Zora Neale Hurston

Author Zora Neale Hurston

Grâce à CultURIEUSE, je me suis procuré enfin « Une femme noire » de Zora Neale Hurston. Née en janvier 1901, dans une petite ville du Sud, elle est considérée par de nombreuses femmes de lettres afro-américaines, Toni Morrison, Paule Marshall et Alice Walker entre autres, comme l’initiatrice, celle par qui tout a été rendu possible. Première femme noire anthropologue, elle a participé au mouvement « Harlem renaissance » qui a initié un renouveau de la littérature et de l’art. La littérature écrite par les femmes noires a un intérêt particulier : elle permet de redéfinir la culture propre en dehors des critères des « Blancs » dominants dans un monde régi par les lois ségrégationnistes, mais aussi de s’élever contre l’oppression masculine. Ces femmes ont une singulière énergie car elles se battent sur plusieurs fronts à la fois. Elle puise dans la littérature orale, et célèbre une culture populaire sans s’appesantir  sur l’amertume de la communauté noire face à l’exclusion et à la violence. Elle utilise l’écriture phonétique pour rendre le rythme particulier du « black speech », et volontiers lyrique, s’appuie sur les dialectes du sud riches d’une grande variété de nuances entre le parler des villes, le patois des campagnes et le jargon des ouvriers.

« Une femme noire » est considéré comme le premier véritable roman féministe de la littérature afro-américaine. Il exalte « la richesse et l’authenticité des traditions noires » et symbolise « la descente en soi-même », selon Françoise Brodsky. Elle poursuit ses études grâce à une bourse pour Barnard College et devient la première Noire anthropologue. Elle célèbre dans ses écrits la beauté noire du « Black American », influencée par le blues, les contes populaires et les negro spirituals.

Elle étudie, à partir de 1927, le folklore des Noirs du Sud et un an plus tard, part à la Nouvelle Orléans, essaie de pénétrer les arcanes de la culture vaudou en étant initiée elle-même. Suite à ces différents travaux, elle publie « Mules and Men », un recueil de folklore. Puis ce sera un premier roman inspiré de la vie de ses parents, « Jonah’s Gourd Vine ». Ce n’est qu’en 1936, alors qu’elle se rend à la Jamaïque et Haïti pour enquêter à nouveau sur le vaudou, qu’elle rédigera « Une femme noire ».

Quelques années plus tard, en 1942, elle publie son autobiographie « Dust tracks on a road. « . Fait marquant, elle publiera en 1959, « Seraph on the Sunwanee », qui pour la première fois met en scène des personnages blancs.

Elle mourra  des suites d’une attaque en janvier 1960. En 1972, Alice Walker (la couleur pourpre) lui rendra hommage en faisant poser une pierre tombale à l’endroit supposé de sa tombe.

Zora Neal Hurston: An Introduction to the Supreme – Literary Others ...

Source : informations données par Françoise Brodsky dans sa préface.

A quiet passion -Emily Dickinson – You’re alone in your rebellion, Mrs Dickinson… /sortie le 036 mai 2017

Lorraine Hansberry – première femme afro-américaine dont la pièce a été jouée à Broadway

Lorraine Hansberry, que j’ai découverte lors du documentaire consacré à James Baldwin sur Arte (magnifique !) est la première femme noire américaine dont la pièce ( A raisin in the sun) en 1959 a été jouée à Brodway.

