Une chambre en Inde – une création collective du Théâtre du Soleil jusqu’au 2 juillet 2017 à la cartoucherie de Vincennes.

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Une chambre en Inde – une création collective du Théâtre du Soleil, dirigée par Ariane Mnouchkine, musique de Jean-Jacques Lemêtre, en harmonie avec Hélène Cixous, avec la participation exceptionnelle de Kalaimamani Purisai Kannappa Sambandan Thambiran, Représentations du mercredi au vendredi à 19h30, le samedi à 16h, le dimanche à 13h30, Durée du spectacle 3h30 + entracte de 15 minutes jusqu’au 2 juillet 2017 à la cartoucherie de Vincennes.

Le théâtre, et plus largement l’art, éclaire, donne à voir et à comprendre, mais aussi à sentir, à travers nos émotions, ce qui nous déchire et nous soumet parfois impitoyablement à la question. Que nous veulent-ils, que faut-il faire ? Où et comment agir ?

Les spectateurs qui ont assisté ce dimanche 23 avril à la représentation, ont dû entendre de multiples résonances à la situation politique française, aussi lointaine que puisse paraître, au premier abord, cette chambre en Inde. Ce jour rappelait aussi la naissance de Shakespeare, le  (vers le ) 23 avril 1564 ; comme l’a souligné Ariane Mnouchkine, « En un tel jour, rien de vraiment grave ne peut arriver. »

La troupe a décidé de désamorcer le pathos, en faisant de la scène du théâtre, le lieu d’une comédie où se joue le spectacle (tragique) du monde. Le rire peut-il combatte l’horreur ?

Cette chambre, lieu clos, est traversée de toutes les rumeurs et de tous les éclats qui secouent notre monde : la condition des femmes, le réchauffement climatique, l’extrémisme politique et religieux. D’ailleurs de larges fenêtres sont ouvertes sur les bruits de la rue, et le téléphone apporte les nouvelles, souvent mauvaises, de ce qui se passe ailleurs; les intrusions oniriques ou réelles nous rappellent qu’il est impossible de se tenir à l’écart, et d’être simplement spectateur : tout le monde peut-être touché un jour par la fureur et la désolation..

Et c’est la philosophie du Théâtre du Soleil, cosmopolite, composé d’une vingtaine de nationalités, certains acteurs venant d’Afghanistan, d’Irak ou de Syrie, de se tenir dans un constant dialogue avec l’autre, et de se nourrir de ce qui est étranger.

Curieux du monde et des autres, le théâtre du Soleil, emprunte la forme artistique du Teru Koothu, théâtre populaire découvert lors d’un séjour avec la troupe à Pondichéry début 2016, peu après les attentats du mois de novembre. Sur scène, le Kattiyakaram, personnage central, mène le jeu au milieu des danses et des chants accompagnés par les musiciens. Ces spectacles se jouent souvent des nuits entières dans les villages et racontent, entre autres, les épopées du Mahâbhârata et du Ramayana.

Les visions que Cordélia a la nuit sous forme de cauchemars font irruption selon leur propre logique. Aussi ne faut-il pas chercher la cohérence narrative dans la sécurité d’une intrigue. Les saynètes se croisent et s’entrecroisent pour former la trame du récit, conduit au fil d’une question lancinante qui revient jusqu’au bout : « L’art peut-il sauver le monde ou est-il parfaitement inutile ? » Que peut le théâtre face à un fusil ou des bombes ? Il dénonce depuis toujours, et il désamorce le désespoir en nous donnant le goût de la lutte.

Une vidéo montre des comédiens représentant le Roi Lear, dans une cave d’Alep, sous les bombardements.

Ils ne seront pas oubliés.

L’école nomade d’Ariane Mnouchkine – Théâtre du soleil – Une chambre en Inde

La chambre de Médée, texte et mise en scène de Alain Ubaldi/ Le mythe encore une fois revisité.

Festival Féminin pluriel du 20 février ou 1er avril 2017

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Nous en avons déjà parlé ici, sur ce blog, mais le plafond de verre ne se limite pas aux entreprises, à la littérature ou à la bande-dessinée (littérature de bande-dessinée) mais règne aussi dans le domaine des arts du spectacle vivants et du théâtre, dont nous parlons de temps en temps sur ce blog grâce aux liens étroits qu’il entretient parfois avec la littérature : selon le Parisien, « seulement 21 % des directeurs de théâtre en France et 27 % des metteurs en scène étaient des femmes ». Le réseau Créat’yve, association composée de directeurs de théâtre des Yvelines, a décidé de réagir  et de montrer un pan peut-être méconnu de la création féminine dans ce domaine. Jusqu’au 1er avril prochain (Alors, il n’est pas trop tard , même si nous avons raté le coche depuis quelques jours), le premier festival « Féminin pluriel » va battre son plein dans les Yvelines et dans le Val d’Oise,  avec 28 spectacles montés, mis en scène, joués, dansés, chantés par des femmes, un peu partout, notamment  à la Ferme de Bel-Ebat à Guyancourt. à l’Onde à Vélizy-Vill à La Lanterne à Rambouillet. acoublay, au théâtre du Vésinet.  au théâtre Eurydice Esat à Plaisir, à La Lanterne à Rambouillet, salle Malesherbes à Maisons-Laffitte, au Collectif 12 à Mantes-la-Jolie, au Colombier à Magnanville, au Prisme à Élancourt et quelques autres salles.

