Les réécritures de Médée (7/11)- Médée de Franca Rame et Dario Fo in « Récits de femmes et autres histoires »

Dario Fo (Prix Nobel de littérature 1997), Franca Rame, Médée in Récits de femmes et autres histoires

Vignette Les femmes et le théatreDans cette courte pièce, avec un angle de vue très féministe, le mythe de Médée est totalement déconstruit. Qu’est-ce qui est dit du statut de la femme à travers Médée ? Ce mythe a été écrit et réécrit jusqu’au XXe siècle par des hommes. Les femmes qui s’attaquent au mythe le transforment. Les quelques auteures, Sara Stridsberg, Franca Rame (Il est d’ailleurs très curieux que les réécritures soient essentiellement masculines) et Christa Wolf ont un regard très différent sur Médée, Sara Stridsberg en fait un cas psychiatrique (qui peut expliquer le meurtre), Christa Wolf en fait une guérisseuse victime des Corinthiens (elle ne tue pas ses enfants) et Franca Rame le traduit en fonction de rapports sociaux de sexe, dans le cadre d’une société patriarcale, où l’image de la femme est conditionnée par des relations de soumission et de dépendance. Médée donne à Jason la jeunesse et la beauté, et pour cela accepte de vieillir. « Car si deux êtres ne sont pas unis par l’amour VRAI, fait d’affection surtout et de respect, eh bien ! quand tu vieillis et que tu perds ton attrait sexuel, tu es bonne à jeter. » Voilà le statut de la femme : un objet sexuel dont dispose les hommes selon leur désir. Il n’est pas rare, dit-elle, de voir des hommes avec des femmes de vingt ou trente ans plus jeunes et Franca Rame, impertinente, ne résiste pas au plaisir de se moquer des risques sérieux que ces hommes encourent (infarctus etc.) Sa Médée n’est pas une Médée « sentimentale », ivre de jalousie et de colère, mais une Médée révoltée, qui s’adressant aux autres femmes, dénonce la façon dont les hommes se servent de leur maternité pour les aliéner. Elle enjoint ses congénères à tuer symboliquement, bien sûr, à travers une allégorie, leurs enfants. On sait que le féminisme des années 70 a beaucoup fait pour la contraception des femmes, et leur libération du poids des grossesses à répétition qui les enchaînaient au foyer, et les épuisaient physiquement et psychiquement. Il n’y a pas de doute, la Médée décrite par les femmes, ne tue pas ses enfants par amour. L’amour n’est pas toute sa vie ; elle est un être autonome dont les intérêts sont multiples et dont les objets d’attachement ne se limitent pas à un seul homme. Le mythe n’en a pas fini de grandir, nous pouvons en être sûrs…. Texte jubilatoire bien sûr… Franca Rame, née le 18 juillet 1929 à Parabiago, dans la province de Milan en Lombardie et morte le 29 mai 2013 à Milan, est une comédienne, une femme de lettres, auteur de pièces de théâtre ainsi qu’une femme politique italienne. (source Wikipédia)

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