Les figures féminines dans la littérature young adult – Le 8 mars de 19h à 20H30

Le 8 mars de 19h00 à 20h30
📍Médiathèque de la Canopée, Paris

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« A la croisée des genres, le secteur « Young Adult » est une grande tendance littéraire actuelle qui a pour particularité de s’adresser principalement aux 15-25 ans. En 2018, le salon Livre Paris lui consacre une toute nouvelle scène, afin de mettre en avant les spécificités des œuvres et auteurs qui l’incarnent. 

A l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le salon Livre Paris et la Ville de Paris s’associent pour organiser une rencontre sur la représentation des figures féminines dans la littérature Young Adult, en présence d’auteurs et de spécialistes. Ce courant très lié au « Girl power » fait en effet la part belle aux lectrices, aux auteures et aux personnages féminins non stéréotypés ! 

Événement gratuit, tout public, réservation recommandée :
01 44 78 80 80 ou sur bibliocité.fr « 

Les invitées :

 Marie-Lorna Vaconsin est une comédienne et romancière française de science-fiction et fantasy. Elle est l’auteure du roman Le monde des possibles (Fasciné, 2013) et de la saga young adult Starpoint, dont le tome 1 La fille aux cheveux rouges est paru chez La Belle colère en mars 2017.

 Anne Lanoë, auteure française d’ouvrages pour la jeunesse, fait aussi parti du groupe de rock Lili Brik. Son dernier roman Des lendemains qui chantent (Fleurus, 2017) narre le parcours d’une fille d’émigrés russes qui arrive en Paris en 1933 et rêve de devenir photographe reporter.

– Sophie Nanteuil, programmatrice de la scène Young Adult Paris, est éditrice freelance en littérature jeunesse (elle travaille notamment pour Larousse Nathan , Milan, Hatier…). Elle est également auteure en parenting et en jeunesse.

– Sophie Rosemont, programmatrice de la scène Young Adult Paris, est aussi journaliste culture pour Rolling Stone, Paris-Match ou Glamour, et chroniqueuse pour France Culture. Egalement auteure, elle est professeur en école de journalisme et à Columbia University.

Événement gratuit, tout public, réservation recommandée :
01 44 78 80 80 ou sur bibliocité.fr

Portrait de femme – Madeleine – Pierre Lemaître, Couleurs de l’incendie

Couleurs de l'incendie

Les couleurs de l’incendie – Pierre Lemaître – 03 janvier 2018

Ce second volet de la trilogie inaugurée par « Au revoir là-haut », prix Goncourt 2013, fait la part belle aux femmes, et surtout à l’une d’entre elles, Madeleine, la fille de Marcel Péricourt dont les obsèques sont célébrées en ce mois de février 1927.

Eduquée comme l’étaient les femmes de la grande bourgeoisie des années trente, Madeleine ne sait rien faire, on peut dire qu’elle a juste appris à lire et à peine à compter, et surtout à dépenser l’argent que lui octroie l’Homme de la famille, son père, qui n’a pas cru bon de l’initier aux arcanes de son empire financier. Elle est la maîtresse de maison, organise repas et réceptions quand cela est nécessaire et dirige la domesticité de la maison.

Les femmes vivent à travers les hommes, et réussissent à travers un bon mariage qui seul peut leur assurer la prospérité.

Madeleine, à la mort de son père, jeune divorcée d’un mari passablement indigne, a tout le profil d’une possible victime, prisonnière d’un monde dont elle ne connaît pas les rouages. Elle est aveugle à ce qui se passe autour d’elle mais aussi en elle.

Cette cécité conduit au drame, Paul, son fils, se jette de l’immeuble familial, et l’élucidation de ce drame, la ruine qui va l’accompagner, vont permettre à Madeleine de prendre son destin en main.

Pour cela, elle va se servir des hommes, des autres, pour assouvir sa vengeance et punir les coupables, dans un machiavélisme qui n’a rien à envier à celui des hommes ambitieux, cupides et corrompus qui l’entoure.

D’ailleurs les rapports de force s’organisent autour des hommes, une femme seule ne peut rien faire, et Madeleine, dans ce contexte,  saura armer son bras. Mais les couleurs de l’incendie illuminent une Europe décadente, antisémite et violente qui fait écho à ce drame familial et social.

