Collection « Nos héroïnes » chez Grasset

Cette nouvelle collection est dirigée par Caroline Fourest et Fiammetta Venner
Cette collection vise à répondre à la question : « Qu’est-ce qu’une héroïne ? »
Elle s’attache à réunir des vies de femmes dont la vie a été éclairée et bouleversée ou a pris sens à travers une cause, un combat.

La mélancolie ouvrière de Michelle Perrot
Michelle Perrot raconte l’histoire de Lucie Baud, ouvrière qui en 1905 mène la révolte dans les usines textiles de Vizille et Voiron. Elle a laissé un texte autobiographique, publié dans une revue syndicaliste et l’on sait qu’elle a fait une tentative de suicide. Michelle Perrot tente de combler les silences de son histoire.

« L’idée d’une tombe sans nom » de Sandrine Treiner « Ne venez pas. Nous nous sommes trompés ». Manya Schwartzman, jeune révolutionnaire, quitte sa terre natale, la Bessarabie, pour construire le socialisme en Union soviétique et disparaît en 1937 dans les grandes purges staliniennes après ce dernier message aux siens.
Parce que l’idée d’une tombe sans nom lui déplaît, Sandrine Treiner mène l’enquête pour arracher son héroïne à l’anonymat des fosses communes.

Le troisième et dernier titre est Noire La vie méconnue de Claudette Colvin de Tania de Montaigne.

     tania de montaigne noire

Rencontre autour de la poésie féminine

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Jeudi 30 mai de 19H00 à 21H30 aura lieu une rencontre autour de quelques-unes des auteures publiées par cette maison d’édition dont le dynamisme et les valeurs sont une belle nouvelle en cette grisaille d’un printemps qui ne veut pas venir. La poésie permet d’améliorer les conditions atmosphériques sinon extérieures du moins intérieures et le tandem Bruno Doucey/Murielle Szac fonctionne parfaitement pour nous donner des événements littéraires qui ne sont pas si fréquents. Il faut donc les encourager et les soutenir !

«  Faire entendre ces voix de femmes en poésie publiées dans cette magnifique édition Bruno Doucey, c’est ouvrir mon exploration sur les genres et les stéréotypes avec un voyage qui est promesse de joie. En matière de poésie, trois sexes ne suffisent pas. » (Elsa Solal)

La Maison des métallos et les Éditions Bruno Doucey vous convient à découvrir et à entendre quelques-unes des auteures publiées par cette maison d’édition, exclusivement consacrée à la poésie. Une poésie vivante et généreuse, qui renoue joyeusement avec l’oralité, mais aussi une poésie qui lutte et se bat. C’est ainsi que vous entendrez en arabe et en français la poétesse syrienne Maram al-Masri lire notamment son dernier recueil consacré à la révolution en Syrie Elle va nue la liberté, des extraits de Comme si dormir lus par la française Laurence Bouvet et des poèmes lus par la jeune occitane Aurélia Lassaque. Bruno Doucey et Murielle Szac feront entendre les voix de la coréenne Moon Chung-hee, de la française Jeanne Benameur, de la mauricienne Ananda Devi et de poétesses haïtiennes. Les lectures sont accompagnées par le musicien Christophe Rosenberg. »

http://www.maisondesmetallos.org/2013/03/13/voix-de-femmes-en-poesie

Elan d’elles – Collection d’Elan sud – Muriel Rossi/Les centiments

J’aimerais présenter la collection « Elan d’elles », créée par la maison d’édition Elan Sud et que je trouve particulièrement intéressante dans son projet.

Cette collection est présentée comme résolument « féminine » sans être « féministe », et rassemble des textes intimistes dans lesquelles la voix singulière d’une femme se fait entendre, révélant la difficulté qu’il y a parfois à être « Femme d’ici ou d’ailleurs dans un monde résolument masculin. »

      Son intérêt réside aussi dans le fait qu’il s’agit d’une collection, et non de l’ensemble des publications, comme le font les éditions « Des femmes » ou « Le chèvrefeuille étoilé », qui s’insère ainsi harmonieusement dans une pluralité de démarches et de voix.

 J’ai lu le premier livre de la collection, celui de Mireille Rossi, « Les centiments », « Toute petite unité de mesure à valeur fluctuante ».

Les-centiments

  L’objet « livre » est très soigné, la pagination élégante et la qualité du papier comme de l’impression assurent une lecture confortable.

J’ai lu ce livre d’une traite, en une après-midi. Il s’en émane un charme subtil, une atmosphère feutrée, une lecture à mi-voix, qui ont fait qu’une fois commencé je ne l’ai plus lâché.

On renoue ici avec une tradition liée au féminin en littérature, l’exploration de la sphère de l’intime et des sentiments qui, parce qu’elle n’est pas exclusive et ne cherche pas à être un genre où l’on cantonne l’écriture féminine, trouve sa place  et se réinvente dans notre modernité.

        Mireille Rossi pose la question de l’écriture et de la création et interroge cette nécessité  , cette urgence que ressent celui qui écrit à « contresigner ce que d’autres vivent sans en faire de copie ». Elle l’enracine dans un texte où s’organisent de nombreuses filiations, à la mère, à sa grand-mère mais aussi à l’enfant qui ne naîtra pas. Elle y établit aussi la genèse de son désir d’écrire et de raconter ce qu’elle observe et les gens qu’elle croise, qu’elle devine. Elle prouve si besoin n’était qu’il n’y a pas de création ex-nihilo, mais qu’on crée avec son propre fond au sein d’une histoire singulière dans un réseau de relations et dans un espace déterminé. Elle explore toutes ces figures dans sa relation à l’impossible amant, relation démultipliée à l’infini dans d’autres histoires où la quête est tout aussi problématique.

Si raconter c’est tisser, Mireille Rossi utilise souvent l’image des fils de soie , du cordon qui la relient de tous les endroits d’où elle vient à tous ceux où elle va au fil des saisons qui rythment le récit et le clôt également sur lui-même. Elle raconte et se raconte, se livre et se délivre dans des pages où le ton est aussi parfois celui de la confidence plus que de la confession, le ton celui du murmure, explore les failles et les blessures, les absences et les deuils qui donnent aux sentiments ce goût de cendre et de mélancolie.