Olivier Pont – DesSeins – Dargaud 2015, coloriste : Laurence croix, textes et dessins Olivier Pont
Au fil de sept histoires courtes, Olivier Pont esquisse avec de beaux traits sensibles, le rapport à leur corps et à la vie de sept femmes. Il évite l’écueil qui aurait consisté à projeter ses fantasmes d’homme dans cette partie de l’anatomie féminine que sont les seins. Mais qu’elles en aient ou pas, qu’elles hypertrophient cette partie de leur corps ou qu’elles la revendiquent, les femmes, à travers la joie, l’amour, la maladie, la solitude, vivent aussi leur corps à travers le regard de l’autre. Et les bimbos avec leurs poitrines siliconées, ou les femmes qui laissent jouer leurs seins librement sous leurs blouses traduisent l’aliénation dont elles sont victimes ou la libération et l’autonomie qu’elles tentent de conquérir. Le dessinateur n’évoque pas les Femen mais de jeunes femmes qui en 68, sur les barricades, jetaient joyeusement leurs soutien-gorge.
J’ai trouvé son regard à la bonne distance, dans une certaine empathie mais pas trop. Le dessin est assez épuré mais pas simpliste, et la coloriste, Laurence Croix, ajoute à l’équilibre de la composition par son choix de teintes nuancées mais chaudes. Les plans sont très travaillés, et donnent un rythme à la lecture qui est très agréable.
A découvrir…
