Miroir d’Elles

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A voir au Théâtre du Marais, du 1er au 31 octobre, d’après des textes de Franca Rame et Dario Fo (Prix Nobel de littérature), Jean-Gabriel Nordmann, Gérard Levoyer, Lise Martin, Guy Foissy, Xavier Durringer (D’ailleurs en parlant de Xavier Durringer, si vous n’êtes pas encore allés voir « Acting » avec Nils Arestrup et Kad Merad, courez-y, c’est excellent.)

« Les monologues, drôles, tragiques, tendres et graves, sont tous des témoignages de fragments de vie de femmes. Elle est toutes ces femmes.

9 femmes comme autant de facettes que l’on croise dans le miroir. Chacune est un instantané de vie: drôle, léger, émouvant, tragique. C’est selon… Dans sa robe noire, elle entre et livre des témoignages poignants, des confessions pathétiques ou des confidences mutines Elle est toutes ces femmes.

Miroir d’Elles a reçu le prix des P’tits Molière 2015, catégorie « Meilleur seul en scène  »

Cut d’Emmanuelle Marie / Festival d’Avignon

J’ai vu cette pièce dans le cadre du off d’Avignon, et si vous y êtes cette  semaine, je vous la recommande. Elle voyage aussi, et peut donc se jouer près de chez vous. Elle existe en plusieurs versions : sous forme de lecture spectacle, trois voix, trois pupitres, un accordéon et également dans le cadre d’un théâtre participatif, dans des ateliers  (de 30 à 40 heures) animés par les comédiennes . Les participantes intègrent la mise en scène à travers un chœur de femmes. Enfin sous sa version longue, celle que j’ai vue la semaine dernière.

Cette pièce était brillament interprétée par Stéphane Dupéray, Clara Marchina, Pauline Woestelandt qui joue en alternance avec Inès Lopez (Compagnie Sapiens Brushing), mise en scène avec brio par Laurence Laburthe

« Cut veut dire couper, séparer. le mot sexe vient de sexus, mais viendrait aussi de secare, qui veut également dire en latin … séparer. Je trouvais que c’était amusant d’avoir le fond et la forme réunis dans un même titre… » Emmanuelle Marie

Pour Cut, achevé en juin 2001, elle reçoit une aide à l’écriture du ministère de la Culture et du conseil général du Pas-de-Calais. Il a été présenté au Théâtre du Rond-Point en juin 2003, dans une mise en scène de Jacques Descorde.

En 2006, elle atteint la consécration avec le montage de sa pièce Blanc au Théâtre de la Madeleine. Mise en scène par Zabou Breitman, interprétée par Isabelle Carré et Léa Drucker la pièce est créée en septembre et doit être prolongée. Le spectacle est deux fois nommé aux Molières 2007 pour la lumière d’André Diot, et pour le décor de Jean-Marc Stehlé. Le texte est traduit en allemand. Elle décède en 2007 des suites d’une maladie.

Trois dames se croisent dans les toilettes publiques. Pourquoi les filles pissent-elles assises ? se demandent-elles. Et c’est quoi ce « ça » entre leurs jambes, qui les fait femmes. Mystérieux, intérieur/extérieur, le sexe féminin, si difficile à nommer, qui les enferme parfois, organe de jouissance ou organe silencieux, se dévoile peu à peu à travers l’histoire de ces trois femmes.

Elle font parfois chœur, se répondent en duos, ou en trios et tentent de cerner leurs relations avec les hommes. Les corps se raidissent ou entrent en mouvement dans l’acte d’amour qui est une forme de danse, jamais impudique; l’amour se chante aussi porté par la voix magnifique de Clara Machina qui vocalise sur le mot « masturbation ». Les corps se libèrent, la parole devient cri, chant, revendication, confession, admonestation. Elle dit aussi l’ambiguïté et le paradoxe, le désir d’amour, et la violence qui parfois en tient lieu, la relation à soi et à l’autre.

A voir…

 

« Elle » suivie de « Tirée au cordeau » de Marie-Pierre Cattino

Je n’ai malheureusement pas pu voir cette pièce à Avignon, mais elle semble tout à fait digne d’intérêt.

