Cut d’Emmanuelle Marie / Festival d’Avignon

J’ai vu cette pièce dans le cadre du off d’Avignon, et si vous y êtes cette  semaine, je vous la recommande. Elle voyage aussi, et peut donc se jouer près de chez vous. Elle existe en plusieurs versions : sous forme de lecture spectacle, trois voix, trois pupitres, un accordéon et également dans le cadre d’un théâtre participatif, dans des ateliers  (de 30 à 40 heures) animés par les comédiennes . Les participantes intègrent la mise en scène à travers un chœur de femmes. Enfin sous sa version longue, celle que j’ai vue la semaine dernière.

Cette pièce était brillament interprétée par Stéphane Dupéray, Clara Marchina, Pauline Woestelandt qui joue en alternance avec Inès Lopez (Compagnie Sapiens Brushing), mise en scène avec brio par Laurence Laburthe

« Cut veut dire couper, séparer. le mot sexe vient de sexus, mais viendrait aussi de secare, qui veut également dire en latin … séparer. Je trouvais que c’était amusant d’avoir le fond et la forme réunis dans un même titre… » Emmanuelle Marie

Pour Cut, achevé en juin 2001, elle reçoit une aide à l’écriture du ministère de la Culture et du conseil général du Pas-de-Calais. Il a été présenté au Théâtre du Rond-Point en juin 2003, dans une mise en scène de Jacques Descorde.

En 2006, elle atteint la consécration avec le montage de sa pièce Blanc au Théâtre de la Madeleine. Mise en scène par Zabou Breitman, interprétée par Isabelle Carré et Léa Drucker la pièce est créée en septembre et doit être prolongée. Le spectacle est deux fois nommé aux Molières 2007 pour la lumière d’André Diot, et pour le décor de Jean-Marc Stehlé. Le texte est traduit en allemand. Elle décède en 2007 des suites d’une maladie.

Trois dames se croisent dans les toilettes publiques. Pourquoi les filles pissent-elles assises ? se demandent-elles. Et c’est quoi ce « ça » entre leurs jambes, qui les fait femmes. Mystérieux, intérieur/extérieur, le sexe féminin, si difficile à nommer, qui les enferme parfois, organe de jouissance ou organe silencieux, se dévoile peu à peu à travers l’histoire de ces trois femmes.

Elle font parfois chœur, se répondent en duos, ou en trios et tentent de cerner leurs relations avec les hommes. Les corps se raidissent ou entrent en mouvement dans l’acte d’amour qui est une forme de danse, jamais impudique; l’amour se chante aussi porté par la voix magnifique de Clara Machina qui vocalise sur le mot « masturbation ». Les corps se libèrent, la parole devient cri, chant, revendication, confession, admonestation. Elle dit aussi l’ambiguïté et le paradoxe, le désir d’amour, et la violence qui parfois en tient lieu, la relation à soi et à l’autre.

A voir…

 

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