Angoulême Saga

Florence cestac
Comme je vous l’avais dit,  Riad Sattouf s’était retiré de la sélection officielle (J’ai offert son « Arabe du futur » à une amie, et même si cela n’a aucun lien, je suis heureuse de savoir qu’en plus d’être un auteur talentueux, il est aussi un type bien); Et il n’est pas le seul, Charles Burns, Etienne Davodeau, Joann Sfar et Daniel Clowes  ont annoncé également qu’ils se désistaient.
Voici comment a réagi Riad Sattouf :
« J’ai découvert que j’étais dans la liste des nominés au grand prix du festival d’Angoulême de cette année. Cela m’a fait très plaisir ! Mais, il se trouve que cette liste ne comprend que des hommes. Cela me gêne, car il y a beaucoup de grandes artistes qui mériteraient d’y être. Je préfère donc céder ma place à par exemple, Rumiko Takashi, Julie Doucet, Anouk Ricard, Marjane Satrapi, Catherine Meurisse (je vais pas faire la liste de tous les gens que j’aime bien hein !)… Je demande ainsi à être retiré de cette liste, en espérant toutefois pouvoir la réintégrer le jour où elle sera plus paritaire ! Merci ! On se voit à Angoulême ! Riad »
Il semblerait que face à la protestation des auteurs et du public, les responsables vont ajouter…des noms féminins. Messieurs, il va falloir que ça rentre, les femmes sont des auteurs de BD comme les autres !

   

 

 

Festival d’Angoulême 2016 – aucune femme nommée. Réac la BD ?

Aucune femme nommée au Festival d’Angoulême cette année. Elles étaient déjà peu présentes ! 30 noms mais 30 noms masculins !

Un appel au boycott a été lancé ! Florence Cestac trouve cela « honteux » (France Inter). Alors que de nombreuses femmes font de la BD.

L’auteur et dessinateur Riad Sattouf qui avait reçu le prix du meilleur album pour le premier tome de sa bande dessinée L’Arabe du futur, Une jeunesse au Moyen-Orient (1978-1984) au 42e Festival d’Angoulême, récompensé par le Fauve d’Or, prix qu’il avait déjà reçu 5 ans plus tôt pour le le troisième tome de sa série Pascal Brutal a annoncé qu’il se retirait de la compétition pour laisser sa place (source France Inter ce matin) ainsi qu’un autre auteur américian .

15H10 : je viens d’apprendre que 5 dessinateurs se sont désistés. C’est génial.

vignette Les femmes et la B.D

Olivier Pont Desseins

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Olivier Pont – DesSeins – Dargaud 2015, coloriste : Laurence croix, textes et dessins Olivier Pont

vignette Les femmes et la B.DAu fil de sept histoires courtes, Olivier Pont esquisse avec de beaux traits sensibles, le rapport à leur corps et à la vie de sept femmes. Il évite l’écueil qui aurait consisté à projeter ses fantasmes d’homme dans cette partie de l’anatomie féminine que sont les seins. Mais qu’elles en aient ou pas, qu’elles hypertrophient cette partie de leur corps ou qu’elles la revendiquent, les femmes, à travers la joie, l’amour, la maladie, la solitude, vivent aussi leur corps à travers le regard de l’autre. Et les bimbos avec leurs poitrines siliconées, ou les femmes qui laissent jouer leurs seins librement sous leurs blouses traduisent l’aliénation dont elles sont victimes ou la libération et l’autonomie qu’elles tentent de conquérir. Le dessinateur n’évoque pas les Femen mais de jeunes femmes qui en 68, sur les barricades, jetaient joyeusement leurs soutien-gorge.

J’ai trouvé son regard à la bonne distance, dans une certaine empathie mais pas trop. Le dessin est assez épuré mais pas simpliste, et la coloriste, Laurence Croix, ajoute à l’équilibre de la composition par son choix de teintes nuancées mais chaudes. Les plans sont très travaillés, et donnent un rythme à la lecture qui est très agréable.

A découvrir…

Festival international de la BD d’Angoulême 2015. Y sont-elles ?

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Barbara Yelin et Peer Meter- L’empoisonneuse / Les femmes et la BD

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L’Empoisonneuse ” par Barbara Yelin et Peer Meter Éditions Actes Sud – l’AN 2

vignette Les femmes et la B.DUn immense coup de cœur pour ce roman graphique aux illustrations magnifiquement ciselées de noir, de blanc dans lequel chantent toutes les nuances de gris, au fusain ( ?), au crayon, une merveille !

Il est réalisé par une femme, genre très minoritaire dans la Bande dessinée (Thierry Groensteen , le responsable du label l’An 2 chez Actes Sud est aussi un des jurys du prix Artémisia, et milite pour la promotion de la bande dessinée féminine). La promotion des œuvres de femmes n’est pas seulement l’affaire des femmes et des hommes de valeur, de conviction et d’engagement sont à leur côtés.

La narratrice, romancière anglaise, amie de Lou Andréas Salomé(c’est une hypothèse, ladite Lou mentionne son ami Nietzsche), venue à Brême , pour réaliser un guide de voyage sur la ville se retrouve en butte à la misogynie ambiante : elle ne peut rester dans un hôtel car elle n’est pas accompagnée, subit des critiques incessantes sur sa conduite et son projet. « Une femme n’est finalement rien d’autre qu’un degré intermédiaire entre l’enfant et l’homme, donc pas vraiment une personne, tout au plus un être immature », lâche un inconnu dans la rue. Misogynie d’autant plus vive qu’elle est alimentée par l’événement qui enfièvre toute la ville : l’exécution d’une empoisonneuse, accusée d’une quinzaine de meurtres par empoisonnement dont ses parents, ses deux maris, son fiancé et ses enfants.

A la veille de l’exécution, un mari se rengorge, satisfait : « Demain , il est clair que les femmes trembleront de tous leurs membres quand elles verront tomber la tête. »

Le destin de la romancière va se trouver mêlé à l’histoire de cette meurtrière.

Ce drame historique est basé sur une histoire vraie, celle de Gesche Margarethe Gottfried (1785-1831), surnommée « L’Ange de Brême ». Presque malgré elle, elle va enquêter sur les motivations de la meurtrière.

Peer meer qui a écrit le scénario, Brêmois d’origine s’intéresse à ces crimes depuis 1988. Il en a d’abord tiré une pièce de théâtre, puis un livre-enquête (Gesche Gottfried – Ein langes Warten auf den Tod).

Au final, un album sombre et prenant, au graphisme parfaitement maîtrisé !

La théorie de la contorsion – Margaux Motin

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Qu’est-ce que la théorie de la contorsion ?

C’est la faculté de s’adapter à toutes les situations ! Ce qui requiert une grande souplesse. Mais toutefois on peut profiter de cette douceur de votre caractère pour vous ranger dans des cases, ce qui est beaucoup moins bien ! Dessiner en fin de compte permet de résister !

Finies les jeunes filles bien élevées qui serrent les dents … et les fesses ! Margaux Motin n’a pas peur d’aligner quelques gros mots, ce qui à priori n’est pas très féminin, a utiliser des images légèrement scatologiques, et à mettre les pieds dans le plat !

Elle le dit : « Dès qu’on essaie de me ranger dans des cases, je suis trop nombreuses, on fait des crises de claustrophobie… »

Son héroïne, longue et glamour, passionnée par la mode et les pompes, un brin (vous avez dit un brin ?) futile, femme-enfant parfois, boudeuse, mutine, utilisant tous les clichés du genre pour mieux les désamorcer quelques planches après, de la mère à l’amante, à la copine, Margaux Motin utilise tous les clichés, les pétrit, les remodèle, les régurgite à sa façon, dans un jeu et un art très personnel.

 

De beaux dessins très dynamiques, drôles, au trait noir agrémenté de couleurs tendres ou vives, c’est selon ! Elle agace, elle exaspère, elle réjouit !

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Son blog : Le blog de Margaux Motin

Prix Artemisia 2015

Barbara Yelin Irmina

L’album Irmina, de Barbara Yelin, remporte l’édition 2015 du Prix Artémisia de la bande dessinée féminine. Le scénario est de Alexander Korb .

« Née à Munich en 1977, Barbara Yelina a étudié l’illustration et la bande dessinée à Hambourg et vit désormais à Berlin.Ses deux premiers livres ont été publiés à l’An 2 : Le Visiteur en 2004 et Le Retard en 2006. Elle a participé en 2008 à deux albums collectifs : Les Bonnes Manières (Actes Sud – l’An 2) et Pommes d’amour (Delcourt). Elle fait partie du collectif de dessinatrices qui publie la revue Spring. Elle est ici pour la première fois associée à un scénariste. »

J’avais beaucoup aimé barbara yelin l'emposonneuse. Elle possède un magnifique coup de crayon, une esthétique très particulière, un graphisme délicat et profond.

« Inspiré d’une histoire vraie, le parcours d’une femme allemande des années 1930 à 1980. Un drame poignant sur le conflit entre l’intégrité personnelle et les compromis auxquels peut conduire l’ambition. À travers des images suggestives et pleines d’atmosphère, l’évocation d’une carrière pleine de fractures, exemplaire de la complicité que beaucoup ont nouée avec le régime hitlérien, en détournant les yeux et parce qu’ils y trouvaient avantage. »Actes Sud

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