Etre femme et écrire : le Maroc à travers Bahaa Trabelsi, Maria Guessous et Halima Hamdane

Trois auteures, Bahaa Trabelsi (1966), Maria Guessous (1973?) et Halima Hamdane ( ?) parmi les invités de Livre Paris 2017 écrivent en français et représentent une certaine génération d’écrivains puisqu’elles sont toutes trois nées fin des années soixante, début des années 70, un doute cependant pour Halima Hamdane dont je n’ai pas trouvé la date de naissance mais dont on sait qu’elle est venue s’installer en France en 1986 alors qu’elle était déjà professeur de français au Maroc. Elle avait donc une vingtaine d’années au moins, et aujourd’hui plus de quarante ans. 

Les trois livres lus, Une femme tout simplement, Hasna ou le destin d’une femme, Une femme tout simplement, mettent en scène des destins de femme qui se débattent entre tradition et modernité, entre le français (langue de l’oppresseur, de l’Occident, mais aussi de la liberté des femmes) et l’arabe ( langue du foyer, de l’affectif, de l’identité mais aussi de la tradition et de la soumission des femmes). La position qu’elles doivent tenir est extrêmement compliquée et rendent compte des problématiques qui se jouent à travers leur statut. « Je me heurtais, je le savais, aux piliers de notre société où il n’a jamais été question pour une femme de vivre seule. Cela supposerait qu’elle est libre de disposer d’elle-même, de son corps, de l’orientation qu’elle veut donner à sa vie. Ce sont des prérogatives qui reviennent à son père, à son mari ou à son frère. il n’y a pas de place pour une femme célibataire et libre. l’existence d’une vie sexuelle n’est pas concevable en dehors du mariage. » dit l’héroïne d’une femme tout simplement.

Que prône au juste la tradition ? « Elles sortaient chaperonnées par des membres de la famille, et la tête couverte. De toutes les manières, le mariage était une affaire de famille. »  A cette époque, une femme ne se mariait pas par amour, le mariage était affaire d’alliance et il fallait choisir le meilleur parti : un homme capable de subvenir aux besoins d’une famille.

Si les romans offrent parfois une analyse sociologique, elle est inévitablement datée, ces romans après tout ont  au moins une dizaine d’année et le Maroc d’aujourd’hui doit être différent de celui évoqué dans ces récits.

Toutefois ce qui ressort est que l’écriture et donc les études, le savoir sont des facteurs d’émancipation pour les femmes. Dans une majorité de cas, les sociétés traditionnelles et patriarcales enferment les femmes dans la maternité et les tâches domestiques. Elles sont étroitement surveillées car elles sont garante de la pureté de la lignée qui se fait par le père. Elles assurent également la transmission de l’héritage ou du nom par le fils.

Il faut qu’un nouvel ordre règne pour briser le carcan, et dans tous les mouvements d’émancipation, ce renversement est synonyme de solitude et d’exclusion. Tout le monde n’est pas prêt à le supporter, et c’est pourquoi même si le bât blesse on peut préférer le bât. La liberté ne garantit pas le bonheur.

« Elles ne sont pas prêtes à prendre des risques. Elles n’ont pas de garanties et un poids terrible à porter. Tu oublies la tradition, les préjugés, la férocité des gens. On peut ouvrir grand les cages, tous les oiseaux ne se sauvent pas. » dit un des personnages de « Laissez-moi parler ».

Le roman de Maria Guessous est un peu différent en ce qu’elle dénonce des préjugés de classe et l’asservissement des petites gens. Elle dépeint des couples qui vivent à l’occidentale, où les femmes sont infidèles. Leur liberté n’est que le signe de leur dépravation.

Les deux romans de Halima Hamdane et Bahaa Trabelsi sont intéressants et très bien écrits. J’ai peut-être préféré celui de Bahaa Trabelsi.

  Maria Guessous - Hasna - Ou le destin d'une femme.

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