Archives pour la catégorie L’écriture des femmes

Une femme en crue / Caroline Boidé- Bruno Doucey

« Je veux écrire comme la jeune fille qui se déshabille et court vers le lit de son amant. » Alejandra Pizarnik est une poétesse argentine née au sein d’une famille d’immigrants juifs d’Europe centrale (1936-1972)

Cet obscur objet du désir ou l’écriture désirante.- Marie-Pierre Cattino (3/3)

L’écriture et le désir en 3 épisodes, écrit par Marie-Pierre Cattino que je remercie pour cette belle participation au printemps du désir et de la poésie.

Le désir (au) féminin n’est pas toujours là où on l’attend. Ce sont rarement les mains qui tremblent, mais plutôt le son autour du corps, qui va et vient, s’en échappe, – ce qui entoure la peau – et met un trouble. On ferme les yeux. Il disparaît. On les ouvre. On se demande si c’est réel, si ce qu’on a entendu est vrai ou faux. Si le désir se mélange avec l’amour d’un corps. Si c’est en ce moment que tout se joue, ou seulement si c’est la mort d’une relation. Si le désir tue le reste, tue les habitudes, tue les comportements vulgaires, primaires. Au contraire, si l’amour rend le désir bien plus sage et conventionnel. Trop peut-être.

On entend : «Ca va ? C’était bien ? » On a envie de mourir. Tous les mots sont de trop. Alors dans l’écriture, il faut aller ailleurs, fouiller plus loin dans un revers de la mémoire. Mais rien ne vient car tout est nouveau, toutes les fois. On revient à soi. On a besoin de silence, de cet écart entre temps et rupture. On ne sait pas trop où l’on se trouve. On sait que c’est imminent. On revient à soi, on croit revenir à soi. On n’en revient rarement.

« L’amant » s’est dissipé dans la brume. C’était il y a longtemps, très longtemps. Le premier amour est mort. Mais son désir est entier et Duras le tient fort entre ses doigts sans lâcher, elle l’écrit. L’amant chinois est mort. Mais le désir (au) féminin triomphe.

Merci à Marie-Pierre pour ce texte magnifique, Litterama

Illustration : Marie-Pierre Cattino « sans titre », 2021 encre de Chine noire, sur papier, au dos: datée signée. 

Malgré la tourmente économique dans laquelle se trouve les éditions Koïnè, due au contexte actuel, plusieurs livres doivent voir le jour :

  • Le frère de Léa, Marie-Pierre Cattino et Christian Bach, traduction bilingue allemand, espagnol, anglais. Article dans La revue des livres pour enfants de la BNF : L’art du bref | N° 317 – 2020. 

Qu’est devenue la sœur de Léa? À son arrivée dans son nouvel établissement scolaire, Jasmine se rapproche de Léa que les autres appellent la peste. Sur fond de harcèlement, la tension monte. Jasmine doit choisir son camp.

https://soundcloud.com/christian-bach-424632253/

  • Etat de chocs (je frappe quand je m’émeus) » *écriture en incursion avec Camille Davin, voyage au long cours dans la découverte de l’écriture de l’autre. Mise en scène de Françoua Garrigues, dramaturges, Camille Davin et Marie-Pierre Cattino.

Dans une cité urbaine contemporaine, il y sera question d’interdits, danger et jeux vidéo. Un jour des adolescents passeront à l’acte… Mélange de fiction et de théâtre documentaire.

  • Les larmes de Clytemnestre, édition Koinè, 2011, traduction en grec par Panagiota Kalogéropoulou, et Mikhaïl Valvis, 2019, bientôt aux éditions Koïnè, diffusion en Grèce.

D’autres part, j’ai entrepris des Encres noires, couleurs et techniques mixtes. 70 formats ont vu le jour, depuis le premier confinement !

Cet obscur objet du désir ou l’écriture désirante/ Marie-Pierre Cattino (2/3)

L’écriture et le désir en 3 épisodes, écrit par Marie-Pierre Cattino que je remercie pour cette belle participation au printemps du désir et de la poésie.

1er épisode !

Tout naturellement, je reviens vers Marguerite Duras. Il est tard, je ferme les yeux. Et soudain je l’entends très distinctement :

[1]« La femme, c’est le désir ».

Le désir. Sa manière de l’écrire est toujours vivace. Elle n’a jamais cessé d’être contemporaine en se nourrissant de cet instant.

 [2]« J’avais 15 ans, le visage de la jouissance et je ne connaissais pas la jouissance ».

L’expérience est dépendante du corps : « [3]C’est là dans ce petit champ de chair que tout s’est passé et que tout se passera».

