Jean Batten story

Fiona Kidman – Fille de l’air / Nouvelle-Zélande

 

Fiona Kidman, Fille de l’air (The infinite air), 2013,  roman traduit de l’anglais (Nouvelle-Zélande) par Dominique Goy-Blanquet, Sabine Wespieser éditeur, 2017

La néo-zélandaise Fiona Kidman excelle à brosser des portraits, et à saisir les basculements d’un destin. Ce talent ne se démentit pas dans ce dernier livre traduit en français. Et même si vous n’avez aucun goût pour l’aviation, vous serez emporté vous aussi par le souffle épique de ce roman.

Le roman est basé sur un personnage réel, Jean Batten, surnommée la « Garbo des airs », aviatrice mondialement célèbre dans les années 1930, née au nord de la Nouvelle-Zélande dans une famille de dentiste. Peut-être la photo d’aviateur accrochée par sa mère au-dessus de son lit, a-t-elle présidé à sa vocation, nul ne le saura jamais, toujours est-il qu’elle mènera un combat acharné contre la misogynie ambiante, afin de pourvoir voler, même si la voie a déjà été ouverte par quelques pionnières.

Inutile de rappeler le danger que représentait les vols en avion à l’époque, fragiles esquifs soumis aux tempêtes, aux orages, et à la technologie balbutiante comparée à celle des avions d’aujourd’hui. Les défis se soldent souvent par un crash et la mort des pilotes ; il faut donc beaucoup de courage et de sang-froid pour s’aventurer dans les airs et Jean Batten n’en manque pas.

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Si elle se révélera douée pour la conduite des avions, elle l’est aussi pour la danse et pour la musique. Et c’est sous prétexte d’étudier la musique, qu’elle partira pour Londres, s’inscrira à des cours de pilotage, à l’insu de son père, qui ne voit pas d’un très bon œil le goût de Jean pour ce sport masculin. D’ailleurs on peut dire que ces premières femmes aviatrices, et surtout Jean Batten, ne négligeront pas toujours le glamour de leurs tenues de pilotage.

Elle s’attellera à plusieurs records, notamment entre l’Angleterre et l’Australie, et pour finir survolera la mer de tasman.

L’habileté de Fiona Kidman à saisir les multiples facettes de la personnalité de son héroïne, ses doutes, ses contradictions, ses succès et ses échecs font tout l’intérêt de ce passionnant portrait de femme.

Fiona Kidman, née en 1940, vit à Wellington. Ecrivain de tout premier plan, elle est l’auteur de plus d’une vingtaine d’ouvrages, dont plusieurs déjà parus en français chez le même éditeur : rescapée (roman, 2006), gare au feu, (nouvelles, 2012), et le Livre des secrets (roman, 2014)

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Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (8 et dernière)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Qu’on les reconnaisse d’abord concitoyens; leur fierté retrouvée, ils surprendront par leur entrain et leur joie d’être enfin respectés chez eux et non tolérés. » Je crois qu’on ne parle pas assez de ce besoin de reconnaissance et de la frustration et de la rancune que peuvent provoquer l’injustice et le rejet. Je pense qu’il est important de développer le sentiment d’appartenance des citoyens qui composent une nation. Ils ont besoin de se sentir soudés et cela n’est possible que grâce à la reconnaissance dont chacun a besoin pour se sentir intégré dans une société.
  • « A défaut de changer le pinceau du bon Dieu, que les critiques admettent ses toiles ! » : Que chaque Homme soit une oeuvre d’art, qu’il s’affine à la pointe de lui-même. Et que chaque être humain puisse contempler l’autre avec des yeux émerveillés. Si l’on prend garde, si on prend le temps surtout, on peut découvrir chez l’autre des trésors qu’on ignorait.
  • « Vos papiers ! Encore, nos papiers ! Toujours nos papiers ! Dans la rue, dans les trains, à travers les wagons, entre les travées, nous repérant parmi tous comme si nous clignotions, ils réclament toujours nos seuls papiers ! » Je comprends l’exaspération et la colère de Fatou Diome. Je trouve terrible qu’elle appréhende ses voyages par crainte de se faire contrôler. L’actualité la plus récente a montré combien nous sommes exposés à la violence aveugle de l’extrémisme, et cette période particulièrement tendue est forcément dangereuse car elle peut conduire à tous les amalgames et aussi à une forme d’aveuglement. A nous tous de faire attention. Notre destin repose entre nos mains… pour une grande part.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Et pour pouvoir continuer à battre la campagne, je vous propose de lire le livre de Fatou Diome.

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (7)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Il est temps de cesser de lier systématiquement la nationalité aux origines ethniques et culturelles. »Oui, le peuplement de cette France, au carrefour de l’Europe, s’est fait grâce aux migrations successives. Nous nous amusons souvent mes élèves et moi, à prendre tous les noms de la classe, afin d’entendre à travers eux les grands voyages des ancêtres. Je leur dis  : « Soyez fiers de ce pays si riche de ses habitants, de son infinie variété, de ses possibilités infinies, et de tous ces apports si précieux. » Est-ce cela être patriote ?  Une remarque d’un élève : « Déjà les Francs, ils venaient de l’Est, et si jamais les gallo-romains avaient voulu les renvoyer chez eux, on serait mal. » Tout à fait d’accord, ce serait une autre Histoire.
  • « A cette époque de mondialisation, l’apparence ne suffit plus pour présager de l’origine géographique, encore moins de la nationalité. » : On met toujours les blonds au nord, les bruns au sud, les roux outre-manche et que sais-je encore. Ce n’est pas toujours malintentionné mais cela peut être casse-pied. Ce soupçon de l’ a-priori tu n’es pas d’ici mais d’ailleurs empoisonne notre vie sociale. Il faut toujours réitérer, confirmer, valider. On peut avoir l’impression de passer éternellement un examen déjà réussi. Pour ceux qui ont osé le mélange, le soupçon se porte sur la filiation même. Grande douleur parfois pour les métis, difficulté à construire son identité, quand on remet régulièrement en cause celle de tes géniteurs. « Mais enfin, elle ne PEUT PAS être ta mère ! ». Et toi qui as couvé jalousement cette perle en ton sein, qui a parfumé ton liquide amniotique des mille saveurs de l’amour, ton sang fait moins d’un tour et …
  • « L’anonymat chromatique, pour sûr, réduirait drastiquement le taux du chômage et relèverait le moral des victimes du tri sélectif. » On critique souvent les fonctionnaires, mais au moins pour une partie des examens et concours, l’anonymat garantit l’égalité. Oui, il faudra s’atteler à ce problème, qui n’est pas le moindre. Je me souviens, lorsque j’étais enfant, dans ma province lointaine, le grand jeu consistait à regarder les plaques d’immatriculation. Dans le chauvinisme ambiant, il ne faisait pas bon venir de Paris. Le racisme est un bon cran au-dessus et il fait des ravages. Il renvoie une image dévaluée de soi, exclut et met en sommeil les richesses humaines de ce pays.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (6)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Assimilation ou dissolution de soi, à moins qu’il ne s’agisse de dissimulation ? » L’intégration à la française suscite de nombreux débats. Je me rappelle ce que me racontait ma grand-mère lorsque j’étais petite, sur l’interdiction de parler occitan à l’école. Et la langue s’enfonçait dans ta tête à coups de règle sur les doigts, quand ce n’était pas pire. Aujourd’hui, tout le monde a une langue commune. Cette homogénéisation s’est faite par la violence. Il fallait dissimuler les mots qui cognaient contre les dents, ceux qui voulaient s’enrouler autour de ta langue, ou se coinçaient dans la glotte.
  • « Or l’affirmation de soi n’est pas une négation des autres, mais bien la capacité d’être parmi eux « : Prendre garde à ce qui est commun et partager ce qui ne l’est pas. mais les résistances sont de tous les côtés.
  • « La France est-elle ignifugée, pour laisser ses enfants turbulents jouer avec des allumettes ? » Non, Fatou Diome, et c’est pourquoi je sors de ma réserve moi aussi pour converser avec toi. Ma famille est une famille de sang-mêlés, d’outrecuidants, d’esprits libres et tout cela pourrait nous coûter très cher à l’aube des temps nouveaux.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio

Prix de la closerie des Lilas 2017 : Oriane Jeancourt Galignani

Hadamar, Oriane Jeancourt Galignani - PAGE

Le Prix de la Closerie des Lilas qui récompense un ouvrage paru à la rentrée littéraire de janvier fête cette année ses 10 ans. Il s’agit de promouvoir la littérature écrite par des femmes, moins médiatisée encore aujourd’hui que la littérature écrite par les hommes. un jour, peut-être, ce prix n’aura plus lieu d’exister. Claude Lelouch et Benjamin Biolay ont accepté de rejoindre le jury, respectivement en tant que Président et Invité d’honneur pour cet anniversaire très spéécial.

Jury invité en 2017 : Claude Lelouch et Benjamin Biolay, Lydia Bacrie, Victoria Bedos, Bérénice Bejo, Claire Chazal, Catherine Clément, Diane von Furstenberg, Emmanuelle Devos, Daniela Lumbroso, Orlan.

Jury permanent : Carole Chrétiennot, Emmanuelle de Boysson, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, Tatiana de Rosnay, Stéphanie Janicot, Jessica Nelson.

« Le Prix de l’Académie Lilas, composée des anciennes jurées du Prix de la Closerie des Lilas, a été attribué à Véronique Sanson, pour l’ensemble de sa carrière. Ce Prix célèbre une Femme liée au monde de la culture et des arts que l’Académie souhaite honorer pour son rayonnement et le modèle inspirant qu’elle représente. » Voir site en cliquant sur le lien.

Je bats ma campagne avec : Fatou Diome – Marianne porte plainte ! (5)

La campagne présidentielle est officiellement ouverte et à la vue de toutes ces belles affiches placardées sur les murs électoraux, j’ai décidé de lancer la mienne, toute symbolique, même si sur ce blog, j’ai déjà recueilli plus de 500 signatures. Bien sûr je suis loin de faire le buzz, mais cela n’a pas beaucoup d’importance car je joins ma voix à celle de Fatou Diome.

Quelques citations permettront de poser plus clairement le débat, toute cette semaine, à chaque article, j’en ferai trois :

  • « Sous la mitraille allemande, Arabes de Ouarzazate ou Noirs du Sine-Saloum, les hommes tombaient parce qu’ils valaient français, autant que les Orléanais. » C’est quand même curieux, là il n’y avait pas de contrôle au faciès. Tout le monde était gris, mesdames, messieurs, tout le monde était aussi gris que la terre de cendres qui marquait les visages et les noyaient dans la mort et la souffrance.
  • « Voilà pourquoi les canards boiteux, exilés, réfugiés, migrants, déshérités, handicapés, homosexuels, les ségrégués, tous ces bâtards du monde sont miens. » : Nous sommes soeurs, Fatou Diome, et pourtant au temps du féminisme et de la lutte pour les droits des femmes, lorsque ces slogans flottaient sur les bannières des manifestants, des ségrégués de tout poils continuaient à tenir les femmes pour une sous-catégorie de l’espèce humaine. Le respect est parfois unilatéral, mais que cela n’empêche pas d’avancer. Ma mère qui s’appelait Gangloff, réfugiée en Dordogne en 1942,  cheveux châtains et yeux bleus, était appelée « La boche » par équanimité. Elle était blanche, mais pas de la manière qu’il faut. Fatou, il faut que je te dise, dans le blanc aussi  il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.
  • « Il faut enseigner l’Histoire et rappeler qu’au cours des deux grandes guerres mondiales, les ascendants des indexés pas-assez-d’ici, réquisitionnés ou volontaires, se battaient aux côtés des patriotes, mouraient en terre européenne, endeuillant l’Afrique pour l’avenir de la France, pendant que les traîtres à Marianne perdaient leur dignité au garde-à-vous devant la petite moustache outre-rhénane » . C’est curieux, n’est-ce pas, ces subites pertes de mémoire. La France, paraît-il, était à Londres, aux côtés du Général de Gaulle. Dans cette France-là, il n’y avait que des fantômes, tout le monde s’était carapaté ! On se demande alors qui étaient tous ces gens qui dénonçaient, ceux qui sanglés dans leur uniforme parfaitement repassé, venaient arrêter et déporter des gens qui étaient aussi français qu’eux.  Fatou, il faut que je te dise, dans le blanc aussi  il y a toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

Marianne porte plainte ! - Fatou Diome - Babelio