Le bonheur de la nuit – Hélène Bessette

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  Hélène Bessette – Le bonheur de la nuit – Editions L&o Scheer, 2006

Hélène Bessette, née en 1918 a été publiée pendant une vingtaine d’années et représenta un temps l’avant-garde de la littérature des années 60-70. Marguerite Duras déclara même : « La littérature vivante, pour moi, pour le moment, c’est Hélène Bessette, personne d’autre en France. », Raymond Queneau à son tour la qualifia d’ « Un des auteurs les plus originaux de son temps . ».Pourtant qui connaît son nom aujourd’hui malgré l’excellent travail d’édition de Laure Limongi ?

Hélène Bessette cependant marqua son temps, et ses romans figurèrent plusieurs fois sur les  listes des prix Goncourt et Femina. Elle fonda le GRP, le Gang du Roman Poétique et dynamita les codes traditionnels du roman pour inventer une langue nouvelle, rapide, efficace, et pratique. Elle tranchait dans la phrase comme on tranche dans le vif.

Toutefois si les intellectuels du temps reconnurent son originalité et son talent, elle ne rencontra pas le grand public. Son style novateur eut tôt fait de déconcerter des lecteurs habitués à une narration plus classique. Ses romans ont des allures de poèmes :

Une grosse femme brune. Noiraude. Forte en postérieur. Ce qui fait onduler la jupette. Un peu plus loin. Derrière le jarret.

Forte en reins. Moulée dans un chandail.

Excitante et sexy.

Les phrases sont courtes, parfois composées d’un seul mot et donnent un rythme heurté au récit.

Les repères donnés par le roman réaliste ou psychologique n’ont plus vraiment cours ici  même si on retrouve des personnages relativement identifiables, et une progression – non-linéaire cependant- dans le récit.

  Le bonheur de la nuit, est le récit d’une crise, crise de couple, dans laquelle se jouent l’amour et la séduction, la séparation et les retrouvailles de Nata de Nathanaël cynique et veule et de son épouse, puis de sa maîtresse dans un espèce de cycle sans fin, qui sombre dans l’absurdité et la violence. Le couple est un enfermement où se jouent des relations de pouvoir, où les femmes se donnent pour de l’argent et où les hommes représentent un patriarcat violent et destructeur.

  Hélène Bessette, disons-le tout de suite, est un auteur qui pourra sembler difficile à certains. J’ai trouvé, pour ma part, de l’intérêt à la lire, même si  le récit s’essouffle vers la fin. Il a un côté expérimental qui m’a intriguée je dois le dire. Je crains cependant qu’elle ne soit jamais  populaire et qu’elle reste un auteur d’avant-garde louangé par les critiques mais ignorée par les lecteurs.

5 réflexions sur “Le bonheur de la nuit – Hélène Bessette

  1. Marguerite Duras a été sensible à son écriture originale et à sa volonté de rompre avec les codes du roman traditionnel. Ton avis semble plus mitigé, mais je le note dans ma LAL par curiosité.
    Commentaire n°1 posté par Heide le 11/12/2012 à 23h44

    Disons qu’il fait partie de ces livres qu’on lit uniquement par plaisir intellectuel. Mais le plaisir intellectuel est un plaisir à part entière. Après, pour l’émotion, je n’en ai ressenti aucune.
    Réponse de Anis le 02/01/2013 à 12h06

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  2. Auteure que je ne connaissais pas… je retiens son nom, l’aspect expérimental du texte m’interpelle.
    Commentaire n°2 posté par Nadael le 10/12/2012 à 17h44

    Oui, c’est un style qui n’a pas eu de descendants, je dirais. Un style difficile. Et à la fois les grandes épopées ont été écrites sous forme de vers. D’une certaine manière, elle retourne aux sources.
    Réponse de Anis le 02/01/2013 à 12h01

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  3. Des titres originaux qui me rappelle la trilogie de Lucas Belvaux : Un couple épatant / Cavale / Après la vie.
    Je ne connaissais pas Hélène Bessette avant que tu en parles. Je ne sais pas si j’apprécierais sa forme d’écriture mais il est bon de remettre en question ses propres aspirations.
    Commentaire n°3 posté par Philiisne Cave le 08/12/2012 à 20h43

    Oui, il me semble que de temps il faut essayer ce qui est ou paraît difficile. On en retire toujours quelque chose.
    Réponse de Anis le 02/01/2013 à 11h54

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  4. Moi non plus, je ne connaissais pas ! Pas sûre que je chercherai à la lre, tu ne m’en veux pas ? 😉
    Commentaire n°4 posté par Anne le 08/12/2012 à 09h49

    Ah, elle est difficile à lire.
    Réponse de Anis le 02/01/2013 à 11h53

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  5. Je ne la connaissais pas du tout .
    Merci pour cette nouvelle découverte .
    Commentaire n°5 posté par Denis le 08/12/2012 à 09h08

    C’est curieux qu’elle soit autant tombée dans l’oubli car les écrivains de son temps l’ont reconnue mais le public n’a pas suivi ni les universitaires.
    Réponse de Anis le 02/01/2013 à 11h52

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