Jeanine Baude /Dans la démesure des torrents

dis-moi les jours faciles
ceux qui viennent de loin
soustraire les plis de la mémoire
à la mesure d’un pain chaud

la table servie, le poème en creux
dans cette soif, dans cette faim
le rythme quotidien, le pas sur la page
Il suffit d’aller et nous le savons bien
annexées à la mort, annexées à la terre

Dis-moi le livre, le chant, les radeaux
qui remontent le fleuve
les ombelles, les alcôves
la course folle vers l’estuaire
la course folle vers l’incendie

Si l’étoile devint l’étoile
dans le fracas dans l’ombre
du commencement

Dis-moi le sel son acidité
son érosion et l’implosion es rocs
là où se trame la vie
là où se trame la mort
sur la durée ses labours
son écorce

Dis-moi le redoublement des racines
la femme qui s’avance sans amarres
et sans peur debout dans la distance
celle qui écrit au revers des courants

celle qui pense sous la cognée
à l’arbre qui perdure
aux forteresses aux clôtures
pour mieux les cisailler

d’un poème tranchant
comme l’or au soir des certitudes
quand l’âme se délivre
de sa robe charnelle

et que liens se délient
comme fleurs sous l’orage

Le grain serré des morts
a tissé notre chair

Les femmes enlacées dans les flammes
ont crié
contre les rochers du soir
les douves du matin

la sueur perlée, l’aube drue
le bas du ventre

et gluantes, cernées de toute part
ont célébré

le centre blanc

si solstice il y a
quand bascule l’été

son cri de tourterelle

Extraits de Fleuve premier inédits

Poète et critique, née le 18 octobre 1946 à Eyguières dans les Bouches du Rhône. D.E.A de Lettres Modernes (Aix-en-Provence U1). D.R.H. dans une entreprise privée pendant plus de vingt années. Actuellement vit et travaille à Paris. Originaire des Alpilles, elle a suivi la route des rocs d’est en ouest et revient depuis Saint-Rémy de Provence et Cassis, des Hautes-Tatras à la Pointe de Pern, d’Ouessant à New York sur le lieu de houle intime : le poème. Elle aime à dire « J’écris avec mon corps, je marche avec mon esprit » ou bien « Je commets le délit d’écriture » ainsi explorer l’indéfinissable champ.

poetisons-MartineMembre du Pen Club International, Secrétaire générale du Pen Club Français.
Présidente des Amis de Louis Guillaume et du Prix du Poème en Prose.

Martine doit être au marché de la poésie mais comme tous les dimanches

(Source : printemps des poètes)

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