Portrait de la jeune fille en feu : la peinture au féminin

Date de sortie : 18 septembre 2019 (2H00)
De Céline Sciamma
Avec Noémie Merlant, Adèle Haenel
Genres Drame, Historique
Nationalité   Français
Rappelez-vous, « Tomboy », « Bande de filles », c’était elle. « bande de pieuvres » m’a échappé, par inadvertance. Je continuerai à multiplier mes accointances avec cette talentueuse cinéaste, qui sait, comme nulle autre, capter ce féminin qui me passionne, et ses ambivalences. Car la frontière entre les genres est souvent ténue, construction sociale avant d’être biologique.
La femme peintre qui vient exécuter le portrait de son modèle, afin de l’envoyer au futur mari milanais,  a conquis chèrement sa liberté toute relative. Elle ne peut peindre de corps masculins nus qui lui assureraient l’accès aux genres « nobles » capables d’assurer à un artiste la renommée et la prospérité. Nous sommes au XVIIIe siècle, et les femmes des familles nobles ne sont qu’une monnaie d’échange comme une autre , destinée à nouer ou consolider des alliances.
Entre les deux femmes va s’installer un trouble, prélude au sentiment amoureux, dont l’existence va bouleverser l’intériorité des deux femmes et dont le souvenir va nourrir, on le pressent, une vie plus riche et plus intense émotionnellement. Dans ces siècles d’enfermement des femmes, on ne choisit pas sa vie…

Au XVIIIe siècle, plusieurs femmes peintres exercèrent : Adélaïde Labille-Guiard (Portrait d’Augustin Pajou), Claudine Bouzonnet-Stella (gravure), Rosalba Carriera (peintre italienne, mit le pastel à la mode), Madame Therbusch, Marie-Guillemine Benoist (portrait d’une négresse), Anne Vallayer-Coster (Portrait d’une violoniste).

Elles sont cantonnées à des sujets dits « féminin », : le portrait, la famille, les enfants, les fleurs et autres mignardises. Elles sont redécouvertes peu à peu aujourd’hui.

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Adélaïde Labille-Guiard                          Rosalba Carriera

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Madame Therbusch,                          Marie-Guillemine Benoist

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Anne Vallayer-Coster

 

Images, source : Wikipédia.

Miranda, faible et fragile femme dans la Tempête de Shakespeare ?

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Créateur :John William Waterhouse; Crédits :Sotheby’s

« Vous parlez comme si Miranda n’était qu’une poupée de chiffon. Comme si elle était couchée, jambes écartées, affalée sur les meubles et totalment offerte avec, sur elle, une pancarte disant : « violez-moi ». mais ça ne se passerait pas ainsi.

« Premièrement elle est forte. Elle n’a pas été engoncée dans des corsets ni coincée dans des pantoufles de verre et d’autres choses de ce genre à la cour. C’est un garçon manqué; depuis l’âge de trois ans, elle escalade toute l’île. […]

« Ce n’est pas tout. Prospéro a déjà dit qu’il avait enseigné à Miranda bien plus que ce que d’autres jeunes filles peuvent apprendre […]

in Margaret Atwood « Graine de sorcière ».

 

Nuit blanche pour Médée – samedi 5 octobre – Paris

Alessia Siniscalchi & Valerio Berruti
La Ménagerie de Verre
Médée Visions / Medea’s Visions – Installation performée
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« A. Siniscalchi a imaginé son interprétation de Médée à New York. C’est ainsi qu’est né ce dialogue atypique entre Eve et Médée, installation performée qui investira la Ménagerie de Verre avec les œuvres de V. Berruti, les photos de G. Ambrosio, la musique de Phil St. George, l’écriture de P. Mikol, les projections de B.Sillon, les matériaux de A. Martchenko et les interprètes de Kulturscio’k.  « 

En partenariat avec Kulturscio’k Italie-France.

Avec le soutien de la Ménagérie de Verre StudioLab, Snaporazverein / Federica Maria Bianchi, Kulturscio’k.

 www.kultursciok.com

www.menagerie-de-verre.org

www.snaporazverein.com

source : https://quefaire.paris.fr/86267/alessia-siniscalchi

Bibliothèque multimédi@ du domaine Berson- Meulan – Litterama et le café littéraire/ Merci !

