Mois des auteures polonaises : Hanna Krall

Hanna Hrall, née en 1937. Journaliste jusqu’en 1981, puis scénariste, notamment pour Krzysztof Kiéslowski, elle a d’abord été interdite de publication dans son pays, avant d’être traduite dans quinze langues. En 1977, a paru son livre le plus célèbre « Prendre le bon dieu de vitesse », écrit à partir de ses conversations avec Marek Edelman. A la fois reportages et récits de fiction, dans un jeu subtil qui va de l’un à l’autre, l’auteure poursuit inlassablement son travail de mémoire.

Les retours de la mémoire : Récits, traduit par Margot Carlier, Albin Michel, parution le 4 /02/1993 Un recueil de textes sur le ton du reportage, à mi-chemin entre fiction et réalité, qui mettent en scène une série de personnages, juifs, polonais, allemands, qui ont tous été entraînés dans le gouffre de l’histoire.

La sous-locataire, traduit par Margot Carlier, Editions de l’Aube, parution le 19 mai 1998

Hanna Krall raconte une nouvelle version de sa vie, de la guerre à aujourd’hui, du ghetto à la Varsovie actuelle. Impossible de savoir si elle rêve ou si elle témoigne : chaque émotion est déviée pour rebondir dans une nouvelle histoire où se croisent les mêmes personnages, parmi lesquels son double, la sous-locataire.

Preuves d’existence – Editions Autrement 1998

Les histoires qui composent ce recueil poursuivent le travail de mémoire de l’auteure. Elles sont étranges et oniriques : celle d’un Américain habité par l’âme de son démi-frère, perdu dans le ghetto, celle d’une grand-mère juive paralysée, qui après l’assassinat de son mari, recouvre l’usage de ses jambes.

Le roi de coeur, traduction de Margot carlier, Collection du monde entier, Gallimard, parution le 16/10/2008«À peine les cartes étalées sur la table, elle sait tout : un blond, amoureux, bref – le roi de cœur. Tu vois, il est sur le départ. Elle fixe les figures avec satisfaction : il a un voyage en perspective, ton roi, inutile de t’inquiéter! En effet. Le roi se trouve dans la deuxième rangée, premier à droite, suivi d’un six de cœur qui représente le voyage. Il y a tout de même trois mauvaises cartes de pique, mais ce n’est pas bien grave, explique Terenia, tu vas recevoir de ses nouvelles dans les prochains jours. Elle reçoit des nouvelles. D’Auschwitz, il est vrai, mais avec un numéro où elle peut envoyer des colis. Dans sa lettre écrite sur un imprimé officiel, son mari l’informe : « Je suis en bonne santé, envoie-moi de la nourriture. » Elle expédie un kilo de sucre, un kilo de saindoux, du pain, de la poitrine fumée et des oignons. Celui lui coûte cent vingt zlotys et elle a le droit d’envoyer un colis par mois. Même si je dois mourir, même si je dois me vendre, je trouverai cent vingt zlotys chaque mois, annonce-t-elle à Lilusia.»

Là-bas, il n’y a plus de rivière, Traduit par Margot Carlier. Collection du monde entier, Gallimard, parution le 11/10/2000«Il regardera les pentes herbeuses et la rive, mais ne verra personne. Il ne verra pas Raya ni Baby. Ni Dvoyra ni Chaïm, l’éventreur. Ni Yoyne ni le photographe avec son Leica. Ni le médecin, ni l’apothicaire ni sa femme. Il ne verra pas ses parents ni son oncle, adjoint au maire. Ni sa cousine Cyla. Ni la petite Rachelka, sa sœur de dix-sept ans. Ni Tauba ni les garçons de l’échoppe du marchand de glaces.Il saura où ils se trouvent. À Piatydnie, aux abords de la route d’Uscilug.Tous. Dans la fosse commune, dans la forêt de pins, près des noisetiers. À l’endroit d’où, chaque automne, ils apportaient à la grand-mère Haya des paniers entiers remplis de noisettes.Tous.Il restera toutefois assis le regard fixé sur l’autre rive. Ce n’est qu’à la nuit tombante qu’il retournera à la gare. Il s’assoupira dans le train et entendra alors la voix qui apparaîtra dans ses rêves durant le reste de sa vie :- Il ne faut pas y aller. Là-bas, il n’y a plus de rivière.»

 Danse aux noces des autres Trad. du polonais par Margot Carlier Collection Du monde entier Gallimard Parution : 03-04-2003

Le mariage de la petite-fille de Moshé Niskier sera célébré à la synagogue. Daniela Niskier, médecin de profession, épousera Carlos Wajsmann, un employé de banque. Le festin de noce commencera à dix heures du soir. L’orchestre de Warda Iiermolin accompagnera la fête. Ils savent tout aussi bien jouer la lambada que chanter A yidishe mame. Il faut absolument chanter A yidishe mame, car les invités doivent verser une larme. Ceux d’Ostrowiec vont sûrement pleurer. Là-bas, il y avait de vraies mères juives. Les femmes en robe de mousseline, de brocart et de dentelle d’Italie, faite sur mesure par la Maison Liliana, ce ne sont que des mères déguisées. La chanson de Warda Hermolin ne parlera pas d’elles. Après les pleurs, il y aura des danses. Cypa Gorodecka (revenons à Cypa) regardera les danseurs. Si seulement elle est invitée à la noce

Prendre le bon Dieu de vitesse Trad. du polonais par Pierre Li Nouvelle édition revue et augmentée par Margot CarlierCollection Arcades (n° 81), GallimardParution : 21-04-2005

Prendre le bon Dieu de vitesse est un dialogue entre Hanna Krall et Marek Edelman, le seul survivant parmi les cinq commandants de l’insurrection du ghetto de Varsovie. L’auteure s’interroge sur la manière dont Marek Edelman a vécu l’insurrection. Comment peut-on choisir quelles vies sauver et selon quels critères ? Questions dérangeantes s’il en est. Elle tente de cerner la vérité humaine de cette insurrection, tout en la reliant à des questions éthiques. Ce qui fait que ce livre puissant et subtil n’est pas un énième livre de témoignages sur le ghetto de Varsovie mais une œuvre littéraire.

 

Tu es donc Daniel, Interférences 2008

Courts récits entre témoignage et fiction sur des survivants de l’Holocauste ou leurs descendants que la journaliste et écrivaine a rencontré

6 réflexions sur “Mois des auteures polonaises : Hanna Krall

Quelques mots de vous...

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s