Les dix ans de l’association Artémisia à la galerie Art Maniak …jusqu’à demain !

Tintine, Chantal Montellier

 

 

Même si l’accès au monde de la BD se démocratise pour les femmes, elle reste tout de même un bastion d’homme. Les femmes sont entrées en BD plus tardivement et elles doivent faire leur place, ce qui n’est pas sans difficultés. Mais l’association Artémisia pour la BD au féminin s’engage aux côtés des femmes auteurs et multiplie les actions pour soutenir et promouvoir la Bande Dessinée féminine.

La galerie Art Maniak (paris, 9e) s’est associée à elle (s) et expose 15 dessinatrices, et/ou scénaristes de bande Dessinée pour fêter les dix ans du Prix Artémisia.

L’accrochage intitulé Pluri(elles) propose des œuvres majoritairement en noir et blanc, dans des techniques elles aussi plurielles, encre de chine, crayon, aquarelle, lavis, venant d’albums parus en librairie, et édités par Dargaut, Glénat, Casterman, Actes Sud BD, Delcourt ou plus confidenti ‘elles comme la boîte à bulle ou Les Requins Marteaux.

On peut admirer les œuvres de Céline Wagner, Rachel Deville, Claire Braud, Jeanne Puchol , Chantal Montellier, Cécilia Capuana, Catel Muller, Sylvie Fontaine, Marion Laurent, Mandragore, Lauréline Mattiussi, Fanny Michaëlis, Jeanne Puchol, Silvia Radelli, et Théa Rojzman.

 

Tintine de Chantal Montellier

7, j’ai dit sept ans… L’âge de raison pour ce blog…

 

Et bien ce blog continue son petit bonhomme de chemin, avec plus ou moins de régularité. Les femmes entretiennent un lien étroit avec la littérature depuis longtemps;  aujourd’hui à travers les blogs ou la lecture, elles sont très présentes. Les écrivains le soulignent régulièrement, leurs lecteurs sont la plupart du temps des lectrices. Pourquoi ? Les raisons en sont diverses et variées. L’une d’entre elles, cependant, a permis de tisser un lien étroit entre les femmes et la littérature : l’ insubordination et la désobéissance aux traditions qui voulaient les cantonner à la nuit de l’esprit et l’ignorance. Ainsi que le montre Laure Adler, « lire « devient une expérience de liberté individuelle au XVIIIe siècle, puis au siècle suivant accompagne la vie intérieure en mettant au centre la sensibilité de l’individu en lui permettant de s »identifier aux sensations qu’un autre que soi avait confiées au papier et, du même coup, explorer et élargir l’horizon de ses propres possibilités d’éprouver et de ressentir ». Si le xxe siècle n’est pas celui de la lecture mais davantage celui de l’image et des mondes de l’internet, « Les femmes lisent davantage, et elles ont tendance, du fait d’habitudes sociales et culturelles historiquement différentes, à chercher dans les livres des réponses à des questions vitales essentielles ».

Je m’étais donné comme objectif de suivre avec attention ce chemin commun des femmes et de la littérature, au moins dix ans, et de faire découvrir toutes ces femmes, souvent oubliées, dont l’aventure fut d’écrire.

Livre - Les femmes qui lisent sont dangereuses - Laure Adler - ACHETER ...

Prix Simone Veil 2017

Le Prix Simone Veil 2017 a été décerné le jeudi 18 mai dernier à 20h30, à l’occasion du 9e Salon des Femmes de Lettres, au Cercle National des Armées.

Le jury du Prix Simone Veil 2017 était composé de Marie Billetdoux, écrivaine ; Ariane Bois, journaliste et écrivaine ; Emmanuelle de Boysson, journaliste et écrivaine ; Cécilia Dutter, écrivaine ; Irène Frain, écrivaine ; Anne Fulda, journaliste et écrivaine ; Christelle Gallé, rédactrice en Chef Hors-Séries Femme Actuelle ; Alix Girod de l’Ain, journaliste, écrivain et scénariste ; Anaïs Jeanneret, écrivaine ; Michèle Kahn, écrivaine ; Kenizé Mourad, écrivaine ; Luce Perrot, présidente-fondatrice de l’Association « Lire la Société » ; Guillemette de Sairigné, écrivaine, et Isabelle Spaak, écrivaine et lauréate 2016.

Prix Simone Veil 2017 — Catégorie Roman : Theresa Révay, La Vie ne danse qu’un instant, Albin Michel

Prix Simone Veil 2017 — Catégorie Essai : Sabine Melchior-Bonnet, Les Grands Hommes et leur mère, Odile Jacob

Les Grands Hommes et leur mère - Histoire et civilisation - Sciences ...

