Cachées par la forêt : 138 femmes de lettres oubliées – Eric Dussert

Cachées par la forêt sur France Culture

Une émission a eu lieu aujourd’hui à 15H sur France Culture, « Ces femmes qui écrivent », Avec : Eric Dussert, critique littéraire et essayiste, auteur de Cachées par la forêt : 138 femmes de lettres oubliées (Table ronde, 2018) et Frédéric Maget, président de la Société des amis de Colette et directeur du Festival international des écrits de femmes. Elle est disponible en podcast.

Alias Grace – La série d’après le roman de Margaret Atwood – Captive

  • Captive, Robert Laffont, 1998 ((en) Alias Grace, 1996) adapté en 2017 sous forme de mini-série de six épisodes par Netflix

La série est parfaitement construite, et elle est relativement fidèle au roman. Remarquablement interprétée par Sarah Gadon, dont la retenue et la subtilité dans le jeu donnent toute l’ambiguïté et le charme nécessaires à un tel personnage, son format permet d’en dessiner suffisamment toute la complexité.

Née le 4 avril 1987 à Toronto, elle a notamment joué dans les films A Dangerous Method, Cosmopolis et Maps to the Stars, trois films du réalisateur canadien David Cronenberg qui excelle à mettre en scène la complexité de personnages ambivalents et troubles.

Depuis 2017 / 45min / Titre original : Alias Grace de Sarah Polley, Noreen Halpern,

avec Sarah Gadon, Edward Holcroft, Rebecca Liddiard

Grand Prix de littérature dramatique 2016 FINIR EN BEAUTÉ de Mohamed El Khatib/ Léonie et Noélie – Nathalie Papin

FINIR EN BEAUTÉ de Mohamed El Khatib, Solitaires intempestifs

Mohamed El Khatib n’a de cesse de mener une enquête sur la langue, à partir de la sienne, sa langue maternelle, l’arabe. il explore les trous de la langue, les mots où les mots français viennent remplacer les mots arabes, les moments où la langue arabe fait défaut, où on n’arrive plus à nommer les choses.

« J’ai réuni l’ensemble du « matériau-vie » à ma disposition entre mai 2010 et août 2013. Je n’ai pas toujours demandé les autorisations utiles. Je ne me suis pas posé la question de la limite, de la décence, de la pudeur. J’ai rassemblé ce que j’ai pu et j’ai reconstruit. Tout est allé très vite et sans préméditation. Cette fiction documentaire est restituée ici arbitrairement sous la forme d’un livre, de façon chronologique, à peu près linéaire. Il n’y a aucun suspense, à la fin on sait qu’elle meurt et que son fils est très très triste. On sait également que si c’était à refaire, j’agirais sans doute différemment. J’aurais été un fils irréprochable. Les parents se demandent toujours s’ils ont été de bons parents. Mais nous, est-ce qu’on a été de bons enfants ? On a été des enfants au niveau, nous ? On a été des enfants olympiques, nous ? »

36 ans. Auteur et metteur en scène, il s’astreint à confronter le théâtre à d’autres médiums (cinéma, installations, journaux) et à observer le produit de ces frictions.
Après des études de Lettres (Khâgne), un passage à Sciences Po, puis au CADAC (Centre d’Art dramatique de Mexico) et une thèse de sociologie sur « la critique dans la presse française » (Dir. Nicolas Pélissier), il cofonde à Orléans en 2008 le collectif Zirlib autour d’un postulat simple : l’esthétique n’est pas dépourvue de sens politique.

Source : Théatre contemporain.net

Finir en beauté (Pièce en un acte de décès)

Léonie et Noélie – Nathalie Papin, Théâtre l’école des loisirs

Deux soeurs jumelles, Léonie et Noélie, se retrouvent une nuit sur les toits d’une grande ville pour contempler à leurs pieds les feux orangés d’un incendie qu’elles ont déclenché. Léonie apprend les derniers mots d’un dictionnaire, Noélie joue au funambule. Aucune raison d’avoir peur. Elles sont fortes, elles sont deux, elles sont une. Combien de temps encore ?