Le personnage durassien ose vivre sa vie telle qu’elle l’entend et s’exprimer dans sa sexualité. Une histoire d’un crime passionnel, une histoire d’amour, de passage à l’acte.

 [4]« Toutes mes femmes […] sont envahies par le dehors, traversées, trouées de partout par le désir ».

Elles aiment comme on tue l’autre, comme on veut le posséder, irrémédiablement. Elles aiment sans accepter de plier, (comme a pu faire sa mère).

C’est de cela dont l’écriture participe, de ce désir inassouvi. Revivre les moments les plus intenses, voire les plus cruels : de la découverte à la perte.

Duras a amené, à elle, tous les personnages (féminins) de sa vie pour qu’ils vivent dans ses livres. Celle qui apparaît sans crier gare, elle la repousse, la refoule, mais si elle revient à la charge, alors, existera dans les pages noircies. Les corps se mélangeront dans une envie commune de gourmandise. Le désir sera inassouvi, celui qui, immanquablement, déteint sur les personnages féminins.

DURAS Marguerite; PORTE Michelle: - ... - Livre Rare Book

Elles sont le désir-même, une détonation de sensations, saveurs, et ressemblent à ce qu’elles ont de vrai, dans une histoire qui n’a pas commencé. Elles se faufilent dans une vie insoluble mais concrète, sont le geste d’une écriture accomplie, dans les moindres détails.

Elles sont le désir de l’inachevé et d’un départ. Une chose commencée est déjà défaite. Elles attendent l’élégance et la noirceur, alliance dans le lit de l’accomplissement.

Et puis, il y a la vague qui annonce le déferlement.

Celles qui entrent dans l’écriture de Duras, fracassent le monde. Cela se produit à des égards fortuits. Quelque chose de sourd. Un arrêt sans bruit à ce moment-là, juste dans un petit creux, d’une faille infinitésimale. Il y a rencontres et foudroiement. Il y a annonciation de quelque chose en suspens.

La douceur d’un visage, par exemple, d’une mèche de cheveu dans une lumière tamisée, une silhouette dans l’encadrement d’une porte, une trace qui s’offre à la lueur d’un port, des pas qui traversent une ville, un corps posé à table, exactement là où le rideau est un peu relevé, une image déposée, là, très sérieuse.

Ce qui arrive là est très sérieux. C’est une envie qui augmente, qu’on n’ose pas appeler de son nom. C’est un désir qu’on ne reconnaît pas tout de suite, quelque chose de surnaturel dont on a envie, besoin, par nécessités successives.

C’est simple.

Elle est là sans faillir. Là, dans une bulle qui, éclate et y laisse entrer un rire, un brouhaha de sons, se referme bien vite autour. Elle n’entend plus. Elle est seule. Elle ne s’enferme pas, s’isole dans une envie de vivre là, ou mourir, si tout venait à cesser.

C’est la force de la pesanteur d’un personnage féminin qui fait irruption dans une chambre où la lumière joue à cache-cache. C’est le geste qui fera tout. Il s’agira d’étourdissement, de capture, d’un léger engourdissement.

Les parleuses», de Marguerite Duras et Xavière Gauthier - Livres : le top  ten du ELLE - Elle
Deux légendes …

[1] Duras, Porte, 1977 : 102

[2] L’amant, Gallimard, 1984

[3] Duras, 1981 : 139

[4] Duras, Gauthier, 1974 : 232

Cet obscur objet du désir ou l’écriture désirante/ Marie-Pierre Cattino (1/3)

L’écriture et le désir en 3 épisodes, écrit par Marie-Pierre Cattino que je remercie pour cette belle participation au printemps du désir et de la poésie.


Ce qui me vient d’emblée, c’est l’expression, « ce pâle objet du désir », tirée du roman de Pierre Louÿs, que Buñuel et Carrière ont métamorphosé à l’occasion de leur adaptation au cinéma. De pâle à obscur, cette mécanique amoureuse est érodée car parle du côté de l’homme, pas de la femme. Tentations et tentatives répétées d’un amour non accompli. Le personnage féminin, la belle Conchita, promet à l’homme sans jamais le satisfaire. « La femme et le pantin », de Pierre Louÿs, est devenu : « Cet obscur objet du désir », cet insoumis. Cela se passait en 1977, à l’heure où l’amour se consommait encore.
Là où aujourd’hui le sens de la culpabilité n’est plus fondé sur l’interdit, mais sur l’injonction à jouir, là où il y aurait ratage si l’on ne parvenait pas à posséder l’autre, le désir ne serait-il alors plus que le pâle reflet de ce que l’autre veut bien nous concéder ? La part de l’inconnu reste entière. La psychanalyse nous demande de nous dévoiler, de nous mettre à nues, de nous raconter allongées sur un divan, mais malgré la parole déliée, le désir reste à l’aune de ce quelque chose parfois inavoué. Nous ne sommes pas dans l’acte mais au cœur même de la pensée.
Mais qu’en est-il du désir d’écriture ou de l’écriture désirante ? Ecrire, se retirer, un temps, du monde, comment, dès lors, le désir peut-il advenir dans la solitude ? L’écriture où l’on y cherche l’infiniment désirable. Est-ce entre désir et frustration que s’ébranle quelque chose ? L’insensé est en train de se jouer là.