Prix Simone Veil 2017 — Prix Spécial du Jury : Marie-Eve Lacasse, Peggy dans les phares, Flammarion

Peggy dans les phares, Marie-Ève Lacasse. - Livres - Télérama.fr

Prix Simone Veil 2017 — Prix de la Mairie du 8ème : Diane Ducret, Les Indésirables, Flammarion

Les Indésirables », de Diane Ducret (Flammarion) - Livres : le ...

Ce que la littérature doit aux femmes

Un numéro passionnant qui tente de montrer ce que l’âpre combat des femmes pour avoir le droit de publier et d’écrire, leur situation dans la société et l’acuité de ce regard a apporté à la littérature.

La nuit spirituelle – Lydie Dattas / En réponse à Jean Genet.

La nuit spirituelle – Lydie Dattas – Gallimard 2013

La nuit spirituelle de Lydie Dattas, Ernst Jünger, Jean Grosjean ...

La genèse de ce long poème en prose écrit en 1977 est tout à fait intéressante.  Admiratrice de Jean Genêt, Lydie Dattas le rencontre un soir dans le studio qu’il avait loué dans son immeuble et une discussion s’engage où elle lui fait part de ses désaccords. Profondément blessé, Jean Genêt lui signifie son bannissement par personne interposée : « Je ne veux plus la voir, elle me contredit tout le temps. D’ailleurs Lydie est une femme et je déteste les femmes. » Rejetée ainsi dans la « nuit » de son sexe, elle décide d’écrire un long poème « si beau » qu’il l’obligerait à revenir vers elle, cherchant à lui rendre mot pour mot, la blessure qu’il lui a infligée. Elle y réussit car le jour suivant il se tenait à sa porte.

Il écrivit même : « Je ne comprends pas comment vous avez pu faire des phrases si riches. C’est comme ce que j’aime le mieux, Baudelaire, Nerval. »

A son tour, jean Grosjean en fit l’éloge : « C’est passionnant et arrachant, et tout à fait scandaleux »

Etre femme c’est être renvoyée à la « nuit » de son sexe, exclue de la beauté et de l’esprit. Les femmes ne peuvent pas créer à l’égal des hommes, la misogynie ambiante les condamne à leurs fonctions biologiques, dans le cercle étroit de leur foyer. Qu’à cela ne tienne, puisque Lydie est exclue de ce cercle des créateurs parce qu’elle est une femme, elle fera de cet exil un chant, plus beau que tous les autres.

Ce poème s’articule autour des métaphores de la nuit et du jour, de la lumière et de l’obscurité, dans la grande tradition :

« Si je chante c’est d’une voix sombrée : aucun motif, aucun ornement qui doive ici sa beauté à la lumière, mais chacun tirant son éclat de la nuit et son rayonnement de la tristesse, aggravera sa misère. »

La beauté est désespoir, elle renvoie à la nuit intérieure, à la nuit spirituelle de celle qui en est exclue. Mais son art est si consommé que les ténèbres irradient de manière plus somptueuse encore.

« Ne pouvant supporter de vivre en dehors de la beauté, mais ne pouvant m’en approcher sans la profaner davantage, je m’efforcerai de rendre cette malédiction même une beauté, je m’efforcerai de rendre cette malédiction si profonde et si sombre qu’elle en soit belle. »

Ainsi la condamnation et l’exclusion, seront les moteurs de la création, mais rien, vraiment rien n’empêchera la poétesse de parfaire son chant.

Un très beau texte.

Merci à Claire de me l’avoir offert.

Les femmes et la littérature :Virginie Despentes – Le rôle de l’écrivain

Vernon Subutex n’en a pas fini avec vous , et Virginie Despentes non plus !

Virginie Despentes et sa trilogie VERNON SUBUTEX reviennent après 2 ans d’absence, jeudi 18 mai à 20h50 dans La Grande Librairie, qu’on se le dise ! Le tome 3 paraîtrait le 24 mai.

Livre: Vernon Subutex (Tome 1), Virginie Despentes, Le Livre de Poche ... Vernon Subutex - broché - Virginie Despentes, Livre tous les livres ...

« Dans ce roman, le héros principal Vernon Subutex, un ancien disquaire parisien expulsé de chez lui à la suite de la faillite de sa boutique, contacte ses anciens amis au fur et à mesure pour trouver un hébergement de quelques nuits chez chacun d’entre eux.

Le nom du personnage principal, Subutex, fait référence au nom commercial de la buprénorphine, substance utilisée pour le traitement de la dépendance aux opiacés comme l’héroïne. Le prénom de Vernon fait quant à lui référence à l’un des pseudonymes de l’écrivain Boris Vian : Vernon Sullivan. »

Source Wikipédia