Alice Zeniter Goncourt des lycéens

Critique - L'art de perdre - Alice Zeniter - Flammarion - Papivore ...

Elle l’a enfin eu son prix, à seulement 31 ans. Mais « vieil » écrivain dit-elle, puisqu’elle écrit depuis l’âge de 16 ans ! Un reportage télévisé montrait sa chambre d’adolescente, où trônait en bonne place l’affiche du Petit Prince. Et il faudrait remonter encore plus loin dans le temps, puisqu’elle s’amusait, en famille, petite encore, à réécrire les passages de grands romans qui ne lui plaisaient pas. Sacrée Alice !

Vive les garçons, ron-ton-ton

Aujourd’hui être une femme, en France, quand on écrit, n’est plus un handicap. Les femmes écrivains deviennent les égales des hommes même si encore ici ou là… Mais bon, un très bon journal le fait remarquer, cette année il n’y a que des garçons, C’est leur tournée, parce que à franchement y regarder… Le fait est que …

Prix Goncourt : Eric Vuillard, Prix Décembre : Grégoire Bouillier  , Prix Renaudot : Olivier Guez ; Grand Prix de l’Académie :  Daniel Rondeau ; Prix Giono : Jean-René Van der Plaetsen  ; Prix Femina : Philippe Jaenada; Le prix Femina de l’essai : Jean-Luc Coatalem ; Le prix Femina du meilleur roman étranger : John Edgar Wideman;

Une exception qui confirme la règle : Justine Augier, prix Renaudot essai

Fémina spécial pour l’ensemble de son oeuvre : Françoise Héritier

Presque que des garçons ron-ton-ton …

Et bien non !

Et bien non, ce n’est ni Yannick Haenel (Tiens ferme ta couronne Gallimard) ni Alice Zeniter (L’Art de perdre Flammarion)  mais Eric Vuillard avec L’Ordre du jour Actes Sud qui a gagné le Goncourt

Et ce lundi 6 novembre Olivier Guez a obtenu le prix Renaudot pour La Disparition de Josef Mengele, paru chez Grasset.

 

Éric Vuillard - L'ordre du jour Epub

3e sélection du Goncourt – lundi 30 octobre 2017 et celle du Femina

Cette année, exceptionnellement, je suis davantage les actualités du Goncourt car les auteurs présents m’intéressent plus particulièrement :

lundi 30 octobre 2017

La troisième liste du Goncourt est constituée de :

Yannick Haenel Tiens ferme ta couronne Gallimard
Véronique Olmi Bakhita Albin Michel
Eric Vuillard L’Ordre du jour Actes Sud
Alice Zeniter L’Art de perdre Flammarion

Le prix Goncourt sera attribué le 6 novembre.

Je pense que Yannick Haenel et Alice Zeniter sont les favoris. Allez, un petit pari !

Le Femina :

Romans français :

Jean-Baptiste Andrea – Ma reine (L’Iconoclaste)

Miguel Bonnefoy, Sucre noir (Rivages)

Philippe Jaenada, La serpe (Julliard)

Veronique Olmi, Bakhita (Albin Michel)

Alice Zeniter, L’art de perdre (Flammarion)

On retrouve Véronique Olmi et Alice Zeniter au Goncourt, il y a de fortes chances qu’elles aient chacune un prix. Quel suspense !

Romans étrangers :

– Britt Bennett, Le coeur battant de nos mères (Autrement) traduit de l’anglais (USA) par Jean Esch

-Paolo Cognetti, Les huit montagnes, (Stock)  traduit de l’italien par Anita Rochedy

– Anna Hope, La salle de bal (Gallimard) traduit de l’anglais par Elodie Leplat

– Juan Gabriel Vasquez, Le corps des ruines (Seuil) traduit de l’espagnol (Colombie) par Isabelle Gugnon

– John Edgar Wideman, Ecrire pour sauver une vie, le dossier Louis Till (Gallimard) traduit de l’anglais (USA) par Catherine Richard-Mas

Essais :

– Anne et Claire Berest, Gabrielle (Stock)

– Gérard Bonal, Des Américaines à Paris, Tallandier

– Jean-Luc Coatalem, Mes pas vont ailleurs (Stock)

– Marie-Hélène Fraïssé, L’eldorado polaire de Martin Frobisher (Albin Michel)

– Françoise Héritier, Au gré des jours (Odile Jacob)

– Henri Leclerc, La parole et l’action (Fayard)

– Michel Winock, Décadence fin de siècle (Gallimard)

Helen Simonson – L’été avant la guerre ou de l’émancipation des femmes

Helen Simonson – L’été avant la guerre – 2016 – Nil éditions pour la traduction française Editions 10/18, traduit de l’anglais par Odile Demange

Passionnant roman qui évoque à merveille les mentalités dans l’Angleterre conservatrice de ce début du siècle.

