Festival international de la BD d’Angoulême 2015. Y sont-elles ?

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Barbara Yelin et Peer Meter- L’empoisonneuse / Les femmes et la BD

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L’Empoisonneuse ” par Barbara Yelin et Peer Meter Éditions Actes Sud – l’AN 2

vignette Les femmes et la B.DUn immense coup de cœur pour ce roman graphique aux illustrations magnifiquement ciselées de noir, de blanc dans lequel chantent toutes les nuances de gris, au fusain ( ?), au crayon, une merveille !

Il est réalisé par une femme, genre très minoritaire dans la Bande dessinée (Thierry Groensteen , le responsable du label l’An 2 chez Actes Sud est aussi un des jurys du prix Artémisia, et milite pour la promotion de la bande dessinée féminine). La promotion des œuvres de femmes n’est pas seulement l’affaire des femmes et des hommes de valeur, de conviction et d’engagement sont à leur côtés.

La narratrice, romancière anglaise, amie de Lou Andréas Salomé(c’est une hypothèse, ladite Lou mentionne son ami Nietzsche), venue à Brême , pour réaliser un guide de voyage sur la ville se retrouve en butte à la misogynie ambiante : elle ne peut rester dans un hôtel car elle n’est pas accompagnée, subit des critiques incessantes sur sa conduite et son projet. « Une femme n’est finalement rien d’autre qu’un degré intermédiaire entre l’enfant et l’homme, donc pas vraiment une personne, tout au plus un être immature », lâche un inconnu dans la rue. Misogynie d’autant plus vive qu’elle est alimentée par l’événement qui enfièvre toute la ville : l’exécution d’une empoisonneuse, accusée d’une quinzaine de meurtres par empoisonnement dont ses parents, ses deux maris, son fiancé et ses enfants.

A la veille de l’exécution, un mari se rengorge, satisfait : « Demain , il est clair que les femmes trembleront de tous leurs membres quand elles verront tomber la tête. »

Le destin de la romancière va se trouver mêlé à l’histoire de cette meurtrière.

Ce drame historique est basé sur une histoire vraie, celle de Gesche Margarethe Gottfried (1785-1831), surnommée « L’Ange de Brême ». Presque malgré elle, elle va enquêter sur les motivations de la meurtrière.

Peer meer qui a écrit le scénario, Brêmois d’origine s’intéresse à ces crimes depuis 1988. Il en a d’abord tiré une pièce de théâtre, puis un livre-enquête (Gesche Gottfried – Ein langes Warten auf den Tod).

Au final, un album sombre et prenant, au graphisme parfaitement maîtrisé !

Quatuor – Catel and Co

catel quatuor

vignette Les femmes et la B.DDans cet album, seul l’homme est vraiment sujet car le personnage féminin, ainsi que l’avertit le préfacier, n’est qu’une convention nécessaire au propos puisqu’il s’agit pour Catel d’illustrer et donc d’adapter quatre histoires écrites par quatre auteurs très différents : Jacques Gamblin, José-Louis Bocquet, Thierry Bellefroid et Pascal Quignard.  Catel met en scène le sentiment amoureux dans un graphisme délicat.

Ce sont quatre histoires aux tempos différents : presto, largo, scherzo et … amoroso pour un quatuor d’auteurs.

Si l’amour est une danse, c’est l’homme qui la mène, qui conduit sa partenaire, car le pire c’est d’avoir « une cavalière qui mène », « du coup, les hommes sont fragilisés. » D’ailleurs, le danseur avertit sa partenaire, « il faut qu’il y en ait un qui commande. C’est l’homme. Vous ferez ce que vous voudrez ailleurs mais dans mes bras, vous pliez ! La danse, c’est macho. Je prends une femme qui m’obéit. »

Quant à la vitesse, elle peut devenir mortelle… La passion amoureuse se vit de manière frénétique dans la pulsion infernale du désir. On n’a plus les pieds sur terre, mais le nez dans les étoiles, la conscience du danger obscurcie par la violence et l’urgence du désir. La passion donne le sentiment d’être éternels. Cependant, pour échapper au temps, l’étreinte finit par être mortelle.

