Qui sont les raconteuses ?

Qui sont les raconteuses et pourquoi les appeler ainsi ? Les raconteuses écrivent des livres que souvent je n’arrive pas à classer : souvent des best-sellers, rarement des chef-d’œuvres, ces « page turner » séduisent un large public et font passer un formidable moment de lecture. Ils procurent une satisfaction qui tient à leur facture même : on y retrouve certains ingrédients des contes, un schéma narratif assez conventionnel, et une moralité exemplaire. Les personnages sont parfois assez caricaturaux, partagés entre l’ombre et la lumière, le bien et le mal, le vice et la vertu. Les héroïnes sont courageuses, patientes, belles et douces et parviennent, à force de ténacité, à faire leur place en ce monde.

Les raconteuses ont un talent éclatant pour raconter des histoires, capter l’attention du lecteur  et lui faire oublier tous ses soucis. Elles offrent souvent de belles leçons d’humanité car leurs personnages se battent pour des idéaux élevés, sont du côté, toujours, de la veuve et de l’orphelin, et offrent de véritables plaidoyers pour l’acceptation de la différence. Le fond est toujours plus important que la forme et le style est sobre, voire assez neutre, dénué d’envolées stylistiques, et pauvre en métaphores.

Pour autant, les livres des raconteuses ont d’indéniables qualités malgré leurs limites : ils relient  chaque être humain à une communauté qui l’englobe et le dépasse. Les raconteuses sont mondialistes et universalistes : les expériences qu’elles décrivent peuvent se passer n’importe où sur cette terre et n’importe quand. Elles font fi du temps et de l’espace.  Attention, elle n’écrivent pas des romans sentimentaux, même si l’amour y tient une large place ! Leur prince n’est pas charmant, et s’il est rarement contrefait, ce sont ses qualités morales qui le distinguent de tous les autres.

Dans mes raconteuses, je mettrais Victoria Hislop dont je viens de terminer le livre, Anna Gavalda, Isabel  Allende.

Et vous, qui rangeriez-vous sous cette catégorie ?

Vignette Les raconteuses d'histoire

22 réflexions sur “Qui sont les raconteuses ?

  1. Je lis et apprécie pas mal de romans dans lesquels l’histoire importe davantage que le style, mais pas avec le genre de personnages et d’intentions que tu décris. On m’a offert un recueil de nouvelles d’Eric-Emmanuel Schmitt qui correspond assez à ce dont tu parles  » Les deux messieurs de Bruxelles » .C’est plein d’empathie pour le genre humain, idéaliste ( mais bon, l’auteur n’est pas une femme!). En fait, je n’aime pas ce type de récits, donc si j’en lis, c’est tout à fait par hasard…

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    • Elles ont du talent tout de même. Il ne faut pas penser que leur littérature est uniquement commerciale. mais elle est populaire, elle touche beaucoup de monde. Elles restent parfois dans les clous mais ce sont des humanistes. Et cela fait du bien aussi.

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  2. Je ne sais pas qui mettre dans cette catégorie ! Je n’aime pas Gavalda, je n’ai jamais lu Victoria Hislop, j’ai lu Isabel Allende il y a 30 ans !!!… ah si, peut-être Joyce Maynard ??? Que je n’ai pas plus apprécié que ça… Ne pourrait-on pas mettre aussi Pancol ? Je n’en ai lu qu’un et je n’ai pas aimé non plus…

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  3. Joli billet. Je pense à Julia Glass (tiens une romancière américaine!) qui est pour moi une raconteuse d’histoires (Jours de juin, Refaire le monde, Louisa et Clem, Les joies éphémères de Percy Darling).

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  4. Oui, Joyce Maynard les Filles de l’ouragan par exemple, peut se mettre dans la catégorie ;et pourquoi pas Daphné Du Maurier? Je la lis volontiers d’ailleurs, parce qu’elle a du talent pour mener les intrigues.

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  5. J’aime beaucoup ta catégorie, sans mépris, sans condescendance mais en les mettant à leur juste place, avec leurs qualités et défauts. Je ne dois pas en avoir lu beaucoup (et en plus j’ai dû oublier leur nom) donc je n’ai rien à suggérer. Mais je retiens l’idée, si j’en croise…

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    • Oui, tu as parfaitement compris ce que je voulais dire. Il n’y a aucun mépris. De même que les contes sont très schématisés mais très profonds et disent beaucoup de nous (d’ailleurs n’ont-ils pas été largement commentés par la psychanalyse), les livres des raconteuses disent des choses importantes sur nous-mêmes, et ont souvent une fonction réparatrice. Il y a de très beaux fleurons dans la littérature populaire. Et si cette catégorie existe, c’est que je les lis aussi.

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  6. Anna Gavalda est en effet un excellent choix, Katherine Pancol avec sa trilogie des Crocodiles et des yeux jaunes aussi. Je rajouterai Tatiana de Rosnay comme Kathel. J’inclurai également Kéthévane Davrichewy, Véronique Ovaldé (qui une conteuse de l’irréel), Susan Fletcher, Claudie Gallay et d’une certaine façon J. Courtney Sullivan !

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  7. J Courtney Sullivan ne répond pas à un des ces critères : la complexité de ses personnages. Elle n’est pas une raconteuse mais si elle maîtrise parfaitement l’art de la narration. De même, Claudie Gallay fait du tourment intérieur un des ressorts de ses personnages, aussi sont-ils partagés, écartelés souvent, donc je ne la rangerai pas dans cette catégorie non plus. Mais je suis d’accord pour Tatiana de Rosnay. Ses personnages ont une quête et un certain humanisme.

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