Itoyama Akiko – Le jour de la gratitude au travail

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Itoyama Le jour de la Gratitude au travail, deux récits traduits du japonais par Marie-Noëlle Ouvray, Picquier poche 2010, édition originale, 2004, 120 pages

Le peu que je connaissais de l’entreprise japonaise ou du monde du travail au Japon je le devais à Amélie Nothomb à travers son livre « Stupeurs et tremblements », plus quelques articles de presse glanés ici et là. Dans ce livre, la narratrice raconte son expérience  de l’entreprise japonaise et sa lente descente aux enfers. Mais l’ostracisme dont elle va être la victime est surtout  la conséquence d’une différence de mentalités et  du fait de sa méconnaissance des codes inhérents à l’entreprise. Si c’est bien le monde du travail à la japonaise, il est vu cependant par une française: il me manquait donc le point de vue d’une japonaise.

Le jour de la gratitude au travail ou kinrô kansha no hi (勤労感謝の日), se célèbre le le 23 novembre. Il semblerait que les japonais aient beaucoup moins de vacances que nous. Et selon Francois Delbrayelle, français qui vit au Japon, « C’est un évènement qui commémore le travail et la production. À cette occasion ont lieu de nombreuses actions dont fait partie le festival du travail de Nagano qui encourage les débats à propos des droits de l’Homme et de la Femme, de l’environnement et de la paix. À l’origine cette journée était dédiée à la fête de la récolte des céréales appelée Niiname-sai (新嘗祭) qui existerait depuis les temps immémoriaux de l’empereur légendaire Jimmu (-660/-585). La journée actuelle de gratitude au travail date de 1948. Elle célébrait à l’origine les nouveaux droits apportés par la constitution, notamment l’expansion des droits au travail. »

Dans le premier des deux récits, Kyôko se retrouve sans emploi suite à une altercation avec son chef. Elle évoque au cours de son récit quelques aspects de la vie des femmes :  une tentative de mariage arrangé, chose qui existe encore au Japon et l’inégalité hommes-femmes face à l’emploi : « On avait beau arriver sur le marché du travail en pleine bulle économique, le nombre d’emplois pour les filles était restreint et elles ramaient pour décrocher une embauche », puis en conclusion s’exclame qu’il est « chiant d’être une femme ». On pourrait penser que c’est un peu court, et qu’il n’y a pas grand-chose dans ce récit à se mettre sous la dent, pourtant à ce moment-là le récit bascule. Un événement apparemment anodin ouvre une autre perspective

Il en va de même du deuxième récit, qui évoque la vie d’une entreprise, chose somme toute assez banale, et sans les précisions qui pourraient apporter un aspect documentaire au récit et le rendre plus intéressant. Pourtant une fois encore dans le ton et l’écriture quelque chose séduit , la découverte de secrets au cœur de la vie des personnages qui les rend plus touchants.

 

Bon, vous l’avez compris, s’il ne s’agit pas ici d’un chef d’œuvre , ce livre n’en est pas moins assez agréable à lire et j’ai passé un bon moment. 

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