Litterama, les femmes en littérature

Cycle romancières portugaises – Un peu d’Histoire

Les femmes et l'ecriture 3A partir de 1600, les encyclopédies répertorient essentiellement deux auteures , Soror Mariana Alcoforado (1640-1723) et Leonor de Almeida Portugal. Est-elle l’auteure des cinq lettres portugaises adressées au comte de Saint-Léger pendant la Guerre de Restauration de l’Indépendance ou s’agit-il de Gabriel de Guilleragues ? Le débat reste ouvert.

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Il n’en reste pas moins que ce texte est fondateur pour la littérature écrite par des femmes. L’exclusion des femmes de la littérature est appréhendé comme un fait politique au sein d’une société où se combinent l’idéologie fasciste et le patriarcat. Il est revendiqué et s’inscrit au cœur d’une résistance ou d’un combat , écrit par « les trois Maria » Maria Isabel Barreno, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa, composé de 120 textes (lettres, poèmes, rapports, textes narratifs, essais et citations), qui questionne ce que peuvent la littérature, les mots et le langage. Publié et interdit en 1972 sous la dictature renversée par le coup d’état du 25 avril 1974, pamphlet virulent contre la guerre coloniale, la situation des femmes et l’arbitraire du système judiciaire. (Voir l’excellent article Les « Nouvelles lettres portugaises » et l’émancipation féminine)

cet intertexte revendiqué des Lettres de la Religieuse Portugaise, trouve « une nouvelle signification au sein d’ un réseau de filiations : de Sapho au romantisme en passant par la littérature féminine de la première moitié du XXe siècle, et la littérature de couvent. »

Au XVIIIe siècle,  Leonor de Almeida Portugal (1750-1930). Elle a laissé une correspondance et des poèmes dont aucun n’est traduit en français mais répertorié womens writers in History ( voir ici ).

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Il faudra attendre la fin du XIXe siècle, et le  saudosismo, pour constater l’émergence de nouveaux auteurs, dont Florbela Espanca, rare femme de son époque à avoir fait des études. Elle rejoint un groue d’écrivains féminins et écrit des articles dans Le Portugal Féminin. En 1919 elle publie sa première œuvre poétique, Livro de Mágoas. Elle se suicide dans la nuit du 7 au 8 décembre 1930 à Matosinhos après avoir ingéré une trop forte dose de somnifère.

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A partir des années 1900, deux noms vont apparaître principalement sur la scène littéraire : Sophia de Mello Breyner Andresen, poétesse,  (également prix Camões )  (1919-2004), et Agustina Bessa-Luis (née en 1922) et qui obtiendra les plus hautes distinctions pour son œuvre (dont le prix prix Camões ). Certaines de ses œuvres sont traduites en français notamment aux éditions Métailié dont le travail remarquable permet d’accéder  à de nombreuses œuvres. « Agustina Bessa-Luís est née dans la région du Douro en 1922. Son roman A Sibila (La Sibylle) publié en 1954 fut certainement un des textes les plus novateurs de la littérature portugaise. Depuis, cette immense romancière n’a cessé d’écrire, de publier: elle a à son actif une cinquantaine de romans, ainsi que des pièces de théâtre, des chroniques, des nouvelles. Elle décortique la société portugaise, ses racines historiques et son évolution tout le long de ces dernières cinquante années, ses mythes et son actualité, avec une écriture d’une forte densité, aux conclusions pertinentes et de vraies axiomes qui transcendent le récit. Son « dialogue » avec le grand cinéaste Manoel de Oliveira est à l’origine de plusieurs films, soit inspirés de ses romans (Francisca à partir de Fanny Owen, Val Abraham du roman homonyme, Le Principe de l’incertitude du roman homonyme) soit de scénarios expressément écrits (Party). Elle a aussi assumé des charges publiques importantes : la direction d’un quotidien à Porto, puis celle du Théâtre National Portugais à Lisbonne. Elle vit à Porto.  ( et Olga Gonçalves ( née en 1929). « 

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A partir de 1930 et pour toute la première partie du XXe siècle, Maria Gabriela LLansol (1931), Maria Ondina Braga (1932-2003), Maria Teresa Horta (1937), Maria Velho da Costa (1938), Maria Isabel Barreno (1939-2016), Hélia Correia (1949). Ces romancières naissent pendant la dictature de L’Estado Novo (« Nouvel État »), paternaliste et clérical, au sein duquel les droits des femmes sont extrêmement réduits. D’ailleurs faut-il y voir la raison de cette pléthore de Maria ? Elles auront une trentaine d’année à la fin de la dictature, ce qui va marquer le destin de trois d’entre elles.

Maria Gabriela Llansol occupe une place à part, « caractérisée par la singularité d’une écriture qui prend ses distances avec le narratif, le descriptif et le psychologique, brisant les frontières entre les genres littéraires et sollicitant constamment notre participation active. »

Maria Teresa Horta, accusée d’atteintes aux bonnes mœurs ainsi que Maria Isabel Barreno et Maria Velho da Costa pour la publication de leur livre Les Nouvelles Lettres portugaises, elles ont été depuis réhabilitées, après la révolution des Œillets qui a renversé le régime autoritaire salazariste est membre du Parti communiste portugais depuis 1975, tout en menant une lutte féministe, tant dans son métier d’écrivaine que dans son action militante. Elle est aujourd’hui rédactrice en chef de la revue Mulheres et auteure de romans, de nouvelles, de nombreux recueils de poésies et d’un essai sur l’avortement au Portugal. Mulheres et auteure de romans, de nouvelles, de nombreux recueils de poésies et d’un essai sur l’avortement au Portugal.

Maria Velho da Costa  a publié en français L’Oiseau rare et autres histoires, et Myra. Les thèses féministes font partie de son œuvre ainsi qu’une certaine liberté dans les structures narratives.

Maria Isabel Barreno a été un écrivain prolifique mais très peu d’œuvres sont traduites ( La Disparition de la Mère, Les Veillées Oubliées (source Wikipédia). Elle fait partie des « trois Maria » qui se sont engagées dans le combat féministe.

Helia Correja est l’auteure d’une oeuvre importante et a reçu le prix camoes 2015. invisible dans la traduction française, je n’ai trouvé qu’un livre qui évoque son travail dramaturgique (les antigones contemporaines : de 1945 à nos jours de Stépahanie Urdician). la littérature contemporaine retient sur tout le nom de Lidia Jorge.

Il en existe bien d’autres mais je n’ai cité que celles dont on lit le plus d’occurrences, si vous en connaissez d’autres …

Escritoras-em-portugues

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