Litterama, les femmes en littérature

Itinéraire d’une blogueuse – Les hommes qui aiment leur féminin …

Lorsque j’étais une jeune étudiante en philosophie, et que je me spécialisais en esthétique, en philosophie de l’art, l’absence des femmes dans ce domaine, a été source d’interrogations sur la place des femmes en littérature et plus largement dans les disciplines artistiques. Je me suis alors lancée dans mes premières recherches sur le matrimoine littéraire et suis allée de découvertes en découvertes.

En même temps, la philosophie m’a forcée à m’interroger sur cette notion de « féminin », sur ce que c’est qu’être une femme. Les penseurs et penseuses n’ont pas manqué jusqu’à cette lecture de Judith Butler, et de son « Trouble dans le genre ». Lecture ardue mais passionnante. Et puis Jung aussi m’a aidée à réfléchir. Clarissa Pinkola Estès, psychanalyste et conteuse et « Femmes qui courent avec les loups » a fait profondément résonner en moi cette part enfouie, pleine de vitalité et vibrante de la femme sauvage.

Plus tard, dans ma quête d’identité, j’ai ajouté le nom de ma mère, à mon patronyme, par amour, parce qu’elle est morte et que c’était aussi une manière de la faire vivre.

J’ai retrouvé ses racines alsaciennes, et j’ai découvert que ce nom, que je revêtais comme une parure d’amour, Gangloff, un nom famille alsacien- lorrain, avait une origine germanique gangilwulf, compose de gang marche, chemin et wulf qui signifie loup.

Aussi à manière j’étais femme qui marchait avec les loups.

Mon chemin a été jalonnée d’importantes rencontres, notamment Virginia Woolf, Simone de Beauvoir, mais aussi d’hommes qui sont devenus pour moi des références, Poullain de la Barre, John Stuart Mill et Ibsen. Ils aimaient leur féminin.

Ma dernière lecture, le texte de Christian Bach, m’a conduit à la même conclusion : il y a des hommes qui aiment profondément leur féminin, qui sont capables de se battre pour lui, ou de l’écrire, ou de cheminer aux côtés des femmes sans jamais renier ce qu’ils sont.

Je n’aurais pas pu me construire sans eux et je ne pourrais exister sans ce magnifique contrepoint.

Litterama est aussi le lieu des hommes qui aiment leur féminin.

9 Commentaires

  1. Ping : Itinéraire d’une blogueuse – Les hommes qui aiment leur féminin … — Litterama, les femmes en littérature – Le Journal Poétique d'Amargo

  2. « il y a des hommes qui aiment profondément leur féminin ».. merci pour ce très beau texte et cet hommage aux hommes, dont je pense faire partie (je le vis en tout cas ainsi), qui accepte cette part de féminin dans le masculin.. c’est au gré de mes lectures, de mes échanges avec une amie qui a un master de psychologie, de mes rencontres, des activités artistiques (poterie/modelage et mandala) que je pratique avec bonheur dans un environnement très féminin, que j’ai pu m’épanouir et me vivre ainsi. Pour l’anecdote, je te raconterais qu’au lycée, en seconde, j’étais le seul garçon avec 30 filles et en première et terminal L, nous étions à chaque fois deux garçons pour une vingtaine de fille.. une expérience très enrichissante qui m’a fait prendre conscience très tôt de beaucoup de choses. J’apprécie beaucoup tes articles qui sont toujours riches. Excellente soirée 🙂

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  3. Je comprends tout à fait ce point de vue ; et la littérature offre de merveilleux textes dans ce sens …
    Cette quête du féminin, a l’avantage – au travers de la rencontre avec  »l’autre » – de faire l’unité en soi… Cette dualité féminin-masculin, est l’image du couple âme-corps…
    Quête à double objectif… Les mythes parlent autant du chemin vers  »sa Dame », que celui vers  »son chevalier »…

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  4. Finalement on parle très peu des hommes et des loups (pour l’homme) dans ce billet. Virginia Woolf, bien sûr oui, elle partage dans Une chambre à soi des réflexions intéressantes sur le genre, le départage du féminin et du masculin en littérature.

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  5. Quel beau texte sincère et touchant, Anis. Des hommes qui aiment leur féminin je n’en ai pas rencontré beaucoup dans mon enfance et je pense même qu’ils seraient tombés par terre à cette évocation. C’est pourquoi je pense être allée vers eux pour la suite !

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