La fureur de la langouste – Lucía Puenzo

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Lucía Puenzo est une réalisatrice et scénariste argentine née le 28 novembre 1976 à Buenos Aires, fille du cinéaste Luis Puenzo.
Elle est romancière et réalisatrice. Elle commence sa carrière en réalisant des courts-métrages, des documentaires et des séries pour la Télévision ; son premier long-métrage en 2007 XXY est élu « film argentin de l’année » et couronné Grand prix de la Semaine internationale de la Critique à Cannes. Le film reprend un thème central dans son œuvre : l’identité sexuelle qu’elle aborde ici à travers la question de l’hermaphrodisme. Dans son œuvre romanesque, et l’écriture de nouvelles, l’identité de genre est souvent évoquée : « El niňo Pez » racontera l’histoire d’amour impossible entre deux jeunes filles. Elle a aussi écrit « La Malédiction de Jacinta » édité chez Stock Cosmopolite en 2010 puis « La fureur de la Langouste » chez le même éditeur dans la collection « Cosmopolite » qui analysent au vitriol les travers de la société argentine.

 

Le roman raconte l’histoire de Tino, 11 ans qui assiste à la chute de son père, homme d’affaires puissant plus ou moins maffieux par une société de la consommation et du spectacle versatile et corrompue qui condamne sans appel ce qu’elle encensait aveuglément hier. Retranchée dans sa superbe villa, protégée par des gardes du corps aux mines patibulaires, cernée de journalistes, traqués par des animateurs de télévision peu scrupuleux, la famille se délite peu à peu en l’absence de Razziani le père.

Le tour de force de Lucía Puenzo est de calquer les relations sociales sur les relations familiales en faisant de chacune la parfaite métaphore de l’autre, telle cette famille de langoustes dont la solidarité – elles s’enchaînent et se protègent chacune de leurs antennes en cas de tempête- cesse dès que leur vie est menacée auquel cas elles se dévorent les unes les autres. La fureur qui saisit la langouste est celle qui ravage cette société malade de sa corruption, où règne l’argent roi et l’hypocrisie et détruit la famille, micro-société où les relations de pouvoir n’en sont pas moins violentes et destructrices. 

L’immoralité du père, qui n’hésite pas à  acheter des adolescentes de quinze ans pour satisfaire ses pulsions sexuelles, qui place ses maîtresses, de la gouvernante à la PDG d’une de ses entreprises à tous les endroits stratégiques,  est peut-être la plus dangereuse car elle se transmet au fils par la voie d’une relation profondément affective et inconsciente. Les valeurs patriarcales et leur violence se transfusent ainsi du père au fils de la manière la plus insidieuse qui soit. Tino est en proie au doute et à une désillusion naissante, face à l’image d’un père qu’il croyait tout-puissant. On ne peut qu’espérer, car l’histoire ne nous le dit pas, que le fils puisse à son tour tuer le père, afin de s’en libérer.

J’ai été très sensible à l’écriture virtuose de Lucía Puenzo , à la finesse de ses analyses et à la fluidité de sa narration. Elle écrit comme elle filme, et on devient, comme Tino, prisonnier de l’inexorable attente.

 festival amerrica

5/19 Festival America  

Argentine =) Eugenia AlmeidaElsa Osorio –  Lucía Puenzo –  Canada =) Naomi Fontaine –  Lucie LachapelleCatherine MavrikakisDianne WarrenCuba =)  Karla SuárezEtats-Unis =)  Jennifer Egan –  Louise Erdrich –  Nicole Krauss –  Rebecca Makkai –  Toni MorrisonJulie Otsuka –  Karen Russell –  Janet Skeslien Charles –  Vendela Vida –   Mexique =) Sabina Herman –  Pérou =) Grecia Cáceres 

3 réflexions sur “La fureur de la langouste – Lucía Puenzo

  1. J’avoue que le sujet ne m’attire pas vraiment, mais je retiens le nom de l’auteure.
    Commentaire n°1 posté par Nadael le 21/11/2012 à 15h19

    Il ne m’attirait pas non plus mais je l’ai pris car il avait de bonnes critiques et effectivement c’est un bon livre.
    Réponse de Anis le 24/11/2012 à 19h52

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  2. Ce n’est pas bien gai, tout cela ! (en ce moment, mes pensées semblent extrêmement profondes, j’en conviens). Bises
    Commentaire n°2 posté par Philisine Cave le 20/11/2012 à 21h09

    Non, ce n’est pas gai du tout mais intéressant en tout cas.
    Réponse de Anis le 24/11/2012 à 19h34

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  3. comme quoi il y a une superbe littérature latino-américaine à découvrir

    il faudrait ne vivre que pour lire
    Commentaire n°3 posté par denis le 17/11/2012 à 17h48

    Oui, je connais bien sûr pas mal d’entre eux, des hommes, car j’ai étudié à la fac, la littérature latino-américaine.
    Réponse de Anis le 24/11/2012 à 19h30

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