Tout naturellement, je reviens vers Marguerite Duras. Il est tard, je ferme les yeux. Et soudain je l’entends très distinctement :
« La femme, c’est le désir ».
Le désir. Sa manière de l’écrire est toujours vivace. Elle n’a jamais cessé d’être contemporaine en se nourrissant de cet instant.
« J’avais 15 ans, le visage de la jouissance et je ne connaissais pas la jouissance ».
L’expérience est dépendante du corps : « C’est là dans ce petit champ de chair que tout s’est passé et que tout se passera».
Le personnage durassien ose vivre sa vie telle qu’elle l’entend et s’exprimer dans sa sexualité. Une histoire d’un crime passionnel, une histoire d’amour, de passage à l’acte.

à suivre…

Elsa mon amour…

Arrêter la vie pour qu’elle ne s’échappe pas, Milena Agus

https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-culture/milena-agus

J’écris tout le temps, oui tout le temps, j’ai un cahier dans mon sac, j’écris aux arrêts de bus, et surtout j’écris le matin, très tôt, parce que je me réveille très tôt, même à quatre heures du matin, et en fait je remets ensemble tous les morceaux que j’ai écrits. in France Culture

Un Texte Une Femme : « Pleins feux sur les autrices » !

« Recevez chaque jour un texte écrit par une femme, qui parle des femmes ! De la romancière à la salonnière, de la physicienne à la journaliste, redécouvrez la condition féminine dans tous ses états. »

Voici la présentation de cette merveilleuse application créée par Sarah Sauquet, et Dominique Sauquet, Fondatrice d’It’s Sauquet.com, Directrice technique des applications.

Chaque jour donc, vous pouvez découvrir un article et un extrait d’une oeuvre écrite par une autrice dont l’oeuvre est dans le domaine public.

Je me suis abonnée à cette application dont le coût est extrêmement modique et j’ai pu découvrir ou re-découvrir les textes d’Edith Wharton, Madeleine Pelletier, Aline de Valette.

Chaque texte est resitué dans l’oeuvre, l’oeuvre dans son contexte, et dans l’Histoire, accompagné d’une notice biographique. Leur particularité est d’évoquer tous les sujets qui ont un lien avec les femmes, ainsi Madeleine Brès, première femme docteure en médecine évoque l’allaitement et l’intérêt du biberon, ou Madeleine Pelletier, première femme diplômée en psychiatrie, le célibat, le manque de liberté accordé aux jeunes filles, ou les agences d’avortement.

Un vrai coup de cœur !

les conférences de l’Université permanente – Une année de littérature écrite par les femmes.

Une programme Universite permanente 2019-2010

Tous les mardis soirs, L’Université permanente  propose des conférences en collaboration avec la Maison Elsa Triolet – Aragon

l’Espace Niemeyer, Place du Colonel Fabien, 6 avenue Mathurin Moreau (métro : arrêt Colonel Fabien)

10 DÉCEMBRE 2019 : Violette Leduc
Avec : René de Ceccatyécrivain

14 JANVIER 2020 Mme de La Fayette et les femmes de la littérature baroque
Avec : Marine Roussillonmaîtresse de conférences de Littérature française université Artois

11 FÉVRIER 2020 : Marguerite Yourcenar
Avec : Josyane Savigneaujournaliste littéraire, auteure

10 MARS 2020  et 14 AVRIL 2020 : non communiqué.

12 MAI 2020 : George Sand
Avec : Judith Lyon-CaenMaîtresse de conférence à l’EHESS, directrice adjointe du CRH, spécialiste des usages sociaux de la littérature dans la France du XIXe siècle