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Sa pièce Elle (Editions Avant-scène – Quatre-Vents) est actuellement à l’affiche au Festival Off à Avignon au Théâtre de la Bourse du travail -CGT 8, rue Campane à 16 h 40.
« Elle » est partie en claquant la porte il y a une dizaine d’années et « Elle » revient voir ses parents, prétextant un reportage sur les banlieues. Pourquoi ce départ précipité ? Pourquoi ce besoin de revenir après 10 ans d’absence ? Dans ce huis-clos familial, le drame passé refait surface au détour et au-delà des mots.

Se mélangent les envies de savoir et d’occulter, les envies de dire et de taire.

« Tous ceux qui lisent ou liront « Elle »  seront comme moi impatients de voir cette « Elle » sur scène, car c’est pour la scène que Marie-Pierre écrit, pour les comédiens, pour la lumière du plateau, pour être incarnée en somme. » Jean-Claude Grumberg

Mise en scène : Ivan Ferré
Avec : Aïni Iften, Laure Vallès et Pierre Azaïs

Informations données par Christian Bach des Editions Koinè où elle est également publiée. ( Les larmes de Clytemnestre – juillet 2011)

Nathalie Akoun Une histoire de clés – Une Médée moderne

Vignette Les femmes et le théatre« Une femme se retrouve seule à élever ses enfants, car son mari s’est enfui du cocon familial. Perdue, dépassée par les événements de sa propre vie, elle dérape, un jour. Accusée de laxisme pour n’avoir pas fermé à clé la porte de chez elle un soir, elle est jugée responsable des agissements de son fils, sorti durant la nuit. En voulant le défendre corps et âme, elle commet l’irréparable, au nom de l’amour maternel. » Editions l’Avant-scène théâtre.

Date de parution  : 01/09/2008  Genre  Drame Drame moderne Collection des quatre-vents.

La création d’Une histoire de clés a eu lieu le 3 décembre 2005 au Théâtre de l’Atalante dans une mise en scène d’Olivier Cruveiller. Nathalie Akoun y interprétait la Femme.
     J’ai assisté à la représentation de cette pièce à la salle Jacques Tati à Saint-Germain en Laye hier soir.
Le personnage est passionnant : mère qui ne vit qu’à travers ses enfants, elle s’en désintéresse dés qu’ils grandissent. Il lui faut, à chaque fois, être enceinte, et renouer avec ce temps d’avant la révolte adolescente, ce temps de la fusion. Elle aime alors se regarder à travers le regard de ses enfants, puissante et sûre d’elle-même.
      Elle a confiance en eux, dit-elle, une confiance absolue. Ce n’est pas de sa faute d’ailleurs si ça a dérapé, c’est une histoire de clés, oubliées sur la porte. L’aîné est sorti sans sa permission et a fait des bêtises.
     Ce n’est jamais de sa faute,  quelque chose lui échappe « cette boîte noire dans sa tête », et la petite fille qu’elle porte en elle et dont elle aimerait pouvoir se délivrer. Et le père ? Et bien le père est parti, faute de place.  Elle se lave les mains à intervalles réguliers tout au long de la pièce. Qu’a-t-elle donc fait, me direz-vous, pour éprouver ce besoin de pureté, de quelle faute doit-elle se laver ?
      Cette mère, on la croise parfois dans nos écoles, sur nos paliers, une mère un petit peu fragile et débordée par ses enfants qui lui échappent, incapable de poser des règles, de fixer des limites et d’aider ses enfants à grandir. Prisonnière, enfermée dans sa folie.
Nathalie Akoun est toujours dans la retenue et la mesure, jamais dans le débordement ou l’hystérie, précise et juste.
Ce monologue est parfaitement bien construit et très bien écrit. Nathalie Akoun est douée.

Nana’s cOmedy club® 1er festival d’humour féminin à Lyon

Le nOmbril du mOnde recrute, pour son festival Nana’s cOmedy club® !
Ils recherchent des duos, trios, solos, FEMININS. Vous pouvez leur proposer proposer vos sketches, pièces, chansons humoristiques, spectacles visuels… et passer une audition, pour participer au « Nana’s cOmedy club®  » du 12 au 28 mai prochain.
Le but : présenter durant une soirée, au public et à l’équipe du nOmbril du mOnde, un quart d’heure de votre show.
Après deux semaines de festival, les spectateurs et le nOmbril du mOnde choisiront deux spectacles qui seront programmés, dans leur intégralité, le vendredi 27 et samedi 28 mai.
Pour toute information et inscription, contactez : nanascomedyclub@lenombrildumonde.com

Photo de Nombril Du Monde.

