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Le temps des métamorphoses de Poppy Adams

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Poppy Adams – Le temps des métamorphoses (The Behaviour of Moths) , traduit de l’anglais par Isabelle Chapman,  Belfond 2009, collection 10/18, 382 pages

Poppy Adams – Le temps des métamorphoses (The Behaviour of Moths) , traduit de l’anglais par Isabelle Chapman,  Belfond 2009, collection 10/18, 3825 pages

Deux sœurs se retrouvent au soir de leur vie dans la grande maison familiale cinquante ans plus tard. A Bulburrow Court, Virginia Stone vit recluse, et l’arrivée inopinée de sa sœur Vivien après une si longue absence la laisse désemparée. Les souvenirs affluent, et les secrets qu’elle aurait aimé laisser enfouis.

Peu à peu, se dévoilent au cours du récit, de terribles révélations qui les conduiront vers l’issue la plus fatale. L’auteure distille savamment doutes et retournement de situations : Vivien a-t-elle véritablement accompli cette terrible chute du haut de la tour ou quelqu’un l’aurait-elle poussée ? Et la mère qui glisse sur les marches humides de la cave, un simple accident ?

Virginia serait-elle un peu « spéciale » ? Manipulée à son tour par une sœur égocentrique ? Un père qui ne voit rien en dehors de ses obsessions ? Une mère qui sombre …

L’histoire se déroule sur quatre jours du vendredi au mardi. L’auteure plante minutieusement le décor, avec force détails, le lecteur ne s’aventure guère au-delà du manoir, dans un huis-clos étouffant que les critiques ont souvent comparé à l’atmosphère hitchcockienne. Le drame s’annonce dès les premières pages, et les souvenirs s’égrènent comme une litanie qui révèle les vices, les traumatismes enfouis, l’incapacité à prendre en compte les désirs de l’Autre pour ramener tout à ses propres obsessions, qui mènera chacun vers une sorte de folie ou de fureur, étouffées derrière les murs épais de ce manoir victorien d’apparence respectable.

Les mœurs des lépidoptères illustrent parfaitement le déterminisme qui nous rend prisonniers de nos passés, à l’instar de ces insectes dont les actes répondent à des stimuli, programmés par leur instinct, et n’ont pas d’autre alternative.  La seule chose qui nous différencie d’eux est notre conscience de ce qui nous arrive.

Le père entomologiste, obsédé par ses insectes lépidoptères au point de tout leur sacrifier, la relation particulière qu’il a entretenu avec Virginia, la mère qui perd pied peu à peu, la violence entre les êtres … Le récit se métamorphose à l’instar d’un lépidoptère, mais au lieu de se transformer en une créature merveilleuse, plonge au contraire dans la noirceur des êtres, et de leur inconscient.

Il faut déplorer quelques longueurs, quelques lenteurs, mais si vous aimez les âmes noires, ce livre est pour vous.

English summary

« From her lookout on the first floor, Ginny watches and waits for her younger sister to return to the crumbling mansion that was once their idyllic childhood home. Vivien has not set foot in the house since she left, forty-seven years ago; Ginny, the reclusive moth expert, has rarely ventured outside it.

But with Vivien’s arrival, dark, unspoken secrets surface. Told in Ginny’s unforgettable voice, this debut novel tells a disquieting story of two sisters and the ties that bind – sometimes a little too tightly. »

 

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