Je tenais à remercier vivement la très sympathique communauté de lectrices meulanaises et Karine et son équipe de bibliothécaires pour ce moment de partage.

le 12 août je lis un livre québécois – Claude Lamarche, Les têtes rousses

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J’ai lu ce roman dans le cadre particulier de cette journée, et aussi parce que Claude Lamarche est blogueuse et écrivaine. Sur ma liseuse, parce qu’il était plus difficile de le trouver en version papier. Au mois de novembre est organisé un autre rendez-vous avec la littérature « Québec en novembre » auquel je compte bien participer.

Le récit de Claude Lamarche est intéressant à plus d’un égard. Par ses conditions de création, tout d’abord, lors d’ateliers d’écriture, pratique assez courante Outre-Atlantique, beaucoup plus rare chez nous, et par sa double généalogie, celle de sa production mais celle aussi des ancêtres de l’auteure, les familles Bushell et Lynch.

C’est en découvrant un cahier écrit par sa grand-mère maternelle qu’elle se plonge dans l’histoire familiale.

Cependant, ce n’est pas un simple travail de généalogiste mais aussi de romancière qu’a entrepris l’auteure. Claude Lamarche avertit : « Dès que j’ai commencé à fouiller dans la vie de mes ancêtres, les personnes sont devenues des personnages. Plutôt que de tenter de me rapprocher de leurs vérités – ce que j’aurais pu croire être leur vérité-, j’ai choisi de les suivre sur le chemin qu’ils ont décidé d’emprunter. »

La famine sera à l’origine d’une très forte immigration irlandaise à la fin du XIXe siècle. Le mildiou qui a attaqué les pommes de terre à la base de l’alimentation mais aussi l’injustice dans la répartition des terres, le morcellement, qui ne permet pas de produire suffisamment, pousseront un grand nombre d’irlandais à fuir leur pays.

On connaît assez bien, par de nombreux récits, la migration vers les Etats-Unis, mais moins bien peut-être celle vers le Canada, encore sous domination anglaise, nommé le Canada-Uni. En tout cas, en ce qui me concerne, cela a été une vraie découverte.

Les orphelins Bushell vont donc quitter leur Irlande natale, en 1847,  à la recherche d’une vie meilleure. Bridget, la grande sœur, mène son petit monde d’un main aimante mais ferme jusqu’à Saint-Henri des Tanneries. Commence alors une vie rude, faite de privations, de travaux pénibles et mal rémunérés. Il y a notamment de nombreux passages qui montrent la dureté du travail des enfants, embauchés dans les manufactures, et leurs vies sacrifiées.

Progressivement la famille anglophone va s’adapter et s’intégrer à la culture québécoise, en adopter certaines caractéristiques et l’on comprend peu à peu comment la langue française va devenir également un élément important de l’histoire familiale.

C’est un récit linéaire, dans lequel les personnages sont engagés dans une forme de survie et qui progressivement, au fil des générations, vont acquérir une forme d’aisance.

En cette fin du XIXe siècle, la majorité de la population suit la tradition : la religion, l’ordre social, la condition des femmes, les nombreux enfantements, la répartition des tâches ne sont pas contestés.

C’est un récit qui se lit avec plaisir… C’est toujours savoureux pour nous, ici en France de lire nos amis francophones auxquels nous attache une indéfectible affection

Les journées du matrimoine – 21 et 22 septembre 2019

Les journées du Matrimoine

site « Le matrimoine »

Bibliothèque multimédi@ du domaine Berson- Meulan – Litterama et le café littéraire/samedi 14 septembre de 10H à 12H.

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Nous serons dans ce magnifique endroit, samedi 14 septembre pour le café littéraire de la médiathèque de Meulan, de 10 h à 12h,  autour des femmes de lettres oubliées et du blog « litterama ».

Qu’on se le dise !

Et merci à Karine et toute son équipe.

Auteure du mois de septembre : Cristina Di Belgiojoso (1808-1871), écrire pour lutter dans l’Italie du XIXe siècle…

Il aurait été dommage de ne pas vous parler de Cristina Di Belgiojoso (1808-1871), cette brune à la beauté particulière que vous pouvez contempler sur ce portrait, dont les activités littéraires sont très dépendantes de son activité politique et militante dans l’Italie du XIXe siècle. Ecrire permet de penser et de réformer.

J’ai dû croiser un grand nombre d’informations dont certaines divergeaient légèrement.

Elle a été la première femme à diriger un journal, « la Gazzetta italiana » en 1842. Elle écrira 4 volumes « L’essai sur la formation du dogme catholique » qui prône un catholicisme libéral, écrira dans la Revue des Deux Mondes (1848) à propos des événements auxquels prend part.

Elle publie dans le premier numéro de la revue Nuova Antologia de 1866 son étude Della presente condizione delle donne e del loro avvenire (« des conditions actuelles des femmes et de leur avenir »)[1].

Mais qui est-elle ?

Elle fait partie de la noblesse, née marquise Trivulzio, et épouse en 1824 le prince Emilio de Belgiojoso qui, mari infidèle, lui transmit la syphilis [2]. Il était à la tête d’une société secrète « la Federazione », ennemi irréductible de l’Autriche[3]et fervent patriote. Elle devient une activiste en faveur de l’unité italienne et tente de soulever l’opinion en faveur de la libération de l’Italie grâce à son journal.

En 1831, pour fuir la répression, elle s’exile à Paris, tient un salon où elle fréquente Balzac, Musset, Heine, Liszt ou l’historien François-Auguste Mignet.

Sa personnalité originale et exaltée en fera l’icône du romantisme mais aussi de l’indépendance de la femme.

En 1848, elle participe à l’insurrection milanaise qui sera un échec, fait lever à ses frais une troupe de volontaires, portant un immense drapeau déployé aux couleurs italiennes.[4]

Elle s’exile et entreprend un voyage avec sa fille et quelques autres exilés en Grèce et Asie mineure, et écrira des mémoires d’exil.
A partir de 1856, elle se fixe à Locato près de Milan et entreprend des réformes sociales en faveur des paysans.  La proclamation du royaume d’Italie se réalise le 17 mars 1861 et un an avant sa mort, en 1871, elle assiste à la dernière phase de l’unification de son pays avec l’annexion de Rome.

[1] Ginevra CONTI ODORISIO in Dictionnaire des créatrices.

[2] idem

[3] Dictionnaire des femmes célèbres, Laffont

[4] idem

 Le Secret des Conteuses de Martine Amsili -Théâtre Dejazet du 10 septembre au 12 octobre 2019

Du 10 Septembre au 12 Octobre 2019

Du mardi au samedi à 20 h30. Matinée  samedi à 16 h.

Au théâtre Déjazet  (75003)

 Le Secret des Conteuses est une comédie sur fond d’histoire de France et de Roi Soleil. Nous sommes chez Ninon de Lenclos, courtisane, sublime, spirituelle, piquante, en compagnie de la grande Epistolière Madame de Sévigné, de l’éloquente romancière Mademoiselle de Scudéry, de Madame Scarron (future épouse morganatique de Louis XIV) sans oublier la chambrière de Ninon (Louison). Ces femmes incarnent le temps d’une pièce, sous l’égide de Ninon, le courant sceptique et libertin du XVIIe siècle dont l’impertinent écho portera jusqu’aux cafés célèbres de la Révolution. Nous sommes en 1671, à l’âge d’or du théâtre, des grands épistoliers, du Mercure Galant et de la préciosité. A la faveur d’un secret, des conteuses vont déployer leur verve en toute liberté, et faire montre d’éloquence  afin  d’évoquer un amour singulier. Le Secret des Conteuses nous révèle au fil des scènes, l’héritage social, amoureux et intellectuel auquel la femme d’aujourd’hui pourrait s’identifier sans rougir.

Tarifs :

Première catégorie : 39 euros

Deuxième catégorie : 32 euros

Troisième catégorie : 24 euros

Etudiants : 20 euros

Fanny Raoul et Typhaine D au Café de la Gare le samedi 12 octobre – Un texte puissant et beau !

J’avais écrit une petite chronique sur ce texte magnifique !

Fanny-Raoul

Raoul (Fanny) – Opinion d’une femme sur les femmes

« Il est remarquable de voir des philosophes s’attendrir sur le sort d’individus dont un espace immense les sépare tandis qu’ils ne daignent pas s’apercevoir des maux de ceux qu’ils ont sous les yeux ; proclamer la liberté des nègres, et river la chaîne de leurs femmes est pourtant aussi injuste que celui de ces malheureux ».