« Raisin in the Sun de Lorraine Hansbury, prend son titre du célèbre poème de Langston Hughes « A Dream Deferred », dont le thème fait écho dans toute la pièce. Dans un petit appartement à Chicago dans les années 1950, les membres de la famille Younger, une famille afro-américaine, ont chacun de grands rêves de quoi faire avec l’argent d’assurance-vie qu’ils vont recevoir du passage de Big Walter. Pour certains membres de la famille, leurs rêves ont été reportés, «différés», pendant des années; Pour d’autres, il ya des obstacles qu’ils doivent surmonter pour poursuivre leurs rêves. »a consulter, source

Les femmes et la littérature : Luvsandorj Ulziitugs / Mongolie

Le métier d’écrivain est  « ce métier magique qui permet de discerner les différentes odeurs de la parole »

Cité in « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

Elle est née dans la ville de Darkhan en Mongolie. Elle a débuté sa carrière au journal officiel Ardii Erkh et au magazine Uchigdur. Elle a également des fonctions d’éditrice et dirige de nombreuses publications, et d’oeuvres littéraires,  artistiques et de culture générale. Elle est le poète de la nouvelle génération, et est l’auteure d’une dizaine de livres de poésie et de prose, parmi lesquels « Images restées sur les lunettes », « Contes citadins » et « Limite du visible dont sont extraites les nouvelles de « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

source : Préface de « Aquarium, Nouvelles de la Mongolie d’aujourd’hui »

Fiona Kidman – Fille de l’air / Nouvelle-Zélande

 

Fiona Kidman, Fille de l’air (The infinite air), 2013,  roman traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Dominique Goy-Blanquet, Sabine Wespieser éditeur, 2017

La néo-zélandaise Fiona Kidman excelle à brosser des portraits, et à saisir les basculements d’un destin. Ce talent ne se démentit pas dans ce dernier livre traduit en français. Et même si vous n’avez aucun goût pour l’aviation, vous serez emporté vous aussi par le souffle épique de ce roman.

Le roman est basé sur un personnage réel, Jean Batten, surnommée la « Garbo des airs », aviatrice mondialement célèbre dans les années 1930, née au nord de la Nouvelle-Zélande dans une famille de dentiste. Peut-être la photo d’aviateur accrochée par sa mère au-dessus de son lit, a-t-elle présidé à sa vocation, nul ne le saura jamais, toujours est-il qu’elle mènera un combat acharné contre la misogynie ambiante, afin de pourvoir voler, même si la voie a déjà été ouverte par quelques pionnières.

Inutile de rappeler le danger que représentait les vols en avion à l’époque, fragiles esquifs soumis aux tempêtes, aux orages, et à la technologie balbutiante comparée à celle des avions d’aujourd’hui. Les défis se soldent souvent par un crash et la mort des pilotes ; il faut donc beaucoup de courage et de sang-froid pour s’aventurer dans les airs et Jean Batten n’en manque pas.

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Si elle se révélera douée pour la conduite des avions, elle l’est aussi pour la danse et pour la musique. Et c’est sous prétexte d’étudier la musique, qu’elle partira pour Londres, s’inscrira à des cours de pilotage, à l’insu de son père, qui ne voit pas d’un très bon œil le goût de Jean pour ce sport masculin. D’ailleurs on peut dire que ces premières femmes aviatrices, et surtout Jean Batten, ne négligeront pas toujours le glamour de leurs tenues de pilotage.

Elle s’attellera à plusieurs records, notamment entre l’Angleterre et l’Australie, et pour finir survolera la mer de tasman.

L’habileté de Fiona Kidman à saisir les multiples facettes de la personnalité de son héroïne, ses doutes, ses contradictions, ses succès et ses échecs font tout l’intérêt de ce passionnant portrait de femme.

Fiona Kidman, née en 1940, vit à Wellington. Ecrivain de tout premier plan, elle est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont plusieurs déjà parus en français chez le même éditeur : rescapée (roman, 2006), gare au feu, (nouvelles, 2012), et le Livre des secrets (roman, 2014)

