracte dans le temps et vous fait comprendre ce qu’est être noire aujourd’hui en France. Le passé éclaire le présent même s’il ne le rejoue pas, les temps changent, mais être noir, aujourd’hui comme hier, « ça n’est pas une question de peau, c’est une question de regard, de ressenti. ». On n’est pas noire, mais on le devient. Et ce n’est jamais anodin. « Que celle qui ne s’est jamais jeté la première pierre lève le doigt », commente Tania de Montaigne.
Et leur expérience, celle de Claudette, puis celle de Tania, rejoint la mienne, je peux la continuer, à travers mes proches dont certains ont la peau foncée eux aussi. Bizarrement, je suis devenue noire moi aussi, dans des situations, des instantanés de vie. Blanche dans une famille où les peaux présentent tous les dégradés les plus subtils, les mélanges les plus étonnants, et où chacun devient l’autre. Cette expérience du regard, je la connais, mais à l’envers, j’ai oublié ce qu’était une peau noire que l’on regarde, parce que je ne la vois plus. Je vois juste des gens différents avec leur beauté propre, leurs qualités et leurs défauts, leurs passions et leur expérience. La couleur de leur peau est un simple détail de l’apparence physique, parce qu’il faut le dire, je ne suis pas plus blanche qu’ils ne sont noirs, ce n’est qu’une anecdote me concernant. Nous nous sommes accolorisés. C’est la vertu du mélange.
Mais cette situation est une exception, et il faut revenir à Claudette et à Tania qui regarde Claudette, qui déroule sa vie à travers la sienne. A Tania, qui est devenue noire, à son entrée à la maternelle, et à Claudette, qui un jour, bien avant Rosa Parks « Mère du mouvement des droits civiques » le 2 mars 1955, refuse de céder son siège dans le bus à un passager blanc. Jetée en prison, elle décide de plaider non coupable et d’attaquer la ville, ce qui est une première. Ce coup d’éclat ne sera pas suivi d’effet, et ce sera Rosa Parks, qui plus tard deviendra l’héroïne du mouvement de boycott des bus de Montgomery en Alabama. Militante depuis longtemps, Rosa Parks est choisie parce qu’elle présente toutes les qualités nécessaires à son rôle, de la classe moyenne, la quarantaine, irréprochable et vertueuse, elle ne peut prêter le flanc à la critique des blancs. Aujourd’hui on dirait que c’est un coup médiatique. Pourquoi et comment Claudette Colvin a-t-elle sombré dans l’oubli ? A-t-elle fait partie de ces quatre jeunes femmes qui vont attaquer les lois de la ségrégation dans les transports de Montgomery devant la cour fédérale, demandant qu’elle les déclare inconstitutionnelles ?
A-t-elle pris part à cette immense victoire et l’en a-t-on récompensée ? Vous saurez tout cela en lisant le livre de Tania de Montaigne, et bien plus encore, vous serez devenue noire le temps de quelques heures… Vous aurez aussi compris comment les femmes qui ont tenu tout le mouvement, auront été évincées par ce jeune et brillant pasteur américain, Martin Luther King … Parce qu’être femme et noire, en ces temps de ségrégation et en quelques autres, c’est double peine…

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Fait partie de la sélection 2015

La clandestine du voyage de Bougainville, « Jeanne Barré, la voyageuse invisible »

Michèle Kahn raconte l’histoire romancée de Jeanne Barré, première femme à avoir accompli un voyage autour du monde lors de l’expédition de Bougainville.
A une époque où les femmes sont interdites à bord des bateaux, Jeanne, qui connaît parfaitement les plantes, guérisseuse à ses heures, se travestit en valet pour suivre son amant botaniste, Philibert Commerson, à bord de l’Etoile le 10 janvier 1767. Son histoire est romancée dans La Bougainvillée, de Fanny Deschamps (1982), et reprise en 2014 par Michèle Kahn dans « La clandestine du voyage de Bougainville » qui en propose une manière d’épopée.

