A voir…Urgent…Documentaire sur Nawal al Saadawi…

« Un émouvant portrait de l’Égyptienne Nawal el Saadawi, 83 ans, écrivaine et infatigable militante pour les droits des femmes. Honnie par les intégristes religieux, elle continue à lutter pour une révolution des esprits en Égypte au lendemain des Printemps arabes.

Nawal al Saadawi a été diffusé sur Arte le mardi 7 mars 2017, 06H16. » Vous pouvez revoir ce portrait sur Arte +7 mais chose assez incroyable il est partagé ici dans son entier !

Miral Tahawy – La tente / Femmes nomades aux franges du désert

la tente

Miral Tahawy – La tente – traduit de l’arabe (Egypte) par Siham Djafer (Miral Tahawy, Le Caire, 1996) Editions Paris-Méditerranée 2001

« A mon corps… Pilier d’une tente à ciel ouvert »

vignette femmes du MondeFatim, Fatima, Fatoum…. Le destin… La petite fille, narratrice de ce livre, est une jeune bédouine promise à un destin de princesse digne de son ascendance noble. Elle est prisonnière d’une tente arrêtée en plein désert, une maison, dont les pièces distillent une cruelle insomnie, où geint la mère, qui ne peut donner de fils à son mari. Toutes femmes rivées à leur corps, qui est leur plus implacable destin. Pour celle qui se rebelle, c’est la chute… Au sens propre comme au sens figuré. Le père fuit la maison sans fils : « Une maison sans homme est, comme une oasis sans puits…C’est une terre stérile. », se lamente la grand-mère.

« Une tente peut être plantée sur un seul pieu (l’homme) et ce pieu a besoin d’une terre (femme) pour l’accueillir. »

Ce monde devenu exclusivement féminin est en train de sombrer lentement… Les mariages forcés, l’excision, nient le corps des femmes. Mais Miral Al-Tahawy raconte simplement ; elle ne dénonce pas.

Fatima dont le destin était de briller, rampe sur le sol, la tradition ne permet plus de se tenir debout dans un monde en crise où les hommes et les femmes redéfinissent leur rôle sous la pression de la modernité. L’Occident pénètre dans ce monde fermé en la personne d’Anne, blonde et pâle.

Le récit se déploie dans une langue belle, poétique et d’une très grande mélancolie. Le monde est comme suspendu entre ciel et terre et Fatima ne peut se tenir à égale distance des deux, clouée au sol. Parabole ou métaphore de la femme bédouine ? Un peu des deux. Elle construit un univers où, recluse derrière de hauts murs et un lourd portail, elle ne peut s’échapper qu’en tissant des histoires tirées de son peuple et de sa propre imagination. Une porte ouverte sur l’avenir, et le désert dont elle est privée. Car le destin de Fatima est peut-être de raconter des histoires. Mais cela sera-t-il suffisant pour la sauver, pour faire de son corps de femme « le pilier d’une tente à ciel ouvert » ?

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Mihal Al-Tahawy Miral al-Tahawy (Arabe: ميرال الطحاوي) est une auteure égyptienne de nouvelles et de romans.
Jusqu’à ce qu’elle vienne étudier au Caire, à l’âge de 26 ans, elle n’avait jamais quitté son village (Gezirat Saoud au nord- est du delta du Nil) sans un homme de la famille. Elle a évité le mariage en travaillant comme enseignante et ensuite en étudiant à l’Université du Caire sans l’autorisation de sa famille.
Elle est née en 1968 dans la tribu bédouine des Hanadi et grâce à un père libéral,  elle et sa sœur ainée qui est devenue pharmacienne par la suite, ont pu étudier malgré la réclusion traditionnelle des femmes. Ce combat pour sa liberté l’a poussée à écrire. Elle a enseigné la littérature arabe à l’Université de Giza au Caire avant de partir aux Etats-Unis. Elle a écrit l’Aubergine bleue et deux autres romans non-traduits en français mais en anglais, Gazelle Tracks (Les traces de la Gazelle)(Garnet Publishing/AUC Press, 2009) et Brooklyn Heights (les Hauts de Brooklyn) qui a eu un gros succès critique outre-Atlantique ( elle a gagné la médaille Naguib Mahfouz de littérature traduite en anglais).

Ferdaous, une voix en enfer – Nawal El Saadawi / Témoignage et littérature

Ferdaous une voix en enfer

Nawal El Saadawi, Ferdaous une voix en enfer, des femmes /Antoinette Fouque, 2007

Nawal El Saadawi est médecin en Egypte. Elle est née en 1931 près du Caire. Elle est connue dans le monde entier pour son engagement dans la lutte pour les droits et les libertés des femmes arabes. En 1972, elle est révoquée de son poste au ministère pour avoir publié Les femmes et le sexe, qui traite de sexualité, de religion et du traumatisme de l’excision– autant de sujets tabous dans le pays. Sa mère, musulmane traditionaliste, insiste pour que sa fille soit excisée à l’âge de six ans. Health est interdit et les livres de Nawal El Saadawi sont censurés. Elle est emprisonnée en 1981 pour s’être opposée à la loi du parti unique sous Anouar el-Sadate Elle a publié en janvier 2007 une pièce de théâtre en arabe intitulée Dieu démissionne à la réunion au sommet. Jugé blasphématoire par l’université islamique du Caire, ce livre a été retiré de la vente avant même l’ouverture du procès qui lui est intenté.

Après son roman La Chute de l’imam, en 1987, publié au Caire, elle a commencé à recevoir des menaces de la part de groupes fondamentalistes. En 1993, elle est jugée pour hérésie et condamnée à mort. ( source wikipédia)

En 1982, elle a reçu en France le prix de l’amitié franco-arabe pour la première édition de ce livre aux éditions Des femmes-Antoinette Fouque.

Elle a écrit une quarantaine de livres essais et fictions confondus. (Toutes ces informations ont été vérifiées et recoupées avec le site de l’auteur en anglais).

Site de l’auteur en anglais

Ferdaous une voix en enfer évoque la rencontre entre une doctoresse psychologue et une prisonnière « Ferdaous » accusée d’avoir tué un homme et condamnée à être pendue le lendemain. Ce livre est le récit de la confession de Ferdaous, et l’explication de son geste qui s’enracine bien au-delà d’elle, dans les coutumes, les interdits et la violence faite aux femmes dans son pays. Elle raconte son enfance en Haute-Egypte, dans une famille écrasée par la misère, où le père bat sa femme, mange le premier quand ses enfants ont faim et règne en despote. Il raconte l’excision aussi, ce bout ce chair et de plaisir qui s’envolent à jamais, plaisir qu’elle avait découvert dans des jeux d’enfant, et dont elle se souviendra toute sa courte vie comme d’un paradis perdu : « J’ai eu l’impression que ce plaisir existait extérieur à mon être, comme s’il avait surgi avec moi mais que, tandis que je grandissais, lui ne grandissait pas. ». Les hommes instruits ne sont guère plus cléments ; l’oncle abuse sexuellement de sa nièce et refuse de l’envoyer à l’université car il y a des hommes. Le premier homme qui l’écoute et lui apporte de l’aide n’est qu’un proxénète. Il n’y a pas d’issue. Il n’y a pas d’amour. Chacun est pris , les femmes comprises, dans les rets d’une tradition séculaire, prisonniers de structures mentales extrêmement rigides, et de lois qui contraignent les femmes. Ce sont les mères qui excisent leur fille, afin qu’elles restent pures pour leur mari et n’aient pas la tentation de le tromper. Nawal El Saadawi évoque cette politesse « dépourvue de respect que les hommes témoignent aux femmes », mais aussi rapporte des paroles qui sont bien celles d’une femme : « […] tout homme qui connaît la religion parfaitement frappe sa femme, parce qu’il sait cette vérité : la religion lui permet de corriger sa femme, et la femme vertueuse ne doit pas se plaindre de son mari, il lui est seulement demandé une soumission complète ».

Aussi n’y a-t-il pas une stricte opposition homme/femme mais des bourreaux et leurs complices. Peut-être parce que les femmes ont peu de droits et qu’elles manquent cruellement d’autonomie cherchent-elles à s’allier les bonnes grâces de l’homme dominant afin d’acquérir une part de sa puissance ? Parce que c’est la seule issue ?

Alors dans ces conditions la prostitution est-elle la seule liberté offerte aux femmes car « Les femmes les moins trahies sont les prostituées, et c’est par le mariage, par l’amour que la femme se voit infliger les châtiments les plus lourds ». La prostituée offre une prestation sexuelle contre de l’argent, mais il n’y a ni promesse ni mensonge. Un petit bémol cependant, car une prostituée dépend d’un proxénète, et donc encore d’un homme. C’est un cercle infernal, et la mort est la seule issue, mort physique, mort psychique ou alors combat de chaque instant pour celles qui comme Nawal El Saadawi ont eu la chance malgré tout de faire des études.

Un livre à la façon d’un témoignage passionnant.

Romancière égyptienne : May Telmissany

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May Telmissany fait partie de ces romancières qui ont quitté l’Egypte et vivent à l’étranger. Difficile d’être une intellectuelle et de vivre en femme libre en Egypte ! L’auteure est née au Caire en Egypte et réside en permanence au Canada.. Elle a obtenu une maîtrise de lettres françaises à l’Université du Caire en 1995. Elle a entrepris des recherches sur Marcel Proust afin de préparer un doctorat de littérature comparée à l’Université de Montréal.

Son oeuvre traduite en français :

A Héliopolis, le nouveau quartier du Caire construit au début du XXe siècle sur un site pharaonique, un monde en voie de disparition. A travers l’histoire de Micky, l’enfant-narratrice, de sa mère, de sa grand-mère et de ses tantes, se dessine la carte des espaces féminins oubliés où se greffe l’Egypte des années 70.

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Une invitation à pénétrer dans les hammams égyptiens, lieux de détente et de rites, connus pour leurs vertus thérapeutiques, menacés par l’évolution des traditions et la pression immobilière. Le travail photographique de P. Meunier rend compte de l’architecture de ces bâtiments : décors orientaux, objets insolites, couleurs chaleureuses.

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Après la disparition de sa fille, une jeune femme reprend peu à peu pied dans la vie grâce au récit qu’elle fait de son deuil.

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Nourredine Saadi et Aliaa Magda El Mahdi, jeune blogueuse égyptienne qui posa nue sur son blog

Il est né et a grandi à Constantine. Professeur à l’Université d’Alger jusqu’en 1994 et depuis, à l’université d’Artois en France où il enseigne le droit public et la science politique. Ecrivain, il a notamment publié Dieu-Le-Fit, 1996, La Maison de lumière, 200, La Nuit des origines, 2005, Il n’y a pas d’os dans la langue, 2008 etc…Il a obtenu le Prix Kateb Yacine, et le prix Méditerranée.

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 « Vous criez « Liberté » sur cette place de la Liberté, vous voulez chasser les nouveaux pharaons, le dictateur, le taghout, mais vous avez peur de vos femmes, des épouses que vous engrossez, des poupyates que vous enfermez, des charmoutates que vous voilez, des qahbates que vous méprisez, des bonnes que vous cognez, des maîtresses que vous achetez, de vos mères castratrices, peur pour l’hymen de vos filles, peur du qu’en-dira-t-on, peur de vos ombres, peur de vos peurs, peur de vous-mêmes »

Nourredine Saadi prend ici la voix d’une femme Aliaa Magda El Mahdi, jeune blogueuse égyptienne qui avait posé nue sur son blog pour défendre les droits des femmes. Sur Facebook, elle a lancé un cri contre la société de son pays, où le sexisme et le harcèlement sexuel sont monnaie courante. Cela viendrait selon elle du fait que les femmes sont considérées comme des objets sexuels.

« Cachez les livres d’arts et écrasez les statues archéologiques nues, puis enlevez vos vêtements et regardez-vous dans le miroir. Brûlez vos corps que vous méprisez dans le but de vous débarrasser de vos complexes sexuels pour toujours, avant de diriger vos insultes sexistes contre moi et de nier la liberté d’expression » cité par Wikipédia

La romancière égyptienne Ahdaf Souief et la révolution

« They told us we were divided. They told us we’re extreme. They told us we’re ignorant, » says Soueif, surrounded by demonstrators. « But here we are, and we’re great. »

La romancière égyptienne Ahdaf Souief a participé aux manifestations de la place Tahrir. « Ils ont dit que nous étions divisés Ils ont dit que nous étions des extrémistes. Ils ont dit que nous étions ignorants, » « Mais nous sommes là et nous sommes puissants ».
Elle est née au caire et a grandi en Egypte et en Angleterre. Elle s’est imposée comme une grande romancière d’aujourd’hui. Son roman « Lady Pacha », grande fresque historique et romanesque a été finaliste du Booker’s Prize 1 999.
Un an après les événements de la place Tahrir, alors que l’armée dirige toujours le pays et que la démocratie n’est encore qu’un rêve, elle raconte ce que furent ces dix-huit jours afin de ne pas oublier que cela est vraiment arrivé, que cela n’a pas été seulement un mirage, ni une illusion. Ce fut pour elle, l’expérience unique d’un projet et d’un but commun qui souda et réunit une grande partie de la population.Et s’il s’agissait de renverser le régime et de trouver un remède aux maux dont souffre la société égyptienne, ce fut aussi une expérience profondément humaine, un nouveau rapport avec les autres, et la sensation de vivre pendant dix-huit jours comme ils le voulaient.
Cairo book cover
Livre publié en français :
Ahdaf Souief
1900. Lady Anna Winterbourne rencontre en Egypte Sharif Pacha al Barudi, nationaliste égyptien. Elle représente l’Angleterre coloniale qu’il déteste, il incarne l’Egypte authentique. Ils vont tomber amoureux l’un de l’autre et se marier. En 1997, leur descendante vit aussi une passion pour un Egyptien. Elle se rend au Caire, avec, dans sa malle, le journal d’Anna.