Prix artemisia 2018 : Lorena Canottiere pour Verdad

De très beaux albums à découvrir, que ce prix donne à voir, et met en relief, et qui pourraient passer inaperçus. En dehors de récompenser des femmes, souvent ignorées à Angoulême, ce prix est une certaine vision de la société  et des rapports humains, ainsi que de la place que devraient avoir les femmes dans la société. Je me pose souvent la question de mon engagement à rendre davantage visible les œuvres de femme, de sa pertinence et de son utilité. Lorsque j’en sonde les raisons, je me dis que peut-être je fais montre de sectarisme et en même temps mon intuition (qui est une autre forme d’intelligence) m’assure que ce combat est légitime. Alors il faut lire tout le monde, mais aussi les femmes.

 

Remise du Grand Prix Artémisia 2018 à Lorena Canottiere pour son album Verdad

http://www.assoartemisia.fr/video-remise-grand-prix-artemisia-2018/

Mention spéciale « Hors de prix » (Créatrice également du prix Artemisia). Déjà publié, mais revisité, au niveau du dessin, de la mise en couleurs et du lettrage, et en rajoutant trente pages de plus (avec une nouvelle fin) .

SheltermarketCOUVlight

 

Catégorie dessin

Catégorie documentaire

Mention spéciale pour le combat féministeParoles d'honneur - Les critiques

Catégorie avenir

Catégorie humour

Catégorie fiction historique

Couverture La guerre de Catherine

 

L’enfant perdue – L’amie prodigieuse IV – Elena Ferrante

L'amie prodigieuse (Tome 4) - L'enfant perdue - Elena ...

L’enfant perdue – L’amie prodigieuse IV – Elena Ferrante –  roman traduit de l’italien (2014) par Elsa Damien.  NRF Gallimard, collection du monde entier, 2018

Ce roman est pénétré d’une terrible mélancolie qui se distille tout au long du récit. Les deux amies vieillissent, et au passage de ce temps qui les éreinte, et des pauvres joies qui restent, quand tout ralentit et tout est voué à disparaître, Elena raconte inlassablement, cherchant à percer le mystère de cette amitié si profonde et parfois malmenée par les événements, qui aura duré toute une vie ou presque.

Je me suis dit qu’aucun amour peut-être n’a cette profondeur, ce souffle, n’inflige de pareilles meurtrissures, oscillant sans cesse entre engagement total auprès de l’autre, jalousie, et parfois haine.

Au fond, il est presque impossible de parler de ce dernier volume de la saga napolitaine, car il faudrait en dire trop ou trop peu, rappeler pour combler le vide, les événements passés ou l’arbre généalogique de chacune des deux amies. Et alors ce serait trop long.

J’avoue que je suis ressortie de cette lecture percluse tellement il fait mal parfois, à force de retournements, de drames, passant d’une émotion à une autre, rattrapée par ce sentiment de solitude auquel est vouée la narratrice, et qui serait le mien.

Il y a au creux des mots, un détonateur silencieux, celui qui s’allumera à l’aube de votre vieillesse, de votre solitude, de votre sentiment d’abandon, ou d’intense finitude. En fait, c’est cela, de la littérature

L’histoire de cette petite fille sera chantée à l’Eurovision ! Et cette chanson représentera la France !

la vengeance secrète se Tilly Rosalie Ham / Kate Winslet

 

La Vengeance secrète de Tilly de Rosalie Ham, et paru le 07 septembre 2017 chez Pocket, traduit de l’anglais par Marianne VERON

 

Paru sous le titre « The dressmaker », le présent ouvrage est la réédition de la traduction française paru une première fois sous le titre « Haute couture ».

Kate Winslet, magnifique interprète, en a redessiné les contours de sa pulpeuse silhouette dans un film de Jocelyn Moohouse, baptisé du même nom, paru en 2015 et distribué par Netflix. Il me semble donc qu’il n’est pas sorti sur les écrans français.

1951, Tilly Dunnage débarque chez sa mère, folle, malade, dans l’outback australien. Quelques maisons dans un paysage semi-désertique, et une atmosphère lourde. Tilly se met à couper à coudre, avec rage, avec fièvre et provoque des bouleversements inédits dans ce milieu étriqué et bien-pensant dans lequel se cachent bien des secrets. Derrière les portes closes et les apparences savamment entretenues, règne parfois l’enfer. Telle cette femme que son mari drogue pour mieux la violer.

Tilly a été exilée, à dix ans, accusée de meurtre. Elle revient, jeune femme à la beauté étourdissante, pour se venger… Elle a appris l’art des étoffes, des drapés et des plissés. Elle peut rendre à chaque femme sa beauté, et aux hommes le désir. La couture est , chez elle, un art…

J’ai vu quelque part sur la toile ce livre classé dans la catégorie Romance, quelle méprise !  Ce livre est tout sauf une romance, et si vous regardez ensuite le film, vous pourrez en savourer toutes les subtilités.

Ce petit bourg isolé, loin de tout, est le théâtre des passions humaines, des veuleries, des violences silencieuses, et de l’injustice des Hommes.

Jusqu’à ce jour qui ressemblera pour eux à l’enfer…

 

La douleur de Marguerite Duras porté à l’écran !

