Prix de la Closerie des Lilas 2015 – Saïdeh Pakravan pour Azadi

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Le prix de la Closerie des Lilas 2015 a été décerné à Saïdeh Pakravan pour Azadi

Présentation de l’éditeur Belfond :

« zadi signifie « liberté » en persan. Il y a ceux qui la rêvent et ceux qui en paient le prix.
Téhéran, juin 2009. Après des élections truquées, une colère sourde s’empare de la jeunesse instruite de Téhéran. Dans la foule des opposants la jeune Raha, étudiante en architecture, rejoint chaque matin ses amis sur la place Azadi pour exprimer sa révolte, malgré la répression féroce qui sévit. Jusqu’au jour où sa vie bascule. Après son arrestation, et une réclusion d’une violence inouïe, ses yeux prendront à jamais la couleur de l’innocence perdue…
Tout en levant le voile sur une psyché iranienne raffinée et moderne, sans manichéisme et avec un souffle d’une violente beauté, Azadi raconte de façon magistrale le terrible supplice de celle qui cherche, telle une Antigone nouvelle, à obtenir réparation. Et à vivre aussi… là où le sort des femmes n’a aucune importance.
 »

Saïdeh Pakravan, écrivaine franco-américaine de fiction et poète, est née en Iran. Ayant grandi dans un milieu francophone, elle s’installe à Paris, participant, après la révolution iranienne de 1979, à un mouvement de libération de l’Iran.
Publiée dans de nombreuses revues littéraires et anthologies, lauréate de prix littéraires dont le prix Fitzgerald, Saïdeh Pakravan est également essayiste et critique de film.

Un secret de rue – Fariba Vafi

Fariba Wafi

Fariba Vafi est née en 1962 à Tabriz, dans le nord de l’Iran, et a publié quatre romans, dont le premier paru en 2002 a gagné plusieurs prix littéraires. Un secret de rue est sa première œuvre traduite en français

Un secret de rue; roman; Fariba Vafi; traduit du persan (Iran) par Christophe Balay

Homeyra , la narratrice revient dans le quartier de son enfance pour veiller sur son père, à l’agonie. Elle revient dans la maison familiale, retrouve quelques photos et les souvenirs affluent. Elle se souvient de sa mère, prisonnière de la jalousie de son mari, de son oncle bienveillant, des voisins, et surtout de sa petite amie Azar,

libre et joyeuse, dont elle a partagé les jeux dans cette rue d’un quartier pauvre.

Un terrible drame va mettre fin à cette amitié et hanter les nuits de Homeyra qui a fui sa famille et son père pour pouvoir oublier.

Un secret de rue est un roman poignant sur le sort des femmes en Iran. Je l’ai lu peu après avoir vu le film « Une séparation » et des correspondances se sont établies entre les deux œuvres. L’enfermement des femmes qui s’aventurent peu dans la sphère publique, la jalousie et la possessivité des hommes pour lesquels elles sont souvent des objets, la haine des femmes qui peut aller jusqu’au meurtre, la violence feutrée, les coups parfois sont des thèmes centraux de ces œuvres. L’impossibilité d’aimer aussi, de dialoguer , de se comprendre qui enferment chacun dans une stricte séparation des sexes. Mais les relations des hommes et des femmes ne se réduisent pas à cela, existent aussi des hommes bienveillants et aimants qui essaient de trouver une autre voie à l’intérieur de ce qui est permis et défendu, le dialogue avec un oncle ou un voisin, la plupart du temps furtifs, presque à la dérobée, dans une société iranienne qui voudrait autre chose. Fariba Vafi nous offre le tableau d’une société écartelée entre modernité et tradition, où la rigidité des codes empêche une réelle évolution.