Vignette Les femmes et le théatreLe théâtre de Sartrouville a proposé cette histoire« Jeanne barré, la voyageuse invisible » , du 17 au 21 mars 2015 à travers un texte d’Eudes Labrusse et une mise en scène de Jérôme Imard & Eudes Labrusse.
« Des campagnes françaises aux plages de Tahiti, l’étonnant voyage d’une femme au siècle des lumières.
Un beau matin de 1776, une jeune femme s’embarque sous le nom de Jean Barré à bord d’un des navires de l’expédition légendaire de Bougainville. Pendant deux ans, aux hasards de la mer, elle vit travestie en homme au milieu des marins et des plus grands savants de l’époque. Jeanne Barré est la première femme à avoir fait le tour du monde. Son histoire, bien réelle, est pourtant percée de mystères. Eudes Labrusse en comble les vides en réinventant la vie intérieure de l’aventurière et son périple autour du monde. Toutes voiles dehors, c’est ce destin de femme exceptionnelle que deux comédiens et un violoncelliste nous invitent à découvrir à bord d’un imposant « bateau-théâtre ». Une rencontre avec une personnalité surprenante, aussi déterminée que brillante ! »

Laura Kasischke – En un monde parfait

laura kasischke en un monde parfait

Laura Kasischke – En un monde parfait Le livre de poche – Christian Bourgois Editeur 2010
Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Eric Chédaille, livre de poche 345 p

Vignette femmes de lettresQu’arrivera-t-il à une jeune femme si celle-ci rencontre le prince charmant au début du conte ? Faudra-t-il prendre l’histoire à rebours ?
Le prince charmant se présente à Jiselle, la trentaine, sous les traits d’un séduisant pilote, veuf et père de trois enfants qui, au bout de quelques semaines, la demande en mariage.
Elle accepte, et le lecteur a déjà envie de lui dire : « Stoppe là, y’a un problème ! Et l’indépendance financière des femmes ?». Mais non, Jiselle, naïve et confiante, abandonne son métier d’hôtesse de l’air pour celle de belle-mère au foyer. Et c’est là, bien sûr, que cela se gâte, tout d’abord, parmi les enfants, les deux adolescentes se sont promises de lui rendre la vie infernale, et ensuite une mystérieuse épidémie de grippe frappe les États-Unis et les isole dans leur grand et beau chalet.
Les États-Unis, cette super-puissance, devient un pays indésirable et ses ressortissants sont frappés d’ostracisme. Comment survivre quand tout vous manque ? Comment s’organiser ? Une robinsonnade de plus ?
On sait bien sûr, dés le début, que ce monde parfait n’existe pas alors on se demande juste comment il va s’écrouler et on attend. Cela prend du temps, au bout d’une centaine de pages on n’est guère plus avancés. La princesse aurait pu se faire la malle, mais non, elle reste. Elle a les vertus morales de l’héroïne. Et ce monde parfait reste parfait jusqu’au bout.
Si vous avez déjà vu ces films catastrophe dont les américains sont si friands, où soudain une catastrophe écologique ou climatique fait basculer un pays et une société, alors vous ne serez pas surpris. De nouveaux héros surgissent dans un monde qui chavire, dont la force morale va leur permettre de braver toutes les difficultés. Jiselle, personnage inconsistant au départ, acquiert l’étoffe des héros. On a déjà vu et lu ça, et c’est un peu convenu. Chacun va se débarrasser de ses oripeaux, et révéler tout ce qui sommeillait en lui. Derrière la Barbie hôtesse de l’air se cache une jeune femme courageuse et intègre. On sait, n’est-ce pas, que c’est dans les situations limites que se révèlent les gens.
Au fond, nous avons une capacité d’adaptation et un instinct de survie qui nous permettent d’affronter les situations les plus périlleuses. Au fond, qu’est-ce qui aurait pu se passer ? Que l’héroïne meure dans d’atroces souffrances, devienne alcoolique et fini le rêve américain.
Ne vous inquiétez pas, les tremblements de terre peuvent bien secouer le Népal, et un volcan entrer en éruption au Chili, si un américain est sur place, il s’en sortira toujours.
Jusqu’où va cette dystopie ? Dans quelle mesure dénonce-t-elle l’impérialisme américain et sa société consumériste ?

Je n’avais jamais lu cette auteure que j’ai découverte avec ce roman et je suis restée assez mitigée. J’en ai lu deux autres par la suite qui m’ont davantage plu. Mais je ne suis pas vraiment conquise non plus même si l’auteure a beaucoup de talent,  maîtrise parfaitement la narration et sait ménager le suspense. On la compare souvent à Joyce Carol Oates dont je trouve l’univers beaucoup plus sombre. Il me semble que la critique de Laura Kasischke est plus centré sur les systèmes et leurs faiblesses que sur les failles individuelles mais je me trompe peut-être. En tout cas, on passe un bon moment avec ses romans, les heures défilent et on est toujours plongés dedans.

