
Tiens, d’un secret je veux t’instruire ;
Moi j’ai peur de l’écho : je parlerai tout bas ;
L’indiscret pourrait redire;
Il faut, petit ami, qu’il ne m’entende pas.
Ecoute : du rosier la feuille fugitive
Tombe et s’envole en murmurant :
La feuille fait du bruit, je serai moins craintive ;
Le bruit m’a rassurée, et je tremble pourtant.
Qu’un secret fait de mal quand on n’ose l’apprendre !
Il semble qu’un lien l’attache sur le coeur.
Vois ! Mon regard te parle, il est plein de douceur :
Dis-moi donc mon ami, ne peux-tu le comprendre ?
Il était prêt à se trahir,
Le secret que devrait t’expliquer mon silence :
Il s’échappait. Timide en ta présence,
Ma bouche se referme et n’ose plus s’ouvrir.
Bien tendrement la tienne a dit : je t’aime !
Lorsque ce mot si doux fut prononcé par toi,
Méchant, c’est mon secret que ta bouche elle-même,
Comme un écho du coeur, t’a révélé pour moi.
Tu le connais, et peut-être parjure,
Un jour, hélas ! tu le décèleras :
Petit ami, je te conjure,
Si tu le sais ne le dis pas.
Décembre 1825
(Poésies, 1827)
une belle façon de dire de ne pas dire.
par antiphrase, mon cerveau bizarre me renvoie en écho le « y penser toujours, n’en parler jamais » patriotique de Gambetta, (mais je l’ai surtout lu chez Alphonse Allais qui se moquait beaucoup de cette tirade grandiloquente)
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Merci pour ce moment de poésie.
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Merci pour ce partage
Bon week-end!
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