Litterama, les femmes en littérature

Un biopic de Mary Shelley au cinéma, à ne pas rater ! J’ai vu, j’ai aimé !

Ne pas oublier de mentionner que Haifaa Al Mansour est la réalisatrice saoudienne de ce chef d’oeuvre qu’est Wadjda, sorti en février 2013, s’il n’y en avait qu’une, ce serait une raison suffisante pour courir voir ce film.

En 1814, Mary Wollstonecraft Godwin entame une relation amoureuse passionnée avec  le poète Percy Shelley. Elle n’a que seize ans mais à l’époque les filles se marient jeunes. mais surtout, elles obéissent à leurs parents et les mariages d’amour ne sont pas légion. Mary choisit qui elle veut aimer et s’enfuit avec son amant. Cela fait bien sûr scandale.  Ils sont tous les deux en avance sur leur temps et leurs idées libérales en amour, comme dans tous les autres domaines va permettre à Mary de faire éclore son talent. C’est en 1816, près du Lac Léman, alors invités dans la demeure de Lord Byron, que Mary inventera le personnage de Frankenstein. Elle le publiera d’abord anonymement, puis luttera pour revendiquer son oeuvre.

Date de sortie 8 aôut 2018 (2h00);  De Haifaa Al Mansour; Avec  Elle Fanning, Douglas Booth, Tom Sturridge; Film américain
     J’ai vu aujourd’hui ce film dans un petit cinéma près de la gare Saint-Lazare. Elle Fanning (Mary Wollstonecraft Shelley) est remarquablement filmée et Douglas Booth (Percy Bysshe Shelley)  tient à merveille son rôle de génie et de séducteur (un peu bellâtre toutefois). Leur rencontre et leur vie commune, dans une sorte de ménage à trois avec Claire Clairmont, fille de la belle-mère de Mary, font l’objet d’une première partie du film, assez longue. Malgré son adhésion aux idées de l’amour libre, Mary souffre et va de désillusion en désillusion, terrassée par la dépression à la mort de sa fille. Claire Clairmont peine à trouver sa place, entre ces deux génies, et fait la connaissance de Lord Byron, magnifiquement campé en poète extravagant et cruel par Tom Sturridge. Lors d’un séjour chez lui, germera dans l’esprit de Mary l’idée de Frankenstein, à la faveur d’un défi lancé par le Lord lui-même pour occuper ses invités (Je ne sais pas le degré de vérité biographique, mais complètement allumé, et complètement misogyne !) .
     De la publication anonyme à la reconnaissance de son oeuvre, due à son père William Godwin, cette seconde partie qui était la plus intéressante, est un peu bâclée. Toutefois on saisit bien l’atmosphère de l’époque, teintée de spiritisme, et la tradition du gothique dans laquelle est profondément enracinée  « Frankestein », ainsi que l’influence des recherches scientifiques et du galvanisme qui lui en inspira la création. On comprend comment cela a pu mûrir en elle et donner naissance à l’ oeuvre majeure qui assure  sa postérité encore aujourd’hui. La critique féministe des années 70, a renouvelé l’intérêt pour cette auteure qui menaçait d’être engloutie par l’oubli.
J’ai été souvent émue par la lutte, l’énergie, la ténacité de Mary face à des éditeurs misogynes, sûrs de leur bon droit et de leur pouvoir, pétris par la morale étroite de leur temps qui ne jugeait pas convenable pour une jeune femme d’écrire ce genre de roman où  la monstruosité, l’indigence et l’indifférence des hommes étaient prises pour cible au lieu de se cantonner aux romans pour dames, convenables, édifiants, sentimentaux et compassés !
Un beau film, un peu malmené par certaines critiques mais beaucoup plus apprécié des spectateurs.

4 Commentaires

  1. Vu la bande annonce. Déjà, rien qu’à travers quelques bouts de scènes on voit que tout est historiquement faux : Mary connaissais Percy Shelley depuis longtemps puisqu’il aidait financièrement son père, John Godwin. Elle ne l’a pas « rencontré dans une soirée » comme cela est suggéré. 2e problème : Byron ne lui a jamais fait d’avance. Il n’était pas du tout intéressé par Mary Shelley — il n’aimait pas les femmes qui pensent. Et il était trop occupé avec Clare Clairmont. C’est la rumeur de l’époque, la rumeur qui le comparait au diable, qui prétendait qu’il avait couché avec Mary Shelley. Qu’est-ce qu’un film fondé sur une rumeur ? On reste dans le cliché d’un Byron et d’un Shelley maléfiques — cliché propagé par les bigots. Il suffit d’avoir lu n’importe quelle biographie soit de Mary Shelley, soit de Percy Shelley, soit de Byron pour faire un film un peu plus proche de la réalité historique — et donc bien plus intéressant.

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  2. Je suis d’accord avec vous en ce qui concerne et les erreurs, d’ailleurs il me semble également qu’elle avait eu un garçon et non une petite fille, de même que Harriet, mais le film est bien plus subtil que ne pourrait le suggérer la bande annonce. Quand à Lord Byron, quel personnage antipathique !

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    • Concernant Byron, précisément, en vrai il n’était pas antipathique. Il était drôle, naïf, courtois, timide, enthousiaste, sincère, facétieux, tombant régulièrement et sincèrement amoureux. En réalité c’était un personnage solaire. Ce sont ses ennemis qui ont crée le mythe d’un lord Byron sombre, odieux, satanique, pervers…etc. C’est pour ça que je sens d’avance que ce film va m’énerver. On est encore dans l’image fausse de Byron. Ça fait deux siècles que ça dure et ça me consterne. Il serait temps de passer au vrai Byron.

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      • En tous cas les témoignages de ses contemporains sont très contrastés, et il pouvait être selon l’humeur, charmant ou odieux, même lui s’accorde à le reconnaître.

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