Prix Simone Veil 2015 – Finalistes

Finalistes 2015FINALISTES 2015
Laurence de Cambronne – Madame de Staël : La femme qui faisait trembler Napoléon / Allary
Michèle Fitoussi – La nuit de Bombay / Fayard
Natacha Henry – Les Sœurs Savantes : Marie Curie et Bronia Dluska, deux destins qui ont fait l’histoire / Librairie Vuibert
Laure Hillerin – La comtesse Greffulhe : L’ombre des Guermantes / Flammarion
Tania de Montaigne – Noire : la vie méconnue de Claudette Colvin / Grasset
Colombe Schneck – Dix-sept ans / Grasset
Alessia Valli – La nostalgie du crépuscule / Michalon

Sibilla Aleramo Une femme – L’égérie italienne

sibilla aleramo

Sibilla Aleramo – Une femme première édition 1906 et 2002 pour la traduction française aux Editions du Rocher dans la collection Anatolia 249 pages
Traduction de Pierre-Paul Plan révisée et amendée par James-Aloïs Parkheimer

En 1906, une jeune italienne de 30 ans publie un premier roman « Une femme » qui agit comme une déflagration dans la société de son temps. Elle est considérée comme une héroïne par les féministes de son temps, puis élevée par celles des années 70 au rang d’icône. Son premier roman, largement basé sur des éléments autobiographiques, fait partie aujourd’hui du patrimoine mondial de la littérature écrite par des femmes. D’ailleurs il fut traduit assez rapidement en France en 1908 aux Editions Calmann-Levy et reçut les éloges enthousiastes d’un critique de l’époque, au Figaro, Anatole France.

Tout au long de sa vie elle voyagea beaucoup et vint notamment à Paris, où elle rencontra Rodin, Anna de Noailles, Valery Larbaud, Charles Péguy, Apollinaire et Colette qui la fêtèrent et qu’elle fascina durablement.
On dit même que Stefan Zweig au retour de Rome où il l’avait vue, s’exclama : « Qui n’a pas vu Sibilla Aleramo en cette première décennie du XXe siècle n’a rien vu. »
Elle était belle et indépendante, vivait librement ses amours mais s’engagea en politique de manière plutôt sporadique (pour à la fin de sa vie adhérer au Parti Communiste).

Sibilla Aleramo de son vraie nom Rina Faccio est née en 1876 à Alexandrie dans le Piémont et passa son enfance à Milan puis dans les Marches. Elle fut éduquée dans une famille bourgeoise, son père, au tempérament plutôt emporté, était directeur d’une entreprise après avoir été professeur,  et sa mère femme au foyer, dépressive,  fut internée au milieu de sa vie dans un établissement psychiatrique. Elle mourut à Rome en 1960.

