Litterama, les femmes en littérature

L’habitude des bêtes, Lise Tremblay/ Découverte Festival America 2018

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L’habitude des bêtes, Lise Tremblay, éditions Boréal 2017 pour l’édition au Canada, Editions Delcourt pour la présente édition.

Je poursuis ma découverte des romancières québécoises, avec leur langue si savoureuse et leur talent de narratrices.

Lise Tremblay est née à Chicoutimi. Elle a obtenu plusieurs prix, dont celui du Gouverneur général pour son roman « La danse juive » et le grand Prix du livre de Montréal en 2003 pour son recueil de nouvelles « La héronnière ».

L’habitude des bêtes est étrangement un roman d’hommes, d’hommes qui parlent peu, qui expriment rarement leurs sentiments mais qui, à la suite de drames survenus dans leur existence, ont entamé une révolution intérieure qui va peu à peu transformer leur façon de vivre leur virilité.

Les « vrais » hommes n’aiment la nature que pour la dépouiller, ils prennent sans demander, utilisent l’intimidation et la violence pour parvenir à leurs fins. Ils sont les maîtres de la nature avec laquelle ils ne cherchent pas l’harmonie mais la domination. Des loups vivent dans le parc où ils sont protégés, mais ils ont eu le malheur de s’approcher un peu trop près des habitations des hommes. Est-ce une menace ? Ou plutôt n’est-elle pas dans les cœurs et les mains de ceux qui revendiquent si férocement leur virilité ?

Le narrateur a adopté un chien qui a changé sa vie et son rapport aux autres. Il le dit, il a été un père odieux sans s’intéresser ni à sa fille, ni à sa femme, obsédé par son hydravion, et par sa vie de luxe.

Sa fille a souffert longtemps, elle ne veut être ni fille, ni garçon, rien en trop, rien qui dépasse. Elle va prendre une décision qui va changer sa vie.

Un jour tout change, peut-être l’habitude des bêtes.

Il ne se passe pas grand-chose dans ce roman, mais là encore il est comme un visage familier, que l’on reconnaît même de loin, même en plein brouillard, une silhouette, une démarche, quelque chose de connu et de rassurant, d’aimé aussi.

Alors que le Québec est si loin, et ses hivers si rudes, sa nature si indomptable parfois.

Mais les cœurs qui battent sont les mêmes…

Je ressors de cette immersion au Québec vraiment chargée de trésors sur lesquels je ne vais pas manquer de veiller.

Merci les amies !

10 Commentaires

  1. J’ai déjà lu La héronnière, recueil de nouvelles que j’avais trouvé très noir (mais intelligent)et Chemin Saint-Paul, récit plus intime où Lise Tremblay parle de l’accompagnement de ses parents (récit à la fois douloureux et libérateur, que j’ai beaucoup aimé). Celui-ci est dans ma pile, un adorable libraire québécois m’a convaincue de le tenter (je crains un peu la noirceur de la dame).

    Aimé par 1 personne

    • Oui, j’ai lu qu’elle faisait partie des « romanciers de la désespérance » dont « la « désespérance douce » se vit dans l’absence de l’autre. Ce qui peut « refroidir » le lecteur en quête d’optimisme et de force de vie. On dit que les gens heureux n’ont pas d’histoires. Mais ce n’est pas tout à fait vrai. J’ai son premier roman « L’hiver de pluie » qui semble, en effet, assez mélancolique. Mais je te rassure, « L’habitude des bêtes » a aussi un peu d’optimisme. Les « méchants » ne gagnent pas tout à fait, et les gens parviennent à être heureux tant bien que mal.

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