Nathalie Papin publie son premier récit chez Paroles d’Aube en 1995.
Par la suite, la collection théâtre de l’école des loisirs édite l’ensemble de ses écrits depuis sa première pièce, Mange-Moi, en 1999 jusqu’à aujourd’hui.
La plupart de ses pièces ont été mises en scène.
Le Pays de Rien, sa pièce emblématique, donne lieu chaque année à de nombreuses mises en scène dont on peut citer celles de Catherine Anne, Émilie Le Roux et Betty Heurtebise.

Source : Théatre contemporain.net

 

Désobéir – Le rapport à l’image du père, à la religion, à la sexualité : « Tu es plus libre que les hommes de la famille ».

Quatre filles d’aujourd’hui qui ont grandi en banlieue, issues de l’immigration, et dont les témoignages, sans manichéisme, raconte l’itinéraire complexe et parfois douloureux. Elles disent le poids des héritages,  la place dévolue aux femmes au sein de leurs familles et leur révolte pour vivre autrement.

Comment exister et quel est le prix à payer ? « Perdre des langues, des familles, des pères, « dit Julie Bérès. Un parcours fait de renoncements, d’appartenances perdues et d’identités complexes à redéfinir.

Et la question du foulard : « Cette femme-là est-elle vraiment libre ? »

Une pièce pétrie d’intelligence, d’authenticité et de liberté, qui n’est jamais « là où on l’attend ».

« Une parole qui existe enfin, réjouissante ».

onception et mise en scène Julie Berès ; Avec Lou-Adriana Bouziouane, Charmine Fariborzi, Hatice Ozer et Séphora Pondi ; Texte Julie Berès, Kevin Keiss, avec la participation d’Alice Zeniter ; Dramaturgie Kevin Keiss ; Travail sur le corps Jessica Noita ; Scénographie Marc Lainé et Stephan Zimmerli ; Création sonore David Segalen ; Création lumière Laïs Foulc ; Création vidéo Christian Archambeau ; Costumes Elisabeth Cerqueira ; Remerciements Nicolas Richard, Leslie Six, Karim Belkacem, Marion Stoufflet

 

Désobéir – Julie Bérès Théâtre des arts Cergy Grand Centre / 25 et 26 janvier

« À contre-courant de l’effervescence médiatique et des étiquettes qu’elle colle sur des réalités plus complexes, la metteure en scène Julie Berès a mené un patient travail de rencontres avec des femmes de la première, deuxième ou troisième génération issues de l’immigration. Quatre jeunes femmes racontent ici avec énergie, insolence et humour comment il leur a fallu arracher leur liberté. »

en 25 jan – 14h30 & 19h
Sam 26 jan – 19h
Théâtre des Arts
Cergy Grand Centre

Art de Yasmina Reza / Berling, Darroussin, Fromager – Patrice Kerbrat

« Ils sont trois amis. Ils se nomment : Marc, Serge et Yvan.

Ils sont amis depuis trente ans jusqu’au jour où Serge achète un tableau entièrement blanc (si on cligne les yeux, on peut apercevoir de fins liserés blancs transversaux…).

Serge présente à Marc son acquisition. Marc contemple l’oeuvre et s’enquiert de son prix. Cette scène anodine est le point de départ d’un « cataclysme » entre les trois amis. »

J’ai assisté hier soir à cette pièce au théâtre de Poissy, de manière tout à fait  imprévue, il n’y avait plus de places depuis longtemps et c’est grâce à un charmant monsieur qui cédait les siennes, que nous avons pu avoir le bonheur d’assister à la performance de nos trois trublions. Quelques mots avec Jean-Pierre Darroussin, que j’adore, et la vie soudain devient belle !

Yasmina Reza conduit une pensée critique du jugement esthétique. En effet comment juger de la qualité d’une oeuvre d’art, quels sont les critères qui permettent le jugement esthétique, ou les œuvres d’art ne sont-elles que des produits dont la seule la côte, la valeur marchande va déterminer la valeur ?

Un tableau monochrome va être le point de départ d’une dispute qui va enfler entre trois amis, prétexte à quelques jugements assénés, vis à vis de l’un ou de l’autre. Yasmina Reza passe les relations humaines au vitriol , n’a-t-on des amis que pour pouvoir parler de soi à un autre, ou par humaine solitude ?

