Amanda Boyden – En attendant Babylone / La Nouvelle-Orléans et le cyclone

Amanda Boyden – En attendant Babylone 10/18 (Amanda Boyden 2008) Albin Michel 2010, traduit de l’anglais (Etas-Unis) par Judith Roze et Olivier Colette

La Nouvelle-Orléans, écrasée par la chaleur, tente de se préparer au cyclone Ivan qui doit la traverser. A Uptown, d’autres événements vont faire basculer le destin d’une rue entière, Orchid Street. Le quartier commence à se déliter comme une façade dont les lézardes apparaîtraient d’un seul coup révélant tout ce qui était tenu caché. La misère sociale, la drogue, mais aussi et surtout le poids des armes, les femmes qui croulent sous la marmaille, la pression au travail. Toute une société au bord de l’implosion qui n’attend plus que le cyclone pour mourir tout à fait.

On sent surtout la chaleur lourde et poisseuse, et les odeurs , toute une vie suante et hagarde. Cerise et Roy ont une jolie maison, ils sont accueillants et ouverts mais Mary, leur fille, a bien du mal à devenir autonome. Philomenia guette de sa fenêtre le bar d’en face, rêvant de faire un jour la peau à ces voyous qui viennent vomir jusque devant chez elle. Un peu plus loin, Fearius et son frère pas encore majeurs mais qui déjà trempent dans toutes sortes de magouilles. Ed et Ariel vivent un peu plus loin, directrice d’un hôtel elle n’est jamais là… Une famille hindoue vient d’emménager… Le melting-pot à l’américaine.

Passera-t-il, ou ne passera-t-il pas ? Viendra-t-il achever le travail d’une société malade de sa propre violence, ou les habitants dans un dernier sursaut tenteront-ils de se libérer afin de pouvoir affronter le cyclone ? Il y a ceux qui décident de rester parce qu’ils n’ont nulle part où aller, d’autres qui s’entassent dans de longues files de voitures pour fuir la Nouvelle-Orléans.

Mais qui sait, peut-être les hommes portent-ils en eux leur propre cyclone, le plus dévastateur qui soit.

Mais l’auteure essaie surtout de capturer l’âme de ses habitants, leurs faiblesse et leur grandeur, la beauté des festivités du Mardi Gras. La solidarité aussi face à la violence, la douceur d’une rencontre, la main de celui qui aide et qui sauve. Toute une vie qui aura disparu après Katrina.

Un chant du cygne poignant et magnifique…

Amanda Boyden écrit magnifiquement bien, son récit est bien ficelé, et elle nous tient en haleine jusqu’au bout. Elle sait dresser de magnifiques portraits de gens fragiles, valeureux ou déments.

Un bon livre pour qui aimerait découvrir la Nouvelle-Orléans.

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