Un printemps très chaud – Sahar Khalifa

un printemps très chaud

Un printemps très chaud. Éditions du Seuil. Traduit de l’arabe (Palestine) par Ola Mehanna et Khaled Osman

Deux enfants s’apprivoisent à travers un grillage. Des sourires, de rares mots, chacun apprend un peu des mots de la langue de l’autre et s’émerveille de trouver des ressemblances. Mais cette clôture extérieure symbolise aussi la clôture intérieure, psychique qui habite chaque palestinien et israélien. La haine empêche toute communication ou tout élan. Ahmad, un jeune palestinien, se laisse porter par l’amour de l’Autre, en dépit des interdits de sa communauté. Il est timide, et rêve d’aventure : il décide de franchir la clôture…Braver l’interdit aura de lourdes conséquences pour le jeune homme et le fera passer brutalement de l’enfance à l’adolescence. Il se trouve enrôlé dans les forces de résistance…

Comment grandir derrière des murs et des clôtures, comme être jeune aujourd’hui en Israël et Palestine ?

Ce récit a pour toile de fond la seconde Intifada et les représailles israéliennes. On y voit comment des jeunes gens sont conditionnés pour devenir des « martyrs »…

La place des femmes palestiniennes est problématique. Soumise à la tradition, elle a peu d’éducation et ses droits ne sont pas égaux à ceux des hommes. Pourtant, les femmes portent toutes les responsabilités, d’autant plus accrues lorsque les maris ou les fils entrent dans la résistance. Seules, elles s’occupent de subvenir aux besoins de la famille quand leurs maris sont emprisonnés ou pire tués dans une escarmouche avec l’armée israélienne. La femme est sacrifice : elle se sacrifie pour ses enfants, le nom de la famille, la dignité, la nécessité pour la femme de préserver son honneur. L’oppression que subissent les femmes double celle subie par Israël : « Vous nous bassinez avec Israël ! L’oppression que nous subissons de nos proches est plus dure et plus amère. »

D’ailleurs quelle place les femmes occupent-elles dans l’Organisation ? « C’était ça la politique, c’était ça les dirigeants ?Et nous, les femmes, que savons-nous ? Que désirons-nous ? Qu’attend-on de nous ? C’est Souad qui lui a fourni la réponse : « Pas grand-chose… Pour eux, nous ne sommes qu’un décor et rien de plus… »

Peut-être est-ce là le pire des malentendus, les femmes et les hommes ne se connaissent pas vraiment, et une moitié de l’humanité est ignorée pendant que l’autre fait la résistance. Comment un pays, une région, peut-elle se développer dans ces conditions ?

« Mais sérieusement, toi qui es un jeune homme éduqué, dis-moi ce qu’on y connaît au sexe faible, à part le harem, les concubines entretenues et les femmes voilées dissimulées derrière leur tenture ? Est-ce que c’est possible de dialoguer avec des têtes cachées derrière des voiles et des rouleaux de tissu ?Est-ce que c’est possible de pénétrer le marché mondial quand ton image est associée aux femmes pachtounes et à Khomeyni ? T’as vu leurs photos ? je te promets qu’un sac de riz ou de pommes de terre est plus sexy ! « 

  J’ai trouvé ce livre assez intéressant pour toutes les connaissances qu’il apporte

 sur la société palestinienne et la place des femmes. Sahar Khalifa, est, sans nul doute, une grande dame. 

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