Eugénie de Keyser – La surface de l’eau

La surface de l’eau – Eugénie de Keyser – Gallimard – 1966

eugénie de keyser

Marie, une femme vieillissante, est licenciée de son poste d’institutrice car elle ne parvient pas à faire régner la discipline parmi ses élèves. Elle erre dans la ville de Bruxelles à la recherche d’un emploi. Commence alors une lente dissolution du personnage, comme un visage à la surface de l’eau dont le reflet aux contours imprécis changent selon la lumière et les mouvements de l’onde.

Marie est l’anti-héroïne par excellence. Son existence se défait lentement, sans but et sans affection, dans une parfaite solitude. Le passé se fond dans le présent, et des souvenirs remontent à la surface, tous les moments douloureux, mais aussi les rencontres manquées, les promesses non tenues. La vérité du personnage est dans ses profondeurs inconscientes, ses traumatismes, une enfance malheureuse. Si l’identité est ce qui donne forme et contours, Marie devient de plus en plus anonyme, visible seulement par fragments, dans les rares reflets que le lecteur peut capter d’elle. Elle vit par une sorte de procuration, à travers la vie de ses voisins d’immeuble. Seul son petit voisin, rebelle à la discipline scolaire, tout entier dans le présent, bouillonnant de vie et de désirs, offre un contrepoint à la monotonie du personnage. Et pourtant, ce roman sombre n’est pas désespérant car il possède une grande beauté.

Eugénie de Keyser est née le 17 mai 1918 à Bruxelles et décédée à Ixelles le 4 avril 2012.Son écriture est somptueuse, les descriptions minutieuses, la langue magnifique. Elle est surtout connue pour ses travaux en esthétique et en histoire de l’art et a publié seulement trois romans. Elle a été influencée par les travaux du nouveau roman et ses tentatives de déconstruction du personnage.

La Surface de l’eau a obtenu le prix Victor Rossel en 1966.

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7 réflexions sur “Eugénie de Keyser – La surface de l’eau

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  2. Je ne connaissais absolument pas ce titre ni son auteure. Je ne suis pas sûre que ce côté très sombre me plaise mais merci pour la découvrte, et puis on ne sait jamais, si je croise ce livre… Dans cette chouette collection qu’est Espace Nord…

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  3. Je ne vais pas être originale, je ne connaissais pas du tout cette auteure non plus. Si la noirceur du récit ne me dérange pas, je crains plutôt cette influence du nouveau roman et cette dissolution… Je feuilletterai le livre à l’occasion, les livres d’Espace Nord ont l’avantage de se trouver facilement en bibliothèque (mais pas toujours en librairie malheureusement, les rééditions tardent parfois)

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