Les 60 ans de la disparition de Colette

L’histoire d’une vie : Ivy Compton-Burnett

Ivy Compton Burnett

Ivy Compton-Burnett

Romancière anglaise née en 1884 dans le Middlesex et morte à Londres en 1969.

D’un milieu aisé, elle est fille de médecin, elle a fait des études à Londres. On sait peu de choses sur sa vie.Elle a vécu un certain nombre de drames familiaux, notamment la perte de deux de ses frères et de deux de ses sœurs qui se sont suicidées ensemble Elle a beaucoup souffert de la guerre et a sombré dans une profonde dépression dont elle n’a émergé qu’au début des années 20. Son premier livre a été édité en 1925 (Wikipedia parle de 1911) alors qu’elle écrivait déjà depuis plusieurs années. Elle a publié ensuite de nombreux romans, principalement entre 1935 et 1947.

Elle a vécu avec sa compagne, la journaliste Margaret Jourdain, près d’une trentaine d’année à Londres :  ce qui n’était pas vraiment admis à l’époque par la bonne société.

 La narration est constituée principalement par les dialogues dont elle a fait un procédé narratif assez efficace. Rien cependant n’est jamais dit directement ou avoué, seuls règnent les non-dits et les sous-entendus. Et Nathalie Sarraute trouvait ce travail sur la langue véritablement moderne. Les personnages de ses romans qui ne connaissent « ni remords, ni rédemption » selon le critique anglais P. Hawsford Johnson sont dans des rapports d’une rare férocité, de domination, de pouvoir et de ruse. « Elle dissèque inlassablement de livre en livre les menus drames et les tragédies insondables du huis-clos familial, univers concentrationnaire où la haine et la volonté de puissance sont les principaux ressorts des intrigues. » [1]Ils manipulent et mentent afin de parvenir à leurs fins dans le huit clos policé et élégant des grandes familles londoniennes. Ses romans sont souvent qualifiés d’amoraux.

 1925 : Pasteurs et maîtrs

1929 : Frères et sœurs

1931 : Des hommes et des femmes

1935 : Une famille et son chef

1937 : Les Ponsoby

1939 : Une famille et une fortune

1944 : Les Vertueux Aînés ou l’Excellence de nos aînés.

1947 : Le Valet la Femme de chambre

1957 : Un père et son destin

1960 : Un Dieu et ses dons

Source : Dictionnaire des femmes célèbres Lucienne Mazenod et Ghislaine Schoeller et Wikipédia

[1] Présentation France culture

http://www.franceculture.fr/emission-ivy-compton-burnett-1884-1969-2006-01-15.html

 

Histoire d’un fleuve en Nouvelle-Zélande – Jane Mander

 

             The-story  Histoire-d-un-fleuve-en-Nouvelle-Zelande.Jane-Mander

1920 : Histoire d’un fleuve en Nouvelle-Zélande, Jane Mander

La seule notoriété de ce livre vient de la polémique qui a eu lieu en Nouvelle-Zélande semble-t-il sur la possible filiation entre le livre de Jane Mander et le film de Jane Campion ,« La leçon de piano », film magnifique, à la sensualité bouleversante, qui retrace l’histoire d’une femme révélée à elle-même par l’amour charnel d’un homme. Le roman de Jane Mander, même s’il a choqué en son temps, ne va pas aussi loin.

A l’embouchure d’un fleuve, au pied du mont Pukeraroro, s’est installé Tom Roland qui attend sa femme et ses enfants. Il exploite cette immense forêt inviolée avec les premiers pionniers et tente de faire fortune.

 Bruce accueille la jeune femme qui, sous ses airs puritains, est profondément troublée par ce gentleman, médecin et humaniste, qui patiemment, tout au long de vingt longues années, va s’attacher à faire céder une à une les barrières morales derrière lesquelles Alice cache son immense sensibilité.

Ce livre critique au fond le puritanisme de l’époque qui sous prétexte de bienséance, condamne les être à se nier eux-mêmes, à condamner une partie d’eux-mêmes, la plus sensuelle et la plus créative, leur corps.

Les femmes sont passives dans ce type de société, et se sentent impuissantes devant la force brute des hommes . Elles sont dépendantes et soumises, prises dans le carcan des valeurs morales de la bonne société victorienne qui règnent chez les colons néo-zélandais.

