20 mars 2013
Réalisé par Guillaume Nicloux
Avec Pauline Etienne, Isabelle Huppert, Louise Bourgoin
Genre:Drame
Nationalité: Français, allemand, belge
Année de production : 2012
Le film :
« XVIIIe siècle. Suzanne, 16 ans, est contrainte par sa
famille à rentrer dans les ordres, alors qu’elle aspire à vivre
dans « le monde ». Au couvent, elle est confrontée à l’arbitraire de la
hiérarchie ecclésiastique : mères supérieures
tour à tour bienveillantes, cruelles ou un peu trop aimantes… La
passion et la force qui l’animent lui permettent de résister à la
barbarie du couvent, poursuivant son unique but : lutter par
tous les moyens pour retrouver sa liberté. »
Le livre :
La Religieuse est un roman-mémoires achevé vers 1780 par Denis Diderot et publié à titreposthume, en 1796.
Au XVIIIe siècle,une jeune fille nommée Suzanne Simonin, »contrainte par ses parents de
prononcer ses vœux au termede son noviciat, entre dans la communauté des clarisses deLongchamp. Après la mort de la supérieure avec laquelle elle s’étaitliée d’amitié, la nouvelle supérieure Sainte-Christine, pour briserla désobéissance de la jeune fille (elle ne veut pas porter lesilice), l’accable d’humiliations physiques et morales, redoublées
lorsqu’elle demande à quitter le couvent…
J’ai lu que la propre sœur de
Diderot était morte au couvent. Il semble d’ailleurs que
cette œuvre
contienne des faits historiques puisqu’une histoire
similaire avait défrayé la chronique de l’époque.
Ce livre est une dénonciation de la perversion d’un système, et plus particulièrement de la
clôture, qui maintient ensemble, dans la plus
grande promiscuité, en dehors des affections et de la vie sociale, des
individus en état de carence affective.
Forcément l’oeuvre est polémique
et anticléricale pour l’époque mais de tels faits arrivaient parfois car les jeunes filles dont on ne pouvait assurer la dot, était souvent enfermées au couvent. Comme les femmes de la bourgeoisie n’avaient guère de salut en dehors du mariage, le couvent restait leur seule altternative. Elles vivaient dans un système largement coercitif.
Le film est vraiment très fort,en échappant à tout pathos et le jeu des comédiens est d’une grandejustesse. Moi qui ai parfois un débordement lacrymal au cinéma contre lequel je lutte vainement, j’apprécie beaucoup les films qui sollicite autant le coeur que l’intelligence. On est suspendu au destin de la jeune fille et la tension ne se relâche
qu’à la fin dans une détente bienheureuse. Enfin, on peut la laisser
et rentrer chez soi.