Art est une pièce drôle, cruelle et décapante. Elle est jouée et rejouée et son succès ne se dément pas.

« Écrite en 1994 et traduite dans une quarantaine de langues, la pièce « Art » de Yasmina Reza a été jouée et primée dans le monde entier. Elle a fait l’objet de productions mémorables dont certaines se jouent encore en répertoire. Elle a obtenu de nombreux prix prestigieux dont le Tony Award de la meilleure pièce aux USA et le Laurence Olivier Award de la meilleure pièce au Royaume-Uni. »


De Yasmina Reza

Avec Charles Berling, Jean-Pierre Darroussin et Alain Fromager

Mise en scène : Patrice Kerbrat / Décor : Edouard Laug / Lumière :

Laurent Béal / Assistante mise en scène : Pauline Devinat

Prix de littérature de l’Union Européenne 2013

2013  

Le prix de littérature de l’Union Européenne,  ouvert aux 37 pays participant au programme «Europe créative» dans les secteurs de la culture et de la création, récompense tous les ans les meilleurs écrivains émergents en Europe. Les critères sont assez exigeants, puisqu’il faut avoir publié entre deux et quatre œuvres et avoir déjà été nominé.

Il est organisé par un consortium composé de la Fédération des libraires européens (EBF), de la Fédération des associations européennes d’écrivains (FAEE) et de la Fédération des éditeurs européens (FEE).

Les œuvres de femmes sont bien représentées mais elles sont  peu traduites en français. D’ailleurs, le fait est que les ouvrages primés sont, dans leur ensemble, très peu traduits. Pour un prix qui vise à  » promouvoir une diffusion plus large de la littérature européenne; encourager les ventes transnationales de livres; renforcer l’intérêt pour l’édition, la vente et la lecture d’œuvres littéraires étrangères », le résultat est un peu décevant en ce qui concerne les traductions en français. Toutefois, très belle initiative, l’Europe existe, bel et bien, quoi qu’on en dise.

On atteint complètement la parité en ce qui concerne les romans primés (6/12) et plus de traductions.

Belgique : Isabelle Wéry, Marilyn désossée (Maëlstrom éditions), 2013

Bosnie-Herzégovine : Faruk Šehić, Knjiga o Uni

Chypre : Emilios Solomou, Hμερολóγιο μιας απιστίας

Danemark : Kristian Bang Foss, Døden kører audi – La Mort roule en Audi (Nil,2015)

Estonie : Meelis Friedenthal, Mesilased

Finlande : Katri Lipson, Jäätelökauppias

Allemagne : Marica Bodrožić, Kirschholz und alte Gefühle

Luxembourg : Tullio Forgiarini, Amok – Eng Lëtzebuerger Liebeschronik

République de Macédoine : Lidija Dimkovska, РЕЗЕРВЕН ЖИВОТ

Roumanie : Ioana Pârvulescu, Viaţa începe vineri La Vie commence vendredi- Le Seuil 2016

Slovénie : Gabriela Babnik, Sušna doba La Saison sèche Slovene Writers’ Association (23 juillet 2017) Format kindle

Espagne : Cristian Crusat, Breve teoría del viaje y el desierto

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Rencontre avec Marjorie Fabre et Marie-Pierre Cattino

Les Éditions Koinè vous convient à une rencontre / lecture le jeudi 24 janvier de sa dernière publication :
Revanche de Marjorie Fabre
en compagnie de Marie-Pierre Cattino pour La vallée aux pommes.
C’est à 18h, au 19, rue de l’Odéon 75006 Paris. M° Odéon.

éd koiné

Une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Une chercheuse espagnole s’est vu attribuer une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Nous le défendons ici à Litterama depuis plus de dix ans maintenant, de nombreux chercheurs travaillent dans l’ombre, avec assez peu d’échos auprès du grand public, et les bénéfices de tant de travail et d’acharnement se font enfin sentir : jugez plutôt, une bourse de 1,5 millions d’euros pour retrouver les textes de femmes en Europe entre 1500 et 1780 !

Quelle satisfaction, quelle joie !

De nombreux textes de femmes ont été perdus tout au long de l’Histoire, victimes de la dévalorisation systématique du féminin. Et si quelques jeunes hommes aujourd’hui, comme l’indiquait la chronique précédente,  cherchent cette part en eux, tant l’éducation les a obligés à la refouler, je ne suis pas vraiment surprise. Le monde change !