Madame Bovary, rhabillée par Paul Emond, Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps.. A voir si vous êtes près de Paris…

Il faut voir ce formidable spectacle, où le texte, adapté par Paul Emond révèle des aspects certainement insoupçonnés jusque là. La mise en scène instaure un décalage qui permet de souligner les ridicules ou les faiblesses des personnages, les contre-emploi sont également très réussis et on y croit complètement. L’humour est bien présent et fait de cette histoire une sorte de tragi-comédie où l’on rit volontiers parfois.  La musique, et notamment la performance de Gilles-Vincent Knapps à la guitare (Conservatoire de jazz) donne une coloration et une atmosphère souvent envoûtante. C’est vraiment très réussi.

Du mardi 08 mars 2016 à 19h00  au jeudi 30 juin 2016 à 19h00…

« Quatre comédiens vont conter, chanter, incarner la grande épopée d’Emma Bovary. La révolte romanesque, le combat instinctif d’une femme qui refuse de se résigner à sa condition et cherche, quel qu’en soit le prix, à faire l’expérience sensuelle et exaltante d’une vie où figurent l’aventure, le plaisir, le risque, la passion et les gestes théâtraux.
Une femme, trois hommes, un récit inexorable comme une tragédie, flamboyant comme un drame, mordant comme une comédie.

BOVARYSME, nom masculin : capacité de l’homme à se concevoir autre qu’il n’est.

Le seul moyen de supporter l’existence, c’est de s’étourdir dans la littérature comme dans une orgie perpétuelle.
Gustave FLAUBERT 1858″

Festival d’Avignon off 2015 – Du domaine des murmures avec Leopoldine Hummel – compagnie La Caravelle DPI

Du domaine des murmures (Goncourt des lycéens 2011) – Programme du OFF 2015 – Avignon Festival & Compagnies – Théâtre des Halles, salle de la Chapelle.

femmes-de-lettres les femmes et le théâtre 1 jpg« 1187, le Moyen Âge. Franche Comté, le domaine des Murmures. Le châtelain impose à sa fille unique,« Lothaire-le-brutal ». Esclarmonde, 15 ans, refuse le mariage. Le jour de la noce, elle se tranche l’oreille. Elle choisit d’épouser le Christ. Protégée par l’Eglise elle est emmurée vivante, une recluse. Pourtant, neuf mois plus tard, la pucelle donne naissance à un fils. L’enfant a les paumes percées : les stigmates du Christ…Mystère ? Menace ? Miracle ? Du fond de sa tombe. Esclarmonde va défier Jérusalem et Rome, les morts et les vivants et même le Ciel, pour sauver son fils. « 

J’avais lu le roman de Carole Martinez ( ) que j’avais beaucoup aimé. Léopoldine Hummel donne chair à ce texte avec une grande force et beaucoup de subtilité. Son jeu est d’une grande justesse; elle n’en fait ni trop, ni trop peu. Le personnage a une profonde force morale, et les émotions qui l’agitent laissent voir toute la richesse de son intériorité. Elle murmure, chante, fait vibrer sa voix avec une infinité de degrés. Comment forcer le destin et conquérir sa liberté dans une société qui vous enferme dans un rôle et dans des codes ? Esclarmonde défie le monde et Dieu…
La seule chose qui m’a gênée dans la mise en scène est l’utilisation d’un micro dont la comédienne n’avait absolument pas besoin dans cette petite chapelle. Leopoldine Hummel était lumineuse et inspirée, faisant corps avec son texte, amoureusement. Une belle performance, et la profondeur d’un souffle pendant 1h15.
Interprète(s) : Leopoldine Hummel
Charge de production et de diffusion : Daniel Legrand
Adaptation scénographie et mise en scène : José Pliya
La Caravelle Diffusion Production Internationale, cie de création, se veut un laboratoire pour questionner le « vivre ensemble »Soutien : Conseil Général du Doubs
Cette pièce avait été jouée du 5 mai au 12 juillet au Théâtre de poche Montparnasse avec une autre comédienne, Valentine Krasnochock.