Le livre a profondément choqué par ses propos sur la religion, ainsi Bruce explique : « Pensez-vous vraiment que cette enfant va pouvoir grandir et affronter le monde à partir des aventures qu’elle lit et qui n’ont rien à voir avec la vie ; à partir de ces petites brochures sur la religion qui racontent des histoires qui n’ont rien à voir avec la vie, elles non plus ; ou à partir de la Bible, tout un tas de légendes qui ne révèlent rien de plus que ce que peuvent nous raconter les Maoris, des légendes recueillies comme toutes les autres histoires que l’on raconte. » Voilà les évangiles ravalés au rang de « légendes », ce qui n’a pas vraiment dû faire plaisir aux autorités morales de l’époque. Bruce fait l’éducation d’Alice : « Oubliez que vous êtes une dame. Débarrassez-vous de cette humilité odieuse. Cessez de vous rabaisser devant les gens. » Il l’exhorte à abandonner ce qui la fait souffrir et l’empêche de vivre. C’est bien à une ascèse qu’il la conduit, une sorte de dépouillement, mais cette ascèse n’a rien à voir avec l’ascèse chrétienne, il ne s’agit pas de renoncer mais de se dépouiller de ce que les hommes ont inventé pour contrôler les femmes, des préjugés qui corsètent les femmes et sont devenus une seconde nature que beaucoup d’entre elles ne remettent même plus en cause. Car, dit Jane Mander, à travers Bruce, les femmes sont les plus grandes ennemies d’elle-même. Mais Jane Mander s’arrête là car elle ne peut aller plus loin.

Jane Campion reprend les leçons de son aînée et joue avec la violence du désir, non pas le désir comme jeu, mais le désir fondateur qui réconcilie le corps et l’esprit, qui est l’esprit dans le corps, qui est l’amour d’un autre par son corps, parce qu’il est son corps. Et c’est une leçon d’amour et de vie.

Jane Mander est une romancière néo-zélandaise, née à Ramarama, près d’ Auckland. Elle eut une enfance nomade dans des régions reculées, éloignées des grands centres urbains et de leurs infrastructures. C’est la raison pour laquelle, ne pouvant poursuivre ses études, elle devint institutrice, métier qu’elle abandonna par la suite en même temps qu’elle rompit avec le modèle de la fille obéissante et sage de la société victorienne. Elle s’essaya par la suite au journalisme.

Elle s’installa à New-York en 1912 à l’âge de 35 ans pour faire des études brillantes à l’université de Columbia en même temps qu’elle travailla pour des magazines. Elle dut abandonner ses études à cause de problèmes de santé. Elle rejoignit le mouvement des suffragettes en 1915, dirigea un foyer pour femmes célibataires, fit des recherches à la prison de Sing-Sing et travailla pour plusieurs associations notamment la Croix Rouge quand les Etats-Unis entrèrent en guerre à leur tour au côté des alliés. Parallèlement, elle travailla sur un nouveau roman qui fut accepté en 1917 par John Lane et publié en 1920 sous le titre « Histoire d’un fleuve en Nouvelle-Zélande » (The story of a New-Zealand river). Malgré un accueil plutôt enthousiaste en Angleterre et aux USA, la critique néo-zélandaise fut plutôt réservée, choquée par la liberté de ton de Jane Mander en matière de sexe et de religion, et son mépris des conventions littéraires de son temps. Le livre fut cantonné dans la catégorie des livres pour adultes dans les bibliothèques, soumis au contrôle des bibliothécaires.

Ses trois romans suivants furent tous situés en Nouvelle-Zélande, tirés de l’expérience de la vie des pionniers dans le nord du pays.

Il semblerait toutefois que Jane Campion n’ait pas fait de lien entre son film et le livre. D’ailleurs il est vrai qu’il y a de notables différences, les Maori n’apparaissent jamais dans le livre, ainsi que le marché entre Ada et et Baines, par lequel elle rachète son piano note par note en échange de caresses. La violence de la scène, où Ada perd son doigt est également inexistante dans le livre. Jane Campion dira d’ailleurs que « Wuthering Heights » and « The African Queen » ont été ses principales sources d’inspiration même si elle connaît bien le livre de Jane Mander. Il y avait certainement une question de droits (d’argent donc) autour de ce débat. On peut dire que c’est grâce à une fausse information véhiculée sur internet que j’ai lu ce livre, grâce lui soit rendue. On peut dire que les deux œuvres n’ont aucun rapport, si ce n’est le magnifique portrait de femme que chacun offre. Mais le prétexte est exactement le même : une femme rejoint son mari dans le nord de la Nouvelle-Zélande pour partager la vie des pionniers en territoire maori.

 

Renée Vivien : l’histoire d’une vie

Renee-Vivien

Renée Vivien est le pseudonyme de Pauline Tarn, poétesse du mouvement parnassien de la Belle époque, née en Angleterre , à Londres en 1877, d’une mère américaine et d’un père anglais, et décédée à Nice en 1909 âgée de 32 ans à peine. Elle connut la fin d’un siècle et le début d’un autre et fut la contemporaine de Sarah Bernhardt (1844-1923)  et de Colette (1873-1954) qui la décrivait ainsi :

 » Il n’est pas un trait de cd jeune visage qui ne me soit présent. Tout y disait l’enfance, la malice et la propension au rire. Où chercher entre la chevelure blonde et la tendre fossette du menton effacé et faible, un pli qui ne fût point riant, l’indice, le gîte de la tragique tristesse qui rythme les vers de Renée Vivien ?  » (Dictionnaire des femmes célèbres)

Ses biographes racontent une vie tumultueuse et mondaine mais malheureuse. Ses amours féminines ont marquée sa vie, notamment sa passion orageuse avec Natalie Barney à qui elle reprochait ses nombreuses infidélités. Celle-ci tenta, sa vie durant, de la reconquérir.

