Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (4)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Vous avez une amie noire, soit ! Devrions-nous vous décerner une médaille ? Est-il donc si difficile de nous aimer ? » Incroyable alibi, qui ferait d’un visage pâle un authentique xénophile antiraciste. Regardez, je montre patte noire mais mon âme est pure ! Dis-moi quels sont tes amis et je ne te dirai pas qui tu es.
  • « Honte à ces accueillis pas accueillants, devenus de redoutables diviseurs de la France ! Marianne porte plainte. » : Il y a parmi nous, des Français qui voudraient être plus français que d’autres, lesquels élite d’une ancienne immigration, ayant fait preuve de leur francité voudraient en interdire l’accès à ceux qu’ils jugent moins méritants qu’eux. Ils ont prévu tout un parcours d’obstacles afin de tester votre appétence à la nationalité. Qui aime bien, châtie bien.
  • « Autant qu’à vous, la France, en sa liberté, appartient aux descendants de ceux qui sont morts pour la défendre. » J’ai vu il y a deux jours, aux Actualités, que d’anciens tirailleurs sénégalais s’étaient vus octroyer la nationalité française par notre Président de la République. La nationalité n’est pas question d’opportunisme, ce n’est pas le refrain « je t’aime, je te jette ». Merci encore à tous ceux qui nous permis d’être et de rester français.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (3)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Qu’ils sachent qu’ici comme ailleurs, l’identité de toute nation, ce sont d’innombrables ruisseaux, de longueurs, de saveurs et de couleurs différentes, qui versent tous dans le même fleuve. » Voilà toute la fierté de notre littérature, ces innombrables mots qui roulent sur les galets, qui ont la saveur des contrées lointaines, qui remodèlent nos paysages intérieurs et nous permettent de repousser l’horizon. La langue se nourrit de tous ses ailleurs, de la Bretagne, du Pays basque, ou de la Réunion. De tous ces endroits dans le Monde où l’on parle le français, en le tissant de tournures particulières, et d’un vocabulaire inédit. Voir les très belles initiatives en Guadeloupe, où le français se nourrit du créole.
  • « La France est multiple, ses passions successives, ses idoles innombrables, son identité lui ressemble. » : La France au carrefour de toutes les confluences, aux couleurs de l’arc-en-ciel. De grands artistes, Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Ionesco, Tahar ben Jelloun, Milan Kundera et tant d’autres ont caressé la langue française.
  • « La France n’a aucune raison d’avoir peur, c’est son ouverture, l’amour qu’on lui porte de par le monde et la liberté qu’on y vient chercher qui la protègent, même de vous. » La France, terre d’accueil, s’est enrichie de tous ceux qui ont foulé son sol et s’y sont installé. Nombreux sont nos hommes et femmes politiques qui viennent d’ailleurs, faut-il le rappeler ?

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (2)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « […]il s’agit d’agir pour, de susciter un élan. » Nous avons vraiment l’impression que cette campagne s’articule contre, contre les étrangers, contre l’Europe, contre … contre… les fraises pas assez sucrées, le vent un peu trop frais, le café amer, contre…
  • « Parce que le savoir ôte de la force à la haine, l’éducation reste le meilleur antidote face aux menaces qui guettent la société. » : Oui, bien sûr, mais les SS étaient parfaitement éduqués et retrouvaient leurs familles le soir après avoir envoyé à la mort des centaines de Juifs. Certains cadres de partis qui prônent la haine et le repli ont usé leurs culottes sur le banc des grandes écoles ou des universités.  Et dans nos classes, certains esprits semblent imperméables aux discours humanistes, occupés la plupart du temps à vouloir en découdre avec le voisin ! La haine aussi se transmet, ailleurs que sur les bancs de l’école (enfin depuis on a mis des chaises).
  • « Pour communiquer avec Marianne, j’ai invité mes pangôls, esprits de mes ancêtres ceddos, voici mes masques animistes, mes calebasses de mil, mes jarres de lait caillés destinées aux libations, mes danses endiablées, mes polyphonies, ma musique composite, ma plume de pélican, mon encre mauve d’errance, ma franco-sénégalaise langue aux sept accents et même cette grosse fraise sous mon décolleté. » Et nous sommes heureux de ces merveilleux cadeaux que tu nous apportes, et je les contemple émerveillée, je ne me lasse pas de tes trésors et de cette langue aux sept accents qui nous emporte et nous ravit. La beauté de cette langue, la force de ton art (Excuse-moi je te tutoie, mais nous sommes compagnonnes de lutte, cela crée forcément une intimité), devrait contraindre à l’humilité tous ceux qui ne possède pas plus de quatre ou cinq mots à leur vocabulaire, tellement leurs idées sont rases, au niveau de leur gazon (s’ils en ont un). Parfois dans ma classe, parmi toutes ces têtes (dont très peu sont blondes), je surprends une future Fatou faire un clin d’oeil au destin.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Dernières nouvelles du cosmos

