Harper Lee gardera son mystère jusqu’au bout…

Harper Lee est décédée hier, le vendredi 19 février 2016 à l’âge de 89 ans. Née le 28 avril 1926, elle aura écrit un unique roman : « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » qui sort en 1960 et devient un énorme succès.

Elle déclarait en 1964, à la radio : « Je ne m’attendais pas au succès avec ‘l’Oiseau moqueur’. J’espérais tout au plus que la critique m’inflige une mort rapide et douce, mais, en même temps, j’espérais quand même que quelqu’un l’aimerait assez pour m’encourager à poursuivre. J’ai plutôt obtenu un énorme succès, et à bien des égards ça a été aussi effrayant que la mort rapide et douce à laquelle je m’attendais.»

Tout le monde attendit, en vain, un autre livre mais le succès avait visiblement tari toute créativité chez l’écrivain. En février 2015, sort un deuxième livre « Va et poste une sentinelle » qui s’avère être un des volets  de la trilogie dont «Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur» aurait été le premier tome..

Description de cette image, également commentée ci-après                                                     Photo wikipédia – Licence creative commons

 

« Jean Louise Finch, dite « Scout », l’héroïne de Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, est de retour vingt après dans sa petite ville natale de l’’Alabama, Maycomb, pour rendre visite à son père Atticus. Elle a vécu longtemps à New York, et son regard a changé. Elle va découvrir chez ses proches des aspects qu’elle n’attendait pas. Va et poste une sentinelle est le deuxième roman de Harper Lee, mais fut écrit avant « Ne tirez pas sur l’’oiseau moqueur » .

.

 

La grande maison – Nicole Krauss

La grande maison

Nicole Krauss – La grande maison – Editions de l’Olivier- 2011

Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Paule Guivarch

Les personnages de cette histoire sont liés par un lien invisible et leurs destins vont se croiser à la faveur des migrations d’un mystérieux objet. Les soubresauts de l’Histoire accompagnent Lotte Berg dans sa fuite hors de l’Allemagne nazie vers l’Angleterre. Nadia, en mal d’inspiration, part en Israël à la recherche d’un bureau pour écrire. Isabel, une américaine, vient étudier à Oxford et rencontre Yoav, fils d’un antiquaire, juif errant qui va de ville en ville, d’un pays à un autre, depuis la mort de sa femme. A Jérusalem, un père écrit à son fils et tente de briser le mur d’incompréhension qui s’est élevé entre eux au fil des années.

Au fond, nous sommes tous reliés les uns aux autres. Nos destins individuels sont façonnés par l’Histoire. Il est toujours stupide de l’ignorer. La dimension politique des actes individuels est le lien qui nous unit. Ce que l’un fait se répercute sur l’autre. L’indifférence à l’autre, l’oubli du bien commun et de l’intérêt collectif sont à la racine du mal. Même l’amour, épris de singularité, possède une dimension politique car il ne peut se vivre en dehors de la société dans laquelle il naît et se développe. L’Holocauste brisa les liens familiaux, et fut à l’origine de nouvelles migrations et de la création de l’Etat d’Israël.

Quel est le lien de l’écriture avec l’Histoire ? Pourquoi chacun de ces personnages écrit-il ? Le pouvoir de l’écriture n’est-il pas une illusion ? Que doit-on être prêt à sacrifier à ce pouvoir démiurgique ? L’écriture peut-elle nous aider à nous reconstruire ? Telles sont les questions au cœur de ce récit que j’ai parfois trouvé un peu long et bavard, plus dans la démonstration que dans l’émotion si l’on excepte la lettre du père à son fils. La forme et le projet sont vraiment intéressants, la narration souvent intelligente mais pour moi la rencontre n’a pas eu lieu.