Eté 1914, juste avant l’entrée en guerre de la Grande-Bretagne, Béatrice Nash,  jeune femme cultivée et intelligente, pour être indépendante, renonce à se marier, et cherche un emploi de professeure. Elle arrive, après la mort de son père, dans le village de Rye et découvre la gentry locale, qui est un bon concentré de vanité, de bêtise, de snobisme et que sais-je encore. A la lecture, cela peut même parfois vous couper le souffle. Elle rêve aussi d’être écrivain, ce qui reste une gageure en ce début de XXe siècle où les femmes sont considérées inférieures aux hommes en matière d’esprit et de culture.

Notre jeune héroïne s’intéresse à la question de l’émancipation des femmes, et rencontre des suffragettes, mais son engagement ne va pas beaucoup plus loin. Les femmes rebelles sont vite mises au ban de la société.

La peinture des mœurs de l’époque est relativement bien rendue et les contraintes qui pèsent sur les femmes, leur mise sous tutelle rendent leur marge de manœuvre relativement réduite. Alors bien sûr, il y a une romance dans l’histoire, et le nœud de l’intrigue consiste à savoir, si oui ou non, notre jeune héroïne va rentrer dans le rang, ou si, malgré tout, elle va pouvoir tirer son épingle du jeu sans pour autant renoncer à sa vie sociale.

Et le suspense est suffisamment bien orchestré pour nous tenir en haleine jusqu’au bout.

Pas une œuvre majeure mais un très bon moment de lecture.

« Helen Simonson est née en Angleterre et vit aujourd’hui à New York. Elle a passé son enfance dans l’East Sussex. Dans ce « pays littéraire » où vécurent notamment Henry James, Rudyard Kipling et Virginia Woolf, elle puise encore une grande partie de son inspiration. Après son premier roman, La Dernière Conquête du major Pettigrew, qui a reçu de part et d’autre de l’Atlantique un accueil unanime, elle publie : L’été avant la guerre. » Présentation de l’éditeur.

Les huit sélectionnés du Goncourt …

François-Henri Désérable Un certain M. Pickielny Gallimard
Olivier Guez La disparition de Joseph Mengele Grasset
Yannick Haenel Tiens ferme ta couronne Gallimard
Véronique Olmi Bakhita Albin Michel
Alexis Ragougneau Niels V. Hamy
Monica Sabolo Summer JC Lattès
Eric Vuillard L’Ordre du jour Actes Sud
Alice Zeniter L’Art de perdre Flammarion

Enfin livre! | Blog littéraire de Nicole VolleLa disparition de Josef Mengele de Olivier Guez aux éditions Grasset ...Livre: Tiens ferme ta couronne, Yannick Haenel, Gallimard ...Livre: L'ordre du jour, Éric Vuillard, Actes Sud, Un ...

Bakhita par OlmiNiels" d'Alexis Ragougneau - Lettres it be : des chroniques de livres ...Critique - L'art de perdre - Alice Zeniter - Flammarion - Papivore ...

Des auteurs que j’aime, d’autres que je ne connais pas… Et cette magnifique jaquette de Véronique Olmi…

Le premier amour – Véronique Olmi
Alice Zeniter – Sombre dimanche ou la maison qui tuait les femmes

Kazuo Ishiguro Nocturnes

Kazuo ISHIGURO, Nocturnes - littexpress

Kazuo Ishiguro, parolier de Stacey Kent, est  mélomane passionné. Dans son livre, « Nocturnes », qui est un recueil de cinq nouvelles, la musique est le fil conducteur qui lie ces histoires entre elles. Quintette, pour certains critiques, symphonie en cinq variations dur le même thème, les critiques se sont attachés à voir dans ce recueil une structure musicale.

Nocturnes de Chopin, tout d’abord, par leur aspect mélancolique, et par leur brièveté et les thèmes chers au romantisme, le temps qui passe, l’amour. Et une forme plus moderne, le jazz des vieux standards , des chanteurs de jazz, pour tordre le cou au romantisme. En effet, ces cinq nouvelles sont à la fois cruelles et drôles, et véhiculent un humour féroce. Les héros sont plutôt des anti-héros, des losers, qui se trouvent à ce point de leur existence, la quarantaine passée pour beaucoup d’entre eux, où l’on perd ses illusions, et où l’on fait le constat amer qu’il y a peut-être des rêves que l’on ne réalisera jamais. Ceci dit, on ne saura pas, au lecteur d’imaginer, chaque nouvelle se finit par un point d’orgue, note tenue aussi longtemps que le lecteur le voudra bien, que la vie le permettra. Il y a toujours un espoir.

 

Un petit bijou, une merveille…