Babouillec – Poétesse du silence

Le voyage « intersidérant » de Babouillec, Les Echos Week-end

Etre autiste

Concept ordinaire de l’autocritique

 

Les ordres bousculent l’initiative itinérante. Tu es en chemin

D’exécution d’un acte dicté par la raison

Quelqu’un t’interpelle,

Otage de ton silence, tu perds la Raison de ton Acte

 

Livré à toi-même, ordre ou désordre, seul responsable,

Tu plonges dans le plus proche état disponible,

Egarant le mode d’emploi du contrat social,

 

KO relationnel puis Big Bang émotionnel

La faute à qui tout ça ?

 

Edifiante question

Est-on responsable de nos déficiences ?

Les autres sont-ils garants de nos absences ?

« Babouillec autiste sans paroles » est Hélène Nicolas, une jeune femme autiste diagnostiquée « déficitaire à 80 % ». Elle écrit ses textes qui sont d’une très grande puissance poétique à l’aide de lettres en carton disposées sur une page blanche après vingt ans de silence où elle ne pouvait pratiquement communiquer avec personne. Elle n’a jamais été scolarisée et n’a jamais appris à lire, à écrire et à parler. Parlant d’elle-même, elle se qualifie de « lot mal calibré, ne rentrant nulle part », de « télépathe ». Elle a publié déjà plusieurs recueils de poèmes et plusieurs comédiens et metteurs en scène se sont intéressés à son oeuvre. Dans un documentaire réalisé par Julie Bertuccelli , « Dernières nouvelles du cosmos »  sorti en le 9 novembre 2016 et nommé aux césars, » on fait sa connaissance et on est souvent traversé par ses fulgurances, par celle qui « eN libre racoNteuse D’histoire – le cosmos Nourrit mes voyages » nous connecte à ses antennes subtiles.

Un de ses recueils, « Raison et Acte dans la douleur du silence » a été adapté au théâtre sous le titre « A nos étoiles », un spectacle de Pierre Meunier et Marguerite Bordat, intitulé « Forbidden di sporgersi, d’après « Algorithme éponyme », créé à Clermont-Ferrand en janvier 2015 et joué la même année au Festival d’Avignon.

Sa mère l’a accompagnée tout au long de ses découvertes, cherchant une voie, à travers l’art, dans un centre associatif ouvert aux alentours de Rennes. ce qu’elle explique très fortement dans le documentaire.

On peut aussi écouter ses textes sur http://www.franceculture.fr/emission-l-atelier-de-la-creation-fantome-d-la-langue-ou-qu-est-ce-qui-fantome-ta-langue-2015-09-02
Adapté au théâtre sous le titre « À nos étoiles », ce texte a reçu les encouragements du Centre National du Théâtre en 2010.

 

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte !

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Je ne suis pas française par le hasard d’une naissance, que nul ne doit à son mérite. » Dans ma famille, il y a tous les continents réunis par les soubresauts de l’Histoire : l’Europe, l’Afrique, l’Asie, mais il me manque toutefois l’Océanie (Sans parler de l’Antarctique »). Nous sommes tous des fervents défenseurs de Marianne et avec elle et Fatou nous portons plainte ! Je compte sur mes descendants pour réparer ces quelques oublis. Il y aura peut-être un jour une chercheuse en Antarctique !
  • « […] je suis française par choix, donc par amour, mais aussi par résistance, car le saut d’obstacles que l’on exigea de moi, huit années entières, briserait les jambes d’une jument. » J’ajouterai avec Fatou Diome que certains des miens sont nés ici pour autant il semble qu’ils n’auront jamais fini de faire leurs preuves.
  • « En revanche, je suis certaine que les grandes dames de France comme Louise Michel, Lucie Aubrac, Germaine Tillion, Louise Weiss – qui toutes combattaient les ténèbres pour la justice et la liberté – ne seraient pas restées dans leur boudoir, à juger de la finesse de leurs dentelles, en attendant qu’on démembre, saucissonne leur République de femmes d’honneur; […] Ha, et elles sont encore plus nombreuses sur ce blog, Manon Roland, Fanny Raoul, Olympe de Gouges, ici pas de doute, on peut se tenir chaud. Et moi, je te le dis, nous sommes toutes derrière toi.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Va et poste une sentinelle – Harper Lee / La fin d’une idole

Va et poste une sentinelle. Harper Lee - Decitre - 9782253068785 ...

Harper Lee, Va et poste une sentinelle Le livre de poche Editions Grasset &Fasquelle 2015 ; traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Pierrre Demarty

La publication du deuxième roman d’Harper Lee a fait l’effet d’une bombe dans le milieu de  l’édition américaine, mais aussi plus largement dans la société où « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (To kill a mocking bird), unique roman de l’auteure était devenu un roman national mettant en scène la lutte pour les droits civiques de la population noire américaine à travers le personnage d’Atticus Finch, courageux et intègre homme de loi commis d’office dans la défense d’un Noir accusé d’avoir violé une Blanche dans une petite ville d’Alabama, Maycomb, au temps de la Grande Dépression. La narratrice, Scout Finch, fille d’Atticus était confrontée à l’injustice et la violence dans une société profondément raciste. Toute l’histoire était racontée du point de vue d’un enfant.

Dans ce deuxième roman, on retrouve Jean Louise Finch une vingtaine d’années après. Elle vit désormais à New York où elle poursuit ses études et revient pour les vacances dans la ville de son enfance. Chronologiquement ce roman a lieu après « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » mais il semble avoir été écrit avant et proposé à un éditeur qui aurait conseillé certains ajustements. Une vive polémique a eu lieu au moment de la sortie du livre en 2015, après la mort de la sœur de l’auteure qui s’occupait des intérêts de Nelle Harper. Le précédent livre s’était vendu à des millions d’exemplaires et avait reçu, l’année suivant sa publication, en 1961, le prix Pullitzer avant d’être adapté au cinéma par Robert Mulligan, puis oscarisé à travers la personne de Gregory Peck.

Dans ce second opus, où l’on retrouve à peu près les mêmes personnages, le héros a pris du plomb dans l’aile, sa fille découvre qu’il lit un pamphlet raciste et qu’il siège, aux côtés de personnages nauséabonds, dans un Conseil de citoyens qui lutte pour préserver la suprématie blanche.

Que va faire notre héroïne ? Voilà tout l’intérêt de ce roman, beaucoup moins lisse que le précédent, peut-être plus plausible, où Scout Finch apparaît comme la nouvelle génération capable de faire évoluer un sud profondément traditionaliste.

A vrai dire, ce roman n’a pas les qualités techniques du premier, l’intrigue aurait gagné à être davantage resserrée et j’ai parfois été gagnée par l’ennui avant d’être franchement passionnée par le dernier tiers où l’affrontement entre le père et la fille donne tout son sel au roman.

Il est vraiment dommage que l’auteure, écrasée par son succès, n’ait pu continuer à écrire, elle aurait pu produire d’autres chef-d ’œuvres.

A lire…

Ne tirez pas…