Litterama, les femmes en littérature

La fille tatouée – Joyce Carol Oates – La dialectique du maître et de l’esclave, un roman souvent controversé.

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La fille tatouée – Joyce Carol Oates, ,Le livre de poche  2008 (Stock), 416 pages

La fille tatouée s’appelle Alma ; elle échoue à Mount Carmel Avenue, comme une « épave qui aurait flotté de la ville en contrebas jusqu’à ce quartier vallonné de petites boutiques, de boulangeries et de restaurants de luxe ». Elle sait à peine lire, et semble complètement dénuée de curiosité intellectuelle. Son regard est vide et sans expression, dans un visage jeune, sensuel, à la peau très blanche. Mais elle dégage une sorte de puissance érotique qui ne laisse pas les hommes indifférents. Pauvre, abandonnée, elle semble une proie facile.

Qui aurait pu deviner que Joshua Seigl, frisant la quarantaine, écrivain riche et renommé, mais dévoré par un puissant sentiment de culpabilité (celle des survivants de l’Holocauste peut-être), allait poser les yeux sur elle, alors qu’il a la réputation d’un séducteur qui plait aux femmes ?

Comment deux êtres aussi différents vont-ils pouvoir communiquer, voire se comprendre ?

Joshua lui offre un poste, persuadé de sa propre générosité. Alma va accepter , vite rongée par des sentiments violents et contradictoires. Pour tout dire, elle se sent idiote à côté de lui ; elle ressent encore davantage son manque d’éducation et sa misère. Elle en veut passionnément à cet homme d’être juif, riche et estimé et va ruminer des idées de vengeance.

Joshua, quant à lui, ne craint plus d’être jugé par un de ses pairs. Il sait que le monde qu’il représente ne l’intéresse pas. Il se sent attiré par elle mais ne sait pas comment lui parler sans l’embarrasser ou la blesser. Il accumule les maladresses.

Chacun porte en lui une faille, une faiblesse qui va remettre en cause toutes les certitudes et un jour tout va basculer…

Pour l’auteure, « Ecrire, c’est montrer comment les êtres négocient avec la violence ».

Ce roman est magistral ! Féroce aussi ! A partir de la dialectique du maître et de l’esclave –on pense au superbe film de Joseph Losey, The servant – Joyce Carol Oates brosse avec une grande finesse le portrait d’une Amérique coupée en deux, où riches et pauvres ne se rencontrent jamais, voire s’ignorent. Elle peint le mépris de l’élite cultivée et urbaine pour les exclus de la société ultra-libérale, sûre de son pouvoir et de son bon droit. Elle fait basculer deux univers par une simple rencontre !

J’aime énormément cette auteure dont j’ai déjà lu plusieurs livres, sa finesse, sa psychologie des personnages, sa maîtrise de la narration. Lorsque je lis un de ses livres, je ne le lâche plus.

19 Commentaires

  1. Ada

    Je l’ai pas encore lu, alors qu’on arrête pas de me dire que c’est une très grand autrice, je me sens presque inculte, aha. Y avait aussi eu des rumeurs comme quoi elle était pressentie pour le Nobel me semble-t-il… En tout cas, ce livre a l’air puissant !

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