Archives pour la catégorie Actua-Litté

Parole d’autrice : Carole Martinez

« Un roman n’est pas un mensonge, puisqu’il ne se présente pas comme la vérité, même s’il s’en donne les apparences. il peut pourtant contenir plus de réalité qu’un témoignage, permettre de toucher à l’intime, de dire ce qui ne saurait être dit autrement. »

« Dans le silence de mes cahiers, un monde a germé qui ressemble plus ou moins au nôtre, un monde fait de bric et de broc, mon héroïne s’y niche entre les lignes, et peu importe si j’use de tiges de ronces pour dire les liens profonds qui la ligotent, d’un peu de suie pour dessiner ses yeux, de morceaux de ferraille pour lui bricoler un corps. »

in « Les roses fauves », Editions Gallimard 2020

Maria Primachenko – artiste ukrainienne

Laurène Marx à Propos de « Un temps soit peu. »

Données originales téléchargées sur theatre-contemporain.net en partenariat avec La Mousson d’Été, La MEEC, Abbaye des Prémontrés, mises à jour le 10/11/2021

https://www.theatre-contemporain.net/video/Pour-un-temps-sois-peu-de-Laurene-Marx-presentation-par-l-auteure-27e-Mousson-d-ete

Interview de Lucie Depauw à Propos de Lili/Heiner intramuros

Insta ? Instapoets !

Lors de l’investiture de Joe Biden, une jeune poétesse, Amanda Gorman, a fait vibrer le monde entier avec son poème The Hill We Climb. D’autres poétesses du web ont vu le jour, sur facebook, instagram ou Tik Tok. Elles sont nées avec les réseaux sociaux et n’ont pas peur de s’en servir.

Une nouvelle génération d’autrices, de poétesses notamment, ont pu publier grâce aux réseaux sociaux. On les nomme les instapoets. La poésie, que l’on croyait désuète, semble renaître tel le phénix. Le hashtag #instapoetry connaît un réel succès et permet à de jeunes autrices de gagner des milliers de followers et, pour certaines d’entre elles, de voir leurs œuvres publiées. Rupi Kaur, jeune canadienne de 28 ans, publiée et traduite en français connaît un large succès. Elle a créé un photo-essai sur les menstruations, objet d’un tabou profond dans toutes les cultures et particulièrement dans nos sociétés, qui a déclenché de nombreuses polémiques mais aussi un engouement de la part des jeunes femmes (et des moins jeunes) qui la suivent et se reconnaissent en elle. Son engagement, son combat pour des valeurs humanistes et ses actions en faveur des femmes, en font une poétesse talentueuse, courageuse et intègre. Elle est d’ailleurs considérée comme la « papesse » des instapoets.

Des romancières, telle Cécile Coulon, qui n’imaginait pas publier de la poésie ( la poésie ne se vend pas ?) a fait connaître son œuvre poétique sur facebook. Le succès autour de ses publications lui a permis d’éditer un recueil « Les ronces » qui a reçu le prix Guillaume-Appolinaire 2018.

Certaines instapoets collaborent avec des grandes marques afin de générer des revenus à leur activité. Cet aspect commercial semble peu compatible avec la création poétique pour certains, pour d’autres il s’agit simplement de surfer sur la vague et d’être dans l’air du temps.

La poétesse Cleo Wade s’est associée à la marque G… pour la journée de la femme qui souhaitait sensibiliser les consommateurs.trices aux inégalités persistantes entre les deux sexes. On ne peut pas suspecter d’opportunisme, cette jeune femme de 31 ans, qui possède déjà une œuvre conséquente ( Heart TalkPoetic Wisdom for a Better Life ou  Where to Begin), a plusieurs centaines de milliers d’abonnés et publie des poèmes dans Teen Vogue ( If I Could Write One Million Love Poems (A Love Letter To Trans Kids) et The New York Times. Elle est aussi activiste de la Women’s prison association (source feelfree.media).

Mais depuis quand, me direz-vous, les marques et le commerce de luxe font-ils œuvre de philanthropie ? N’est-ce pas profiter d’un changement dans les mœurs pour promouvoir une image jeune et branchée, tout en assurant la visibilité de sa marque, quitte à assumer un peu de polémique ?