Bonne année 2018 ! Petit bilan des lectures de l’année 2017 …

 

Je remercie tout d’abord Héloïse Dorsan Rachet  jeune artiste qui a créé tous ces merveilleux dessins pour le blog. En lui souhaitant une grande année professionnellement…et personnellement !

Voici un petit résumé de l’année 2017 en lectures, celles qui m’auront particulièrement marquée. Vous n’y trouverez aucun roman de la rentrée littéraire, oups :

mais vous pourrez découvrir, pêle-mêle, des romans populaires, des romans plus « littéraires », et des pépites, des romans confidentiels issus de la littérature mondiale, de minorités dont je vous recommande particulièrement la lecture si vous êtes un esprit curieux, et indépendant.

Pénélope Bagieu, Culottées 1

Oui, beaucoup d’émotion dans cette BD, une émotion douce qui laisse le coeur ravi.

Lamia Berrada Berca, Kant et la petite robe rouge

Véritable parcours initiatiquel’éveil d’une femme au désir et à la liberté… L’histoire pourrait paraître banale : une jeune femme marocaine vient rejoindre son mari en France. Très ancrée dans la tradition patriarcale, elle ne sait ni lire ni écrire et ne sort qu’à l’abri de son voile intégral. Elle est soumise à son mari et se plie au devoir conjugal sans se poser véritablement de questions sur ce qu’elle désire. Son éducation l’a conditionnée à être une épouse soumise, entièrement dévouée aux besoins de sa famille. Jusqu’au jour où le désir va faire irruption dans sa viesous la forme d’une jolie robe rouge dans une vitrine.

Les luminaires d’Eleanor Catton, 

Sous une facture, à premier abord, assez classique, dans une très belle langue (et une très belle traduction) il est aussi un roman expérimental dans sa structure et sa narration relativement asymétrique. Œuvre d’une jeune prodige, il en acquiert un intérêt supplémentaire. A lire…

Lydie Dattas, La nuit spirituelle 

Un texte magnifique, dans une langue très poétique, des accents profondément touchants, électrisants …

Elena Ferrante, Celle qui fuit et celle qui reste

Nous retrouvons nos deux héroïnes, Elena et Lila, dans l’Italie de la fin des années soixante, emportées par les soubresauts de l’histoire : les événements de mai 68, le féminisme dont les mouvements commencent à s’organiser, les attentats. Elena tente de trouver le bonheur au sein de son couple, et Lila commence une période plus heureuse, couronnée de succès mais toujours liée à la mafia. Son intelligence trouve enfin sa récompense et lui permet une certaine ascension sociale.

Fiona Kidman, Rescapée

Un grand roman d’aventures, un talent d’exception pour nouer une intrigue et entretenir le suspense, mais aussi pour donner un souffle profond au récit, et construire des personnages, font de ce livre un dépaysement total !

Susan Fromberg Schaeffer, Folie d’une femme séduite

Ce roman rappelle les personnages d’ Emma Bovary, Tess d’Urberbille et ceux des Hauts de Hurlevent. La passion y est portée à son paroxysme faisant de son héroïne une femme obsessionnelle, incapable de vivre pour elle-même, et d’une jalousie dévorante. Une femme dont le corps et la tête ont opéré un irrémédiable divorce qui vont la conduire à la folie et au crime (On le sait très vite au début du roman). La narration est d’une qualité et d’une force exceptionnelle ! A lire absolument !

Helen Simonson, L’été avant la guerre

Passionnant roman qui évoque à merveille les mentalités dans l’Angleterre conservatrice de ce début du siècle.

Leïla Slimani, Chanson douce

A peine ouvre-t-on le livre, la première phrase vous saute au visage avec une violence inouïe. Le bébé est mort. Pourquoi, dans quelles circonstances, on ne le sait pas encore. Par petites touches, Leïla Slimani, brosse le portrait des différents protagonistes de l’action, celle qui a précipité la mort du petit.  Elle ne s’embarrasse pas de fioritures, la langue est concise, presque sèche mais efficace et aussi redoutable qu’un scalpel. Elle nous maintient en haleine jusqu’à la fin. Prix Goncourt, un roman redoutable.

Alice Tawhai, Le festival des miracles

Voilà un curieux objet littéraire, passionnant à découvrir. Son auteure, Alice Tawhai tient à préserver son anonymat, aussi n’ai-je trouvé aucune photographie d’elle.

L’auteure a souvent été comparée à Janet Frame et Amélie Nothomb a dit d’elle qu’elle avait la grâce. Il faut lire Alice Tawhai…

Voilà ce petit parcours de lecture, peut-être certains s’y reconnaîtront…

Cette seconde vie – Virginia Woolf

« Observez perpétuellement, observez l’inquiétude, la déconvenue, la venue de l’âge, la bêtise, vos propres abattements, mettez sur le papier cette seconde vie qui inlassablement se déroule derrière la vie officielle, mélangez ce qui fait rire et ce qui fait pleurer. inventez de nouvelles formes, plus légères, plus durables. »

Virginia Woolf (Cité par Geneviève Brisac dans « Les filles sont au café »)

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Fanny, Jane, Mary,Virginia et les autres….