Certains êtres s’entendent mieux avec les animaux qu’ils traitent avec davantage d’égards que leurs semblables. Un homme murmure à l’oreille des chevaux alors qu’il hurle après sa femme. Scherzo, une gifle part et punit l’impudente. Le murmure, lui, appelle la caresse…

L’amour se nourrit du silence des regards ; mais certains hommes préfèrent regarder le dos d’une femme, au risque de manquer l’Autre. D’un dos de papier mâché à la séduction d’une chute de reins, le mirage est le même et l’illusion tenace.

Lorsque la belle se retourne, l’homme lit dans son regard ce qu’il n’a pas osé affronter.

La dernière histoire rappelle que nous devons la terre que nous foulons à la pomme (Eris donna la pomme de la discorde, Eve tenta Adam). Mais peut-être l’histoire est-elle encore plus subtile !

Le mensonge de la femme n’est-il pas de se conformer au désir de l’homme ? Le désir de trouver une femme capable de broder la ceinture qu’il n’a su broder lui-même alors qu’il est le meilleur tailleur de la ville. Les motifs en sont si compliqués, les fils si adroitement tissés, les couleurs si variées que l’amoureuse échoue à broder la ceinture. Elle ne peut pourtant renoncer à celui qu’elle aime.

Dans sa préface, Jean-Luc Fromental écrit que l’Eternel masculin se dessine dans cet album. Il m’a peut-être malheureusement pas tout à fait tort.

Le bleu est une couleur chaude – Julie Maroh

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j'aime un peu, bc, passiontj'aime un peu, bc, passiontj'aime un peu, bc, passiont

Le bleu est une couleur chaude – Julie Maroh Glénat – 2010

Angoulême 2011 – Prix du public

Parler d'homosexualitéCette très jolie bande-dessinée  raconte l’histoire d’amour entre deux adolescentes, dont une découvre son homosexualité à travers le sentiment qu’elle éprouve pour une autre jeune femme.

Sentiment de culpabilité, écart par rapport à la « norme », sentiment d’appartenir à une minorité, difficulté d’assumer son homosexualité tout en se protégeant de la violence des autres, de ceux qui n’acceptent pas cet amour, autant de thématiques abordées par cette BD.

vignette Les femmes et la B.DUn graphisme élégant et subtil, des couleurs du bleu au gris qui nimbent cet album d’une très grande douceur, apportent un éclairage tendre et mélancolique à ce récit dont l’intrigue se déroule en France à la mort de Clémentine, l’une des deux jeunes femmes. Emma, sa compagne, accomplit les dernières volontés de son amie et se rend au domicile de ses parents pour récupérer son journal intime dans lequel elle évoque l’histoire de sa relation avec Emma, et la prise de conscience de sa « différence ».

Ce qui pour moi crée la beauté dans cet art est le dialogue entre le texte et l’image pour un même « moment » narratif, la manière dont il joue avec la complémentarité ou la redondance, ou encore les décalages, les contradictions qu’il instaure parfois entre les deux médias. J’ai trouvé le trait très expressif, il permet de lire les sentiments, les émotions des deux jeunes femmes, et les différents cadrages rythment bien la page, en donnant aux sujets un certain mystère (profils, visages tronqués ou vers les bords du cadre).

L’émotion aussi est au rendez-vous. On comprend la difficulté d’être et les multiples embûches du quotidien quand l’homosexualité assumée rencontre le mépris, les quolibets, l’exclusion alors que le seul enjeu est l’amour pour un Autre que soi. Culpabilité d’éprouver douceur, tendresse qui scinde le sujet en deux et le met dans une position intolérable.

« Je dis simplement que ce qui m’intéresse avant tout c’est que moi, celles/ceux que j’aime, et tous les autres, cessions d’être:
– insulté-e-s
– rejeté-e-s
– tabassé-e-s
– violé-e-s
– assassiné-e-s
Dans la rue, à l’école, au travail, en famille, en vacances, chez eux. En raison de nos différences. » s’insurge Julie Maroh sur son blog (que je vous invite à découvrir si vous ne l’avez pas déjà fait).