« Des auteurs d’ouvrages critiques tels que Martin-Mamy, Le Dantec, Kyriac et Brissac firent de Renée Vivien une femme du mal et de la damnation, perverse et libertine à la fin de sa vie, allant jusqu’à lui inventer une vie de débauches et d’orgies auxquelles se marièrent la consommation de cocaïne. »Wikipédia

Colette raconta la fin de sa vie dans Le pur et l’impur paru en 1932 Et Natalie Clifford Barney dans Souvenirs indiscrets paru en 1960.

Selon certains biographes, elle se serait laissée mourir de faim dans sa retraite niçoise à la suite du décès d’une amie. Mais il est fort probable que l’abus d’alcool, sa toxicomanie et une forme grave d’anorexie furent à l’origine de sa mort.

Elle publie son premier recueil en 1901, Etudes et Préludes, suivi en  1902 de Cendres et poussières, d’une traduction des poèmes de Sappho en 1903 ainsi que d’un recueil « Evocations », puis quelques années plus tard, A l’heure des mains jointes (1906), Les Flambeaux éteints (1907).

Elle publia aussi des poèmes en prose, Brume de fjords,(1902), Du vert et du violet (1903), un roman, Une femme m’apparut et Dans un coin de violettes, Le vent des vaisseaux et Haillons, recueils de poèmes posthumes parus en 1910.

Lus : dictionnaire des femmes célèbres (Laffont), article de Wikipédia, J.-P. Goujon, Tes blessures sont plus douces que leurs caresses : vie de renée Vivien, Régine desforges 1986.

Le surnom de Sappho 1900, a été donnée à Renée Vivien, en raison de sa traduction des poèmes de la poétesse grecque et de son homosexualité.

Si l’on considère l’histoire littéraire des femmes, les années 1900 virent la publication d’œuvres de femmes telles que Colette, Anna de Noailles, Lucie Delarue-Mardrus

Rééditions :

  • Études et Préludes, Cendres et Poussières, Sapho (2007)
  • Les Kitharèdes avec le texte grec (2008), avant-propos de Marie-Jo Bonnet
  • Sapho avec le texte grec (2009), avant-propos de Yvan Quintin
  • Poèmes : 1901-1910 (2009), avant-propos de Nicole G. Albert

Autres rééditions :

  • Œuvres poétiques, 1901-1903, 2007, aux éditions Paléo (Études et préludes, Cendres et poussières)
  • Du vert au violet, 2009 ; Brumes de Fjords, 2010 ; Chansons pour mon ombre, 2010, aux éditions du Livre unique avec un appareil critique de Victor Flori ;

Gertrude Stein : L’histoire d’une vie

Description de cette image, également commentée ci-après

Gertrude Stein photographiée par Carl van Vechten, en 1935.

Née en 1874 en Pennsylvannie, morte à Neuilly-sur-Seine en 1946. Issue d’une famille juive autrichienne, elle a passé une partie de son enfance à Vienne puis à Paris. Son adolescence se déroula aux Etats-Unis, à Oakland et San Francisco. Elle étudia la psychologie avec le philosophe William James au Radcliff College. Elle se dirigea vers des études de médecine et s’installa à Paris en 1903 où elle restera jusqu’à sa mort auprès de sa compagne Alice B. Toklas.

Elle ouvrit un salon rue de Fleurus et accueillit de nombreux écrivains des années 20 : Scott Fitzgerald ou Ernest Hemingway avec lequel elle finit par se brouiller. Des écrivains français et des artistes lui rendirent régulièrement visite comme Max Jacob, Jean Cocteau, Braque, Matisse, Picasso.

Elle devint le mécène de plusieurs artistes, notamment de Juan Gris qu’elle aida à faire connaître aux Etats-Unis. Elle affirmait d’ailleurs que c’était elle, et personne d’autre, qui en 1903 découvrit Matisse et Picasso, les deux géants de l’art moderne

 Elle innova en littérature sur le plan formel, en supprimant la ponctuation et en n’utilisant que le présent. Elle a travaillé l’écriture en termes d’analyse, transformation et restitution de la voix, traitée en tant que matière rythmique, sonore, ainsi que visuelle,

Ici l’absence de ponctuation (tiré de son livre pour enfant écrit en 1939 : ”Le monde est rond”).:

« Rose et son grand chien blanc Amour se plaisaient ensemble ils chantaient ensemble des chansons, voici les chansons qu’ils chantaient.

Amour buvait son eau et pendant qu’il buvait, ça venait juste comme ça comme une chanson une jolie chanson et pendant qu’il le faisait Rose chantait sa chanson. »

Avec « Trois vies » publié en 1909, elle fut reconnue comme un des écrivains américains de premier plan. « Tendres boutons »(1914) fut caractérisé de style « cubiste » et entérina la rupture avec tout espèce de genre littéraire.

Sa collection de tableaux fut dispersée à la mort de sa compagne.

Son œuvre (en dehors des œuvres déjà citées) :

1931 :  Lucy Church Amable

1932 : Comment écrire ?

1933 : Matisse, Picasso, and Gertrude Stein, L’autobiographie d’Alice B.Toklas

194 : Quatre saints en trois actes, Américains d’Amérique

1936 : L’Histoire Géographique des Etats-Unis ou la Relation de la nature humaine avec l’esprit humain

1938 : Picasso, l’autobiographie de tout le monde

1947 : Quatre en Amérique

Amalie Skram : une femme d’exception

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Amalie Skram (1846-1904) a eu une vie douloureuse et mouvementée mais aussi très créative. Née à Bergen, en Norvège, en 1846, elle s’est mariée à 18 ans, poussée peut-être par la nécessité, son père ruiné ayant abandonné sa famille et fui en Amérique pour cacher sa honte. Épouse d’un capitaine au long cours, August Müller, de dix ans son aîné, elle a fait le tour du monde, découvert la Jamaïque, le Mexique, l’Amérique du sud et a voyagé jusqu’en Australie. Elle a bravé les mers démontées et les tempêtes, ce qui a pu nourrir nombre de ses descriptions dans ses romans. Elle a vécu une existence tout à fait extraordinaire pour une jeune femme de l’époque et avait une ouverture sur le monde que peu de ses contemporaines avaient. Elle divorce, ce qui fait bien sûr scandale et s’ensuit une forte dépression nerveuse qui la tient hospitalisée pendant plusieurs mois. Elle quitte alors Bergen pour toujours.

Elle a épousé en secondes noces un écrivain et critique danois Erik Skram en 1884, et , femme de lettres dans une société d’hommes, dut se battre pour imposer son œuvre.

Son œuvre témoigne de l’influence de l’école naturaliste au Danemark, et ses romans abondent en descriptions d’un réalisme cru, relatant les conditions de vie misérables des paysans norvégiens et le poids de l’héritage familial et de l’hérédité. Contemporaine de Zola et ardente partisane du roman naturaliste, elle privilégie les thèmes du couple, de la culpabilité, du poids de l’héritage, ou de l’impuissance de l’Église.

Ce second mariage ne sera pas plus réussi que le premier et ils se séparent en 1899. Ce nouvel échec amoureux la conduit à nouveau en hôpital psychiatrique. Elle s’en remet mal et meurt quelques années plus tard en 1905 à l’âge de 58 ans.

Selon Luce Hinsch, sa brillante traductrice, qui a fait un travail remarquable en permettant au public français de lire sa trilogie « Les gens de Hellemyr » aux éditions Gaïa, « Selon ses principes, le rôle de l’écrivain est de faire prendre conscience des problèmes de la société, de transmettre la connaissance et les idées nouvelles, pour bâtir un monde meilleur. » Je vous renvoie à sa postface qui regorge d’informations et de détails tous plus passionnants les uns que les autres..

Ouvrage(s) paru(s) chez Gaïa Editions:

Les Gens de Hellmeyr, Vesle-Gabriel – (1er des 3 volets)

Les Gens de Hellmeyr, Sivert – (2ème des 3 volets)

Les Gens de Hellmeyr, Severin – (3ème des 3 volets)

Gérard d’Houville (1875-1963)

Gerard-d-Houville

Marie de Heredia, née à Paris le 20 décembre 1875 et morte à Paris le 6 février 1963, qui signait Gérard d’Houville, est une romancière et une poétesse française, fille de José-María de Heredia.

Elle a fréquenté les poètes et artistes les plus célèbres du temps : Leconte de Lisle, Anna de Noailles, Paul Valéry…  Elle défraya la chronique par une vie sentimentale assez peu conventionnelle: épouse d’Henri de Régnier, elle fut la maîtresse de Pierre Louÿs dont elle eut un fils. Femme libre, elle ne se priva pas d’autres amants, dont le poète Gabriele d’Annunzio.

Son pseudonyme vient de « Girard d’Ouville », un gentilhomme normand de ses ancêtres. Sous ce nom de plume elle reçut en 1918 le 1er prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.