Olive Kitteridge – Elizabeth Strout

Olive-Kitteridge

Elizabeth Strout est née en 1956 à Portland, dans le Maine. Après des études de droit, elle s’installe à New-York et publie des nouvelles dans différentes revues littéraires. Elle met sept ans à rédiger son premier roman, Amy et Isabelle (Plon, 2000 ; réed Ecriture, 2012). En 2009, elle reçoit le prix Pulitzer pour Olive Kitteridge, publié dans 26 pays.

Olive Kitteridge est l’héroïne de cette histoire à la narration éclatée qui se déroule sur une période de trente ans. Parfois au second ou à l’arrière-plan, elle est dans la vie de ses concitoyens, habitants de Crosby, une petite ville côtière du Maine cette femme très autoritaire, professeur de mathématiques, ou cette autre généreuse et chaleureuse qui n’hésite pas à  donner son temps et son attention. Elle est indispensable à son mari mais le rend-elle heureux ? Mère possessive, elle manque pourtant de douceur et de tendresse. Christopher, son fils, se tait le plus souvent. Elle apparaît au fil du récit comme une personnalité très complexe, aux multiples facettes. Femme de caractère, qui ne revient jamais sur ce qu’elle a fait, ne demande jamais pardon, lui reproche son mari et ne doute jamais d’elle-même, Olive affronte une solitude intérieure qui la tourmente. On voit le personnage évoluer tout au long du récit constitué de treize nouvelles qui chacune se focalise sur un ou plusieurs personnages de l’environnement immédiat d’Olive.

Elle a l’air d’une femme banale, Olive, pourtant son fils la fuit. Le dialogue ne se noue pas et les relations vont être difficiles toute leur vie durant. On en apprendra la raison seulement à la fin du roman. Au cœur de cette personnalité apparemment solide, au caractère bien trempé, bougonne au grand cœur, se cache une faille, une blessure que l’on devine sans jamais être capable de la nommer. Elle juge vite, condamne sans appel, est capable de sautes d’humeur imprévisibles. Au fond qui est Olive Kitteridge ? Peut-on d’ailleurs connaître quelqu’un, ou ne nous trouvons-nous pas toujours au fond face à un mystère ? Il nous est déjà arrivé de croire connaître quelqu’un et puis d’être surpris, voire déçu par ses actes ou ses paroles. Que savons-nous des motivations profondes, de l’intériorité d’Olive à part ce qu’elle en dit ? Et ce qu’elle en dit est parfois contredit par les autres. On le sait, on a tendance a s’auto justifier et il nous est difficile de reconnaître nos erreurs.

C’est la force de cette construction narrative, le personnage a perdu de son unité, Eizabeth Strout nous fait douter : femme de tête, femme de caractère ou tout simplement femme égocentrique et brutale ? Le roman est une quête constante qui nous tient en haleine même si apparemment il ne se passe rien, dans le sens où ce n’est pas un roman où se succèdent les actions…

C’est un roman vraiment très intéressant mais qui ne m’a pas captivée, ne m’a pas émue. Peut-être cette sorte de « diffraction » qui, à force de nous faire perdre Olive dans les yeux de tous ses autres, finit par atténuer l’intérêt qu’on avait pour le personnage. Et puis elle se remet rarement en question, est un peu monolithique, ce qui alourdit le récit. Des impressions en demi-teintes donc. 

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