Vous pouvez retrouver le programme sur le site de Creat’yve :  http://www.creatyve.eu/femininpluriel-programmation

Métamorphoses – Aurélie Van Den Daele
Lorenzaccio – Catherine Marnas
Regarde les lumières mon amour – Clotilde Moynot
Le songe d’une nuit d’été  Lisa Wurmser
Camille, Camille, Camille – Marie Montegani
On va faire la cocotte – Hélène François et Emilie Vandenameele
Fratries – Eve Ledig
Antigone – Lucie Berelowitsch
C’est (un peu) compliqué d’être l’origine du monde – Les Filles de Simone (Au mois de mai, elles seront à Poissy !)
Le saut de l’ange – Aurélie Van Den Daele
Les nouveaux maîtres du monde – Marie-Charlotte Biais

 

Miroir d’Elles

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A voir au Théâtre du Marais, du 1er au 31 octobre, d’après des textes de Franca Rame et Dario Fo (Prix Nobel de littérature), Jean-Gabriel Nordmann, Gérard Levoyer, Lise Martin, Guy Foissy, Xavier Durringer (D’ailleurs en parlant de Xavier Durringer, si vous n’êtes pas encore allés voir « Acting » avec Nils Arestrup et Kad Merad, courez-y, c’est excellent.)

« Les monologues, drôles, tragiques, tendres et graves, sont tous des témoignages de fragments de vie de femmes. Elle est toutes ces femmes.

9 femmes comme autant de facettes que l’on croise dans le miroir. Chacune est un instantané de vie: drôle, léger, émouvant, tragique. C’est selon… Dans sa robe noire, elle entre et livre des témoignages poignants, des confessions pathétiques ou des confidences mutines Elle est toutes ces femmes.

Miroir d’Elles a reçu le prix des P’tits Molière 2015, catégorie « Meilleur seul en scène  »

Cut d’Emmanuelle Marie / Festival d’Avignon

J’ai vu cette pièce dans le cadre du off d’Avignon, et si vous y êtes cette  semaine, je vous la recommande. Elle voyage aussi, et peut donc se jouer près de chez vous. Elle existe en plusieurs versions : sous forme de lecture spectacle, trois voix, trois pupitres, un accordéon et également dans le cadre d’un théâtre participatif, dans des ateliers  (de 30 à 40 heures) animés par les comédiennes . Les participantes intègrent la mise en scène à travers un chœur de femmes. Enfin sous sa version longue, celle que j’ai vue la semaine dernière.

Cette pièce était brillament interprétée par Stéphane Dupéray, Clara Marchina, Pauline Woestelandt qui joue en alternance avec Inès Lopez (Compagnie Sapiens Brushing), mise en scène avec brio par Laurence Laburthe

« Cut veut dire couper, séparer. le mot sexe vient de sexus, mais viendrait aussi de secare, qui veut également dire en latin … séparer. Je trouvais que c’était amusant d’avoir le fond et la forme réunis dans un même titre… » Emmanuelle Marie

Pour Cut, achevé en juin 2001, elle reçoit une aide à l’écriture du ministère de la Culture et du conseil général du Pas-de-Calais. Il a été présenté au Théâtre du Rond-Point en juin 2003, dans une mise en scène de Jacques Descorde.

En 2006, elle atteint la consécration avec le montage de sa pièce Blanc au Théâtre de la Madeleine. Mise en scène par Zabou Breitman, interprétée par Isabelle Carré et Léa Drucker la pièce est créée en septembre et doit être prolongée. Le spectacle est deux fois nommé aux Molières 2007 pour la lumière d’André Diot, et pour le décor de Jean-Marc Stehlé. Le texte est traduit en allemand. Elle décède en 2007 des suites d’une maladie.

Trois dames se croisent dans les toilettes publiques. Pourquoi les filles pissent-elles assises ? se demandent-elles. Et c’est quoi ce « ça » entre leurs jambes, qui les fait femmes. Mystérieux, intérieur/extérieur, le sexe féminin, si difficile à nommer, qui les enferme parfois, organe de jouissance ou organe silencieux, se dévoile peu à peu à travers l’histoire de ces trois femmes.

Elle font parfois chœur, se répondent en duos, ou en trios et tentent de cerner leurs relations avec les hommes. Les corps se raidissent ou entrent en mouvement dans l’acte d’amour qui est une forme de danse, jamais impudique; l’amour se chante aussi porté par la voix magnifique de Clara Machina qui vocalise sur le mot « masturbation ». Les corps se libèrent, la parole devient cri, chant, revendication, confession, admonestation. Elle dit aussi l’ambiguïté et le paradoxe, le désir d’amour, et la violence qui parfois en tient lieu, la relation à soi et à l’autre.

A voir…

 

« Elle » suivie de « Tirée au cordeau » de Marie-Pierre Cattino

Je n’ai malheureusement pas pu voir cette pièce à Avignon, mais elle semble tout à fait digne d’intérêt.

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Sa pièce Elle (Editions Avant-scène – Quatre-Vents) est actuellement à l’affiche au Festival Off à Avignon au Théâtre de la Bourse du travail -CGT 8, rue Campane à 16 h 40.
« Elle » est partie en claquant la porte il y a une dizaine d’années et « Elle » revient voir ses parents, prétextant un reportage sur les banlieues. Pourquoi ce départ précipité ? Pourquoi ce besoin de revenir après 10 ans d’absence ? Dans ce huis-clos familial, le drame passé refait surface au détour et au-delà des mots.

Se mélangent les envies de savoir et d’occulter, les envies de dire et de taire.

« Tous ceux qui lisent ou liront « Elle »  seront comme moi impatients de voir cette « Elle » sur scène, car c’est pour la scène que Marie-Pierre écrit, pour les comédiens, pour la lumière du plateau, pour être incarnée en somme. » Jean-Claude Grumberg

Mise en scène : Ivan Ferré
Avec : Aïni Iften, Laure Vallès et Pierre Azaïs

Informations données par Christian Bach des Editions Koinè où elle est également publiée. ( Les larmes de Clytemnestre – juillet 2011)