La femme du mois : Charlotte Perkins Gilman

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Charlotte Perkins Gilman est connue surtout pour son roman sur la folie, The Yellow Wallpaper (Le papier peint jaune ou La séquestrée), qui « raconte l’histoire d’une jeune mère séquestrée dans une maison de campagne, qui, en l’absence de toute activité intellectuelle, devient peu à peu folle »[1] et dont j’ai fait un compte rendu ici.

Elle fut aussi l’une des principales sociologues de la fin de l’époque victorienne. Née à Hartford, dans le Connecticut, le 3 juillet 1860, elle était la petite nièce de Harriet Beecher Stowe, l’autrice de « La case de l’oncle Tom.

Son père est parti peu après sa naissance et cet abandon est l’une des causes du malheur qui va régner dans sa famille. A l’âge de 24 ans, elle épouse un artiste de sa région, Charles Walter Stetson, et  après la naissance de sa fille, sombre peu à peu dans la dépression. Le neurologue qu’elle consulte alors lui prescrit un régime draconien qui consiste à ne rien faire ou presque : il lui interdit d’écrire, et réduit drastiquement son temps de lecture. de quoi conduire vers la folie.

Sa vie lui étant insupportable, elle quitte son mari et ses enfants et se réfugie en Californie, où les symptômes de son mal finissent par disparaître. Plus tard, elle divorce de son mari et fait venir sa fille auprès d’elle.

Obligée de gagner sa vie, elle donne des conférences, et se joint au mouvement féministe naissant.
Sa renommée débute avec le succès retentissant de son essai « Women and Economics », paru en 1898, qui « elle dénonce l’exploitation systématique des femmes et affirme l’importance d’une autonomie économique comme préalable à leur liberté personnelle »[2].

Elle publie au cours de sa carrière, 6 essais et 4 romans, dont « Herland » qui assure sa postérité en tant qu’utopie féministe et socialiste, essayant de penser et de décrire un monde sans hommes, dont les seules règles seraient écrites par des femmes, et où les ressources seraient équitablement partagées.

En 1935, atteinte d’un cancer, Perkins rédige sa biographie, « The living of Charlotte Perkins Gilman » et abrège ses souffrances par une overdose de chloroforme. Elle fait en sorte que sa fille hérite de ses droits d’auteur.

[1]Dictionnaire des créatrices

[2] idem

Appareil critique de l’édition Robert Laffont

Photo credit : Frances « Fannie » Benjamin Johnston, vers 1900,  wikipedia

les conférences de l’Université permanente – Une année de littérature écrite par les femmes.

Une programme Universite permanente 2019-2010

Tous les mardis soirs, L’Université permanente  propose des conférences en collaboration avec la Maison Elsa Triolet – Aragon

l’Espace Niemeyer, Place du Colonel Fabien, 6 avenue Mathurin Moreau (métro : arrêt Colonel Fabien)

10 DÉCEMBRE 2019 : Violette Leduc
Avec : René de Ceccatyécrivain

14 JANVIER 2020 Mme de La Fayette et les femmes de la littérature baroque
Avec : Marine Roussillonmaîtresse de conférences de Littérature française université Artois

11 FÉVRIER 2020 : Marguerite Yourcenar
Avec : Josyane Savigneaujournaliste littéraire, auteure

10 MARS 2020  et 14 AVRIL 2020 : non communiqué.

12 MAI 2020 : George Sand
Avec : Judith Lyon-CaenMaîtresse de conférence à l’EHESS, directrice adjointe du CRH, spécialiste des usages sociaux de la littérature dans la France du XIXe siècle

Salon du livre de Montréal 2019- Paris France – Ode à la francophonie

Notre incontournable radio française se retrouve au salon du livre de Montréal pour célébrer la francophonie :

 

Quand à Antonine Maillet, elle a été lauréate du Prix Goncourt en 1979 pour « Pélagie-la-Charrette », première distinction a être faite à une personnalité non-européenne.