Lire les Femmes de lettres – Camille Aubaud

Lire les femmes de lettres: Camille Aubaud

« A travers ce parcours chronologique en six chapitres, des origines de la littérature française à nos jours, complété par une anthologie de textes, Camille Aubaud démontre que les femmes de lettres ont eu du mal à échapper « à une imagerie sur les femmes ». Cette imagerie discriminatoire « a à la fois bridé et encouragé » leur écriture : elles se révoltent de siècle en siècle contre les conditions de vie qui leur sont faites, contre les lois et les moeurs qui leur imposent soumission et effacement, mais leurs oeuvres sont immédiatement enfermées dans des stéréotypes, classées au rayon des accessoires féminins, déconsidérées. »

Gasiglia-Laster Danièle. Camille Aubaud, Lire les femmes de lettres. In: Romantisme, 1994, n°85. Pouvoirs, puissances : qu’en pensents les femmes? pp. 110-111; https://www.persee.fr/doc/roman_0048-8593_1994_num_24_85_6243

 

Vendredi 8 mars 19H30-21H00, Médiathèque de Poissy (Yvelines) « Y a-t-il une écriture féminine ? »

J’aurai le plaisir de participer à cette soirée…

Cachées par la forêt : 138 femmes de lettres oubliées – Eric Dussert

Cachées par la forêt sur France Culture

Une émission a eu lieu aujourd’hui à 15H sur France Culture, « Ces femmes qui écrivent », Avec : Eric Dussert, critique littéraire et essayiste, auteur de Cachées par la forêt : 138 femmes de lettres oubliées (Table ronde, 2018) et Frédéric Maget, président de la Société des amis de Colette et directeur du Festival international des écrits de femmes. Elle est disponible en podcast.

Une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Une chercheuse espagnole s’est vu attribuer une bourse de 1,5 million d’euros de la part de l’Union européenne pour retrouver les textes écrits par des femmes en Europe entre 1500 et 1780.

Nous le défendons ici à Litterama depuis plus de dix ans maintenant, de nombreux chercheurs travaillent dans l’ombre, avec assez peu d’échos auprès du grand public, et les bénéfices de tant de travail et d’acharnement se font enfin sentir : jugez plutôt, une bourse de 1,5 millions d’euros pour retrouver les textes de femmes en Europe entre 1500 et 1780 !

Quelle satisfaction, quelle joie !

De nombreux textes de femmes ont été perdus tout au long de l’Histoire, victimes de la dévalorisation systématique du féminin. Et si quelques jeunes hommes aujourd’hui, comme l’indiquait la chronique précédente,  cherchent cette part en eux, tant l’éducation les a obligés à la refouler, je ne suis pas vraiment surprise. Le monde change !

Carme Font – docteure en philologie anglaise de l’Université autonome de Barcelone sera responsable de ces recherches, (selon El Pais et The Guardian) . Elle a 5 ans pour parcourir toutes les bibliothèques, archives et collections privées, afin de trouver et recenser les lettres, poèmes et pensées philosophiques rédigés par des femmes entre 1500 et 1780 afin de les faire connaître au grand public. ( source Figaro-Madame)

Merci à mon amie Karine d’avoir repéré pour moi cette information.

Le débat est rouvert : existe-t-il une écriture féminine ? Dialogue avec Nathalie Léger- Cresson

L’autrice Nathalie Léger- Cresson a publié sur le blog un commentaire que je trouve éminemment intéressant, j’aimerais le mettre en avant afin que vous réagissiez à son propos.

Qui est Nathalie Léger-Cresson ?

Nathalie Léger-Cresson est née à Paris. Quatre ans au Mexique pour son doctorat en biologie l’orientent vers l’écriture. Elle publie d’abord pour la jeunesse. Auteure d’une pièce de théâtre et de fictions radiophoniques pour France Culture, elle anime des ateliers d’écriture, notamment à l’École de la deuxième chance de Seine- Saint-Denis. Ses trois derniers livres Encore et Angkor (2012 ), Hélice à deux(2014) et À vous qui avant nous vivez (2018) ont été publiés aux éditions des femmes-Antoinette Fouque.