Sibilla Alaramo raconte la période de sa vie qui va de son enfance à l’âge adulte. Le récit s’arrête à l’âge de 26 ans alors qu’elle quitte le domicile conjugal. A travers ce récit, elle construit son propre mythe, sélectionne les événements qui agissent en tant que symboles, en expurge d’autres, notamment ses amours avec le poète Felice Guglielmo Damiani (cf préface du traducteur) et construit ainsi le personnage d’une héroïne féministe pure et sans tache dont la vie sentimentale et les appétits sensuels pèsent peu dans les choix existentiels. Dans ce récit, elle n’a que des rapports sexuels forcés ou obligés et doit subir la violence de son mari qu’elle a épousé alors qu’elle n’avait que quinze ans.
Tout cela est bien réel, effectivement, elle a subi le viol et sa vie conjugale fut pour elle un calvaire. En proie au désespoir, parce que toute issue lui semblait condamnée, elle tente même de se suicider.
Quels sont les droits pour les femmes italiennes à l’époque ? On peut dire qu’il n’y en a pas encore : elles sont soumises à l’autorité de leur mari, éternellement mineures puisqu’elles n’ont aucun droit légal sur les enfants – le père étant seul chef de famille- ne peuvent disposer librement de leur capital, revenus ou héritage. (cf Alison Carton-Vincent : Sibilla Aleramo, une héroïne du féminisme italien, revue Clio)
Il semble donc pour les commentateurs qu’il n’y ait pas de pure adéquation entre la vie de Sibilla et les faits mentionnés dans son roman. C’est  la fiction qu’il faut interroger et l’intention, ou la question qui sous-tendent cette narration. Que veut montrer l’auteure ?
Que les femmes sont dépossédées de leur vie, soumise à la violence des hommes et enfermées dans un stricte rôle d’épouse et de mère. Elles ne peuvent choisir de métier qui les intéressent vraiment car beaucoup de carrières leur sont encore interdites. Leur vie étriquée conduit les bourgeoises à la neurasthénie, à la mélancolie, parfois à la folie. Elles ne peuvent pas quitter des époux avec lesquels elles ne sont pas heureuses sous peine de se retrouver sans revenus ou d’abandonner leurs enfants. La liberté se paye chèrement. Si Sibilla adore son père qui l’éduque de manière assez libre pour l’époque, elle ressent peu d’amour pour sa mère dont la timidité et la mélancolie lui répugnent. C’est en vivant à son tour le destin des femmes mal mariées qu’elle sera en mesure de mieux la comprendre . Si son destin devient un exemple pour les autres femmes et si ce roman a un tel retentissement, c’est qu’il est le récit d’une lutte pour l’émancipation. Tout d’abord par l’écriture, le journalisme, les revendications pour les droits des femmes, la critique de la misère sociale et de la condition des ouvriers, et l’expression de sa propre individualité et de sa liberté, quitte pour cela à laisser son enfant. Elle sait que son mari se sert de leur fils qu’il prend en otage pour mieux la retenir. Ce lien est un joug qu’ elle doit le rompre. D’une certaine manière, il faut trancher dans le vif, pour renverser la tradition qui assignent à la femme des rôles étroits dans lesquels leur individualité ne peut s’exprimer totalement. Cela ne peut se faire sans douleur.
Franca Rame et Dario Fo, des compatriotes de Sibilla, qui participèrent à la seconde vague du féminisme en Italie font dire à Médée dans Récits de femmes et autres histoires : « Nos enfants sont comme le joug de bois dur pour la vache : vous autres hommes, vous nous les mettez au cou pour mieux nous assujettir, dociles, afin de nous traire et de nous monter. »

J’ai dévoré ce roman qui est pour moi un bijou de l’histoire littéraire. J’étais très émue d’entendre la voix de cette femme par delà le temps, de me dire que c’était grâce à des femmes comme elle que je pouvais décider aujourd’hui librement de ma vie.

Prix Simone Veil 2015 – VIIe salon des femmes de lettres

Créé en 2009 par l’association Cocktail & Culture, le Salon des femmes de lettres est un salon littéraire parisien qui réunit chaque année une quarantaine de femmes écrivains à l’occasion d’une séance de dédicace.

Le 7ème Salon des Femmes de Lettres aura lieu le jeudi 28 mai 2015 de 19h à 21h au Cercle National des Armées Paris 8ème.

Logo Prix Simone Veil

Logo Prix de la Poesie Venus Khoury-Ghata

Membres du Jury du Prix Simone Veil 2014Affiche 7ème Salon des Femmes de Lettres 2

  • Elisabeth Barillé, écrivain, lauréate du Prix Simone Veil 2014, Marie Billetdoux, écrivain, Emmanuelle de Boysson, journaliste et écrivain, lauréate du Prix Simone Veil 2014, Huguette de Broqueville, écrivain, Cécilia Dutter, écrivain, Irène Frain, écrivain, Christelle Gallé, rédactrice en Chef Hors-Séries Femme Actuelle
  • Alix Girod de l’Ain, écrivain, scénariste et journaliste à Elle, Pascale Hugues, journaliste et écrivain, lauréate du Prix Simone Veil 2014, Anaïs Jeanneret, écrivain
  • Michèle Kahn, écrivain, Kenizé Mourad, écrivain, Guillemette de Sairigné, écrivain

5 ans …

Femme volant avec livres copie

Deux ans sur ce blog à lire, à faire de belles trouvailles, avec l’envie de continuer encore longtemps ce projet…..en votre compagnie…

et bien sûr trois ans sur une autre plateforme, ce qui fait

5 ans !

Je m’étais donnée comme objectif, au moins 10 ans….