Carme Font – docteure en philologie anglaise de l’Université autonome de Barcelone sera responsable de ces recherches, (selon El Pais et The Guardian) . Elle a 5 ans pour parcourir toutes les bibliothèques, archives et collections privées, afin de trouver et recenser les lettres, poèmes et pensées philosophiques rédigés par des femmes entre 1500 et 1780 afin de les faire connaître au grand public. ( source Figaro-Madame)

Merci à mon amie Karine d’avoir repéré pour moi cette information.

Homme/femme : bousculer les codes

Ce jeune homme tente de représenter la France à l’Eurovision cette année. Il déchaîne les passions sur les réseaux sociaux, autant chez ceux qui le soutiennent que ceux qui le critiquent parfois très violemment. En effet, il parle de la différence mais questionne aussi nos identités de genre. Il revendique des attributs la plupart associés au féminin, le maquillage, les vêtements et cela ne peut manquer de nous intéresser ici à Litterama. A suivre…

Frederika Bremer (1801-1865), pionnière suédoise

 

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Femme de lettres suédoise (Tuorla, Finlande 1801- Arsta, 1865)[1]

Elevée au château d’Arsta, elle reçut une excellente éducation : elle suivit des cours de philosophie, de religion et de politique. A vingt ans, elle commence à ruer dans les brancards, ce qui nous la rend bien sympathique : elle critiqua les sermons des prêtres établissant la supériorité, voulue par Dieu, de l’homme sur la femme.

Elle refusa également de se marier et obtint sa majorité grâce au roi[2]. Pas question de moisir derrière les fourneaux, elle a bien autre chose à faire. Ecrire, par exemple, et voyager, car elle fut une grande voyageuse :  on lui doit des récits qui sont de précieux témoignages sur l’Amérique du Nord et du Sud, Cuba, l’Italie, la Turquie et la Palestine. Le XIXe siècle n’a pas été tendre pour les femmes, mais c’est aussi le siècle des première revendications féministes et des premières victoires : création d’une école normale en 1861, et l’autorisation de préparer un diplôme universitaire en 1873 ( Pour mémoire, en France,  il faut attendre 1880  pour que la Sorbonne s’ouvre aux jeunes filles et que la loi Sée institue un enseignement secondaire féminin d’Etat) et  majorité des femmes à vingt-cinq ans en 1858.

Entre 1835 et 1843, elle écrivit plusieurs romans réalistes, La Famille H… qui lui valut de remporter la médaille d’or de l’Académie suédoise en 1831, Nina (1835) ou les voisins (1837) regroupés sous le titre : Tableaux de la vie privée ( Teckningar utur hvardagslifvet) , où elle prend position en faveur de la femme et de l’enfant dont elle défendait la place dans la société, ce qui suscita de vives polémiques et permit d’engager le débat. Le narrateur gagne en objectivité, se défaisant de son aspect moralisateur (On passait aux femmes les romans édifiants, éducatifs, c’est donc une rupture avec ces codes). Puis elle remporta un immense succès avec Herta, paru en 1856, véritable roman féministe. Elle rassembla dans Foyers du Nouveau Monde et La vie dans l’Ancien Monde ces récits de voyage, découvre les mouvements féministes américains. Les suédoises lui rendirent hommage en créant en 1884 l’Association Frederika Bremer, affiliée à L’Alliance internationale des femmes.

[1] Dictionnaire des femmes célèbres, article, Lucienne Mazenod, Ghislaine Schoeller, Robert Laffont, paris 1992

[2] Birgitta BERG Le dictionnaire universel des créatrices, des femmes, Antoinette Fouque

Anise Koltz : Tu descends le chemin de mon sang…

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Jeune homme nu assis au bord de la mer (1836), Parismusée du Louvre.