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Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (8 et dernière)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Qu’on les reconnaisse d’abord concitoyens; leur fierté retrouvée, ils surprendront par leur entrain et leur joie d’être enfin respectés chez eux et non tolérés. » Je crois qu’on ne parle pas assez de ce besoin de reconnaissance et de la frustration et de la rancune que peuvent provoquer l’injustice et le rejet. Je pense qu’il est important de développer le sentiment d’appartenance des citoyens qui composent une nation. Ils ont besoin de se sentir soudés et cela n’est possible que grâce à la reconnaissance dont chacun a besoin pour se sentir intégré dans une société.
  • « A défaut de changer le pinceau du bon Dieu, que les critiques admettent ses toiles ! » : Que chaque Homme soit une oeuvre d’art, qu’il s’affine à la pointe de lui-même. Et que chaque être humain puisse contempler l’autre avec des yeux émerveillés. Si l’on prend garde, si on prend le temps surtout, on peut découvrir chez l’autre des trésors qu’on ignorait.
  • « Vos papiers ! Encore, nos papiers ! Toujours nos papiers ! Dans la rue, dans les trains, à travers les wagons, entre les travées, nous repérant parmi tous comme si nous clignotions, ils réclament toujours nos seuls papiers ! » Je comprends l’exaspération et la colère de Fatou Diome. Je trouve terrible qu’elle appréhende ses voyages par crainte de se faire contrôler. L’actualité la plus récente a montré combien nous sommes exposés à la violence aveugle de l’extrémisme, et cette période particulièrement tendue est forcément dangereuse car elle peut conduire à tous les amalgames et aussi à une forme d’aveuglement. A nous tous de faire attention. Notre destin repose entre nos mains… pour une grande part.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Et pour pouvoir continuer à battre la campagne, je vous propose de lire le livre de Fatou Diome.

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (7)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Il est temps de cesser de lier systématiquement la nationalité aux origines ethniques et culturelles. »Oui, le peuplement de cette France, au carrefour de l’Europe, s’est fait grâce aux migrations successives. Nous nous amusons souvent mes élèves et moi, à prendre tous les noms de la classe, afin d’entendre à travers eux les grands voyages des ancêtres. Je leur dis  : « Soyez fiers de ce pays si riche de ses habitants, de son infinie variété, de ses possibilités infinies, et de tous ces apports si précieux. » Est-ce cela être patriote ?  Une remarque d’un élève : « Déjà les Francs, ils venaient de l’Est, et si jamais les gallo-romains avaient voulu les renvoyer chez eux, on serait mal. » Tout à fait d’accord, ce serait une autre Histoire.
  • « A cette époque de mondialisation, l’apparence ne suffit plus pour présager de l’origine géographique, encore moins de la nationalité. » : On met toujours les blonds au nord, les bruns au sud, les roux outre-manche et que sais-je encore. Ce n’est pas toujours malintentionné mais cela peut être casse-pied. Ce soupçon de l’ a-priori tu n’es pas d’ici mais d’ailleurs empoisonne notre vie sociale. Il faut toujours réitérer, confirmer, valider. On peut avoir l’impression de passer éternellement un examen déjà réussi. Pour ceux qui ont osé le mélange, le soupçon se porte sur la filiation même. Grande douleur parfois pour les métis, difficulté à construire son identité, quand on remet régulièrement en cause celle de tes géniteurs. « Mais enfin, elle ne PEUT PAS être ta mère ! ». Et toi qui as couvé jalousement cette perle en ton sein, qui a parfumé ton liquide amniotique des mille saveurs de l’amour, ton sang fait moins d’un tour et …
  • « L’anonymat chromatique, pour sûr, réduirait drastiquement le taux du chômage et relèverait le moral des victimes du tri sélectif. » On critique souvent les fonctionnaires, mais au moins pour une partie des examens et concours, l’anonymat garantit l’égalité. Oui, il faudra s’atteler à ce problème, qui n’est pas le moindre. Je me souviens, lorsque j’étais enfant, dans ma province lointaine, le grand jeu consistait à regarder les plaques d’immatriculation. Dans le chauvinisme ambiant, il ne faisait pas bon venir de Paris. Le racisme est un bon cran au-dessus et il fait des ravages. Il renvoie une image dévaluée de soi, exclut et met en sommeil les richesses humaines de ce pays.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio