Rebecca Wells   Les divins secrets des petites yayas

HT LIVRE - OCCITANIE : Les divins secrets des petites ya-ya de Rebecca ...

Rebecca Wells   Les divins secrets des petites yayas , traduit de l’anglais par Dominique Rinaud, Belfond 1998, Charleston 2016

Ce roman est un de ceux que l’on n’oublie pas. Les détails peuvent s’estomper, certains éléments du récit paraître anecdotiques, l’essentiel garde toute sa virulence. Pourtant, il faut beaucoup avancer dans la lecture avant que les événements soient révélés, ou que l’on soupçonne la violence qui semble tapie dans les pages, comme une bête prête à bondir.

Pourquoi Siddy accuse-t-elle sa mère de l’avoir maltraitée, c’est ce que prétend la journaliste qui l’a interviewée, alors qu’elle est au faîte de son succès. Sa pièce « Femmes à l’aube d’un jour nouveau » lui apporte la renommée mais cet éclairage soudain n’est pas sans quelques inconvénients.

Peut-on aimer un parent qui vous maltraite, d’ailleurs où commence la maltraitance, les sévices corporels ? Les traditions dans ce domaine varient selon les contrées et les époques. Ils étaient prônés dans l’éducation comme quelque chose de nécessaire et faisaient partie de la panoplie de l’éducateur. L’Ancien Testament prête au roi Salomon « Qui épargne la baguette hait son fils, qui l’aime prodigue la correction. » Il fallait répondre à une violence par une autre et endurcir l’âme autant que le corps. Ils ont été interdits relativement tardivement dans certains pays.

Pourtant cette violence institutionnalisée a été meurtrière, et les enfants martyrs sont encore trop nombreux. En 2008, l’Aide sociale à l’enfance estimait à 19 000, le nombre d’enfants victimes de mauvais traitements en France. Dans 90% des cas, ces violences leurs sont infligées par des membres de leur propre famille.

Revenons à notre livre, Siddy a-t-elle été une enfant martyr ? Elle part faire une retraite sur une île alors que sa mère refuse désormais de la voir et reçoit un paquet des petites yayas, nom cajun donné aux amies intimes de sa mère Vivi, qui vont tenter de renouer les relations entre la mère et la fille. Elle va découvrir les souffrances et la jeunesse de cette mère qui l’a tant blessée et remonte le cours de son enfance à travers ses souvenirs et ceux des ya-yas.

Dans ce roman, règne toujours l’ambivalence des sentiments, comment pardonner à un parent qui a failli vous tuer ? Je ne sais pas moi si je pourrais donner la réponse qui est celle du livre. Livre bouleversant et profond.

Et plus bouleversant encore, à peine le livre publié, l’auteure a dû se battre contre les symptômes de la maladie de Lyme.

Un livre puissant, à lire.

Un film en a été tiré dont la critique a été très mitigée

Grands Prix de littérature dramatique et de Littérature dramatique Jeunesse 2017

Je n’en avais pas parlé, donc voici le planning :

– 17 mars : les éditeurs envoient leur choix d’ouvrages à ARTCENA
– 12 juin : 1er tour de délibération du jury
– 11 septembre : 2e tour de délibération et annonce publique des 8 ouvrages finalistes
– 9 octobre : 3e tour de délibération et cérémonie de remise des Prix.

La cérémonie se déroulera au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique en présence des auteurs finalistes et de leurs éditeurs, du jury, de la presse et des partenaires.

Les élèves du CNSAD, préparés par Robin Renucci, liront des passages des huit oeuvres finalistes.

ARTCENA oeuvre ensuite à la mise en lumière et à la promotion de ces textes primés par une campagne de communication et de diffusion.

Kerry Hudson – La couleur de l’eau / Une plume venue d’Ecosse

Kerry Hudson - La Couleur De L'eau (2015) » telecharger-magazine

Kerry Hudson – La couleur de l’eau – 2014 et 2015 pour la traduction française – Editions Philippe Rey 10/18, traduit de l’anglais par Florence Lévy-Paoloni

Prix Femina étranger 2015

L’amour offre parfois l’opportunité d’une formidable résilience. Lorsque la confiance s’installe, que chacun accepte de se laisser profondément toucher par l’Autre, alors les carapaces tombent et mettent à nu la profonde richesse de chacun. Boris Cyrulnik en a fait un très beau livre « Parler d’amour au bord du gouffre » et il définit l’amour ainsi :

« C’est le plus joli moment pathologique d’une personnalité normale. Joli, parce qu’il s’agit d’une extase mais celle-ci côtoie souvent l’angoisse. On est donc au bord de la pathologie. Pour un fait, pour un regard raté de l’autre, les grandes amours se muent en grande souffrance. Ça paraît anormal de -souffrir quand on aime ! Mais l’état amoureux est un état anormal, hors norme! Cette intensité affective enferme l’individu dans son propre monde intime : le reste du monde devient fade et non perçu. C’est presque un état délirant, au sens étymologique du terme : délirer = je sors du sillon, je quitte la société, je quitte ma famille, parfois je quitte ma femme ou mon mari, tellement je suis prisonnier de ce qui se passe en moi, de ce qu’il ou elle a déclenché en moi. »

Le livre de Kerri Hudson organise la rencontre de deux êtres blessés qui vont s’apprivoiser. Alena est russe et s’envole vers Londres dans l’espoir d’une vie meilleure. Elle tombe dans un guet-apens. Dave, vigile dans un magasin, va croiser la jeune fille et lui offrir son aide de la manière la plus inattendue qui soit : en la laissant partir.

Tous les deux ont des rêves immenses que la souffrance peine à contenir, tous les deux ont soif d’une autre vie, et tenteront peut-être d’unir leurs forces. Parfois c’est simplement plus facile à deux. Il faudra aller jusqu’à la fin du livre pour savoir s’ils réussiront.

Histoire d’amour moderne qui ménage rebondissements et suspense, portrait social de l’Angleterre d’aujourd’hui, l’indifférence pour ceux qui sont à la marge, et la lutte pour la survie. L’Angleterre, un modèle ?

J’ai lu avec beaucoup de plaisir cette histoire qui parle un peu de chacun de nous …

« Kerri Hudson est née en 1980 à Aberdeen. Avoir grandi dans une succession de HLM, Bed and Breakfasts et camping à l’année lui a fourni la matière de son premier roman. Après Tony Hogan m’a payé un ice-cream soda avant de me piquer maman, elle signe La couleur de l’eau. Elle vit, travaille et écrit à Londres. » Editeur

Les dix ans de l’association Artémisia à la galerie Art Maniak …jusqu’à demain !

Tintine, Chantal Montellier

 

 

Même si l’accès au monde de la BD se démocratise pour les femmes, elle reste tout de même un bastion d’homme. Les femmes sont entrées en BD plus tardivement et elles doivent faire leur place, ce qui n’est pas sans difficultés. Mais l’association Artémisia pour la BD au féminin s’engage aux côtés des femmes auteurs et multiplie les actions pour soutenir et promouvoir la Bande Dessinée féminine.

La galerie Art Maniak (paris, 9e) s’est associée à elle (s) et expose 15 dessinatrices, et/ou scénaristes de bande Dessinée pour fêter les dix ans du Prix Artémisia.

L’accrochage intitulé Pluri(elles) propose des œuvres majoritairement en noir et blanc, dans des techniques elles aussi plurielles, encre de chine, crayon, aquarelle, lavis, venant d’albums parus en librairie, et édités par Dargaut, Glénat, Casterman, Actes Sud BD, Delcourt ou plus confidenti ‘elles comme la boîte à bulle ou Les Requins Marteaux.

On peut admirer les œuvres de Céline Wagner, Rachel Deville, Claire Braud, Jeanne Puchol , Chantal Montellier, Cécilia Capuana, Catel Muller, Sylvie Fontaine, Marion Laurent, Mandragore, Lauréline Mattiussi, Fanny Michaëlis, Jeanne Puchol, Silvia Radelli, et Théa Rojzman.

 

Tintine de Chantal Montellier

7, j’ai dit sept ans… L’âge de raison pour ce blog…

 

Et bien ce blog continue son petit bonhomme de chemin, avec plus ou moins de régularité. Les femmes entretiennent un lien étroit avec la littérature depuis longtemps;  aujourd’hui à travers les blogs ou la lecture, elles sont très présentes. Les écrivains le soulignent régulièrement, leurs lecteurs sont la plupart du temps des lectrices. Pourquoi ? Les raisons en sont diverses et variées. L’une d’entre elles, cependant, a permis de tisser un lien étroit entre les femmes et la littérature : l’ insubordination et la désobéissance aux traditions qui voulaient les cantonner à la nuit de l’esprit et l’ignorance. Ainsi que le montre Laure Adler, « lire « devient une expérience de liberté individuelle au XVIIIe siècle, puis au siècle suivant accompagne la vie intérieure en mettant au centre la sensibilité de l’individu en lui permettant de s »identifier aux sensations qu’un autre que soi avait confiées au papier et, du même coup, explorer et élargir l’horizon de ses propres possibilités d’éprouver et de ressentir ». Si le xxe siècle n’est pas celui de la lecture mais davantage celui de l’image et des mondes de l’internet, « Les femmes lisent davantage, et elles ont tendance, du fait d’habitudes sociales et culturelles historiquement différentes, à chercher dans les livres des réponses à des questions vitales essentielles ».

Je m’étais donné comme objectif de suivre avec attention ce chemin commun des femmes et de la littérature, au moins dix ans, et de faire découvrir toutes ces femmes, souvent oubliées, dont l’aventure fut d’écrire.

Livre - Les femmes qui lisent sont dangereuses - Laure Adler - ACHETER ...

Prix Simone Veil 2017

Le Prix Simone Veil 2017 a été décerné le jeudi 18 mai dernier à 20h30, à l’occasion du 9e Salon des Femmes de Lettres, au Cercle National des Armées.

Le jury du Prix Simone Veil 2017 était composé de Marie Billetdoux, écrivaine ; Ariane Bois, journaliste et écrivaine ; Emmanuelle de Boysson, journaliste et écrivaine ; Cécilia Dutter, écrivaine ; Irène Frain, écrivaine ; Anne Fulda, journaliste et écrivaine ; Christelle Gallé, rédactrice en Chef Hors-Séries Femme Actuelle ; Alix Girod de l’Ain, journaliste, écrivain et scénariste ; Anaïs Jeanneret, écrivaine ; Michèle Kahn, écrivaine ; Kenizé Mourad, écrivaine ; Luce Perrot, présidente-fondatrice de l’Association « Lire la Société » ; Guillemette de Sairigné, écrivaine, et Isabelle Spaak, écrivaine et lauréate 2016.

Prix Simone Veil 2017 — Catégorie Roman : Theresa Révay, La Vie ne danse qu’un instant, Albin Michel

Prix Simone Veil 2017 — Catégorie Essai : Sabine Melchior-Bonnet, Les Grands Hommes et leur mère, Odile Jacob

Les Grands Hommes et leur mère - Histoire et civilisation - Sciences ...

Prix Simone Veil 2017 — Prix Spécial du Jury : Marie-Eve Lacasse, Peggy dans les phares, Flammarion

Peggy dans les phares, Marie-Ève Lacasse. - Livres - Télérama.fr

Prix Simone Veil 2017 — Prix de la Mairie du 8ème : Diane Ducret, Les Indésirables, Flammarion

Les Indésirables », de Diane Ducret (Flammarion) - Livres : le ...

Ce que la littérature doit aux femmes

Un numéro passionnant qui tente de montrer ce que l’âpre combat des femmes pour avoir le droit de publier et d’écrire, leur situation dans la société et l’acuité de ce regard a apporté à la littérature.