Ce second volet de la trilogie est particulièrement réussi. Pierre Lemaître orchestre savamment son récit, ménage le suspense et n’est pas avare de retournements de situations. Il fait progresser la narration de manière implacable à la façon d’un piège qui se resserre inexorablement et qui procure bien des frissons au lecteur. A lire et à suivre …

Selon la Presse, le troisième volet se situerait dans les années quarante, et l’auteur, emporté par son sujet, envisagerait même de poursuivre cette fresque jusqu’au tome 10 (1920-2020). Lire ici !

Etre femme …

J’ai écouté ce soir avec beaucoup d’intérêt le débat avec Elizabeth Badinter, et les invités de la GB, notamment ce monsieur que j’adore et qui a travaillé sur l’histoire des émotions, l’historien Georges Vigarello (« Histoire du viol», «Histoire des émotions», «La robe »), l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat (« Le Grand Détournement», éditions du Cerf),et la romancière Belinda Cannone (« S’émerveiller», Stock). Les vieux débats entre le féminisme essentialiste et culturaliste a montré le bout de son nez encore une fois. C’est le oui…mais… Oui, c’est bien que les femmes osent s’exprimer mais il ne faudrait pas confondre harcèlement et séduction. Il me semble que la plupart des femmes font la différence entre les deux et que nous sommes très loin, dans notre pays latin, du féminisme américain et des contrats négociés autorisant la séduction. Je pense juste que ce n’est pas le moment parce que ces arguments sont ressentis comme des attaques par certaines femmes que leurs blessures occupent totalement. Il me semble qu’aucune femme n’est hostile aux tentatives de séduction, à partir du moment où elles se font dans les formes, et où un non est entendu comme un non, par des hommes éduqués qui ont cessé d’être de gros lourdingues libidineux. De chaque côté l’amalgame a lieu.

«No perdono que la izquierda haya abandonado la laicidad ...

Etre femme, à mon avis, est avoir une histoire et une mémoire particulières. Cela nous constitue et c’est bien plus fort qu’un savant dosage d’hormones. J’entends bien, moi non plus je ne pense pas en tant que femme toute la journée, sauf bien sûr quand on me le fait ressentir, assez rarement en fait, surtout dans mon milieu, où il y a une majorité de femmes. Je ne considère pas non plus qu’être femme soit une qualité en soi, mais nous sommes évidemment situées dans le temps et dans l’espace : ce n’est pas la même chose être une femme ici en Occident ou en Iran par exemple. Les combats gagnés ici ont été perdus ailleurs, ou plutôt ne sont pas encore véritablement nés. Rien n’est acquis pour toujours. Et dire que après Simone de Beauvoir et sa célèbre formule « On ne naît pas femme on le devient » plus rien ne sera jamais comme avant est bien présomptueux. La barbarie aussi a un visage humain. Les livres écrits par les femmes ici ne sont pas ceux qui sont écrits là-bas, ceux aussi qui ne peuvent s’écrire encore sont plus bruyants que les autres et les mots qui ne les habitent pas  sont parfois des hurlements.

Plus que notre corps, nos hormones, notre culture, c’est notre histoire, « outrepassant » l’ensemble des pratiques, connaissances, traditions et normes d’une communauté donnée, et la dimension du temps affectant ces cultures qui travaille l’ensemble des événements et faits passés relatifs à l’humanité. Je ne suis pas, je fais, assénait l’une des invitées, mais peut-être suis-je ce que je fais et ce que je ne fais pas. Et la façon dont ce que je fais sera l’objet ou pas d’une narration, ou sera constitué comme fait ou comme événement.

Etre femme, c’est devoir constituer des appuis qui n’existent pas tout à fait encore, continuer à écrire une histoire dont nous sommes parfois absentes. C’est ce qui fait la raison d’être de Litterama … je suis moi et toutes les femmes avant moi, comme j’aimerais être toutes celles qui seront après moi. C’est être dans le fil du temps. Une histoire différente à chaque fois.

Prix artemisia 2018 : Lorena Canottiere pour Verdad

De très beaux albums à découvrir, que ce prix donne à voir, et met en relief, et qui pourraient passer inaperçus. En dehors de récompenser des femmes, souvent ignorées à Angoulême, ce prix est une certaine vision de la société  et des rapports humains, ainsi que de la place que devraient avoir les femmes dans la société. Je me pose souvent la question de mon engagement à rendre davantage visible les œuvres de femme, de sa pertinence et de son utilité. Lorsque j’en sonde les raisons, je me dis que peut-être je fais montre de sectarisme et en même temps mon intuition (qui est une autre forme d’intelligence) m’assure que ce combat est légitime. Alors il faut lire tout le monde, mais aussi les femmes.

