Litterama, les femmes en littérature

Portraits de femmes, quelle place pour les femmes dans la fiction ?

samedi 22 septembre 2018 de 11h30 à 13h00
« Longtemps, les femmes ont été cantonnées au rôle de personnages secondaires. Heureusement, les choses ont bien changé. Aujourd’hui, les femmes marquent de leur empreinte la richesse et la diversité de la culture contemporaine. Mais il est encore utile de s’interroger sur la place des femmes dans le monde, ce qui a été acquis de haute lutte et ce qu’il reste à conquérir. Quelle est maintenant la place des femmes dans la fiction ? Écrit-on de la même manière un personnage féminin lorsqu’on est un homme ou une femme ? »
Dans son roman, « Poser nue à la Havane », Wendy Guerra, évoque Anaïs Nin, figure emblématique pour les intellectuelles cubaines dont sa mère faisait partie. Elle est morte jeune et ce livre est un parcours pour la retrouver.
Anaïs Nin parlait sans filtre, et elle était ce qui ressemblait le plus à une intellectuelle à l’époque.
« Il faut imaginer cette époque dans un régime macho-léniniste, où les hommes barbus dominaient dans les assemblées ». Anaïs Nin devient cubaine dans une réincarnation apocryphe.
 » Nous sommes en 1922. Anaïs Nin part à Cuba sur les traces d’un père absent et fantasmé, à la découverte de la famille paternelle. Dans son journal, peu d’allusions à cette période. De sa plume riche en images saisissantes, Wendy Guerra imagine ce qu’Anaïs a pu ressentir en arrivant sur l’île et superpose ainsi ses pensées apocryphes aux confessions réelles de la jeune Anaïs Nin, restituant ainsi la voix d’une âme à la recherche de son identité. « 
Quelle place pour les femmes à Cuba ? Dans un système communiste qui revendique la force, la camaraderie entre hommes, et la lutte virile ? Wendy Guerra n’a pas vraiment répondu à la question et c’était un peu frustrant. Elle pose pourtant le besoin de s’identifier à d’autres femmes pour pouvoir s’assurer de son identité. Une femme occidentale qui revendique sa liberté.
« j’ai ma propre colonne vertébrale, dit-elle, et je vole des histoires à mes contemporaines ».
Laura Kasischke évoque ses personnages, ils sont tous féminins, ce sont des jeunes filles, des mères de famille. Elle donne la parole aux femmes.
« J’écris avec le matériau que j’ai. Je suis une femme, une mère, j’ai eu des relations conflictuelles avec ma mère. J’écris de là où je viens. » Elle avoue écrire à partir de son expérience, même si elle aimerait un jour écrire avec le point de vue d’un homme.
« Mais je ne sais pas si j’en serai capable, je ne saurai pas par où commencer », avoue-t-elle.
Dans le roman dystopique de Leni Zumas, « Les herbes rouges », quatre voix s’entremêlent,  toutes des femmes. Rebondissant sur les propos de Wendy Guerra, qui affirmait qu’il ne faut jamais demander son âge à une femme, Leni s’insurge contre cette culture de la honte qu’on nous impose, qui oblige à cacher son âge, son poids, etc. Quant au fait que ses personnages soient tous des femmes, relevé par la critique, elle répond que personne ne se serait avisé de dire à Hemingway que ses personnes étaient tous des hommes, ou qu’il y en avait trop.
Le roman met en scène un monde post-apocalyptique dans lequel tout est remis à zéro, pour autant les vieux réflexes ne sont pas morts et resurgissent. La violence s’exerce à nouveau sur les femmes. la même violence sexuelle, la même vulnérabilité. Elle s’est inspirée du personnage féminin secondaire de « la route » de Mac Carthy. La misogynie est parfaitement intériorisée, remarque-t-elle, et c’est elle qui détruit les femmes.
A suivre…

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