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Alicia Giménez Bartlett – Des serpents au paradis

Gimenez-Bartlett

Alicia Giménez Bartlett – Des serpents au paradis – 2002, Alicia Giménez Bartlett – 2007, Editions Payot&Rivages, traduit par Alice Déon  ♥♥♥

  Vignette Les femmes mènent lenquèteL’inspectrice Delicado, dans cette cinquième aventure, doit résoudre avec son adjoint Garzón une nouvelle affaire : un homme a été découvert noyé dans la piscine de sa résidence après une soirée bien arrosée. La résidence El Paradís semble l’endroit rêvé pour les familles : parc, haies bien taillées, femmes au foyer modernes mais attentives à leur progéniture. Tout semble parfait. Mais n’est pas seulement une façade ? Ne va-t-elle pas commencer à se craqueler de toutes parts ? Que se cache-t-il derrière les visages lisses de ces trentenaires ? Juan Luis Espinet était-il vraiment ce mari séduisant et bon père de famille que même la mort ne parvient pas à défigurer ?

Nos deux policiers sont déterminés à lever le voile…

Casa Milà at dusk in Barcelona, Spain. The bui...
Casa Milà at dusk in Barcelona, Spain.(Photo credit: Wikipedia)

J’avoue avoir trouvé cette histoire cousue de fil blanc. Cent pages avant la fin, j’avais découvert et le coupable et le mobile et je piaffais d’impatience face à ces deux enquêteurs qui semblaient ne rien voir du tout, s’engouffrant dans les fausses pistes sans aucun discernement et au mépris de la conscience professionnelle la plus élémentaire. Il ne faut pas grand-chose, me suis-je dit, pour être inculpé d’un meurtre. Ou alors je me suis fait complètement manipuler, parce que peut-être que l’essentiel n’est pas là.

Parce que voilà, j’ai pris un grand plaisir à suivre cette enquête qui n’en est pas vraiment une. L’inspectrice Delicado, Pietra de son prénom, désamorce tous les clichés sur la douceur féminine. Elle a divorcé deux fois, ne déteste pas boire un verre de temps en temps, tient à son indépendance et se défoule dans une bonne bagarre à l’occasion. On pourrait m’objecter qu’elle adopte là des travers plutôt masculins et qu’un siècle de féminisme trouverait difficilement dans ce modèle son aboutissement. C’est vrai, mais, que voulez-vous, c’est jubilatoire.

Ma lecture a été ponctuée de ricanements, gloussements, parfois intempestifs, qui m’attiraient des regards interrogateurs. Oui, je me suis bien amusée dans cette drôle d’enquête…

Alicia Giménez Bartlett pétille d’intelligence, aime les pied-de nez, et prend plaisir à nous balader dans cette histoire trop vraisemblable, aux ressorts passablement éculés.

Elle sait analyser les rapports humains, élabore l’air de rien, une critique sociale, et une radiographie de Barcelone et de ses quartiers.

Je l’ai écouté lors d’une conférence au salon du Livre, et j’ai pu apprécier son humour et sa joie de vivre.

Je suivrais avec plaisir les prochaines aventures de Pietra.