 

Remise du Grand Prix Artémisia 2018 à Lorena Canottiere pour son album Verdad

http://www.assoartemisia.fr/video-remise-grand-prix-artemisia-2018/

Mention spéciale « Hors de prix » (Créatrice également du prix Artemisia). Déjà publié, mais revisité, au niveau du dessin, de la mise en couleurs et du lettrage, et en rajoutant trente pages de plus (avec une nouvelle fin) .

SheltermarketCOUVlight

 

Catégorie dessin

Catégorie documentaire

Mention spéciale pour le combat féministeParoles d'honneur - Les critiques

Catégorie avenir

Catégorie humour

Catégorie fiction historique

Couverture La guerre de Catherine

 

L’enfant perdue – L’amie prodigieuse IV – Elena Ferrante

L'amie prodigieuse (Tome 4) - L'enfant perdue - Elena ...

L’enfant perdue – L’amie prodigieuse IV – Elena Ferrante –  roman traduit de l’italien (2014) par Elsa Damien.  NRF Gallimard, collection du monde entier, 2018

Ce roman est pénétré d’une terrible mélancolie qui se distille tout au long du récit. Les deux amies vieillissent, et au passage de ce temps qui les éreinte, et des pauvres joies qui restent, quand tout ralentit et tout est voué à disparaître, Elena raconte inlassablement, cherchant à percer le mystère de cette amitié si profonde et parfois malmenée par les événements, qui aura duré toute une vie ou presque.

Je me suis dit qu’aucun amour peut-être n’a cette profondeur, ce souffle, n’inflige de pareilles meurtrissures, oscillant sans cesse entre engagement total auprès de l’autre, jalousie, et parfois haine.

Au fond, il est presque impossible de parler de ce dernier volume de la saga napolitaine, car il faudrait en dire trop ou trop peu, rappeler pour combler le vide, les événements passés ou l’arbre généalogique de chacune des deux amies. Et alors ce serait trop long.

J’avoue que je suis ressortie de cette lecture percluse tellement il fait mal parfois, à force de retournements, de drames, passant d’une émotion à une autre, rattrapée par ce sentiment de solitude auquel est vouée la narratrice, et qui serait le mien.

Il y a au creux des mots, un détonateur silencieux, celui qui s’allumera à l’aube de votre vieillesse, de votre solitude, de votre sentiment d’abandon, ou d’intense finitude. En fait, c’est cela, de la littérature

L’histoire de cette petite fille sera chantée à l’Eurovision ! Et cette chanson représentera la France !

la vengeance secrète se Tilly Rosalie Ham / Kate Winslet

 

La Vengeance secrète de Tilly de Rosalie Ham, et paru le 07 septembre 2017 chez Pocket, traduit de l’anglais par Marianne VERON

 

Paru sous le titre « The dressmaker », le présent ouvrage est la réédition de la traduction française paru une première fois sous le titre « Haute couture ».

Kate Winslet, magnifique interprète, en a redessiné les contours de sa pulpeuse silhouette dans un film de Jocelyn Moohouse, baptisé du même nom, paru en 2015 et distribué par Netflix. Il me semble donc qu’il n’est pas sorti sur les écrans français.

1951, Tilly Dunnage débarque chez sa mère, folle, malade, dans l’outback australien. Quelques maisons dans un paysage semi-désertique, et une atmosphère lourde. Tilly se met à couper à coudre, avec rage, avec fièvre et provoque des bouleversements inédits dans ce milieu étriqué et bien-pensant dans lequel se cachent bien des secrets. Derrière les portes closes et les apparences savamment entretenues, règne parfois l’enfer. Telle cette femme que son mari drogue pour mieux la violer.

Tilly a été exilée, à dix ans, accusée de meurtre. Elle revient, jeune femme à la beauté étourdissante, pour se venger… Elle a appris l’art des étoffes, des drapés et des plissés. Elle peut rendre à chaque femme sa beauté, et aux hommes le désir. La couture est , chez elle, un art…

J’ai vu quelque part sur la toile ce livre classé dans la catégorie Romance, quelle méprise !  Ce livre est tout sauf une romance, et si vous regardez ensuite le film, vous pourrez en savourer toutes les subtilités.

Ce petit bourg isolé, loin de tout, est le théâtre des passions humaines, des veuleries, des violences silencieuses, et de l’injustice des Hommes.

Jusqu’à ce jour qui ressemblera pour eux à l’enfer…