La poésie sort du format traditionnel de l’œuvre en papier, du recueil : elle se slame, se performe, et invente des formes originales pour se diffuser et toucher un nouveau et large public. Les Etats-Unis, grâce à la Beat Generation (magnifique exposition à Pompidou il y a quelques années) et aux poètes afro-américains sont à l’origine du « spoken word », de la dimension scénique de la poésie, slamée, mêlée au théâtre et à la danse. Elle porte aussi de nouveau messages et en s’émancipant des milieux universitaires, et des cercles fermés d’intellectuels, peut aller à la rencontre des milieux populaires, des jeunes des quartiers, en s’invitant aussi dans les prisons, où la parole, les mots et le lien participent à la réparation (Voir le poète Yves Gaudin). Elle se renouvelle et se transforme pour le meilleur et pour le pire…

Merci à Héloïse qui m’a fait connaître Rupi Kaur et a attiré mon attention sur cette nouvelle génération de poétesses.

Rencontre avec Gaëlle Josse à la médiathèque de la ville de Meulan-en-Yvelines

Mon amie Karine animera la rencontre avec Gaëlle Josse le samedi 12 juin à 15H00 à la médiathèque de la ville de Meulan. Cela promet d’être un beau moment grâce au talent de l’une et de l’autre. Si vous êtes en région parisienne, venez découvrir cette ville charmante et le très joli domaine Berson et ses beaux jardins.

Bibliothèque Multimédi@ – Domaine Berson18/20 rue de Beauvais 78250 Meulan-en-Yvelines78250 Meulan-en-Yvelines

gaelle josse

Femme de lettres, venue à la littérature par la poésie, elle viendra vous parler de son travail et présenter son dernier roman Ce matin-là, paru le 7 janvier aux éditions Noir sur Blanc.

En partenariat avec la Librairie du Pincerais.

L’eau forte – Le désir

Et ne pas oublier la revue de ce jeune éditeur talentueux, soucieux de rendre visibles les écrits féminins, dans ce magnifique et dernier numéro de la revue :

Douzième numéro de la revue L’Eau-forte, Le Désir propose une plongée dans le monde d’Éros, regroupant les participations de poètes et de romanciers au fil d’une méditations sur l’énergie et la vie. Ce numéro clôture la publication de la revue, qui signe son dernier numéro avec, au sommaire, les écrivains François Bégaudeau, Gaëlle Josse, et Iliana Holguín Teodorescu.

La revue littéraire L’Eau-forte s’associe à l’événement du Printemps des Poètes 2021, en faisant paraître son douzième et ultime numéro sur la thématique du Désir. Avec des textes de François BégaudeauGaëlle Josse, ou de la jeune écrivaine Iliana Holguín Teodorescu, la revue propose de finir en beauté, sur une tonalité qui l’a accompagnée au fil des numéros, depuis 2017 : la passion de publier des textes vifs, saillants, mêlant le patrimoine aux créations d’aujourd’hui.

Aux côté des contemporains, le sommaire de ce numéro regroupe des textes classiques de La Fontaine, Xavier de Maistre et de la poétesse Renée Vivien (1877–1909), traductrice des fragments de Sappho.

« À la frontière de la sauvagerie, et pourtant profondément mélancolique, le Désir accompagne toute âme humaine ; source d’attraction des corps, il représentait pour Wilhelm Reich (1897–1957), qui cherchait à en capter l’énergie déferlante, le signe par excellence de la vie. Un phénomène aussi fascinant que mystérieux et originaire. »

Sommaire du numéro

François Bégaudeau : Notes sur les canards sauvages.

Xavier de Maistre : Voyage autour de ma chambre.

Iliana Holguín Teodorescu : Toi·t.

Gaëlle Josse : « Je tente d’arranger mes jours… ». Poèmes inédits.

Didier Paquignon : Trois monotypes inédits.

Renée Vivien : « Atthis aux cheveux de crépuscule ». Trois poèmes d’après les Fragments de Sappho.

Karine Josse : Wilhelm Reich et la fonction de l’orgasme.

