9 ans – Un itinéraire passionné !

J’avais prévu de tenir ce blog dix ans. Je n’en suis pas loin ! Mais plus que tout, c’est la lecture et la rencontre des autres blogueurs ou des lecteurs qui ont été, de loin, l’aventure la plus passionnante !

Contre vents et marées, entre absences et investissement passionné, Litterama est toujours là dans le flux de ma vie.

Parfois j’aimerais savoir davantage qui nous sommes les uns et les autres. Un blog est un mélange de biographie secrète et de partages raisonnés, un mélange de distance et de proximité qui en est un des paradoxes.

Merci à vous d’être là.

Prix de littérature de l’Union Européenne 2015

Le prix de littérature de l’Union Européenne,  ouvert aux 37 pays participant au programme «Europe créative» dans les secteurs de la culture et de la création, récompense tous les ans les meilleurs écrivains émergents en Europe. Les critères sont assez exigeants, puisque il faut avoir publié entre deux et quatre œuvres et avoir déjà été nominé.

Il est organisé par un consortium composé de la Fédération des libraires européens (EBF), de la Fédération des associations européennes d’écrivains (FAEE) et de la Fédération des éditeurs européens (FEE).

Les œuvres de femmes sont très bien représentées mais elles sont très peu traduites en français. D’ailleurs, le fait est que les ouvrages primés sont, dans leur ensemble, très peu traduits. Pour un prix qui vise à  » promouvoir une diffusion plus large de la littérature européenne; encourager les ventes transnationales de livres; renforcer l’intérêt pour l’édition, la vente et la lecture d’œuvres littéraires étrangères », le résultat est un peu décevant en ce qui concerne les traductions en français. Toutefois, très belle initiative, l’Europe existe, bel et bien, quoi qu’on en dise.

8 romans primés sur les 12 mais une seule traduction sur les 4.

Autriche : Carolina Schutti, Einmal muss ich über weiches Gras gelaufen sein (Un jour, j’ai dû marcher dans l’herbe tendre, Le ver à soie 2018)

Croatie : Luka Bekavac, Viljevo

France : Gaëlle Josse, Le Dernier Gardien d’Ellis Island

Hongrie : Edina Szvoren, Nincs, és ne is legyen

Irlande : Donal Ryan, The Spinning Heart (Le coeur qui tourne, Albin Michel, 2015)

Italie : Lorenzo Amurri, Apnea

Lituanie : Undinė Radzevičiūtė, Žuvys ir drakonai

Norvège : Ida Hegazi Høyer, Unnskyld

Pologne : Magdalena Parys, Magik ( Le Magicien (à paraître en français en 2018)

Portugal : David Machado, Índice Médio de Felicidade (Indice de bonheur moyen, l’Aube,2017)

Slovaquie : Svetlana Zuchova, Obrazy zo života M.

Suède : Sara Stridsberg, Beckomberga – ode till min familj ( Gallimard,Beckomberga – ode à ma famille  2016)

Le Coeur qui tourne par Ryan   Résultat de recherche d'images pour "Undinė RadzevičiÅ«tė, Žuvys ir drakonai" Indice de bonheur moyen par Machado

Résultat de recherche d'images pour "Le dernier gardien d'Ellis Island" Résultat de recherche d'images pour "Svetlana Zuchova, Obrazy zo života M" Le Magicien par Parys

Beckomberga par Stridsberg  2012. december 29.

« Logiquimperturbabledufou » de Zabou Breitman /A voir absolument au théâtre du Rond-Point, Paris 8e

« J’avais commencé il y a dix ans à saisir des presque riens, des petites choses, « Le petit chien de Monsieur Bergeret ne regardait jamais le bleu du ciel incomestible. » C’est une phrase rtrouvée chez Anatole France. le spectacle se jourait sur des tapis roulants, on marchait sur place, on courait dssans avancer. Ce sont des visions, des images. L’éloge de la Folie d’Erasme, Lewis Caroll et Alice… Ce sont des moments de la folie, il y a aussi les gens de Depardon, des portraits d’humanités fragiles, enfermées, contraintes. Ce n’est pas une folie spectaculaire, mais une logique imperturbable. […]

La vérité et la folie ne se trouvent jamais là où on imagine. »

J’ai assisté aujourd’hui à cette très belle pièce, sensible, drôle, poétique et poignante.

Les comédiens sont d’une virtuosité et d’une rare justesse, entre déraison et poésie. Leur jeu est d’une grande précision; ils n’en font jamais trop mais parviennent à nous faire saisir un personnage, une atmosphère. La souffrance est parfois silencieuse, dans la désarticulation des corps, la profondeur d’un regard, l’immobilité et la stupeur, plutôt que dans l’agitation.

La mise en scène est extrêmement bien pensée, rythmée, intégrant la musique, la danse , le chant, mais le tout dans un bel équilibre.

J’ai été subjuguée …

Et c’est du 9 mai au 2 juin, à 21H, le dimanche à 15H30, relâche les lundis.

Lire les Femmes de lettres – Camille Aubaud

Lire les femmes de lettres: Camille Aubaud

« A travers ce parcours chronologique en six chapitres, des origines de la littérature française à nos jours, complété par une anthologie de textes, Camille Aubaud démontre que les femmes de lettres ont eu du mal à échapper « à une imagerie sur les femmes ». Cette imagerie discriminatoire « a à la fois bridé et encouragé » leur écriture : elles se révoltent de siècle en siècle contre les conditions de vie qui leur sont faites, contre les lois et les moeurs qui leur imposent soumission et effacement, mais leurs oeuvres sont immédiatement enfermées dans des stéréotypes, classées au rayon des accessoires féminins, déconsidérées. »

Gasiglia-Laster Danièle. Camille Aubaud, Lire les femmes de lettres. In: Romantisme, 1994, n°85. Pouvoirs, puissances : qu’en pensents les femmes? pp. 110-111; https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1994_num_24_85_6243

 

Ariane Dreyfus : Derrière la porte il ne respire qu’à moitié

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Derrière la porte il ne respire qu’à moitié

Derrière la porte il ne respire qu’à moitié
Si elle entre rien ne s’arrête
Ne s’oppose

A celle qui s’approche elle est vraie

Maintenant on peut s’ouvrir en deux
Les lèvres pas toutes seules
Pour que ce soit sa figure
Elle recule

Contre l’armoire l’attend, figée de désir
Pas froid chérie
Il faut poser sa robe

Elle touche sa nuque et il respire un peu
Tête baissée ce qu’on devient

Le coeur comme sous les meubles
Regarder ou pas forcément

Les lèvres n’arrivent pas à mordre comme si elles essayaient
Rien ne fait ce qui était prévu mais c’est ça

Ariane Dreyfus, née le 06 octobre 1958 au Raincy (Seine-Saint-Denis) est enseignante, poétesse et critique littéraire française.

Elle a publié des poèmes narratifs souvent polyphoniques (en lien avec l’eros) dans de nombreuses revues littéraires. (Source Wikipedia)