Dans la solitude des champs de coton – Bernard Marie Koltès – Anne Alvaro, Audrey Bonnet mise en scène Roland Auzet- Deux femmes, l’universalité du désir…

La Muse en circuit – Act Opus Cie Roland Auzet • texte Bernard-Marie Koltès • musique et mise en scène Roland Auzet • avec Anne Alvaro, Audrey Bonnet •  Collaborateurs artistiques Thierry Thieû Niang, Wilfried Wendling • créateur lumière Bernard Revel • costumes Nathalie Prats • scénographie sonore La Muse en Circuit, Centre national de création musicale • piano Sophie Agnel • informatique musicale Thomas Mirgaine, Augustin Muller • ingénieur du son Thomas Mirgaine • élaboration du dispositif sonore Camille Lézer, assisté de Pierre Brousses, Franck Gélie, Grégory Joubert • régie Générale Jean-Marc Beau • remerciements à Sinan Bökesoy, musique électronique et Sophie Agnel, piano • administration Vincent Estève • administration de production Morgan Ardit, Charlotte Weick • (source théâtre L’Apostrophe)

A quiet passion -Emily Dickinson – You’re alone in your rebellion, Mrs Dickinson… /sortie le 036 mai 2017

Lorraine Hansberry – première femme afro-américaine dont la pièce a été jouée à Broadway

Lorraine Hansberry, que j’ai découverte lors du documentaire consacré à James Baldwin sur Arte (magnifique !) est la première femme noire américaine dont la pièce ( A raisin in the sun) en 1959 a été jouée à Brodway.

« Raisin in the Sun de Lorraine Hansbury, prend son titre du célèbre poème de Langston Hughes « A Dream Deferred », dont le thème fait écho dans toute la pièce. Dans un petit appartement à Chicago dans les années 1950, les membres de la famille Younger, une famille afro-américaine, ont chacun de grands rêves de quoi faire avec l’argent d’assurance-vie qu’ils vont recevoir du passage de Big Walter. Pour certains membres de la famille, leurs rêves ont été reportés, «différés», pendant des années; Pour d’autres, il ya des obstacles qu’ils doivent surmonter pour poursuivre leurs rêves. »a consulter, source

La femme qui inventa le théâtre…

Selon Augusto Boal, une fable chinoise très ancienne raconte comment Xua-Xua, une femme préhumaine, inventa le théâtre. Cette fable s’oppose à toutes les pratiques et les représentations misogynes de l’Histoire et de l’Antiquité, comme celles du théâtre au temps de Shakespeare, qui interdisaient aux femmes de jouer, et celles de l’Antiquité qui leur interdisaient même d’assister aux représentations !

Xua Xua, qui alors n’était qu’une femelle (puisque préhumaine) devint amoureuse de Li-Peng (mâle de la tribu), et attendit de lui un enfant. Cette transformation physique s’accompagna d’une gêne, ou d’une forme de honte qui l’éloigna de son amoureux. Il l’observait pourtant de loin et la regarda accoucher. En spectateur. Xua Xua, dut se séparer symboliquement de son fils, s’identifier, et l’identifier lui, en sortant d’une relation purement fusionnelle. Elle dut également reconnaître le père. Et se posa des questions sur qui elle était, sur qui étaient les autres, sur ce qu’elle voulait et ce qu’elle cherchait, sur le passé et l’avenir. D’une certaine manière elle était obligée de se regarder, de se dédoubler (la conscience ?). A la fois actrice et spectatrice. C’est ainsi qu’a été découvert le théâtre, car il est « l’art de nous regarder nous-mêmes ».

Cette manière de placer l’origine du théâtre dans la biologie humaine, me laisse dubitative. Cette métaphore de la création par l’enfantement risque encore enfermer les femmes encore et toujours, dans leur corps.

voir Augusto Boal « Jeux pour acteurs et non acteurs, La découverte, édition actualisée, La Découverte, Paris 2004.

Une chambre en Inde – une création collective du Théâtre du Soleil jusqu’au 2 juillet 2017 à la cartoucherie de Vincennes.