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« Chassée par les Anglais en 1755, une veuve, devenue esclave en Géorgie, décide de revenir en Acadie avec ses enfants. Rejointe par d’autres exilés, son odyssée de toutes les amours, de tous les dangers, durera dix ans. De Charleston à Baltimore, en passant par les marais de Salem, Pélagie et son peuple croiseront les Iroquois, connaîtront la guerre d’Indépendance américaine, souffriront la haine des protestants de Boston et un hiver rigoureux avant de regagner leur Terre promise. On ne sait ce qu’il faut admirer le plus de cette épopée : la langue d’Antonine Maillet, ce français violent, coloré, magnifié d’Acadie, ou l’héroïsme d’une femme incarnant le courage de nos lointains cousins. Une certitude cependant : par son humour, sa ferveur, Pélagie-la-Charrette est un chef-d’oeuvre à rire et à pleurer. » Note de l’éditeur

Alain Badiou et Barbara Cassin – Homme, femme, philosophie

Etre femme en philosophie, qu’est-ce que cela veut dire ? Ne pouvoir se rattacher à aucune figure féminine dans l’Histoire de la pensée a-t-il une influence sur la façon dont nous nous considérons nous-mêmes ? Comment se construire dans un monde d’Hommes ? Cela change bien sûr de plus en plus, mais à l’époque où j’étais moi-même étudiante en philosophie, les femmes étaient encore rares, et Simone de Beauvoir, Simone Weil n’étaient pas totalement admises en tant que philosophes.

Elles avaient une odeur de souffre : la mystique ou le féminisme, enfin bref, toujours quelque chose d’outré et d’excessif qui ne convenait pas vraiment à l’austérité de la discipline.

Barbara Cassin a été admise en Octobre à l’Académie française, portant au nombre de 5 sur 35 le nombre de femmes. Marguerite avait ouvert le passage, sans l’avoir forcé. C’est encore bien peu.

« Barbara Cassin et Alain Badiou s’interrogent, en échangeant et en argumentant, sur leur démarche intellectuelle : elle, femme et sophiste, lui, homme et platonicien.
Alain Badiou est platonicien (plutôt platonicien), Barbara Cassin est sophiste (plutôt sophiste). Cela a-t-il quelque chose à voir avec le fait qu’il soit un homme et qu’elle soit une femme ?
  
Telle est la question que nous nous posons depuis longtemps.
Depuis que nous nous connaissons en somme, et que nous avons commencé à travailler ensemble comme directeurs de collection.
À un moment donné, nous avons pris cette question à bras-le-corps.
C’est venu, peut-être, d’une remarque à notre propos disant que, un platonicien avec un(e) sophiste, cet attelage qui ne laissait rien échapper devenait pour de bon dangereux. Nous avons ri, et réfléchi.
  
D’abord, nous avons échangé des lettres, jouant avec le plaisir d’une correspondance sporadique, parfois rauque, pendant trois ans. Au beau milieu de quoi nous avons décidé de faire un séminaire commun ailleurs, loin de nos bases : à Johns Hopkins. On nous a obligés à répondre sans arrière-monde, Alain Badiou en mathématicien-platonicien, Barbara Cassin en philologue-sophiste.
  
À bras-le-corps donc, mais encore latéralement comme on voit. Nous avons alors ressenti la nécessité d’exhiber les éléments clefs à quoi tiennent nos positions, ce qui philosophiquement nous tient. Puis nous avons déroulé les conséquences strictes de ces solidités quant à l’idée que nous nous faisons du rapport homme femme.
  
Au moment de conclure, nous nous sommes demandé ensemble pourquoi nous choisissions la Grèce. » Note de l’éditeur

Barbara Cassin et Alain Badiou – Homme, Femme et Philosophie

Les autrices d’aujourd’hui imaginent demain – Vendredi 15 novembre – 19H30 – Bibliothèque Lancry – Paris 10e/ Litterama participe !

Je serai chargée de poser quelques questions à ces talentueuses autrices. Intervieweuse quoi !