Tu descends le chemin de mon sang
comme un caravanier
la route de la soie

Lorsque tu tomberas de mes hanches
mille ans auront passé

J’aime l’homme
au dos vaste
comme une steppe

Dans les profondeurs de sa terre
j’écoute
le bruit du troupeau de buffles
qui le traverse

Anise Koltz

Source : Printemps des poètes

Photo credit : Hippolyte Flandrin [Public domain] wikipédia

Vera Brittain et ses écrits contre la guerre (1893-1970)

Vera Brittain ( 1893-1970) – Testament of youth, une voix contre la guerre

J’aimerais vous parler de Vera Brittain, une femme qui a écrit pendant la première guerre mondiale ;  il me semble que si vous parvenez au bout de cet article, vous aurez contribué à la faire revivre, et aurez redonné force à ses combats. Nous sommes les lieux de la mémoire, le conservatoire des voix de femmes, qui s’élevèrent jadis et qui demandent à ne pas être tout à fait oubliées. Je voudrais le relier au roman de Margaret Atwood, dont j’ai écrit récemment la chronique, car si les femmes n’ont pas toujours eu une arme à la main, elles savent d’une autre manière ce qu’est la guerre.

Testament d’une génération sacrifiée

Vera Brittain obtint à sa sortie en 1933, le titre qui lui assura enfin la consécration et le succès, « Testament of youth », récit des années de guerre, à laquelle elle participa en tant qu’infirmière. Elle lui paya un tribut non négligeable, car cette guerre lui enleva son frère et son fiancé, membres d’une génération sacrifiée.

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Toutes les œuvres qu’elle publia par la suite furent plus ou moins autobiographiques. Le traumatisme vécu fut la veine qui irrigua son œuvre mais aussi sa vie, car elle devint une pacifiste convaincue.

« As a child I wrote because it was as natural to me to write as to breathe, and before I could write I invented stories. »

Défendre l’honneur ?

Elle a compris que lutter contre la guerre, c’est lutter contre des représentations, des valeurs qui voient dans la brutalité, la sauvagerie, la barbarie et la mort l’honneur d’un homme, d’une famille, d’une nation.

Une femme libre

Elle dut lutter contre sa famille pour réussir à passer le concours d’entrée réservé aux filles à Oxford, interrompit ses études pour s’engager comme infirmière, et devint une femme libre de ses choix et de ses idées.

Elle voulait devenir écrivain  depuis le plus jeune âge : « As a child I wrote because it was as natural to me to write as to breathe, and before I could write I invented stories. »

Femme engagée, elle contribua au magazine pacifiste, Peace news, lutta contre l’apartheid et le colonialisme.

Les combats de Vera B sont les mêmes que nous pourrions livrer aujourd’hui, les mêmes ressorts animent les mêmes haines, les mêmes conflits dans lesquels des innocents perdent la vie, la joie de vivre, l’espérance et le bonheur.

Que la voix de Véra B et celles de tous les autres ne soient jamais oubliées.

Photo de vera Brittain : Noelbabar [Public domain, Public domain or Public domain], from Wikimedia Commons

Un film a été tiré de cet ouvrage :

Stances amoureuses de Marguerite de Valois

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Stances amoureuses de Marguerite de Valois (extraits)

J’ai un ciel de désir, un monde de tristesse,
Un univers de maux, mille feux de détresse,
Un Etna de sanglots et une mer de pleurs.
J’ai mille jours d’ennuis, mille nuits de disgrâce,
Un printemps d’espérance et un hiver de glace ;
De soupirs un automne, un été de chaleurs.
Clair soleil de mes yeux, si je n’ai ta lumière,
Une aveugle nuée ennuitte ma paupière,
Une pluie de pleurs découle de mes yeux.
Les clairs éclairs d’Amour, les éclats de sa foudre,
Entrefendent mes nuits et m’écrasent en poudre :
Quand j’entonne mes cris, lors j’étonne les cieux….
Belle âme de mon corps, bel esprit de mon âme,
Flamme de mon esprit et chaleur de ma flamme,
J’envie à tous les vifs, j’envie à tous les morts.
Ma vie, si tu vis, ne peut être ravie,
Vu que ta vie est plus la vie de ma vie,
Que ma vie n’est pas la vie de mon corps !
Je vis par et pour toi, ainsi que pour moi-même ;
Je vis par et pour moi, ainsi que pour toi-même :
Nous n’aurons qu’une vie et n’aurons qu’un trépas.
Je ne veux pas ta mort, je désire la mienne,
Mais ma mort est ta mort et ma vie est la tienne ;
Ainsi je veux mourir, et je ne le veux pas !…

A la rencontre de deux femmes : Eliane Viennot et Marguerite de Valois

Résultat de recherche d'images pour "eliane Viennot marguerite de valois"Eliane Viennot est une chercheuse infatigable, spécialiste de Marguerite de Valois et engagée dans une somme « La France, les femmes et le pouvoir », entre autres. La redécouverte d’écrits de femmes et notamment ceux de Marguerite de Valois m’a donné envie de lui poser quelques questions.