« Auteure de trois fictions éditées aux Editions des Femmes-Antoinette Fouque, cette question m’intéresse. Il me semble que certaines écritures -pas toutes!- sont sexuées, au-delà du propos de l’auteur. Une vision du monde mais aussi une langue peuvent être imprégnées d’une sensualité plus typique de l’un ou l’autre sexe. Cas de Virginia Woolf ou de Pascal Quignard, par exemple. Nous sommes tous pourvus des deux aspects féminin et masculin de la libido. Un auteur peut donc fort bien écrire à partir de l’aspect qui n’est pas le plus associé à son sexe ou jouer des deux, (ou d’aucune libido si il ou elle écrit « d’ailleurs »). Mais il existe des écritures féminines, comme il existe des écritures masculines (question subsidiaire qui n’est jamais posée). Et elles correspondent quand même souvent au sexe de leur auteur… »

Quelques questions se posent : comment caractériser une écriture féminine ? Par ses thèmes, par son style, par l’utilisation d’une syntaxe, d’un champ lexical ? Par l’écriture du corps, mais de quelle manière ?  Nous avons tous cinq identités sexuelles : chromosomique, anatomique, 
hormonale, sociale et psychologique. A quelle identité se référer ?  Le débat reste ouvert, qu’en pensez-vous ?

Encore et Angkor Résultat de recherche d'images pour "Hélice à deux livre"Résultat de recherche d'images pour "a vous qui avant nous vivez"

Deux blogs, tenus par des hommes, traitent uniquement du féminin,

mon presque homonyme ,  femmesdelettres.wordpress.com  et  Il était une fois…le féminin

Marie-Pierre Cattino – « Ecrire »

Photographie  (copyright Sarah Meunier)

Marie-Pierre Cattino a accepté de livrer, pour Litterama, sa conception de l’écriture théâtrale.

ECRIRE…

« Il y a cette préférence chez moi pour un travail vecteur d’images. Mes textes sont une tentative d’approcher des personnages plongés dans un monde nouveau. Ce que je veux dire, c’est que je m’immerge dans un univers et regarde ce qui s’y passe quand les éléments bougent. Parfois, ils se défendent… Je travaille un texte jusqu’à ce qu’il ressemble à ce que je perçois de lui. Me mettre à table, pour comprendre ce qui se trame à l’intérieur, n’est pas un vain mot mais un choix, des lignes, des pistes pour obtenir ce qui ressemble à ce que je voudrais y mettre, tout en laissant une place au comédien et à l’imaginaire du lecteur. Je crois aussi que cette conscience poussée à l’extrême est usante et réjouissante et à la fois, me permet d’écrire de nouveaux textes. C’est difficile de transmettre le sens de son objet, car je ne suis ni sculpteur ni orfèvre, ne prends aucune matière brute en devenir. Je crée du sens avec du vide. J’aime tellement le vide et le plein. Ils sont faits pour cela les mots, mettre une matière à l’épreuve. Mais je le répète, pas comme un art en devenir mais plutôt comme une issue en phase avec son temps. On crée de la modernité incessante. L’écriture, serait alors mettre en bouche une langue formée de trous, d’aspérités, de silences, d’étonnement. Et le théâtre auquel j’aspire, (donner vie) use de la gomme. Il y a DES écritures, je le sais fort bien. Toutes et tous cherchons à y voir plus clair. Sans doute, est-ce pour cela qu’on écrit. Je me dis, parfois, qu’aller dans ce sens ne sera pas intéressant pour le texte, alors je m’efforce d’aller dans le sens où les personnages seraient à leur aise, c’est-à-dire, connivence entre sens et conflit. Mettre en jeu, en avançant un thème, un sujet, des personnages, ensemble, peu à peu, en faire un tout, une fin ouverte. Ce n’est pas si simple, on parle assez rarement des textes qui ont résisté, qui ne s’offrent pas facilement à l’auteur…« 

Les femmes et la littérature :Virginie Despentes – Le rôle de l’écrivain

Les femmes et la littérature : Maï-Do Hamisultane

Maï-Do Hamisultane — Wikipédia

« J’écris depuis toujours, depuis ma petite enfance, à l’époque où j’habitais à Casablanca. Jean-Pierre Koffel qui était le meilleur ami de ma grand-mère et qui a d’ailleurs eu le prix Atlas en 1995 pour Nous l’appellerons Mehdi, me gardait quand j’étais petite. Il me demandait souvent, à l’âge de 5 ans, pour rire, ce que je voulais faire dans la vie. Je répondais toujours : écrivain. Il m’initia dès l’âge de six ans à l’écriture en me donnant une feuille et un stylo et en me demandant d’écrire quelque chose sur le chien de la maison, Snoopy. Avant La Blanche, dont j’ai entamé l’écriture à dix-sept ans, j’avais écrit un autre roman que je n’ai jamais publié. A quatorze ans, j’ai écrit des poèmes qui sont parus dans le quotidien marocain Al Bayane.

Pour moi, écrire est une nécessité, une nature, plus qu’une passion. Le théâtre est une passion, mais l’écriture est plus que cela, elle m’est aussi nécessaire que l’air que je respire. »

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