Le mystère Elena Ferrante

Ces dernières semaines la polémique agite les media. Il semblerait qu’un journaliste italien ait « démasqué » l’auteur qui se cache derrière le pseudonyme d’Elena Ferrante. Aucun auteur n’est obligé d’assumer publiquement la paternité ou maternité d’une oeuvre, il n’y a rien d’illégal à l’anonymat. Mais tout mystère demande à être percé, en tout cas, c’est ce que croient certains. D’autre part,  il paraît qu’en Italie c’est devenu un sport national depuis quelques années. En France, nous n’en sommes qu’au deuxième roman.

Sur les réseaux sociaux, il y a les « pour » et les « contre ». Ceux qui préféreraient qu’on respecte l’anonymat de l’auteur puisque c’est ce qu’elle souhaite, et qui considère que la révélation de son nom est une atteinte à la vie privée, et d’autres qui, simplement pris par le jeu, s’amusent des multiples rebondissements de cette affaire. Forcément le mystère focalise les désirs et les attentes, et sa résolution procure-t-elle une sorte de décharge qui s’apparente au plaisir.

D’autant plus que l’auteur accorde quelques rares interviews par e-mails.

Mais là encore rien n’est sûr, peut-être que l’auteure présumée n’est pas l’auteur véritable. Le mystère est peut-être toujours entier et le jeu va se poursuivre pour le plus grand plaisir des chasseurs de … trésor.

Elena Ferrante – L’amie prodigieuse
Le nouveau nom (L’amie prodigieuse 2) – Elena Ferrante / Une saga romanesque à couper le souffle !

Les femmes et l'ecriture 3

Miroir d’Elles

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A voir au Théâtre du Marais, du 1er au 31 octobre, d’après des textes de Franca Rame et Dario Fo (Prix Nobel de littérature), Jean-Gabriel Nordmann, Gérard Levoyer, Lise Martin, Guy Foissy, Xavier Durringer (D’ailleurs en parlant de Xavier Durringer, si vous n’êtes pas encore allés voir « Acting » avec Nils Arestrup et Kad Merad, courez-y, c’est excellent.)

« Les monologues, drôles, tragiques, tendres et graves, sont tous des témoignages de fragments de vie de femmes. Elle est toutes ces femmes.

9 femmes comme autant de facettes que l’on croise dans le miroir. Chacune est un instantané de vie: drôle, léger, émouvant, tragique. C’est selon… Dans sa robe noire, elle entre et livre des témoignages poignants, des confessions pathétiques ou des confidences mutines Elle est toutes ces femmes.

Miroir d’Elles a reçu le prix des P’tits Molière 2015, catégorie « Meilleur seul en scène  »

Céline Minard – Faillir être flingué

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Céline Minard Faillir être flingué Rivages poche, 2013, Editions Payot & Rivages

Prix du Livre Inter 2014

Céline Minard revisite le mythe de l’Ouest américain et la confrontation de deux mondes celui des Blan,cs et des Indiens, à travers des personnages atypiques et attachants. Elle n’élude pas la violence des colons, ne fait pas des Indiens uniquement des martyrs, mais brosse des portraits vivants de ces parias qui quittèrent la vieille Europe pour tenter leur chance dans ce Nouveau Monde. Ce n’est pas exactement le début de la colonisation, les Indiens élèvent les chevaux, guerroient entre tribus ennemies, commercent avec les Blancs et conservent encore une grande partie de leurs terres.

Dans cette nature sauvage composée de grandes prairies, de montagnes et de forêts, tous les destins convergent vers une ville naissante. Celui d’Eau-qui-court-sur-la-plaine, une indienne dont tout le clan a été décimé, qui rencontre Brad, Jeff et le fils de Brad, Josh, celui de Bird Boisvert , ancien cow-boy reconverti dans l’élevage de mouton, Sally, tenancière de saloon qui n’a pas froid aux yeux et sait manier le colt aussi bien qu’un homme, de Zébulon, au passé mystérieux et tourmenté, qui transporte de mystérieuses sacoches, sans compter Elie Coulter, voleur de chevaux au caractère intrépide, et Gifford, ancien médecin repenti, n’aimant rien tant que contempler la nature sauvage et dessiner les oiseaux.

Ce western est une ode à la nature sauvage et aux grands espaces, une ode contemplative, dont Eau-qui-court-sur-la-plaine est l’élément le plus poétique : « Eau-qui-court-sur-la -plaine n’avait pas de parents, ils avaient brûlé. Eau-qui-court-sur-la -plaine n’avait pas de wigwam, il s’était déchiré. Pas de provisions, elles avaient roulé. Pas de pleurs, ils s’étaient asséchés. »

Elle est le symbole de la rencontre de ces mondes, elle n’a pas un seul peuple mais plusieurs, et veille, guérit, soigne les colons, pour finir par être respectée de tous.

Un livre et des destins auxquels on s’attache. Un bon livre. Beaucoup plus qu’un livre de genre.

