Le journal de Frankie Pratt – Caroline Preston

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Le journal de Frankie Pratt –Caroline Preston –NiL éditions – traduit de l’anglais par Katel Le Fur / genre : roman graphique 234 pages

Ce livre est d’abord un magnifique objet : couverture cartonnée, illustrations à la façon d’un scrapbook mêlant photos, dessins, peintures, coupures de presse, photographies d’objets et texte. Les cartes postales, articles et dessins de presse, gravures de modes, tickets de trains ou de paquebots, échantillons de tissus… Six cent pièces d’époque ont été glanées chez les antiquaires ou sur Internet pour illustrer ce livre.

Caroline Preston s’est inspirée de l’amitié qui a lié sa grand-mère à Sylvia Beach, la libraire et éditrice du Saint-Germain-des-Prés des années 1920. Sylvia Beach fut célèbre pour avoir traduit l’Ulysse de Joyce et sa librairie « Shakespeare et Cie »  était le refuge de tous les écrivains expatriés à Paris : elle gardait leur courrier et leur prêtait de l’argent..

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Frankie Pratt décide de tenir un journal. Elle a 18 ans, est une élève brillante au lycée et rêve de devenir écrivain. A 15 ans, elle est devenue une lectrice avertie; elle a lu tous les livres de la bibliothèque de son père et a acquis une solide culture littéraire. Pourquoi, à son tour, ne pas tenter l’aventure ?

            Mais d’abord des études au Vassar College , où elle deviendra rédactrice au Journal de l’Ecole, boursière parmi des jeunes filles riches qui ne sont à l’université que pour passer le temps avant de se marier, rédactrice de potins à grand tirage, puis secrétaire d’édition de James Joyce devenu presque aveugle, Frankie nous entraîne de New York à Paris. Des hommes aussi vont traverser sa vie bien que dit-elle, féministe, elle n’ait pas besoin de se marier pour s‘épanouir.

On apprend aussi des tas de choses sur l’époque : que Femmes amoureuses de DH Lawrence était interdit par la censure, que 85 % des diplômées de l’Université de la promotion de 1924 déclarent que leur ambition professionnelle est d’être épouse et mère, et bien d’autres choses sur ce qu’était être une jeune fille à l’époque.

  Un livre à découvrir, à parcourir, à toucher, à humer ( il a une belle odeur poivrée et citronnée en même temps), à lire, à caresser (le papier est d’une douceur exquise), à lire… Un livre pour illuminer des journées qui restent grises mais qui pourrait aussi parfaitement s’accorder à un magnifique coucher de soleil, ou à la lumière d’un après-midi d’été qui filtre à travers des persiennes.

  Une figure des lettres américaines, la première à recevoir le prix Pullitzer en poésie : Edna St Vincent Millay dont je parlerai plus tard.