A.G.R  (Litterama) : Quel est l’itinéraire personnel et professionnel qui vous a conduite à Marguerite de Valois ?

Eliane Viennot : Le hasard. Quand j’ai fait ma maîtrise, que je voulais faire « sur les femmes », la première enseignante que j’ai trouvée (qui acceptait de tels sujets) m’a proposé de travailler sur Brantôme, sur l’amour et le mariage dans l’œuvre de Brantôme. Quelques mois plus tard, j’ai compris que la femme à laquelle ce mémorialiste dédiait toutes ses œuvres, cette Marguerite de Valois, était celle que moi je connaissais sous le nom de « reine Margot ». Or les deux personnages — celui dont parlait Brantôme et celui que j’avais dans la tête — n’avaient rien à voir. Cela ma intriguée. J’ai décidé de comprendre ce qui lui était arrivé pour qu’il en soit ainsi.
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 A.G.R  (Litterama) : A-t-elle souffert de la réputation que lui a faite Alexandre Dumas ?

Oui et non. Marguerite de Valois a commencé à être un sujet d’étude à partir de la seconde moitié du 18e siècle. Après le succès de La Reine Margot (1845), elle l’est en partie restée pendant quelques décennies, mais de plus en plus d’historiens ont décidé que c’était un sujet indigne, et elle a été abandonnée des chercheurs et chercheuses durant la presque totalité du 20e siècle. Bien d’autres romanciers ont travaillé, après Dumas, à sa « chute » dans l’ornière. Au 20e siècle, elle n’est plus un sujet d’étude, mais elle est un sujet de bavardages pseudo historiques incessants, de romans de gare, comme les Histoires d’amour de l’histoire de France de Guy Breton (c’est le pire).

A.G.R  (Litterama) : Quelle est la postérité que vous lui souhaiteriez ?

Eliane Viennot : La plus juste possible : une postérité qui s’appuie sur ses actions, ses écrits, ses mérites…

A.G.R  (Litterama) : Quels sont les goûts de Marguerite en matière de littérature à son époque ? Que lit-elle?

Eliane Viennot : Elle a lu énormément de choses, mais elle n’en parle pas précisément donc c’est difficile de savoir quoi exactement. Elle a grandi au temps où la Pléiade brillait à la cour. Ronsard a écrit une bergerie qu’elle a joutée, et elle cite (mal) Du Bellay. Elle s’est nourrie de Plutarque, comme tous ses frères, et la Vie des hommes illustres se devine en transparence dans ses écrits. Elle a d’ailleurs demandé à Brantôme d’écrire sa Vie… Elle a lu beaucoup de philosophes (surtout des néoplatoniciens), elle dit à quel point la lecture l’a réconfortée quand elle était gardée à vue au Louvre dans les années 1570 — mais elle a sûrement en tête les longues années passées à Usson. Ses contemporains la considéraient comme un puits de sciences, et en plus elle s’intéressait à tout. Il faut lire aussi les dédicaces qu’on lui a adressées (certaines sont en ligne sur le site que je lui ai consacré): elles disent beaucoup des relations intellectuelles que « ses » auteurs entretenaient avec elle.

A.G.R  (Litterama) : En quoi ses Mémoires, et ses différents écrits, présentent-ils un intérêt pour l’histoire littéraire ?

Eliane Viennot : Ses Mémoires sont à l’origine du genre des mémoires aristocratiques. Ils ont paru en 1628, et tout de suite le livre a été célèbre. Quarante ans plus tard, des témoins disent encore que « le livre est dans toutes les mains ».

A.G.R  (Litterama) : Est-ce un geste unique à son époque ? D’autres femmes parmi ses contemporaines se sont-elles essayé à cet exercice ?