Les femmes et l’écriture – Delphine de Vigan

« Qu’est ce qui donne aux mots les plus usés, aux phrases les plus convenues cette musique souterraine ? Voyez comme les écritures les plus arides, les plus sèches, nous font parfois vaciller. Lisez tout haut, écoutez le son, voyez comme certaines phrases résonnent, s’insinuent, qui n’ont rien d’extraordinaire en apparence, rien en leur syntaxe ne relève de la prouesse ou de la performance, elles n’ont rien à prouver, il suffit de les écouter. la langue surgit du corps, monsieur, qu’elle vibre, qu’elle hurle ou qu’elle murmure, qu’elle s’étire ou se resserre, elle finit toujours par se donner à voir, à entendre, à caresser. »

in « Un soir de décembre », Delphine de Vigan

Description de l'image Delphine de Vigan-Nancy 2011.jpg.

Delphine de Vigan est une romancière et réalisatrice française  née le 1er mars 1966 à Boulogne-Billancourt. Après une formation au Centre d’Etudes Littéraires et Scientifiques Appliquées, elle devient directrice d’études dans un institut de sondages. Sous le pseudonyme Lou Delvig, elle écrit son premier roman, d’inspiration autobiographique : Jours sans faim (2001), qui raconte le combat d’une jeune femme contre l’anorexie. Un recueil de nouvelles et un second roman suivent, en 2005, publiés sous son vrai nom. En Août 2007, Delphine de Vigan se distingue avec No et moi qui reçoit le Prix des libraires, le Prix du Rotary et est adapté au cinéma par Zabou Breitman. Dans Les heures souterraines, publié l’année suivante et nominé au Goncourt, elle dénonce le harcèlement moral dans le monde du travail. En 2011, parait Rien ne s’oppose à la nuit, lui aussi en lice pour le Goncourt et raconte les souffrances de sa mère atteinte de trouble bipolaire. Il obtient le Prix du roman Fnac, le Prix des lectrices de Elle, le Prix France Télévisions et le Prix Renaudot des lycéens. Cette même année, elle co-signe avec Gilles Legrand, le scénario du film,Tu seras mon fils. En 2013, Delphine de Vigan réalise son premier film, A coup sûr,  (sortie en janvier 2014), dont elle cosigne, avec Chris Esquerre, le scénario. En 2015, elle obtient le Prix Renaudot  et le Prix Goncourt des lycéens  avec son nouveau roman D’après une histoire vraie. (source Wikipédia)

Delphine de Vigan – Un soir de décembre

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Delphine de Vigan – Un soir de décembre -JC Lattès, 2005 (P1612) 195 pages

Dans ce roman, Delphine de Vigan se met dans la peau d’un homme, écrivain sur le tard, une femme et deux enfants, qui connaît un formidable succès et son revers, la dépression. Bien sûr, la crise a une origine, la lettre d’un ancien amour, qui fait tout voler en éclats, le quotidien et surtout la famille.

L’auteure explore les liens puissants entre l’écriture et le désir, les jeux trompeurs de la mémoire qui reconstruit le passé, le besoin de s’inventer et d’échapper au quotidien. Mais avant tout, selon moi, le terrible travail de l’écriture, de la création, qui peut vous laisser exsangue, parce qu’elle plonge au plus profond de vous-même, s’enracine dans l’inconscient, met à jour les failles, libère des forces qui peuvent vous terrasser. L’écriture est une aventure charnelle qui vous prend tout entier, une aventure dans tout ce qui est obscur, puissant et lumineux. On écrit avec ses entrailles, son passé, ses désirs et ses peurs. Visiblement, on n’en ressort pas indemne.  Plus fort peut-être, différent.

C’est tout l’intérêt de ce livre dans lequel j’ai eu un peu de mal à entrer. Mais comme toujours, l’auteure arrive à ferrer le lecteur, avec parfois un caillou et trois bouts de ficelle.

Les femmes et l’écriture – Tove Jansson

« Sur la table, il y avait des liasses de feuilles blanches ordonnées avec soin. Elles étaient toujours disposées ainsi, avec les stylos à côté. Les pages écrites étaient orientées vers le plateau. Si les mots ont le visage face à la table, ils peuvent se transformer au cours de la nuit. On les considère avec un regard nouveau, à la hâte, et on peut avoir une révélation subite, c’est tout à fait envisageable ».

in Tove Jansson « L’art de voyager léger et autres nouvelles, traduit du suédois par Carine Bruy
Description de cette image, également commentée ci-aprèsL’auteure en 1966
« Née d’un père sculpteur suédophone de Finlande et d’une mère illustratrice suédoise, elle étudia à la faculté d’art deStockholm et devint peintre. Lors de laSeconde Guerre mondiale , pensant aux enfants qui rêvaient de s’évader, elle inventa le pays des Moumines dont elle fit une série . Elle écrivait en suédois de Finlande.  Elle travaillait pour la presse (Ny Tid, London Evening News), avec l’aide de son frère Lars Jansson (1926-2000) pour les bandes dessinées. Elle vécut pendant la majeure partie de sa vie avec une autre artiste, plasticienne Tuulikki Pietilä.
Elle reçut en 1953 le prix Nils Holgersson  et en 1966 le grand prix international Hans Christian Andersen. Son œuvre culmine avec Papa Moumine et la mer, mélancolique méditation sur la solitude, où ses personnages de prédilection atteignent une gravité inhabituelle. En 1993, elle reçut le prix Finlande (Suomi-palkinto), prix culturel décerné par le ministère de l’Enseignement. Elle est décédée le 27 juin 2001 à l’âge de 86 ans.
 source Wikipedia

Dianne Warren évoque les personnages de son roman « Cool water »