Litterama, les femmes en littérature

Maria-Mercè Marçal Trois fois rebelle et la découverte des éditions Bruno Doucey

Maria-Merce-Marcal

J’ai découvert les éditions Bruno Doucey au Salon du livre de Paris, par la voie  (voix) de Maria-Mercè Marçal et de ce livre absolument magnifique. J’ai feuilleté ensuite le catalogue et j’ai découvert des auteures aussi importantes et magnifiques que Margaret Atwood, Ananda Devi, Jeanne Bennameur et bien d’autres qu’il me reste à découvrir. (cet ouvrage est le 42e). Ce fut donc un coup de coeur pour cette maison d’édition qui publie de la poésie. Tout ce que j’ai pu lire concernant la politique éditoriale montre la qualité de la démarche, la conviction que la poésie peut nous rendre plus forts et nous ouvrir au monde, Bruno Doucey est poète lui-même et il a cette capacité à entendre les voix puissantes et singulières de ses frères et soeurs en poésie.

          Les voix de femmes sont aussi très présentes, ce qui est assez précieux pour être souligné et qui intéresse particulièrement Litterama. « Faire entendre ces voix de femmes en poésie publiées dans cette magnifique édition Bruno Doucey, c’est ouvrir mon exploration sur les genres et les stéréotypes avec un voyage qui est promesse de joie. En matière de poésie, trois sexes ne suffisent pas. » dira Elsa Solal). (Le site des éditions Bruno Doucey).

Murielle Szac est aussi écrivain et éditrice au côté de Bruno Doucey. Elle a bien voulu répondre à mes questions :

 » Je ne suis pas seulement chargée de la communication dans notre maison d’éditions. Je dis « notre », car je suis tout simplement la compagne de Bruno Doucey et que nous avons donc monté cette maison d’édition ensemble il y a 3 ans. Bruno est non seulement éditeur, mais écrivain et surtout poète. Quant à moi je suis romancière mais n’écris pas de poésie. Je suis par ailleurs éditrice également (notamment j’ai créé la collection « Ceux qui ont dit Non » chez Actes sud Junior dans laquelle figurent de nombreuses femmes). Néanmoins, la place importante que prennent les femmes dans notre maison d’édition, place qui ne vous a pas non plus échappée, n’est pas due à moi mais bien d’abord aux choix éditoriaux de Bruno Doucey. Il pense en effet qu’elles ont jusqu’à présent été insuffisamment reconnues et s’emploie depuis le début à leur redonner leur juste place. Je vous renvoie à cet égard à sa préface de l’anthologie « Terre de Femmes », 150 ans de poésie féminine en Haïti dans laquelle vous retrouverez tout cela. Alors oui bien sûr de Maram al-Masri à Moon Chung-hee en passant par Aurélia Lassaque ou Laurence Bouvet pour ne citer qu’elles, les Éditions Bruno Doucey participent avec volontarisme à la mise en avant et la reconquête par les poétesses de la place qu’elles méritent. Car leurs voix nous sont aussi fortes que précieuses. »

Editer Mari Mercé Marçal , pour la première fois publiée en français montre assez la place incontournable que prend cette maison d’édition.

Le recueil s’ouvre sur ces mots :

« Je rends grâce au hasard de ces trois dons :

Être née femme, de basse classe, de nation opprimée. »

Et de ce trouble azur d’être trois fois rebelle. »

suivent des poèmes où l’auteur livre « l’autobiographie de son âme » et livre toute la dimension du féminin : l’amour et la solitude, la jouissance et la douleur, la maternité, l’homosexualité ou la maladie.

Poésie militante :

 

Balai, plumeau, époussette, chiffon,

torchon, tampon, étoupe, serpillère,

peau de chamois, savon, eau de javel,

bleu à linge, poudre, ajax, seau, lessiveuse.

Baquet, cuvette, tapette à matelas,

poubelle, raclette, éponge, pelle à ordures,

bassine et cendres, lavettes, esprit de sel.

Le guerrier part pour le champ de bataille

extrait Antre de lunes (1973-1976)

Chant d’amour et de mère :

Aucun amant n’a osé approcher

cet endroit extrême d’où tu me touches.

Dedans dehors, amour, je sens la houle

et je deviens dune et grève et rocher.

extrait sel ouvert (1982)

 

Jusqu’à la puissance et la douleur des poèmes posthumes où Maria-Mercè Marçal écrit sa douleur et sa maladie :

je me mets à genoux devant

le corps

impur

obscène

mortel

premier

pays

vivant

cercueil

ouvert

d’où je

proviens

il n’y

a pas,

mère, d’autre naissance

Resurrectio extrait Raisons du corps 2000

Voilà le voyage que je voulais vous offrir grâce à cette maison d’édition précieuse. J’espère que je vous aurai convaincus et que vous aurez envie de le prolonger, d’en savourer tous les échos.

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