Eliane Viennot : Elle est la première, mais elle ne savait pas qu’elle était en train d’inventer un genre ! Le début de ses Mémoires montre qu’elle ne fait que répondre à Brantôme, qui lui a envoyé un discours sur sa vie. Elle dit « stop », là, vous vous trompez, je vais vous expliquer la véritable histoire, comme ça vous pourrez retoucher votre discours. Mais elle s’est prise au jeu. Puis, en revenant à Paris, elle a laissé tomber le texte, elle avait mieux à faire, sans doute. En tout cas elle ne s’est pas occupée de le laisser en bonne forme pour la postérité. D’où le fait qu’on n’en possède qu’un morceau: toute la fin manque.

A.G.R  (Litterama) : Vous avez créé deux collections, « La Cité des dames » et « L’École du genre », aux Publications de l’université de Saint-Étienne, quels ouvrages recommanderiez-vous plus particulièrement ?

Eliane Viennot : Je trouve tous ces livres importants. La première collection a remis en circulation des textes très difficiles d’accès, soit parce que non réédités, soit parce que reparus dans des collections très onéreuses. L’édition des Mémoires en est à son troisième retirage, celle des Enseignements d’Anne de France au deuxième. C’est la preuve que ces textes ont circulé, été étudiés. La seconde collection a fait connaitre  beaucoup de travaux étrangers, et en général des problématiques tout à fait pionnières. Elle a participé la diffusion des études sur le genre — et de la prise de conscience de l’intérêt des travaux sur la longue durée; car c’est une caractéristique de cette collection.

A.G.R  (Litterama) : Vous êtes une chercheuse particulièrement active et engagée, quelles initiatives auprès du grand public  manquent encore pour diffuser les résultats de la recherche ? Cela pourrait-il contribuer à changer les mentalités ?

Eliane Viennot : Il faudrait que les directions officielles de la recherche suivent ! Et que des enseignements pérennes soient mis en place, au lieu de dépendre de la bonne volonté de quelques enseignantes. Aujourd’hui en France, il y a toujours aussi peu de chaires d’études féministes (ou de genre) qu’il n’y en avait dans  les années 1980 ! Personnellement, tout le travail que j’ai réalisé à Saint-Etienne (enseignement, recherche, éditions) est annulé par mon départ à la retraite. Tout s’arrête.

A.G.R : De tous les livres que vous avez écrits ou ceux auxquels vous avez participé, quel est votre « bébé », celui qui vous a coûté le plus, et dans lequel vous vous retrouvez totalement ? Lequel en priorité nous recommanderiez-vous ?

E.V : J’ai beaucoup aimé faire l’édition des écrits de Marguerite, notamment celle de sa correspondance, qui était très inconnue du monde de la recherche et qui ne peut plus être contournée à présent.

L’autre travail très important est ma recherche sur La France, les femmes, et le pouvoir

J’y suis depuis plus de vingt ans, et ce n’est pas fini: le volume 4 devrait paraître d’ici peu, et je dois confectionner le dernier volume. Au bout du compte, nous disposerons d’une histoire de  France des relations de pouvoir entre les femmes et les hommes.
A.G.R : Pour finir, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs de Litterama ?

E.V :  Lisez des autrices !

Photo Eliane Viennpt : Nattes à chat [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)%5D, de Wikimedia Commons

Ce qui nous attend en 2019 !

L’Europe à l’honneur de l’édition 2019 de Livre Paris
1) Un communiqué Livre Paris

« En mai 2019, les citoyens des 28 pays membres de l’Union européenne seront
invités à choisir l’Europe qu’ils veulent pour demain.
Et le livre ? Et la culture dans tout ça ?
Livre Paris s’invite dans le débat et fera exception à la tradition d’inviter chaque
année un pays à l’honneur, pour accueillir pour la première fois, un continent :
l’Europe.
Rendez-vous du 15 au 18 mars 2019 !
Livre Paris est l’un des plus grands événements littéraires en Europe et a accueilli 165 000
visiteurs et 50 pays en mars 2018, dont de nombreux pays européens. »

2) Un biopic sur Colette avec la belle Keira Knightley

3 ) Une adaptation de The hate u give de Angie Thomas

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