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Une chambre en Inde – une création collective du Théâtre du Soleil, dirigée par Ariane Mnouchkine, musique de Jean-Jacques Lemêtre, en harmonie avec Hélène Cixous, avec la participation exceptionnelle de Kalaimamani Purisai Kannappa Sambandan Thambiran, Représentations du mercredi au vendredi à 19h30, le samedi à 16h, le dimanche à 13h30, Durée du spectacle 3h30 + entracte de 15 minutes jusqu’au 2 juillet 2017 à la cartoucherie de Vincennes.

Le théâtre, et plus largement l’art, éclaire, donne à voir et à comprendre, mais aussi à sentir, à travers nos émotions, ce qui nous déchire et nous soumet parfois impitoyablement à la question. Que nous veulent-ils, que faut-il faire ? Où et comment agir ?

Les spectateurs qui ont assisté ce dimanche 23 avril à la représentation, ont dû entendre de multiples résonances à la situation politique française, aussi lointaine que puisse paraître, au premier abord, cette chambre en Inde. Ce jour rappelait aussi la naissance de Shakespeare, le  (vers le ) 23 avril 1564 ; comme l’a souligné Ariane Mnouchkine, « En un tel jour, rien de vraiment grave ne peut arriver. »

La troupe a décidé de désamorcer le pathos, en faisant de la scène du théâtre, le lieu d’une comédie où se joue le spectacle (tragique) du monde. Le rire peut-il combatte l’horreur ?

Cette chambre, lieu clos, est traversée de toutes les rumeurs et de tous les éclats qui secouent notre monde : la condition des femmes, le réchauffement climatique, l’extrémisme politique et religieux. D’ailleurs de larges fenêtres sont ouvertes sur les bruits de la rue, et le téléphone apporte les nouvelles, souvent mauvaises, de ce qui se passe ailleurs; les intrusions oniriques ou réelles nous rappellent qu’il est impossible de se tenir à l’écart, et d’être simplement spectateur : tout le monde peut-être touché un jour par la fureur et la désolation..

Et c’est la philosophie du Théâtre du Soleil, cosmopolite, composé d’une vingtaine de nationalités, certains acteurs venant d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie, de se tenir dans un constant dialogue avec l’autre, et de se nourrir de ce qui est étranger.

Curieux du monde et des autres, le théâtre du Soleil, emprunte la forme artistique du Teru Koothu, théâtre populaire découvert lors d’un séjour avec la troupe à Pondichéry début 2016, peu après les attentats du mois de novembre. Sur scène, le Kattiyakaram, personnage central, mène le jeu au milieu des danses et des chants accompagnés par les musiciens. Ces spectacles se jouent souvent des nuits entières dans les villages et racontent, entre autres, les épopées du Mahâbhârata et du Ramayana.

Les visions que Cordélia a la nuit sous forme de cauchemars font irruption selon leur propre logique. Aussi ne faut-il pas chercher la cohérence narrative dans la sécurité d’une intrigue. Les saynètes se croisent et s’entrecroisent pour former la trame du récit, conduit au fil d’une question lancinante qui revient jusqu’au bout : « L’art peut-il sauver le monde ou est-il parfaitement inutile ? » Que peut le théâtre face à un fusil ou des bombes ? Il dénonce depuis toujours, et il désamorce le désespoir en nous donnant le goût de la lutte.

Une vidéo montre des comédiens représentant le Roi Lear, dans une cave d’Alep, sous les bombardements.

Ils ne seront pas oubliés.

L’école nomade d’Ariane Mnouchkine – Théâtre du soleil – Une chambre en Inde

Les femmes et la littérature : Luvsandorj Ulziitugs / Mongolie

Le métier d’écrivain est  « ce métier magique qui permet de discerner les différentes odeurs de la parole »

Cité in « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

Elle est née dans la ville de Darkhan en Mongolie. Elle a débuté sa carrière au journal officiel Ardii Erkh et au magazine Uchigdur. Elle a également des fonctions d’éditrice et dirige de nombreuses publications, et d’oeuvres littéraires,  artistiques et de culture générale. Elle est le poète de la nouvelle génération, et est l’auteure d’une dizaine de livres de poésie et de prose, parmi lesquels « Images restées sur les lunettes », « Contes citadins » et « Limite du visible dont sont extraites les nouvelles de « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

source : Préface de « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »