Le confident – Hélène Grémillon

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Hélène Grémillon Le confident Plon JC Lattès 2010

La mère de Camille vient de mourir. Au milieu des habituelles lettres de condoléances, une enveloppe un peu plus épaisse attire son attention. En lisant ce courrier inattendu, non signé, elle pense que c’est une erreur, que l’expéditeur s’est trompé de destinataire. Mais une étrange confession va suivre qui va bouleverser sa vie, et lui enlever tous les repères qu’elle pensait si stables et immuables.

         On ne peut rien dire d’autre de cette histoire au risque de lui enlever tout ce qui en fait le sel. D’ailleurs je vous recommande d’en refuser tout résumé un peu détaillé. Il s’agit ici d’un excellent suspense psychologique, orchestré de main de maître par Hélène Grémillon.

Le lecteur va de surprise en surprise et la fin opère un retournement de situation qui ne peut qu’enchanter le lecteur.

          Il faut quelques dizaines de pages pour s’acclimater à l’univers de Camille et pour saisir tous les enjeux de l’étrange confession dont elle est la destinataire. Une fois que vous serez à la bonne température, décommandez tous vos rendez-vous, préparez-vous un thermos de thé ou de café, quelques sandwichs dans une assiette, laissez un message sur le répondeur de votre employeur, et poursuivez votre découverte. Ce livre vous enchaînera à sa lecture, et jamais vous ne connaîtrez de liens plus étroits et plus doux. Cette tension et cette attente est très proche de l’état amoureux. Son dénouement vous procurera un très grand plaisir et peut-être vous mettrez-vous à ronronner (si cela vous arrive, ou si cela vous est arrivé, dites-le-moi).

Une auteure à suivre…

Ce livre m’a donné envie de découvrir  la vie d’Elizabeth Vigée-Lebrun et quelques ouvrages fort instructifs :

Hygiène et physiologie du mariage. Histoire naturelle et médicale de l’homme et de la femme mariés. Hygiène spéciale de la femme enceinte et du nouvé-né. Ces ouvrages sont censés stimuler la fécondité au XIXe siècle et sont encore utilisés dans les années 30.

Le gouvernement de Vichy avait pris quelques mesures pour relancer la natalité : interdiction de l’avortement, interdiction de la contraception et interdiction de toute information sur la sexualité.

Ablutions, flagellations, urtications, rien n’était épargné aux femmes stériles afin qu’elles puissent concevoir. A cette époque, une femme n’avait guère d’existence en-dehors de ses fonctions reproductrices et le mariage instituait la plus petite unité de base : la famille, qui assurait la solidité et la permanence de la mère patrie, ainsi qu’une main d’œuvre pour ses usines, ses ateliers et ses administrations.

Celle qui mangeait le riz froid – Moon Chung-hee

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«Auteure d’une dizaine de recueils, de pièces de théâtre et d’essais d’inspiration féministe qui ont fait d’elle une des grandes voix de la poésie coréenne, Moon Chung-hee est née en 1947 à Boseong en Corée du Sud., trois ans seulement après la fin de l’occupation du Japon et six avant la division Nord/Sud. Elle fait partie de la première génération à réécrire en coréen. Elle part faire des études très tôt (bien qu’elle soit une fille) et est très rapidement récompensée pour les poèmes qu’elle écrit.
Elle est maintenant.

Reconnue dans son pays elle reçoit de nombreux prix littéraires et participe activement à des manifestations culturelles pour représenter la Corée, où la poésie reste un genre littéraire très vivace. Ses poèmes, traduits et réunis dans une anthologie, sont publiés en 2012 par les Éditions Bruno Doucey sous le titre « Celle qui mangeait le riz froid » » 

3 avril 2013

19 h 00 – 20 h 00 Lectures croisées de Moon Chung-hee et Aurélia Lassaque
Université Paris 1 / PANTHEON-SORBONNE, Paris

4 avril 2013

Soirée « Littérature féminine » en Corée du sud : modernité(s) et changement social, avec Moon Chung-hee, sa traductrice Kim Hyun-jha et Bruno Doucey et avec Benjamin Joinau et Jean-claude de Crescenzo 

18H30-20H00

Auditorium du Pôle des langues et civilisations

65, rue des Grands Moulins

75 013 Paris (Métro Bibliothèque François Mitterand

Ce qui frappe tout d’abord dans la poésie de Moon Chung-hee est la force de transmission entre femmes, entre mère et fille :

« Si ma mère m’a emmenée à la mer quand j’étais enfant

ce n’était pas pour me montrer les eaux bleues très salées

c’était pour me montrer la force des choses

qui frétillaient dans l’estran malgré le danger

Mais dans nos sociétés patriarcales, les femmes sont « rejetées de-ci de-là comme un gland tombé dans le repas du chien », « sans pouvoir prendre part au monde grand et large ».
De ce mépris qu’endure les femmes, elle dit « je ne fais que pleurer comme la cataracte qui frappe la falaise »

« Avec l’eye-liner de chez Estée Lauder

à grand peine je cerne mes yeux d’une clôture noire

La femme du pays assujetti enfin prête pour sortir

Se lève lentement comme l’héroïne d’une tragédie »

« Mais grâce à mes poèmes j’ai réussi à chanter avec courage la vie de la femme, son monde, son rôle. En 1982, j’ai passé deux ans à étudier à l’université de New York et j’ai pu finalement apprécier, pour la première fois, la liberté, la liberté d’une femme. Mais aussi la liberté de trouver des nouvelles lectures qui ne se limitent pas simplement à la poésie et à la littérature, mais qui permettent d’élargir ses horizons. », confie-t-elle au magazine Keulmadang (éditorial n°19 février 2013) 

ce combat n’est pas vain, puisque l’écriture permet de reprendre possession de soi :

Je prendrai tout simplement possession de mon corps

Sous le ciel

Au pays de la poésie

Je suis fleurie

  une analyse ici

  Moon-Chung-Hee-1_web-e1347210187133source : éditions Bruno Doucey, printemps des poètes, magazine Keulmadang

J’ai découvert au salon du Livre les éditions Bernard Doucey pour lesquelles j’ai eu un véritable coup de coeur ! Je vous invite à découvrir leur catalogue qui est d’une grande richesse.