La Fontaine : Comment l’esprit vient aux filles.

image – Renée Vivien – Licence creative commons – Wikipedia

Une femme en crue / Caroline Boidé- Bruno Doucey

« Je veux écrire comme la jeune fille qui se déshabille et court vers le lit de son amant. » Alejandra Pizarnik est une poétesse argentine née au sein d’une famille d’immigrants juifs d’Europe centrale (1936-1972)

La Compagnie Home théâtre vous offre des poèmes au téléphone – A consommer sans modération

Songe à la douceur – Clémentine Beauvais/ Justine Heynemann

LE PAYS DE RIEN

NATHALIE PAPIN / BETTY HEURTEBISE / LA PETITE FABRIQUE

ARTCENA – Catherine Benhamou présente « Romance »

A l’époque de Louise de Vilmorin/ Colette Renard VS Jeanne Cherhal- Les nuits d’une demoiselle

Que de mots pour le dire ! Les connaissiez-vous ? Magnifique chanson légère… Et la version de Jeanne Cherhal à l’ère numérique tout aussi savoureuse.

Lettre dans un taxi – Archive de l’INA/ Villa Savoye

Je ne pouvais résister au plaisir de cette archive dans la Villa Savoye de Le Corbusier.

Bonne année 2021 !

Célébrer le féminin et la nouvelle année !

Il ne fallait pas moins d’un duo, un homme et une femme, pour finir cette année 2020 et célébrer la nouvelle qui s’annonce encore si difficile.

Gil Adamy inaugurera une nouvelle exposition en janvier et pour ma part je vais engager de nouveaux projets ! Nous allons donc joindre nos forces et nos voix pour vaincre le mauvais sort et ouvrir des routes nouvelles !

 Gil Adamy m’a gentiment donné carte blanche pour extraire de son œuvre, éminemment politique et poétique, ses figures de femmes sous le charme desquelles je suis tombée. J’avais écrit un très court  texte avec lequel ses figures sont entrées en résonnance dans une forme de complicité inattendue.

Gil Adamy a conceptualisé le terme d’art conversationnel : « Par le biais du tableau, je leur demande d’entrer en conversation avec leur présent et leur avenir collectif, pour répondre à cette question : Quelle société voulons nous pour demain ? C’est le concept d’une « Société à colorier ». En laissant au spectateur la responsabilité de colorier l’avenir au travers des parties en noir et blanc du tableau, je propose le concept de « l’Art conversationnel ». Avec ce dessin en noir et blanc qui reste à colorier, l’Art devient collaboratif, intègre l’autre. »

Je suis donc entrée en conversation avec son œuvre, dans sa partie la plus féminine, la plus poétique, et pour moi, dans ses aspects formels, la plus inventive.

Le plasticien a créé une forme particulièrement intéressante dans son traitement du corps féminin, qu’il met en mouvement jusqu’à le tordre tout à fait, jusqu’à faire apparaître ce qui est habituellement caché. En même temps,  il réhabilite les parties du corps de la femme, soumises au désir inavoué des Hommes parce que liées à  leur ambivalence la plus profonde.

 La beauté d’une chute de reins, l’arrondi d’une croupe, mais aussi l’anus, caché entre deux lunes, accèdent à la même dignité que la face. J’ai pensé inévitablement à Picasso, à son traitement de la figure humaine, qui permet de lire la face et le profil.

D’autre part, entre le corps et le vêtement, s’établit une connivence qui rend obsolète toute forme de hiérarchisation. Le vêtement ne cache pas un corps qui devrait être invisible au regard, mais permet de le comprendre, de le décrypter dans ses aspects les plus formels.

Le vêtement se fait chair, devient une seconde peau, qui vibre en quelque sorte, de « l’intérieur ». Les camaïeu de couleurs animent la toile et lui donnent un tempo.

D’ailleurs il me l’a dit lui-même, ses seules intentions, en sexualisant le vêtement, étaient de permettre l’arrondi, le traitement de la ligne, de l’arabesque.

                Toutes ses figures féminines portent des robes qui épousent étroitement leurs corps et permettent de lire le mouvement.

Et à les regarder ainsi, si belles, j’avais envie, moi aussi, d’être emportée par la danse.

Il y aurait encore beaucoup à dire dans cette conversation avec le peintre, conversation ininterrompue qui ne se clôt jamais sur aucune interprétation.

Je vous laisse la poursuivre, à votre tour.

Gil Adamy exposera sur un autre projet en collaboration avec François Pache à partir du mois de janvier.