Romancière italienne : Matilda Serao ( 1856-1927)

De père napolitain et de mère grecque, elle fit ses études à Naples et entra à l’Ecole normale. Elle fut employée des télégraphes pendant trois ans, expérience qu’elle a relatée dans son roman  » Le Télégraphe d’Etat » (1885). Elle commença sa carrière littéraire avec des nouvelles et des croquis parus dans les journaux, dont Simple Vérité (1879). Ses premiers livres, Opale (1878), En Vérité (1879), Légendes Napolitaines et Cœur blessé lui valurent des critiques élogieuses. Elle s’installa alors à Rome où elle collabora à de nombreuses revues ; elle épousa en 1884 Eduardo Scarfoglio, avec lequel elle fonda Il Corriere di Roma, Il Corriere di Napoli et la revue Il Matino dont elle fut codirectrice. Séparée de son mari, elle fonda Il Giorno.

Ses meilleurs romans, parmi une quarantaine de volumes, furent publié entre 1885 et 1900 : La Vertu de Checchina, (La virtù di Checchina, 1884), vie morne d’une femme qui n’ose pas vivre son amour adultère , Le Roman de la jeune fille,( Il romanzo della fanciulla), en partie autobiographique,  Le Ventre de Naple ( Il ventre di Napoli ),où on voit la solidarité des Napolitains, abandonnés par leur administration.

S’ensuivront des romans aux nombreux thèmes : la spéculation financière (Trenta per cento, 1889), le jeu (Au pays de cocagne, 1890), la solitude et les souffrances d’une danseuse du corps de ballet (Vie en détresse, traduit de La ballerina, 1899)

Elle est, comme beaucoup de femmes de son époque, pétrie de contradictions : elle est contre le divorce malgré les infidélités de son mari, et contre l’émancipation des femmes malgré le droit à travailler qu’elle leur reconnaît. Difficile de s’affranchir de siècles de traditions ! Elle fut antimilitariste, assez critique puis plus modérée envers Mussolini après l’attentat dont fut victime le siège de son journal Il Giorno.

«  Ce qui restera chez elle, ce sont les pages où elle s’inspire de l’angoisse des humbles et fait revivre avec passion les aspects multiples et changeants de la vie napolitaine. » B. Croce

Sources : A. Consiglio, Le più belle pagine di Matilda Serao, Milan, 1914, Dictionnaire des femmes célèbres de tous les temps et de tous les pays – Bouquins Robert Laffont, 1992, Graziella Pagliano in Dictionnaire Universel des Créatrices, consulté le 15/07/2020

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Litterama (Les femmes en littérature)

Les femmes et la littérature dans l'histoire Ce blog vise à faire davantage connaître les femmes auteurs moins connues et moins diffusées que leurs homologues masculins. https://litterama.wordpress.com ou http://femmes-de-lettres.com

6 réflexions au sujet de « Romancière italienne : Matilda Serao ( 1856-1927) »

  1. Eh bien, avec ce billet, vous m’avez donné envie de me replonger dans « Le ventre de Naples ». Même si ce livre a été écrit un secolo fà, il y a quelque chose d’inchangé en Naples, parce que permanent. Et je crois que cette chose était là déjà à l’époque de Partenope (quel nom que celui, tout premier, de cette cité ! celui d’une sirène qui s’est suicidée… d’amour, et dont le corps a échoué là), ce quelque chose est la danse entre la vie et la mort, l’illusoire victoire de l’un sur l’autre, ce qu’a si bien rendu Matilda Serao. Merci pour cette mise en lumière.

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