C’est vrai que le fond me fait délaisser les questions de forme ou d’expression, les quelques très rares maladresses sur le texte qui valent aussi par leur signification, un récit haletant, tenu, une certaine spontanéité et une urgence.

Palme d'Or

Palme d’Or (Photo credit: Wikipedia)

Abdelatif Kechiche l’a adaptée pour le cinéma en 2013 sous le titre La Vie d’Adèle, film qui a reçu la Palme d’or au Festival de Cannes 2013. je ne l’ai pas vu, je n’en parlerai donc pas.

Il est très intéressant de lire sur son blog l’article où elle livre ses sentiments notamment sur les scènes érotiques et l’adaptation du réalisateur.

Le plafond de verre en Bande-dessinée

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Après avoir fait mon comptage sur le site Angoulème BD, et cela m’a pris pas mal de temps, un ami (mes amis sont d’ardents défenseurs de la gente féminine) m’a parlé d’un incident lors de la cérémonie d’ouverture. Je reprends ici le communiqué publié sur internet :

vignette Les femmes et la B.D« Le Collectif d’action féministe La Barbe s’est invité à la cérémonie d’ouverture du 40ème festival international de la Bande-dessinée. 6 activistes ont fait irruption lors des festivités pour féliciter les organisateurs du festival pour leur virile régularité. Depuis la création du festival, le Grand Prix du festival a couronné 43 hommes sur 45 auteurs, le jury a été présidé 39 fois sur 40 par un homme et le Fauve d’or a été attribué à des hommes dans 88% des cas.

Avec son ironie habituelle, la Barbe s’est félicité d’une sélection qui cette année encore n’échappe pas à la règle.  Gérard, Patrick, Ludo­vic, Franck, Benoît, Jean-Luc et Jean-Claude, Stéphane, Bertrand, Olivier, Jean-Pierre et Frédéric.  Le Calife à la place du Calife, sera un autre Calife. »

J’ai donc décidé de proposer sur ce blog désormais des BD féminines, tous les mois, afin de leur donner un peu plus de visibilité. Chacun, partout, peut aider à briser le plafond de verre.

C’est pourquoi une association essaie de mettre en lumière par le prix Artemisia une bande dessinée écrite par une femme :
La lauréate du prix Artemisia 2013 est Jeanne Puchol pour son album Charonne-Bou Kadir aux éditions Tirésias.

Association Artémisia

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Un prix sur les huit décernés e à Angoulême, le prix du public Cultura :

Fauve d’Angoulême – Prix du public Cultura :

Tu mourras moins bête… T2 de Marion Montaigne (Ed. Ankama)

Toute la sélection : 40ème festival BD d’Angoulême

chez Hélène (Lecturissime)

Festival de la BD d’Angulème. Où sont les femmes ? Du 31/01/13 au 03/02/13

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Elles sont bien là !

vignette Les femmes et la B.D

Plus de 200 auteures seront sur les stands pour rencontrer leurs lecteurs. Il faut savoir que pourtant un millier d’auteurs environ (un peu plus) se cotoieront lors de ce festival, ce qui fait  un peu  moins de 20 % de  femmes auteures de bandes dessinées.

Les premières dessinatrices de bande dessinée : Kate carew et Rose O’neill

vignette Les femmes et la B.DLes premières femmes dans la BD furent  Kate Carew (1869 – 1961) qui était caricaturiste pour la presse américaine avant de s’installer en Europe. Elle a réalisé notamment une interview de Picasso.

Premères BDet Rose O’neill (1874-1944) avec la série des Kewpies

220px-Rose_O'NeillElle est surtout connue pour avoir créé une bande dessinée publiée dans le Ladies Home Journal en 1909, Kewpie, si populaire que des poupées à son effigie étaient commercialisées au début du XIXe siècle. Elle a raconté avoir eu l’idée de ce bébé malicieux en observant son frère lorsqu’elle était enfant. Elle le dessinait alors dans toutes les situations et s’en resservit plus tard pour les Kewpies. Kewpie venait de Cupidon qui prononcé en anglais faisait phonétiquement « ki-ou-pi-done ». de là est venu le diminutif de Kewpie. Et effectivement ils ressemblent véritablement à des angelots ! Mais des angelorts farceurs.

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