« Auprès de moi toujours » de Kazuo Ishiguro

aupres-de-moi

jaime-adoréjaime-adoréjaime-adoréjaime-adoré

Vignette Les personnages féminins dans l'ecriture masculineJadis, Kath, Ruth et  Tommy ont été élèves à   Hailsham : une école idyllique, où ne règne aucune compétition, mais le souci de développer la créativité de chaque élève. Dans un superbe bâtiment, au cœur de la verdoyante campagne anglaise, des enfants semblent à l’écart du monde extérieur, élevés dans l’idée qu’ils sont différents,  leur destin  singulier, hors du commun , et leur rôle vis-à-vis de la société de la plus grande importance. C’est pourquoi ils doivent veiller à leur bien-être physique et moral afin de pouvoir servir au mieux la société dans laquelle ils entreront un jour.

Mais pour quelle raison les a-t-on réunis là ? C’est par un retour en arrière, une immersion dans le passé que Kath revisite leur passé commun afin de trouver un sens à leur destinée tragique. Cette enfance apparemment heureuse, par de nombreux signes prémonitoires, des événements au premier abord insignifiants, présage  un avenir douloureux. Aucun des élèves ne sait réellement à quoi ressemble le monde extérieur, ni à quoi  il doit s’attendre une fois qu’il aura quitté l’école.

Ils savent qu’ils sont spéciaux et que leur avenir sera différent de celui du commun des mortels. Cependant, jamais ils ne songent à se révolter et à contester la place qui leur est assignée. Ils tentent seulement de donner un sens à leur vie condamnée par avance, à leur absence totale de liberté.

Kazuo repose ici la question qui hante toute son œuvre : pourquoi obéit-on, pourquoi laisse-t-on se produire l’inacceptable, pourquoi renonce-t-on si facilement au bonheur et à l’amour alors qu’il faudrait se battre pour eux? C’est également le cas du majordome dans « Les vestiges du jour » qui laisse partir la femme qu’il aime. Nous nous soumettons à des impératifs qui nous dépassent, qui sont posés par des instances supérieures : l’Etat, Dieu, l’Eglise, à seule fin de servir l’intérêt de quelques-uns. Pourtant nous n’avons qu’une vie, et le bonheur est à vivre ici et maintenant.

          Kazuo Ishiguro esquisse ses portraits par petites touches lumineuses, à la manière des estampes japonaises. L’écriture est délicate, pleines de non-dits, de sous-entendus, de double-sens, et de mystère. Sous l’apparente quiétude, couve la menace qu’on sent omniprésente. A lire absolument.

 

Puissant, troublant, et dérangeant.

Quelques mots de vous...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s