Karitas, sans titre, Kristin Maria Baldursdottir Les femmes et l’art

KaritasKaritas, sans titre de Kristin Marja Baldursdottir, traduit de l’islandais par Henry Kiljan Albansson

Karitas grandit avec sa mère, ses frères et sœur dans une ferme au fond d’un fjord lorsque son père disparaît en mer. Sa mère Steinunn décide alors de tout quitter pour aller dans le nord et donner une éducation à ses enfants. Karitas dessine depuis toujours, comme son père le lui a appris et rêve d’être une artiste. Mais comment se consacrer à son art lorsqu’on est une femme dont la place est au foyer, vouée aux taches domestiques et à la maternité ?

L’histoire se déroule pendant la première partie du vingtième siècle et évoque les balbutiements d’une époque en pleine mutation en ce qui concerne le droit des femmes.

D’ailleurs, c’est l’espoir insensé de la mère, Steinunn Olafsdóttir, et sa foi inébranlable en des temps nouveaux qui vont porter toute cette histoire. Elle a le droit de vote qui est octroyé à cette époque en Islande aux femmes de plus de 40 ans. (Il faut rappeler que le vote des femmes a été instauré en 1907 en Finlande). Il ne sera complètement établi qu’en 1914 (source Assemblée nationale). Steinunn se fait le porte-voix des femmes de son époque, avance que les femmes vont entrer au Parlement et faire des études. Elle prédit « nous serons médecins, avocates et pasteurs », « A terme nous obtiendrons le même salaire qu’eux. »

Certaines n’y voient qu’un surcroît de taches : « Les femmes devront suivre les débats politiques du pays, lire tous les articles politiques et ce genre de choses, aller à des réunions et faire des discours, et tout cela elles devront le faire en même temps qu’elles traient les vaches, travaillent à la ferme, préparent les repas, s’occupent des enfants, filent et cousent. »

Ce siècle nouveau doit apporter aux femmes une amélioration à leurs conditions de vie, les soustraire à nombres de servitudes, parfois sexuelles.

Karitas rencontre alors une autre femme « Mme Eugénia », artiste elle aussi, et riche bourgeoise qui va changer son destin et lui permettre de réaliser ses rêves. Mais l’amour surgit dans sa vie et la place face à un douloureux dilemme : vivre l’amour avec un homme et être accablée de maternités ou vivre sans hommes ? En ces temps où la contraception n’existe pas, les grossesses sont une fatalité et entravent la liberté des femmes.

Un jour, après de multiples péripéties, elle devra faire ses choix. A l’époque, certains destins restent inconciliables : elle peint et colle pendant la nuit jusqu’à succomber de fatigue. Jusqu’à sombrer dans la folie …

Les hommes, pêcheurs, sont souvent partis au loin et quand ils ne meurent pas en mer, ils sont souvent absents laissant les femmes s’occuper seule des affaires domestiques. Leur tache n’est pas forcément la plus facile car ils mènent une vie pleine de dangers et leurs conditions de travail sont rudes.

Chacun des sexes est soumis aux contrainte du genre, sans échappatoire possible. Les normes sociales collectives sont excessivement contraignantes, la vie rude dans cette île qui taquine presque le cercle polaire arctique, et dont les ressources sont essentiellement liées à la pêche ou à l’élevage.

 J’ai dévoré ce roman passionnant que j’ai adoré. Il livre aussi tout un tas d’anecdotes sur la vie en Islande, les mythes et les croyances, la vie quotidienne . Un vrai régal.

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